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 Enrique Serpa [Cuba]

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kenavo
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MessageSujet: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeDim 20 Sep 2009 - 20:06

Enrique Serpa [Cuba] Person10

Enrique Serpa (1900-1968) est né à La Havanne. A 20 ans, il devient l'assistant de l'antropologue Fernando Ortiz et côtoie les jeunes intellectuels de son temps : Ruben Martinez Villena, Juan Marinelle, Emilio Roig de Leuchsenring, Regino Pedroso... Il fait parti de cette génération d'écrivains cubains marqués par la première guerre mondiale, l'ingérence américaine et la crise économique. A tout juste 25 ans, Serpa publie son premier texte, Felisa y yo, et en 1938 Contrabando remporte le Prix national du roman, mais c'est son activité de journaliste qui le fait vivre à une époque où écrire n'est pas encore considéré comme un véritable métier.
Son attrait pour la psychologie et les sciences humaines va par ailleurs durablement marquer son écriture. Connu pour son regard critique sur le contexte socio-historique du Cuba du début du XXe siècle, Serpa se distingue ainsi par la finesse de son analyse des comportements humains. Son écriture intimiste capte les voix de ses personnages avec une précision quasi documentaire et nous replonge dans l'âme cubaine d'une époque révolue.
Avec Pablo de la Torriente Carlos Monténégro, Enrique Serpa est aujourd'hui considéré comme l'un des auteurs majeurs de l'île ; il est traduit pour la première fois en français.

source: Editeur

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeDim 20 Sep 2009 - 20:08

Enrique Serpa [Cuba] Aa108
Contrebande
Citation :
Editeur
Premier roman d’Enrique Serpa, Contrebande dépeint à merveille le monde turbulent et misérable de La Havane dans les années vingt. À travers l’agitation d’une foule de pêcheurs, prostituées, contrebandiers, enfants miséreux, on voit couver le feu qui embrasera l'île de Cuba où l’insolente fortune de quelques-uns nargue l’extrême dénuement de la plupart.

Contrebande, c’est aussi l’histoire d’un face-à-face entre le propriétaire de La Buena Ventura et Requin, le capitaine de bord, homme d’honneur et pirate à ses heures. S’instaure vite une atmosphère complexe, ambigüe, faite de mépris et de domination sur fond de fascination.

Publié en 1938, constamment réédité, Contrabando est considéré comme un classique de la littérature cubaine contemporaine

Grand, grand, mais vraiment grand coup de cœur :heart:
Quel beau roman, quelle belle écriture, quel bon moment de lecture !
Ce livre me rappelle un peu Joseph Conrad, mais en mieux Wink

On parle de Cuba, des marins, des gens pauvres, de la misère, de la recherche d’un peu de bonheur, de la mer et de beaucoup plus encore..
L’histoire est bien développée, ne délaisse jamais le lecteur, j’avais du mal d’arrêter la lecture entre temps.
Une écriture qui a tout un charme pour s’appeler presque de la poésie..

Pour faire court – concernant les livres de la rentrée littérature étrangère : LE livre à lire ! Et à part la rentrée - ceci sera un livre à lire de toute façon.. ce sera un de ceux qui vont rester et être bon encore dans 10 ans!

Un mot de l'éditeur: ici

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeDim 20 Sep 2009 - 22:37

Extrait

Peu à peu la solitude de la mer, si différente de celle de la terre, se fit sentir. Car sur terre, on ne jouit jamais vraiment ni profondément d’un sentiment de solitude. Pas même en forêt. Ni en plaine, et encore moins en ville où l’homme est trop proche du sol, asservi par des liens invisibles à cent choses insignifiantes, hanté par des besoins mesquins et des soucis dérisoires. Sur la terre la solitude parfaite n’existe pas. Et ce qu’on prend à l’occasion pour de la solitude n’est pas, comme sur la mer, ce silence empreint de plénitude, mais le vide, lord d’inquiétude et d’angoisse. Le bruit d’un serpent lourd d’inquiétude et d’angoisse. Le bruit d’un serpent qui rampe, d’un lézard qui s’enfuit, d’une feuille qui roule, corrompt la solitude de la forêt. Le crissement des élytres d’un grillon suffit à altérer la solitude de la campagne. En revanche, la solitude en mer absorbe et purifie tout. Elle règne sur toutes choses come un despote sur le territoire de sa victoire. La raison en est qu’en mer la solitude, énorme et mystérieuse, frôle l’éternité.

