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 Journal de voyage avec André Malraux

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animal
Tête de Peluche


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MessageSujet: Journal de voyage avec André Malraux   Dim 27 Déc 2009 - 13:44


Journal de voyage avec André Malraux à la recherche des Arts du monde entier

Citation :
Conçue autour d’André Malraux et avec sa participation exceptionnelle, cette série de treize émissions réalisées par Jean-Marie Drot (1976-1980) peut être considérée comme le « testament » philosophique, spirituel de l’écrivain et une initiation aux arts du monde entier. Au cours de ces entretiens filmés en 1975-76 à Verrières-le-Buisson, André Malraux est conduit peu à peu à commenter sa propre pensée. Filmés dans de nombreux musées et hauts-lieux, les chefs-d’œuvre « du monde entier » sont le contrepoint-image des analyses fulgurantes d’André Malraux.

1 - Les apprentissages d'un regard

Premier volet introductif, d'abord avec un semblant de biographie en insistant sur le jeunesse de Malraux : ses rencontres avec des peintres et son attirance pour les arts étrangers et la place qu'il donne à l'art. Une forme de présentation de l'importance de ce musée imaginaire qui, je ne m'y attendais pas forcément, s'appuie beaucoup sur Lazare qui est effectivement un des textes personnels de Malraux, dans lequel il parle de lui. C'est ensuite une présentation de la série et un presque manifeste de l'enjeu culturel audiovisuel, voire culturel tout court. L'audiovisuel étant présenté comme le (nouveau) moyen (nouveau mais non préexistant) de donner à chacun la culture, une forme de savoir ouvert. Une certaine exigence de qualité mais sans élitisme, une culture donner naturellement à tous (si on franchit le pas entre culture et histoire on pourrait dire que c'est l'inverse du sens de certaines réformes de l'enseignement).

Quelques phrases ou notions se détachent, une importante et marquante, très vraie et citée de travers : "le cubisme m'a permis de voir l'art khmer comme de l'art, sans exotisme". ça peut aussi symboliser le pourquoi d'une telle entreprise (cette série de films et tout ce qui a été fait derrière, avant, écrit)... il y a une forme de naturalisation du rapport à l'art, un rapport propre à chaque individu et dont aucun n'est privé. Et "quand il y a leçon il n'y a pas de dialogue", le chemin vers et avec l'art n'est pas unique...

La vivacité et l'intensité de ces entretiens avec André Malraux peu avant sa fin marquent l'importance du sujet avec un mélange de spontanéité et de pensées établies, affinées et plusieurs fois ré-exprimées.. On aimerait parfois plus de développement mais l'émission est bien construite et riche en substance, à même sans doute d'indiquer des portes ou de donner des clés pour aider le spectateur à avancer dans ses yeux et dans sa tête.

Beaucoup d'exemples, de poésie et de démonstrations visuelles comme la mise en évidence de la beauté de la sculpture antique en la juxtaposant avec celles d'Égypte ou d'Asie. Le seul regret venant de l'absence d'indication écrite des oeuvres montrées,


2 - Promenades imaginaires dans Florence

Depuis le début du XVIè siècle, à Florence, la civilistation chrétienne commence à se transformer ; surgit alors 'l'intellectuel' au sens où l'entend Malraux. Avec Masaccio, Piero della Francesca, Donatello, Fra Angelico, Ucello, Andrea del Castagno, le spirituel se métamorphose en un univers de formes "irréelles".
Tournage : Florence, Arezzo, Rome.


Des œuvres, des paroles, des réflexions, un peintre vivant mais aussi la ville, les paysages... la qualité et l'attention portée au choix et au montage sont impressionnantes. C'est très dense comme sujet, surtout quand il faut s'en remettre à ses oreilles et à ses yeux mais sans texte à l'exception de quelques phrases souvent dites par Jean-Marie Drot et écrite à l'écran puis par Malraux au milieu de la conversation, surprenant rapport à l'instant et à la formulation. La sentence grave se révèle animée d'un élan vivant et tenace. Piero della Francesca, Donatello et d'autres sont le sujet de cet épisode. Je redoutais un peu, conscient de mes manques, ce type d'épisode... il me manque bien quelques éléments mais ce n'est pas grave. Le propos est orienté (mais pas fermé) et nous parle d'une transition entre un art religieux emprunt d'humilité qui a un moment se libère devenant admirable pour lui même. Les choses ne sont pas si simple et les valeurs ne sont pas définies... et à cela s'ajoute l'histoire, des hommes et tout entière avec une redécouverte de formes antiques. Le détachement d'un devoir religieux comme un début de l'art actuel ?

Incroyable mise en image de statues et sculptures (souvent oubliées dans le choix des représentations visuelles ? par oi en tout cas... )... Une mise en avant de différences de cultures (avec des comparaisons avec la peinture flamande proposant une religion moins mythologique ?).

