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 La douleur

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coline
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MessageSujet: La douleur   La douleur Icon_minitimeDim 27 Sep 2009 - 23:42

La douleur 804410

La douleur
texte de Marguerite Duras.
Mise en scène de Patrice Chéreau
Avec Dominique Blanc.
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeDim 27 Sep 2009 - 23:59

Voici ...en attendant nos commentaires...

Vidéo: L'origine du spectacle

La douleur La_dou10

La douleur 200031

La douleur 2009msimondouleur

La douleur Ladouleur01


Dernière édition par coline le Mar 29 Sep 2009 - 20:41, édité 1 fois
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Marko
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeLun 28 Sep 2009 - 0:28

La douleur 97820715

Je me suis procuré La douleur, couplé à d'autres "nouvelles", pour me replonger tranquillement dans ce texte intense découvert à l'occasion de cette pièce mise en scène par un Chéreau qui est toujours aussi inspiré surtout quand il dirige une aussi grande actrice que l'éblouissante Dominique Blanc (récompensée à raison par une standing ovation et 5 rappels).

Une femme attend le retour de son mari déporté pendant les 6 années de la guerre. Texte autobiographique d'une Marguerite Duras hantée par la douleur individuelle et collective, alternant les moments d'espoir, de souffrance, de culpabilité, de révolte et de violence (jusqu'à cette scène impressionnante de "cloaque" qui donne droit au moment le plus fort de la pièce lorsque Dominique Blanc vient faire face au public pour le menacer de le "conchier" s'il se sent dégoûté par la description qu'elle vient de faire de la déchéance de ce mari finalement revenu mais entre vie et mort). Dans la nouvelle Duras conclut qu'il n'est pas mort dans les camps de concentration et Chéreau fait dire au mari par l'intermédiaire de sa femme "J'ai faim". Un forme d'espoir et de soulagement malheureusement presque dérisoires face à toute la souffrance endurée.

Dominique Blanc donne une force et une vérité à son personnage qui laissent béat d'admiration. Dans un décor nécessairement minimaliste, elle est totalement habitée, hypnotise le spectateur par une diction parfaite, une gestuelle qui anime avec une profonde justesse cette femme abîmée, qui souffre mais reste prête, qui attend puis soigne, redonne vie.

Grand moment de théâtre et un superbe texte dont je regrette d'avoir manqué le premier quart d'heure en ayant laissé mon esprit vagabonder sans saisir les mots prononcés. Il faut une disponibilité totale qui est récompensée par une montée en puissance saisissante.

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeLun 28 Sep 2009 - 22:49

je rattrape un morceau d'ailleurs :

Citation :
le fil conducteur de mon espace mental du weekend s'est trouvé être de me rendre compte du "spectacle vivant", le monologue de M. Duras pouvant faire penser que la lecture le rendrait plus proche, avant l'évidence que l'intérêt d'être dans une salle avec d'autres personnes à écouter et regarder une actrice dire ce texte était que nous étions bien plusieurs à bénéficier en plus du partage d'une vision, de choix, de "quelque chose". Les petits morceauc de communisme rustiques qui cassent un peu le texte ne m'ont pas empêché de rester disponible et avec le temps de la digérer j'apprécie de plus en plus cette expérience. Seule sur scène pour tenir Tout sur plus d'une heure, c'est impressionnant.

ce que j'ai oublié et qui est significatif c'est la féminité qui se dégage du mélange du texte et forcément de l'actrice et de son jeu, je me vois incapable d'expliquer mieux mais la sensation m'était évidente. et ça m'a marqué.

