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 Imre Kertész [Hongrie]

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topocl
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Mer 22 Juin 2016 - 19:44

J'avais dit "expérience curieuse et perturbante" dentsblanches !
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Mer 22 Juin 2016 - 21:25

je n'en suis qu' au début, la description de l'appartement a retenu mon attention, d'ailleurs j'en ai fait un croquis dentsblanches (pas à l'échelle hein ! )

voir la disposition m'a paru important puisque c'est au bout de 19 ans qu'il "découvre" son lieu de vie.

Ce que dit l'éditeur à propos de son livre je le comprends car j' ai été très étonnée des sentiments de l'adolescent. Je continue doucement.

à gauche l'entrée, à droite la rue : le ravin du mensonge







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topocl
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Jeu 23 Juin 2016 - 7:37

bravo
J'imaginais seulement que les meubles tenaient plus de place et qu'il n'y avait pas beaucoup de place pour circuler...
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Jeu 23 Juin 2016 - 7:56

fort possible que les meubles se touchent Topocl puisque 28 m2, j' ai dit pas à l'échelle réelle dentsblanches  (pas évident de faire un croquis, j' ai repris la description à plusieurs reprises.) c'était surtout pour situer sourire

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églantine
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Jeu 23 Juin 2016 - 9:46

Super ton croquis Bedou.  oui
C'est bizarre je ne me suis pas fixée sur les lieux.
Comme nos accroches de lectures peuvent être différentes ....autant de lectures que de lecteurs. cheers

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shanidar
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Jeu 23 Juin 2016 - 11:42

topocl a écrit:
J'avais dit "expérience curieuse et perturbante" dentsblanches !

Oui et comme mon expérience semble ressembler à la tienne je te garde pour la fin...

Merci Bédou pour le schéma, j'admire ta capacité de spatialisation !

Bizarrement, je n'ai pas eu la même réaction avec le deuxième récit du livre, quand Köves arrive dans cette ville dévastée. Pour moi, il s'agissait non pas du retour après les camps, mais plutôt d'une réécriture adulte de l'expérience d'avant les camps. Comme si Köves cherchait à revivre cette expérience pour mieux la comprendre ; expérience que Kertesz a vécu adolescent et non en adulte. Köves lorsqu'il arrive chez sa logeuse, donne l'impression d'arriver chez les Kertesz après la déportation du père et l'enfant turbulent, irascible qui veut jouer aux échecs (mot que l'on doit sans doute prendre dans les deux sens) est Imre lui-même. J'ai eu l'impression que Kertesz, à travers le personnage de Köves voulait rejouer cet épisode sombre de sa vie (l'usine, le premier baiser ici transformé en première relation sexuelle, la première expérience policière, etc.) en cherchant à le voir du point de vue d'un adulte mais en se retrouvant finalement confronté à la même incompréhension et à la même apathie...

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Ven 24 Juin 2016 - 21:27

eh bien Eglantine, je me suis dit que vu la précision des descriptions cet appartement où il a vécu et vit actuellement devait être aussi pour quelque chose dans son comportement ou du moins en être l'instrument. Je n'en suis qu' à une centaine de pages pour le moment

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Lun 4 Juil 2016 - 17:15

lecture faite à petites doses, donc hachée, ce dont j'ai en horreur ! que retenir des sentiments en cours de lecture ? je répète ce que j'ai ressenti à ma lecture précédente, je trouve, pour le sujet, que l'auteur se démarque des autres survivants.

Le refus
Le désir, la nécessité  pour le narrateur d'écrire ce roman se découvre à travers le récit que le dénommé Berg porte à la connaissance du narrateur et la lettre  que ce dernier se propose de lui adresser confirmant ainsi le rôle des éléments extérieurs qui forcent les décisions sans éluder toutefois l’ acceptation  du destin  qui est en nous, notre production.