Deuxième épisode dont on aimerait aussi qu'il est pu durer plus longtemps tellement il est foisonnant et intéressant. Très bien construit, permettant la reprise des idées qui articulent sa réflexion.

L'affirmation d'une peinture pour elle même c'est par exemple une affirmation qui permet d'éclairer, expliciter et modifier son rapport à... disons cette exposition vue au Louvre avec la tribu parfumée, c'est une manière d'approcher plus sereinement certaines œuvres.

Ce sera le seul "épisode" qu'aura vu Malraux.

Exceptionnel et franchement utile... et dangereux pour la curiosité jemetate

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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Ven 1 Jan 2010 - 21:35

3 - Promenades imaginaires à Venise

Malgré sa brève existence, Giorgione peut être considéré comme l'initiateur de l'Ecole vénitienne qui culmine avec Titien et Tintoret. Malraux nous parle de Venise, une des villes qu'il a toujours aimée avec Pékin et Ispahan...
"Venise, c'est l'oiseau du songe que l'Italie a lâché sur l'Europe".
Tournages : Venise et Torcello.


Encore une fois le rapport à la ville elle même est troublant, envoutant. Venise est associée aux Mille et une nuits, vous parlez d'une recommandation pour une sorte d'ailleurs irréel. L'irréel livre sur lequel s'appuie d'ailleurs l'épisode. Toujours limité dans mon savoir et mes repères (et pas frais) je me suis malgré tout retrouvé à suivre le voyage, à essayer de flairer l'orient et à regarder à travers le regard de la caméra des œuvres qui, tour de magie, intéressent et cultivent la curiosité. Pas si évident, en fait, et pourtant, petit à petit, malgré les ellipses parce que les mots employés ne se dévoilent pas aussi simplement... on ne peut pas ne pas projeter devant le spectacle qui nous est offert entre la sensation de l'image et les ouvertures qui se dessinent. La présence active d'un ensemble (culturel) cohérent et dynamique est forte. Insistance sur la forme et les couleurs prenant leur sens en prenant le pas sur la représentation, autre porte d'une évolution, autre lien. Et on évoque le cinéma par la mise en scène.

Il y a aussi un rapport à l'obscurité expliqué, présenté, mais malheureusement ça ne me revient pas...

Pour les ronchons on peut dire que la mise en valeur du sage, visionnaire plutôt, et poète Malraux n'est pas nécessaire... le propos se suffisant largement à lui même.

J'ai dans l'idée que même si on connait déjà et qu'on s'est forgé une expérience ça reste mieux que recommandables ce programme dvd-ifié.

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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Sam 2 Jan 2010 - 22:53

4 - Promenades imaginaires dans Florence, Rome et Fontainebleau

Laurent de Médicis mort, Florence menacée par les imprécations du moine Savonarola, la Rome du Pape Jules II devient le centre de l'art en Italie.
Dans ce film, Malraux évoque les trois géants que sont Michel-Ange, Léonard de Vinci et Benvenuto Cellini venus de Florence à Rome pour travailler au Vatican où Jules II rétablit l'autorité du Saint-Siège.
Un peu plus tard, appelés par François 1er qui veut introduire en France les raffinements de la Renaissance italienne, Cellini et Vinci arrivent à la cours de Fontainebleau.
Tournages : Rome, Florence, Fontainebleau.


La video pour les sculptures c'est bien. Affirmer la subjectivité des rapprochements et souligner que le plus important est le questionnement aussi. Je devrai penser à regarder ça en meilleur état. Beaucoup de sculpture, devenue monochrome (et sculpture à part entière ?)... impressionnante mise en valeur du David de Michel-Ange. Et bien d'autres choses encore. Ce qui me restera sera probablement les visages féminins ou les nuques... mélangées à un retour sur Pompéi. Il y a un effet du détail dans ces films qui permet de mettre le pied a peu près n'importe où. Je me perds encore dans ce qui est dit sur le fond des peintures et certaines évolutions...

huhu... j'en oublie trop mais avec la certitude qu'il m'en restera tout un tas de choses...

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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Dim 21 Fév 2010 - 10:21

5 - Promenades imaginaires en Hollande avec Rembrandt.

"Cette lente et patiente plongée dans le monde pictural de Rembrandt dont l'art pour la première fois va toucher à l'âme" conduit Malraux à évoquer les grands moments de la vie du peintre, tout en analysant la signification secrète de ses toiles ainsi que ses rapports avec la lumière.
Tournages : Amsterdam, Rotterdam, La Haye.