_________________
Je suis snob, j'ai lu un Mickey Spillane.
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeMar 29 Sep 2009 - 20:33

LA DOULEUR
Un texte de Marguerite Duras
Interprété par Dominique Blanc
Mis en scène par Patrice Chéreau et Thierry Thieû Niang

Nous pénétrons lentement et nous installons dans la salle du Théâtre de l’Atelier. Nous avons de très bonnes places.
Sur la scène déjà, Dominique Blanc, de dos et parfaitement immobile, est installée à une table.
Côté cour : la table et la chaise où elle est assise.
Côté jardin, une rangée de chaises banales bien alignées.
On ne peut faire plus simple comme dispositif. Cela me plaît d’emblée car je n’aime que les décors qui se font oublier.
Les murs, ce sont ceux de la scène du théâtre de l’Atelier, justement lorsqu’ils ne sont pas recouverts d’un décor.
Deux univers très différents sur la scène. On comprend qu’elle se déplacera de l’un à l’autre.
A cour, ce sera sa maison où elle attend au printemps 1945 le retour de son mari ( Robert Antelme) déporté en Allemagne.
A jardin, ces chaises représentent les lieux où elle se rend chaque jour en quête de nouvelles.

La douleur 4157010



Je regarde tout attentivement, je m’imprègne de l’atmosphère de ce théâtre, j’aime sentir le public qui s’installe peu à peu, et tout près de moi, ceux avec lesquels je vais partager ce moment de théâtre dont je sais déjà qu’il sera grand… Dominique Blanc, Marguerite Duras, Patrice Chéreau…Comment pourrait-il en être autrement ?

Le silence se fait…
La comédienne fait un quart de tour et se retrouve face à la table, de profil pour nous.
Elle commence par ces mots (l’introduction à La douleur) :
« J’ai retrouvé ce Journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château. Je n’ai aucun souvenir de l’avoir écrit. Je sais que je l’ai fait, que c’est moi qui l’ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l’endroit, la gare d’Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce Journal. Quand l’aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelle maison ? Je ne sais plus rien.
Ce qui est sûr, évident, c’est que ce texte-là, il ne me semble pas pensable de l’avoir écrit pendant l’attente de Robert L. Comment ai-je pu écrire cette chose que je ne sais pas encore nommer et qui m’épouvante quand je la relis. Comment ai-je pu de même abandonner ce texte pendant des années dans cette maison de campagne régulièrement inondée en hiver. La première fois que je m’en soucie, c’est à partir d’une demande que me fait la revue Sorcières d’un texte de jeunesse.
La Douleur est une des choses les plus importantes de ma vie. Le mot « écrit » ne conviendrait pas. Je me suis trouvée devant des pages régulièrement pleines d’une petite écriture extraordinairement régulière et calme. Je me suis trouvée devant un désordre phénoménal de la pensée et du sentiment auquel je n’ai pas osé toucher et au regard de quoi la littérature m’a fait honte. »


La douleur 18731

Je ne sais pas pourquoi, je peine à entrer dans le texte que je connais bien pourtant. Je l’ai même relu une nouvelle fois le matin en venant à Paris dans le train.
Cela durera quelques minutes. Je panique presque intérieurement de ne pas être happée d’emblée (c’est tout moi ces désarrois inutiles) …
Je me prends la tête à réfléchir à ce choix de l’attaque du texte en position de profil…Il me manque je crois le visage, le regard de Dominique Blanc…
Je dois aussi m’habituer à ne pas voir Marguerite Duras mais une femme qui attend…

Bientôt cette femme créée par Dominique Blanc s’impose à moi tout naturellement. Son corps, son visage, ses gestes, ses attitudes, ses mouvements, sa voix, ses intonations, son phrasé… Je ne sais pas comment cela se passe, je sais juste que ce peut être permis uniquement par l’immense talent d’une comédienne…
Ce n’est plus Marguerite Duras, ce n’est plus Dominique Blanc, c’est une femme qui vit, presque jusqu’à la folie, l’insupportable attente de son mari qui reviendra peut-être, ou ne reviendra pas, des camps de la mort C'est une comédienne qui excelle à incarner la douleur de cette femme …
« Tout ce qu’on peut savoir quand on ne sait rien, je le sais » dit-elle.

