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 Frédéric H. Fajardie

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kali
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MessageSujet: Frédéric H. Fajardie   Frédéric H. Fajardie Icon_minitimeDim 28 Fév 2010 - 20:49

Frédéric H. Fajardie

Frédéric H. Fajardie Fajard10

Sa biographie d'après Le point :

Né le 28 août 1947 à Paris,
Frédéric H. Fajardie, de son vrai nom Ronald Moreau, avait publié son premier
roman, Tueur de flics , en 1979. Très marqué à gauche, il fut à la fin des
années 1970 celui qui renouvela de fond en comble le roman policier en
reprenant l'héritage du réalisme poétique de Jacques Prévert. Il avait la
verdeur batailleuse d'un Marcel Aymé.


Récemment les éditions Fayard ont
eu la bonne idée de republier l'ensemble de ses romans noirs. Tueurs de flics ,
La Théorie du 1°/° , Sniper , le superbe Polichinelle mouillé et, sans doute un
de ses plus beaux : Un homme en harmonie , portrait d'un résistant à deux
faces, salué à l'époque par toute la presse.


Deux épais volumes rassemblent
aussi près de 400 nouvelles. Elles donnent de lui l'image d'un romancier
balzacien capable de faire parler des paysans normands, des ministres de
droite, des militants du Front national, des épiciers arabes, des lycéens
marrants, des filles rouges de Mai 68, ou des soldats de la Wehrmacht. Il a
travaillé pour Alain Delon. Mais, surtout, il a réussi une immense
chronique-fresque des années-Giscard et des années-Mitterrand avec une
insolence digne de Charlie Hebdo , journal auquel il a souvent collaboré.



Il y avait aussi un auteur plus secret, capable de décrire un soir d'hiver dans
un port normand comme Maupassant, ou de faire revivre le désastre de Juin 1940.
Un roman comme Un pont sur la Loire , adapté avec bonheur pour la télévision,
dit très bien la blessure d'une génération, celle de son père. Né dans un Paris
populaire vers la rue de Tolbiac, dans un quartier toujours prêt au
soulèvement, à l'argot, aux lazzi, au ton Gavroche, il savait, comme personne,
décrire un petit troquet, une bande de copains en goguette, ou la criaillerie
des gosses qui sortent de l'école, un peu comme un Truffaut du XIIIe
arrondissement.



Dès le milieu des années 1980, il diversifiait sa production, avec des romans
plus classiques, notamment historiques, publiés chez Gallimard, Denoël ou à La
Table ronde et surtout aux éditions Lattès. Là, son sens du dialogue faisait
merveille. Les Foulards rouges le rapproche de Paul Feval et d'Alexandre Dumas.




Parmi ses grandes réussites, notons Bleu de méthylène (1997), Gentil Faty
(1981), Le Loup d'écume (1986) et Une charrette pleine d'étoiles (1988) qui
revisite la Guerre d'Espagne. Parmi ses romans le ton si personnel de Brouillard
d'automne le classe à part, à la fois sensible, mélancolique, avec toujours un
ton de fraternité avec les humbles. C'est le plus romantique des polardeux du
noir de sa génération...



Il a reçu plusieurs prix littéraires, notamment le Prix des Maisons de la
presse 2001 pour Les Foulards rouges .


Il est décédé en mai 2008.


Dernière édition par kalistina le Dim 28 Fév 2010 - 20:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Frédéric H. Fajardie   Frédéric H. Fajardie Icon_minitimeDim 28 Fév 2010 - 20:51

Le voleur de vent

Décembre 1609, deux cavaliers approchent d'un château en ruine où se trame un terrible complot. Le premier est l'un des hommes les plus puissants du royaume des lys. Son acolyte, un moine défiguré, est sans doute ce que le mal a produit de plus raffiné depuis des siècles. A ses ordres, demi-fous, une troupe de loups-garous attend son heure pour participer à la fureur meurtrière qui va secouer le pays pendant les six mois qu'il reste à vivre au roi Henri IV. Et pour mieux assurer l'infamie, à Paris, ils sont douze conjurés, les fleurons de la cour, qui se réunissent pour fermer autour du roi trois cercles de fer et de mort.
Mais c'est compter sans Thomas de Pomonne, comte de Nissac et amiral des mers du Levant, aussi à l'aise au sabre qu'à l'épée, aussi redoutable sur terre que sur l'eau. Entouré de rudes compagnons, fidèle à un roi qui, le premier, reconnut la liberté de conscience, Nissac tentera de le sauver.