Même mélange de lieux, de pensées et de peinture. Mais cette fois sur un sujet unique et avec une intensité plus particulière. On pourra aller chercher du côté de l'image de l'homme Malraux, de son goût des apparences pour regarder se rapprochement, voulu, se faire... il n'empêche que l'art en réponse autant qu'en interrogation à la mort aura rarement été aussi bien amené, aidé en cela par des rapprochements précis. Shakespeare est évoqué aussi (ça tombe bien avec la lecture de La Tempête qui approche) comme ayant développé une forme différente de réponse. Le... film puisque c'en est un aussi donne la chair de poule comme un Dario Argento ou d'autres films qui troublent l'esprit. C'est ce mélange qui est provoqué, superposition d'une intranquillité primaire et d'une recherche illimité. Une séparation du réalisme dans une exploration répétée de tableaux, de portraits mais aussi de la vie du peintre.

C'est différent d'émissions (très bonnes aussi) comme palette puisque la peinture n'est pas expliquée, détaillée en elle même, la projection se fait sur ses motivations. Le doute est sans doute de rigueur sur les explications mais n'est pas plus important ou plus fort que le besoin d'explication.

Extraordinaire, absolument, dans la forme et le fond.

extraits de l'extrait d'interview de J-M Drot qui accompagne les dvds :

Vous avez introduit des repères biographiques sur les peintres. Malraux partageait-il ce souci pédagogique ?
Dans cette série sous forme d'introduction à son esthétique et à sa métaphysique, il m'a semblé utile de donner quelques repères. Le mot de pédagogie ne me fait pas peur. Par contre, c'est le didactisme qui me déplait. La réalisation est là pour aider à la compréhension : le rythme du montage, la musique qui est si importante. Je n'ai jamais pensé que la télévision remplace l'objet dont elle traite. La télévision doit susciter la gourmandise. Malraux dit quelque part que seule la télévision peut créer le musée imaginaire par la juxtaposition des images. (...)

- Quel est celui des films qui vous semble le plus important ?
Rembrandt. On est là en face de sa vraie rencontre, et si on ne devait voir qu'un film, ce serait celui-là, qui montre sa façon de penser, travailler, sa mécanique cérébrale. (...)

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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Dim 14 Mar 2010 - 19:50



6 - Promenades imaginaires en Espagne avec Goya.

Malraux analyse l'aventure tragique de génie visionnaire qui invente "ses rêves, sa réalité, son style." Tout d'abord Goya dessine à l'italienne des cartons de tapisserie. Élu en 1780 à l'Académie, il entreprend une brillante carrière officielle.
Brusquement, en 1792, Goya est frappé de surdité. "Lorsque son génie apparaît, il ose cesser de plaire. Il lui fallut attendre quarante ans avant de devenir Goya".
Tournages : Madrid (Prado, L'Escurial), Séville.

Un épisode en double parcours, le parcours de celui qui a rencontré ou rencontre l'œuvre et le parcours du peintre, son évolution, ses révélations. Une autre évidence de l'approche vivante de l'art. La réalisation intelligente et le temps laissé à l'exploration du regard produisant un sublime sentiment de découverte. Ce qui est amusant c'est qu'il y a finalement peu de faits ou de certitudes dans ce qui est énoncé mais que les mots sont naturellement vrais en face des images...

Un excellent moyen de découvrir, que j'ai décidément bien fait de me faire offrir. Cool

beaucoup de gravures, de détails mis en valeurs, de traits, en fait non, de traits de pinceaux... ces détails qui donnent la porte d'entrée sur un monde qui pourrait vraiment rester hermétique vu de trop loin. Et des échos avec l'épisode sur Rembrandt.


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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Lun 28 Mar 2011 - 13:52

dispo dans deux coffrets DVD

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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Ven 23 Mai 2014 - 12:02



7 - Manet ou la naissance de l'art moderne

Profondément marqué par les maîtres anciens et plus particulièrement espagnols, Manet fut l'ennemi des conventions picturales de son temps. La force de sa vision, spontanément moderne, l'éloigne de l'académisme comme de l'aspect littéraire, sentimental et emphatique du romantisme. Plutôt à l'écart du mouvement impressionniste, soustrayant le tableau à sa stricte fonction de représentation, Manet le soumet à ses lois propres. Par là, il ouvre la voie à l'art du XXè siècle.
Tournages : Paris, Musée du Jeu de Paume


J'avais perdu le fil depuis le précédent épisode et j'ai d'autant plus ressenti qu'il y a dans cette série documentaire une articulation choisie. Quelques concepts se retrouvant ainsi embrumés, l'expérience prend des allures de décrassage pour les méninges. Toutefois on retrouve avec bonheur la très bonne mise en valeur des œuvres présentées qui permettent une vision globale en passant par des détails éblouissants (particulièrement vrai avec Manet ?) et proposent des sens de lecture-découverte des tableaux sans omettre la présence des cadres et parfois d'un espace autour. Les répétitions visuelles et de certaines phrases, parfois écrites, aident aussi très bien à ne pas s'égarer complètement. Et quelle intensité dans ces fragments d'interviews de ce Malraux démangé par de nombreux tics.