La douleur 432douleur02creditrosri

Performance de Dominique Blanc incarnant ce personnage dans un texte qui n’a pas été écrit pour le théâtre.
Sensibilité de son jeu qui lui fait traverser, et nous avec elle, une multitude d’états, de sentiments, d’émotions …
Contraste entre la sobriété de la mise en espace et la force de ce qui est dit. Cette sobriété souligne d’ailleurs la force du texte, elle lui laisse toute la place …Il n’y a plus que le texte. C’est lui qui importe… …Et la douleur d’une femme...
On ne peut plus judicieux choix de mise en scène où il y a peu mais où tout fait sens. Magnifique direction du jeu de l’actrice.
Bravo, une fois de plus, Monsieur Chéreau !

Note d’intention du metteur en scène :

Envie d’abord de retravailler avec Dominique Blanc, envie de partager quelque chose, de faire exister ce quelque chose.
Envie alors de se confronter à ce texte terrible. De se ressouvenir de ça : la Résistance, la Libération, les camps, cette période impensable et qu’on a oubliée. Et puis le retour incroyable de cet homme dont Marguerite Duras s’est séparée et qu’elle aime, l’horreur de l’attente, la splendeur de sa résurrection à lui – qui est aussi un peu son oeuvre à elle.
L’espoir fou.
Transmettre tout cela, humblement, à des spectateurs.


La transmission a bien eu lieu…
Bonheur visible de Dominique Blanc rappelée cinq fois par le public qui lui fait une standing ovation…

Qu’est-ce que c’est beau le théâtre ! enthousiaste
(Plus que jamais je tiens à cette citation de Wajdi Mouawad que j'ai choisi pour signature.)
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Marko
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeMer 30 Sep 2009 - 0:36

Tu as parfaitement rendu l'atmosphère de cette pièce. Marguerite Duras a-t-elle réellement vu le retour de son mari et dans l'état où elle nous le décrit? Ce n'est probablement pas très important car elle fait de cette femme une figure universelle mais je ne connais pas bien la vie de Duras.

_________________
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeMer 30 Sep 2009 - 12:32

Marko a écrit:
Tu as parfaitement rendu l'atmosphère de cette pièce. Marguerite Duras a-t-elle réellement vu le retour de son mari et dans l'état où elle nous le décrit? Ce n'est probablement pas très important car elle fait de cette femme une figure universelle mais je ne connais pas bien la vie de Duras.

Pour répondre à ta question, j'ai recopié quelques extraits de la biographie de Marguerite Duras écrite par Laure Adler:


"Marguerite attend Robert ans une angoisse insoutenable.
[…] Marguerite tient physiquement le jour mais craque la nuit. Elle ne dort plus, pleure et s’enfonce progressivement dans un état d’hébétude. Elle fait comme si. Comme si elle marchait. Comme si elle parlait. Dyonis Mascolo est à ses côtés. Elle n’arrive plus à s’alimenter.
[.. ;] Plusieurs témoins diront sa maigreur, son état de torpeur. Dyonis veille sur elle, jour et nuit. Dyonis lui dit qu’elle est folle.
[…]Elle décide de se suicider quand on lui apprendra le décès de son mari.

[…] « Nous avons couru vers le baraquement sanitaire (à Dachau) et nous avons trouvé Robert sous la douche, dit Jacques Benet . Il pesait trente-cinq kilos. Il était grelottant et faible. Il s’exprimait d’une voix mourante. »

[…]Robert est sorti, soutenu par Dyonis et Georges qui le faisaient marcher. […] "Nous avons attendu la fin d’un tourde ronde pour courir vers la voiture en portant Robert ans nos bras. »

[…] Georges conduit. Dyonis, à l’arrière, soutient Robert. Robert parle, parle, il ne peut s’arrêter de parler. Georges et Dyonis craignent qu’il ne s’épuise. C’est à ce moment-là qu’il dit à Dyonis : « A chaque fois qu’on me parlera de charité chrétienne, je répondrai Dachau. » Dans son délabrement physique, il n’est plus que parole se souviendra Dyonis.[…] « Garder le silence plus de quelques instants lui serait impossible. Il parle continûment. Sans heurt, sans éclat, comme sous la pression d’une source constante, possédé du besoin véritablement inépuisable de parler le plus possible avant de peut-être mourir, et la mort même n’avait manifestement plus d’importance pour lui qu’en raison de cette urgence de tout dire qu’elle imposait.".