L’ auteur nous invite à la réflexion sur le pouvoir, la morale de l’individu par rapport à ceux du monde, plus généralement ; ce monde dont nous tous faisons partie et qui ne doit pas servir à nous défausser de notre responsabilité personnelle et vice versa. (bourreau ou victime ou bourreau et victime)

C’est un beau sentiment que de voir dans l’écriture une grâce, mais la vie aussi en est une qui ne devrait pas souffrir de refus car la dernière page du  livre de la vie tournée il n’y a pas de nouvelle édition.

Ceci dit, l’ambiance du livre  est inquiétante, pesante,  le lecteur est en attente d’une délivrance (mais l'auteur, en ce temps, n'est-il pas toujours en recherche ?)

J' ai l'impression d' être, comme Köves parmi les siens, une étrangère dans cette lecture bien que j'y sois entrée ; difficile de traduire ce sentiment sans le réduire.




ps en visite chez Berg se retrouve La Table ! dentsblanches

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shanidar
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Mar 5 Juil 2016 - 11:39

Je me rends compte que je n'ai rien compris à cette histoire de grâce et de Berg alors que cela semble être un moment crucial de la lecture (Arensor cite deux moments forts, celui avec Ilse Koch et celui avec Berg et je pense en effet que ce que dit Kertesz à travers les figures de ces deux personnes est essentiel, mais pour moi encore obscur). Je vais relire ce passage.

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Mar 5 Juil 2016 - 14:49

je m'interroge encore sur l' auteur, une impression d'avoir été éconduite,  je l'ai laissé devant LA table pestant après sa voisine ! sourire

Je pense que la jeune fille joue le rôle d'initiative, comme les anciens aux camps, car Köves est aussi "naïf"

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ArenSor
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Ven 8 Juil 2016 - 19:23

shanidar a écrit:

Bizarrement, je n'ai pas eu la même réaction avec le deuxième récit du livre, quand Köves arrive dans cette ville dévastée. Pour moi, il s'agissait non pas du retour après les camps, mais plutôt d'une réécriture adulte de l'expérience d'avant les camps. Comme si Köves cherchait à revivre cette expérience pour mieux la comprendre ; expérience que Kertesz a vécu adolescent et non en adulte. Köves lorsqu'il arrive chez sa logeuse, donne l'impression d'arriver chez les Kertesz après la déportation du père et l'enfant turbulent, irascible qui veut jouer aux échecs (mot que l'on doit sans doute prendre dans les deux sens) est Imre lui-même. J'ai eu l'impression que Kertesz, à travers le personnage de Köves voulait rejouer cet épisode sombre de sa vie (l'usine, le premier baiser ici transformé en première relation sexuelle, la première expérience policière, etc.) en cherchant à le voir du point de vue d'un adulte mais en se retrouvant finalement confronté à la même incompréhension et à la même apathie...
Très intéressante cette analyse ! elle ne m'avait même pas effleurée. Comme quoi, lorsqu'on part dans une interprétation, on se ferme aux autres.

bédoulène a écrit:

Le refus
Le désir, la nécessité  pour le narrateur d'écrire ce roman se découvre à travers le récit que le dénommé Berg porte à la connaissance du narrateur et la lettre  que ce dernier se propose de lui adresser confirmant ainsi le rôle des éléments extérieurs qui forcent les décisions sans éluder toutefois l’ acceptation  du destin  qui est en nous, notre production.

L’ auteur nous invite à la réflexion sur le pouvoir, la morale de l’individu par rapport à ceux du monde, plus généralement ; ce monde dont nous tous faisons partie et qui ne doit pas servir à nous défausser de notre responsabilité personnelle et vice versa. (bourreau ou victime ou bourreau et victime)

C’est un beau sentiment que de voir dans l’écriture une grâce, mais la vie aussi en est une qui ne devrait pas souffrir de refus car la dernière page du  livre de la vie tournée il n’y a pas de nouvelle édition.