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeDim 20 Sep 2009 - 23:05

Extrait

Tout, alentour, semblait se calquer sur le réveil de La Buena Ventura [Nom du bateau]. Bien qu’encore incrusté dans la ville, nous commencions déjà de vivre dans un autre monde, différent de la terre. Un monde hermétique et mystérieux, indéchiffrable pour des yeux malhabiles ou frivoles qui le trouveront toujours monotone et étranger, superficiel, en dépit de sa vie palpitante, de sa polychromie et de son infinie variété de tons. Un monde immense comme l’ambition, tentateur comme le plaisir, vierge de sentiers battus, si mouvant qu’on dirait la vie même et, comme la vie, aimé, détesté et craint. Le monde à la fois multiple et un des eaux changeantes, des couleurs chaudes, des nuances délicates, des arcs-en-ciel fugitifs, de l’écume infiniment plus fragile que le pétale de la dentelle, des ondes graciles et houleuses, qui caressent et énervent, des implacables vagues meurtrières, des symphonies fracassantes et effroyables, et des berceuses roucoulantes. Le monde des gueules d’acier silencieuses, qui tuent sans prévenir, de l’hypocrisie et du mimétisme, de la patience infinie que figurent les madrépores, de la voracité insatiable faite estomac chez le requin, de la force irrésistible, incarnée par la baleine et de la faiblesse sans défense – pas même de la défense du cri d’effroi – qui tremble chez la sardine et le hareng. Un monde protéiforme et confus, hermétique et mystérieux, le monde de la mer.

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeDim 20 Sep 2009 - 23:12

Et ce qu'on pouvait lire dans PAGE des libraires

Dès les premières pages, Contrebande s’impose tout d’abord comme un magnifique roman d’atmosphère, émaillé de métaphores d’une somptueuse justesse, et servi par une prose naturaliste qui jongle avec les genres romanesques pour mieux s’en affranchir. Serpa transpose littéralement son lecteur dans les bas fonds de La Havane, au cœur de cette misère cubaine des années 1930, une île grisée par les vapeurs de rhum, les volutes des cigares et le parfum lourd des prostituées.
[...]
Stylistiquement à mi-chemin entre Conrad et Stevenson, Contrebande élabore un univers narratif magnétique qui vagabonde des comptoirs poisseux de La Havane aux étendues océanes, entre récit d’aventures aux accents initiatique et roman socio-historique ; une très belle alchimie littéraire dont l’intensité ne saurait laisser indifférent.

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeMar 6 Oct 2009 - 17:00

kenavo a écrit:
Grand, grand, mais vraiment grand coup de cœur :heart:
Quel beau roman, quelle belle écriture, quel bon moment de lecture !
Ce livre me rappelle un peu Joseph Conrad, mais en mieux Wink
Comme je partage ton enthousisme Kena cheers

J'ai été moi aussi épatée par ce roman! Comment imaginer qu'il ait pu être inédit chez nous jusqu'à présent? Ecrit en 1938 il décrit avec une intensité rare l'univers âpre et impitoyable de quelques hommes arrivés au bout d'eux-mêmes. Sur fond de révolution en germe, Enrique Serpa brosse plus précisemment le portrait de deux d'entre eux, le propriétaire de la goélette, pleutre et usé par la débauche, et son capitaine surnommé Requin, figure forte, autoritaire et filou à ses heures. Il tire de cette confrontation une superbe démonstration de l'ambivalence qui peut naître d' un rapport dominant/ dominé, du jeu qui en découle fait de fascination et de rejet, et du malaise subi par le plus faible peinant à asseoir sa propre identité.
.
Citation :
Contrebande d'alcool ; contrebande de sentiments ; contrebande de pensées, pour endormir ma conscience, qui parfois protestait. Mais qu'étais-je d'autre, moi, l'hypocrite, le timide et le vaniteux, qu'un produit frauduleux parmi tous ces hommes véritables.