[…] Le lendemain, Robert respire encore. […] On pense aux dessins que fit Zoran Music au risque de sa propre vie dans les camps : visages émaciés, intensité du regard, corps cassés, mais sentiment de pureté, de force, d’invincibilité. La majesté simple et non la défaite.

La douleur Music511

« L’image que pouvait alors donner Robert, écrira Dyonis, évoquait moins d’héroïques combats contre une adversité définie qu’une sorte d’accomplissement supérieur dans la persévérance d’un refus opposé à ce qui pourrait n’être qu’une neutralité insaisissable du mal. » Qu’est-ce qui le retenait encore à la vie ? La passion de la pensée certainement.
[…]A Verdun, ils consultent un médecin qui leur dit de rouler doucement. Au moindre cahot, le coeur qui bat dans le vide peut se rompre. Il leur conseille d’empêcher Robert de manger. Lenteur, épuisement. Robert ne parle plus.

[…] Quand Marguerite a vu Robert, elle s’est mise à courir. Elle a franchi la porte de l’appartement en hurlant puis s’est roulée en boule dans un placard, enfermée sous des vêtements. Elle en sortira plusieurs heures plus tard et mettra encore quelques heures à s’approcher.

[…] La remontée du néant durera trois semaines. De son corps, il restait une forme qui flottait entre la vie et la mort. Robert Antelme doit économiser ce qu’il ingère. Marguerite était obligée de cacher les aliments. Robert veut manger. Son corps refuse les perfusions. « Non, il ne pouvait pas manger sans mourir. Or il ne pouvait plus rester encore sans manger sans en mourir. C’était là la difficulté. »
Le Professeur Deuil veille jour et nuit. Il sauve Robert. Marguerite aussi le sauve. Elle est admirable : de dévotion, de sacrifice, d’abnégation. Marguerite s’occupe de lui à la vie, à la mort.
[…]Georges Beauchamp : « C’était de l’adoration. Robert revenait vers Marguerite. Pendant qu’il était au camp, il n’avait cessé de penser à elle et il avait oublié qu’il l’avait quittée. »

[…] « Au bout de dix-sept jours, la mort se fatigue. »
[…] Robert reconquiert la dignité. Mais après ? Robert vivra, comme la plupart des déportés, un intense sentiment de culpabilité. Le 21 juin 1945, il envoie à Dyonis sa première lettre de « vivant solidifié » Ainsi se nomme-t-il alors. Vivant il est puisqu’il a su pleurer. Mais vivant solidifié, il l’apprend. « C’est à toi que j’écris le premier car je veux que tu puisses entretenir en toi, peut-être quelques temps de plus, le merveilleux sentiment d’avoir sauvé un homme. […] Tout n’aura pas été inutile et j’avance péniblement ans une bonne solitude. Il me reste encore parfois un sentiment trop vif de l’honneur, mais sans doute bientôt tout cela sera-t-il aplani, neutralisé. Alors peut-être j’accepterai la ressemblance avec moi-même parce que je saurai qu’elle n’est pas ; j’accepterai le portrait : il n’y aura plus de portrait. »
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeMer 30 Sep 2009 - 12:41

animal a écrit:


Les petits morceaux de communisme rustiques qui cassent un peu le texte ne m'ont pas empêché de rester disponible .