Ceci dit, l’ambiance du livre  est inquiétante, pesante,  le lecteur est en attente d’une délivrance (mais l'auteur, en ce temps, n'est-il pas toujours en recherche ?)
J'adhère à cette vision des choses.


shanidar a écrit:
Je me rends compte que je n'ai rien compris à cette histoire de grâce et de Berg alors que cela semble être un moment crucial de la lecture (Arensor cite deux moments forts, celui avec Ilse Koch et celui avec Berg et je pense en effet que ce que dit Kertesz à travers les figures de ces deux personnes est essentiel, mais pour moi encore obscur). Je vais relire ce passage.
Connaissant un peu Arensor, je peux dire qu'il lui arrive de dire des c.... Son jugement est très subjectif.

Ce qui m'a beaucoup plu également dans ce livre de Kertesz c'est son côté un peu "labyrinthique" qui peut diriger le lecteur vers des voies d'interprétation très différentes.
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Ven 8 Juil 2016 - 22:29

et dans les labyrinthes on se perd parfois ! sourire

sympa ton retour ArenSor !

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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Sam 23 Juil 2016 - 9:53

Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas

Avez-vous des enfants ? NON !

C’est ce non catégorique qui amène le narrateur à se remémorer le passé : son enfance, son mariage, son travail de traducteur.

Des enfants il n’en a pas et n’en a pas voulu. Il a refusé de transmettre son douloureux passé à un enfant. Un enfant qui serait une continuité de son existence et il n’ est pas capable de vivre, juste de survivre, dans une liberté intime qui rejette toute attache que ce soit, celle d’un domicile qui lui appartiendrait ou même une femme, sa femme ; alors un enfant ............. et c'est à cet enfant qui n' a pas eu d'existence (preuve peut-être bien de son inexistence à lui, lui qui dit vivre à moitié ? ) qu'il se livre

Le sentiment de culpabilité de sa survivance est prégnant mais n’ est pas alimenté par sa judéité (même si bien sur c'est elle qui l'a conduit aux camps) car pour lui être Juif « c’est un état de fait désagréable et pas très compréhensible ». Par contre le pouvoir des camps qu'il subit est assimilé à celui du père, de son père avec lequel il n’ avait pas d’entente.

Le narrateur n’existe que par son écriture mais c’est aussi avec elle qu’il creuse sa tombe dans les nuages ; il a, comme il le dit, poursuivi toute sa vie son « autoliquidation » inconsciemment d’abord, puis consciemment ; les autres lui avaient mis la pelle entre les mains.
 
On peut certainement comparer son « exil volontaire du monde » (conforté par le sentiment d’altérité qui l’habite depuis son enfance ?) à un suicide.

Une lecture appliquée, à écouter le narrateur se raconter, à ramasser les indices, à tenter de comprendre.

Extrait choisi
C'était un soir d'été finissant, je m'en souviens la rue était baignée d'odeurs trop mûres, les maisons aux petits yeux plissés, ivres et mal lavées vacillaient le long des trottoirs. Le soleil couchant dégoulinait sur les murs comme un vin bourru et jaune, collant ; les portes béaient dans la pénombre comme des plaies de teigne et moi, pris de vertige je m'agrippais à une poignée ou qui sait quoi, quand soudain je fus touché par le mystère - oh ! pas celui de la mort, mais celui de la survie."


ps : je m'interroge sur la réponse faite à sa femme qui se demande comment les autres la reconnaissent comme Juive alors qu'elle n' exerce pas la religion, ni la langue etc...
Il dit : "parce que tu n'as pas été à Auschwitz"


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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Sam 23 Juil 2016 - 9:56

Eglantine je viens de lire ton commentaire, si juste, merci !

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églantine
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MessageSujet: Re: Imre Kertész [Hongrie]   Sam 23 Juil 2016 - 15:09

Bédoulène a écrit:





                     


ps : je m'interroge sur la réponse faite à sa femme qui se demande comment les autres la reconnaissent comme Juive alors qu'elle n' exerce pas la religion, ni la langue etc...
Il dit : "parce que tu n'as pas été à Auschwitz"

Contente je suis de lire ton beau commentaire Bedou.  cheers
C'est vrai qu'il n est pas limpide l ami Kertesz.
Je vais ressortir mon livre pour retrouver ce passage obscur.
C'est un écrivain qu il serait intéressant de lire en LC !

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