On le perçoit, le héros a besoin d'une reconnaissance et cherche à se dépasser mais ses moments d'égarements et de panique sont parfois les plus drôles ou les plus jouissifs pour le lecteur. Suivent d'autres où l'excitation et les promesses prennent le pas, et cette dualité est magnifiquement dépeinte.
Citation :
Une aversion intolérable vis à vis de moi-même, de Requin, de tout le reste me submergea. Comme cela m'arrivait habituellement dans des situations similaires, un horrible sentiment de panique voila mes pensées. La peur, comme une araignée aux pattes velues, douces et gluantes, enroulait ses fils autour de moi. Une araignée lourde et flasque qui me serrait le coeur. Et sous la peur, la superstition , obsédante et troublante, étendait ses tentacules

Mais à côté de cette analyse psychologique d'une grande maîtrise, l'auteur nous plonge aussi dans l'atmosphère explosive qui précède les révoltes. Ces hommes ont faim, les inégalités sont criantes, et le pays est au bord du chaos. Un état fragile entre la désespérance et le rêve d'autre chose qui soutend tout le roman et laisse percer de merveilleux passages où la violence et la grâce se cotoient.

Un style mi réaliste-mi poétique qui m'a laissée bouche bée, et que j'aimerais tant aussi vous faire partager alors je tente ici:
Citation :
Brusquement, dans une gerbe d'éclats de rire, une douzaine de femmes firent irruption dans la salle. On eût dit un banc de sardines sans défense face à des thons guillerets. Tous les yeux se tournèrent vers elles, comme l'aiguille d'une boussole vers le nord. C'étaient des danseuses professionnelles qui, leur travail terminé, accouraient au cabaret à la recherche d'acheteurs de plaisir. Elles étaient vêtues modestement. Leurs chairs flétries, chairs de souffrance et de péché, trahissaient les mauvaises nuits, les jours sans pain, les caresses forcées, les étreintes sans désir, toutes les misères de la vie la plus sordide et la plus pathétique. Elles égrenaient mécaniquement des rires sans joie. Et entre leurs lèvres de location s'embusquait parfumée et traîtresse, la syphilis
.

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeMar 6 Oct 2009 - 17:08

Très tentant! L'écriture a l'air superbe effectivement.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeMar 6 Oct 2009 - 17:19

aériale a écrit:
Superbe! enthousiaste
je le dirais de ton commentaire.. sublime, comme d'habitude Very Happy
contente que tu as aimé autant que moi.. c'est vraiment un livre extra.. quand je te lis, j'aurais déjà presque envie de le relire Wink

Marko a écrit:
Très tentant! L'écriture a l'air superbe effectivement.
laisse-toi tenter.. c'est un bonheur

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeMar 6 Oct 2009 - 21:52

Marko a écrit:
Très tentant! L'écriture a l'air superbe effectivement.
Oui Marko! tu peux y aller les yeux fermés (si je puis dire!)
Ce roman est un classique dans son pays et a été réédité plusieurs fois depuis sa parution.
Hemingway lui-même disait de Serpa
Citation :
« Vous êtes le meilleur romancier d’Amérique Latine, et vous devez tout abandonner pour écrire des romans » disait Ernest Hemingway à Enrique Serpa à qui il reprochait de consacrer trop de temps à son activité de journaliste


kenavo a écrit:
je le dirais de ton commentaire.. sublime, comme d'habitude Enrique Serpa [Cuba] Icon_biggrin
contente que tu as aimé autant que moi.. c'est vraiment un livre extra.. quand je te lis, j'aurais déjà presque envie de le relire
Merci Kena, mais si tu trouves que j'en ai bien parlé c'est que le support était plutôt exceptionnel!
Et tu avais raison pour le livre: il faut absolument le découvrir! Voilà un livre que j'offrirais sans hésitation à pas mal de gens je crois...
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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeVen 8 Oct 2010 - 18:03