Manet, avant d'être mis en rapport avec les Espagnols, et après la présentation de son Olympia avec rappels et citations des critiques de l'époque pour faire revivre la rupture annoncée, est mis en perspective avec Delacroix (une transcendance du sujet donnant plus de valeur à sa peinture qu'à lui-même) ou les pompiers (en idéalisation dépassant la photo). Et dans l'ombre mais aussi présent Cézanne ou Van Gogh. Et cité à de nombreuses reprises, Baudelaire pour un condensé un peu cryptique mais étonnant de vision d'histoire de l'art à partir de trois fois rien (un pont avec les cathédrales et les primitifs, peut-être par-dessus la renaissance et sa vision de l'antiquité).

Reste que faire voisiner dans sa tête les toiles présentées avec un refus ou rejet ou dépassement du sujet c'est un peu difficile. Sujet historique ou anecdotique de "petite histoire", oui, autrement... il doit manquer quelques développements. N'empêche voisinent malgré elles les accusations de laideur et d'infamie avec des œuvres que l'on a plaisir à regarder, ce qui nous fait sentir un gouffre et une impossibilité temporelle. Ça ne vient pas forcément (que ?) de là mais le glissement vers un art comme religion, spiritualité à la place d'une religion, comme une insoluble interrogation, prend assez substantiellement corps sur la fin de cet épisode.

Et c'est après tout la grande force et un des desseins de ces courts films que de provoquer ce vertige, cet émerveillement et de susciter de multiples curiosités. On est gêné par ses méconnaissances nombreuses mais stupéfait devant la chose accomplie.

(j'espère que je mettrai moins de quatre ans à profiter du deuxième coffret... )

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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Dim 27 Mar 2016 - 20:38



Volume 2 - 1 Dialogue imaginaire entre Malraux et Picasso : la tête d'obsidienne

Citation :
Au début de mars 1974, paraît le livre d'André Malraux "La Tête d'obsidienne" dans lequel l'écrivain accorde une très grande place à ses souvenirs et à ses rencontres avec Picasso.
Pour Malraux, Picasso est un démiurge, un homme qui se bat avec la création jusqu'à la mort.

Suite logique du parcours avec une figure aussi incontournable que potentiellement "bloquante". Cette fois encore l'image sert très bien le propos avec des retours et des parcours sur les toiles très choisis et précis. Mais avant d'arriver à contempler une certaine grâce du détail, qui n'est d'ailleurs pas le sujet, on commence par la sculpture. Des sculptures de Picasso et des sculptures d'Amérique du sud pour une des clés habituelles de Malraux avec la mort mais là non plus ce n'est pas le sujet.

C'est une manière d'en revenir à un signe en se détachant du sujet. Dans la suite il est question du rapport du peintre avec son oeuvre, l'occasion de parler du voisinage de Braque et de la période sans même trop accentuer sur le cubisme en tant que tel. Viennent aussi Matisse et Duchamp. Mais l'idée pour en revenir au signe serait que le geste qui prime chez Picasso est que la peinture doit se suffire à elle-même, tout ce qu'elle peut remettre en cause doit être contenu dans le tableau. L'idée aussi que le peintre représente justement une sorte de reconnaissable qui n'existe pas.

Avec un crochet par l'art roman et l’enchaînement qui ne fait venir qu'à la fin la période bleue (accessoirement superbe écho aux surfaces des sculptures) on se sent surprend à regarder avec attention ce qui se passe sous nos yeux et passer un temps durable du "mais pourquoi ?" (sous entendu, est-ce si moche) à "mais comment ?" (et ce n'est pas si moche ou alors ce n'est pas la question).

J'ai au passage retrouvé certaines impressions "d'arriver enfin à regarder Picasso" ressenties à Bâle devant cette belle expo qui mélangeais avec justesse le très déconstruit et des esquisses et dessins.

Pour celles et ceux qui bloquent et qui s'agacent et se questionnent sur ce blocage et sur une idée d'art moderne il y a de quoi faire et des portes qui s'ouvrent...

Et une envie de lire La Tête d'obsidienne.




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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Lun 28 Mar 2016 - 8:05

ce fil m'avait échappé, c'est bien les remontées ! sourire

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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Lun 28 Mar 2016 - 15:03

animal a écrit:
Et une envie de lire La Tête d'obsidienne.
depuis que tu en as parlé, de même...
je l'ai noté en tout cas tout en haut de mes envies Wink

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MessageSujet: Re: Journal de voyage avec André Malraux   Aujourd'hui à 4:54

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