Il y a dans le discours en effet de cette femme un propos politique...Il lui était peut-être difficile pour elle d'en faire abstraction étant donné l'engagement que leur groupe avait.
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeMer 30 Sep 2009 - 12:50

animal a écrit:


le fil conducteur de mon espace mental du weekend s'est trouvé être de me rendre compte du "spectacle vivant", le monologue de M. Duras pouvant faire penser que la lecture le rendrait plus proche, avant l'évidence que l'intérêt d'être dans une salle avec d'autres personnes à écouter et regarder une actrice dire ce texte était que nous étions bien plusieurs à bénéficier en plus du partage d'une vision, de choix, de "quelque chose".

Il est vrai que ce texte n'a pas été écrit pour le théâtre.
C'est d'ailleurs par une séries de lectures publiques de La douleur que faisaient ensemble Domininique Blanc et Patrice Chéreau que l'aventure théâtrale de ce texte a commencé....A la demande de Dominique Blanc elle-même...

Dominique Blanc dans une interview (j'ai perdu la source):

"Un soir, je me suis mise à gamberger. J'ai pensé : Chéreau va repartir au cinéma, à l'opéra. Je rêve d'un spectacle nomade avec lequel je pourrais aller où et quand je veux. Si Chéreau me dit oui, après je peux vivre ma vie, non pas sans lui - il sait que je ne trahirai pas sa mise en scène -, mais librement. Et je me voyais bien vivre, vieillir même, avec ce texte magnifique.
[…]Un soir, je lui ai avoué, en lui demandant de ne pas me répondre tout de suite : «J'adorerais que tu me mettes en scène dans «la Douleur».» Il a été un peu interloqué : «Mais alors, sans moi ?» Quelques jours après, il était d'accord. Stupeur ! Je n'imaginais pas du tout qu'il allait accepter. Ce qu'il a fait, je pense, parce que c'était un nouveau pari : il n'avait jamais monté un monologue, jamais mis en scène une femme seule, ni un texte de Duras.
[…]il m'a annoncé qu'on allait improviser. On a démarré, j'ai tenté d'imaginer, pendant vingt minutes sans mots, cette femme qui meurt, physiquement et psychiquement, persuadée que l'homme qu'elle attend est en train de mourir, sinon déjà mort. Chéreau a pris beaucoup de photographies, qui après lui ont permis de rêver sur notre affaire. C'était une façon de nous surprendre l'un et l'autre. Ensuite, le chorégraphe Thierry Thieû Niang nous a rejoints. Là encore, Chéreau avait envie de travailler différemment, et pas tout seul, je crois.
[…]
Un peu comme un peintre qui retourne dans son atelier pour refaire des esquisses, j'ai le désir de rechercher comment tout commence : l'origine du théâtre, allons-y ! [Rires.] J'aime cette situation très brute, pas théâtrale du tout : une femme seule attend une personne qu'elle croit morte, et elle pense en mourir aussi. Ce qui condamne l'histoire à un néant proche de Beckett. Et puis tout à coup, elle reprend chair, selon les moments de la journée. Duras est chirurgienne, elle s'observe scalpel en main, gratte jusqu'à l'os, sans ménager ni les nerfs ni les muscles. Son écriture est intense, féroce, sans apprêt. Son texte est aussi une façon de raconter l'Histoire. "
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeDim 25 Avr 2010 - 22:59

Je viens d'allumer ma télé...J'ai cru comprendre que Dominique Blanc venait de recevoir le Molière de la meilleure comédienne pour son rôle dans La douleur de Marguerite Duras... bravo
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MessageSujet: Re: La douleur   La douleur Icon_minitimeDim 25 Avr 2010 - 23:11

coline a écrit:
Je viens d'allumer ma télé...J'ai cru comprendre que Dominique Blanc venait de recevoir le Molière de la meilleure comédienne pour son rôle dans La douleur de Marguerite Duras... bravo

Je crois que ce n'est pas nous qui critiquerons ce choix!

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