Contrebande


Plein de belles choses ont déjà été dites sur ce roman. Il s'agit d'un récit à la première personne, d'un jeune plutôt fortuné, armateur de son état. Mais la pêche ne rapporte plus, et sous l'influence du capitaine d'un de ses bateaux, notre héros décide de se lancer dans la contrebande d'alcool vers les Etat-Unis. Nous découvrons le milieu des pêcheurs, des prostituées, de la pègre. Et faisons un beau voyage en même temps que le rhum de contrebande.

C'est à la fois un roman d'aventures, la description juste de la Havane un peu louche de l'époque, des portrait réussis de personnages, et en premier lieu de notre personnage principal, ni très volontaire, ni très courageux, ni très intelligent. Il se laisse guider par les autres, et surtout par Requin, le capitaine, qui a fait de la prison, qui a des larges relations, qui donne le ton et définit les règles du jeu. Notre petit jeune homme riche ne fait pas le poids devant lui, comme aucun de ses marins.

Il y a aussi beaucoup d'humour, des passages surréalistes ou cocasses, comme celui dans lequel une vieille dame monte dans le tram avec son petit chien, ce qui est en principe interdit, mais elle tourne en bourrique le contrôleur en feignant une surdité providentielle. Une grande richesse en fait dans ce roman, qui joue sur de nombreux registres.

Je ne dirais pas comme Kenavo que c'est mieux que Conrad (même s'il s'agit d'histoires de marins, ils jouent tous les deux sur d'autres registres) mais c'est incontestablement un écrivain à découvrir.

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeVen 8 Oct 2010 - 19:45

contente que tu sors avec un bon sentiment de lecture..
j'espère que d'autres parfumés vont avoir envie de découvrir Very Happy

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeSam 9 Oct 2010 - 9:01

Citation :
Je ne dirais pas comme Kenavo que c'est mieux que Conrad (même s'il s'agit d'histoires de marins, ils jouent tous les deux sur d'autres registres) mais c'est incontestablement un écrivain à découvrir.
J'ai du mal avec Conrad, et j'avoue que je préfère de loin Serpa. Mais c'est très personnel bien sûr.
Contente que tu aies apprécié Arabella, toi la flingueuse de 'mauvais' romans, ton avis compte double tu le sais rire
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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeSam 9 Oct 2010 - 19:03

aeriale a écrit:

Contente que tu aies apprécié Arabella, toi la flingueuse de 'mauvais' romans, ton avis compte double tu le sais rire

rire Et bien au moins je sais quoi prendre comme rang lorsque j'aurais atteint les 10000 posts Wink

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeSam 9 Oct 2010 - 19:07

Arabella a écrit:
rire Et bien au moins je sais quoi prendre comme rang lorsque j'aurais atteint les 10000 posts Wink
mdr2 ah oui.. trop bon

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MessageSujet: Re: Enrique Serpa [Cuba]   Enrique Serpa [Cuba] Icon_minitimeMar 5 Mar 2013 - 18:05

j'ai terminé "contrebande"

Quelle écriture poétique, j'aime beaucoup ses métaphores.

"Les moteurs ronflèrent à nouveau et les petites embarcations s'éloignèrent, plates et véloces comme des cancrelats épouvantés."

"le voile de brume s'estompait rapidement. Un déferlement d'améthystes, de rubis, de chrysobéryls, de perles, de topazes et de zircons succéda à la clarté argentée de l'aube. Et sur cette illusoire vitrine de bijoutier, une grosse nuée dessina la silhouette d'un poisson gigantesque. En suite, radieuse comme un heureux présage, la demi-orange du soleil étincela à l'horizon. Un éclair doré parcourut la mer qui, dans le lointain, polie et resplendissante, prenait des teintes émaillées. L'air était frais et transparent, et le ciel dégagé d'un bleu dur, brillant et froid, de pierre précieuse. Tout était net, d'une beauté envoutante et sereine qui conférait à l'esprit un sentiment de plénitude".

"Mais soudain, à cette beauté limpide succéda un tableau ignoble. Des îlots d'algues gluantes, de planches vermoulues et d'ordures s'étaient rapprochés de la côte. Semblable au corps brun d'un squale, un tronc dérivait près d'une caisse en carton et une tresse de têtes d'ail, monstrueuse déformation d'une guirlande de fleurs d'oranger, couronnait une masse imposante de légumes putrides."

On pourrait comparer ce qui se passe dans l'esprit de l'armateur de la Buena Ventura avec ce changement soudain de la mer. En effet, tantôt ravi par le but qu'il espère de cette aventure de contrebande dans laquelle il s'est laissé convaincre par "Requin" le "patron" de la goelette, tantôt rattrapé par la peur et reniant son accord en accusant, intérieurement, Requin de le mener à sa perte.

"Je me souris à moi-même, ravi. L'idée que, grâce à la contrebande, j'allais faire un bénéfice fabuleux m'inondait d'une chaude joie"

"Soudain je fus submergé par une joie franche, tonique, d'animal sain, comme si brusquement circulait dans mes veines une vigueur inconnue. Transporté d'enthousiasme, ivre d'allégresse, je sentis mon coeur se dilater. La lumière, y compris dans la cabine, me parut plus pure, l'air plus léger et l'existence plus agréable."

puis :

"Les paroles de Requin me retournèrent brusquement l'estomac. Mon coeur renâclait et palpitait éperdument. Je sentis mes jambes fléchir, frappées par une défaillance soudaine. Je voulus parler et c'est à peine si un son inarticulé, un gémissement animal, se traina avec difficulté au fond de ma gorge. Aucune parole ne montait à mes lèvres. Une impression d'angoisse me submergeait, rendant mes articulations et mes muscles douloureux. Je ressentais, principalement au niveau des genoux, des souffrances insupportables. Je tentai de marcher. Mais mes jambes ne parvenaient pas à avancer. Je me retrouvai sans volonté ni énergie, le corps moulu, flasque comme une voile privée de vent."

« Mais il me fallait échapper à cette terreur absurde. Quelque chose de plus fort que la conscience, de plus clairvoyant que la raison, quelque chose qui surgissait de zones inexplorées de mon organisme, me lançait un signal d’alarme. Sans pouvoir le formuler de façon précise, je pensais obscurément qu’il fallait à tout prix que je m’évade de ma propre peur, qui frisait déjà la démence. »

Le rapport de force, physique et en nombre entre lui et l'équipage n'était évidemment pas en sa faveur. Parmi les pêcheurs plusieurs avaient fait de la prison, notamment pour meurtre. Lui, l'armateur n'imaginait pas la vie difficile et le niveau de pauvreté qui les accablait. Naïvement ? et/ou méconnaissance il pensait que ces hommes pouvaient être heureux. Au long de ce voyage, il découvrit leur haine, leur désespoir, il se senti parfois menacé.

Lui l'armateur, qui boit, fréquente des femmes de cabaret, il essaye de faire le bravache, sans y réussir, l'équipage et surtout Requin ne sont pas dupe. Quel défi entre eux et lui. Incapable de gérer les conflits entre les pêcheurs.

"Tous les regards, y compris celui de Martel, se tournèrent vers moi.
Une curiosité aussi unanime me laissa interdit, en proie à une sensation de vertige. Ne sachant quoi dire sur le moment, je gardai le silence.
- Qu'est-ce qui se passe ?... Dites quelque chose, un chef, ça sert à ça, m'intima Scot.

------------------------------------------------------------------------------------

- Bon.... Bien.... A vrai dire... On va attendre Requin. C'est le mieux, " proposai-je.


Finalement le voyage « contrebande » s’étant bien déroulé l’armateur envisage un prochain.

Et moi j’envisage de lire un autre livre de cet auteur dont l’écriture me plait beaucoup.

_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche


Dernière édition par Bédoulène le Ven 8 Mar 2013 - 10:27, édité 2 fois
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