Roman historique -biiip- intrigues -biiip- aventures -biiip- amour -biiip- cape et épée -biiip-.
Je pourrais m'arrêter là, normalement ça suffit à dire que j'adore! Mais je ne suis pas si vache, je vais vous en dire un peu plus...
Il y a deux choses particulièrement énervante dans ce roman. La première, ce sont les effets de style façon "parler de l'époque" avec disparition massive des déterminants et modification des prépositions. La seconde, c'est Thomas de Nissac, ce héros si parfait, dont on nous vante les mérites à peu près trois fois par page, des fois qu'on n'ait pas compris que c'est le plus beau, le plus fort, le plus courageux, le plus intelligent, le plus loyal et le plus modeste.
C'est parfaitement horripilant mais je me suis extrêmement volontiers laissée horripiler, et ce en l'espace d'un week-end tant j'en redemandais!!! J'ai passé mon temps à pester, mais j'ai dé-vo-ré ce roman, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde, je voulais absolument découvrir le déroulement de l'intrigue contre le roi, celui des histoires d'amour, suivre l'évolution des loups-garou, etc. etc.
Pour moi, Le voleur de vent, c'est typiquement le "roman refuge" : le bon pavé douillet dans lequel on se plonge avec délice, en se laissant berner de notre plein gré et en voguant au gré des aventures, pour le plaisir de voir triompher le héros exaspérant de perfection... Les pavés historiques avec intrigue et amour, ça me rassure, ça rassérène, ça me fait plaisir, bref, j'adore!
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MessageSujet: Re: Frédéric H. Fajardie   Frédéric H. Fajardie Icon_minitimeDim 28 Fév 2010 - 20:53

Une charrette pleine d'étoiles

Dans ce court roman publié en 1988, Frédéric H. Fajardie nous conte l'histoire de trois camarades partis de Paris en 38 de l'autre côté des Pyrénées pour des motifs avouables ou non. Trois hommes presque ordinaires qui s'engagent aux côtés des Républicains au nom de l'amitié et de l'honneur bafoué. Ils vivront à leur manière plusieurs des épisodes les plus noirs de la guerre d'Espagne.

Henri Sajer, dit "Riton", Robert Harszfield et Louis Mena sont trois amis, employés à l'Electromécanique de Savoie. Riton est le meneur de la grève de ce 30 mars 1938, flanqué de son ami Robert, dit "le savant" pour son côté solitaire et son goût de la lecture. Louis, lui, prend une part active à la lutte, comme d'habitude, mais le coeur léger : il est amoureux de Lucie.
Mais Lucie est belle, et Louis n'est pas le seul à s'en être rendu compte : Xavier Chastenet, fils du grand patron, ne peut réprimer ses pulsions et viole puis tue Lucie. André Chastenet, le père, soucieux d'éviter le scandale, s'arrange pour innocenter son fils mais l'envoie quand même en Espagne, où il devra retrouver son grand frère, capitaine dans la milice.
Louis, aussi impulsif qu'au temps de son adolescence où il a enchaîné les 400 coups, ne rêve plus que de vengeance, et c'est sans tergiverser qu'il décide se partir s'engager auprès des Républicains, dans le but de retrouver l'assassin de sa fiancée. Harszfield et même Riton, pourtant père de famille, décident sur un coup de tête d'accompagner leur ami.

Deuxième roman de Fajardie que je lis et, même s'il s'agit là encore d'un historique, on est bien loin du Voleur de vent, splendide fresque de cape et d'épée.
Une charrette pleine d'étoiles est un très beau roman également, mais bien loin du "romanesque", on ne se sent qu'à peine dans la fiction. Cette histoire est brute, ressemble à celle que tant d'hommes ont réellement vécue il y a 70 ans en Espagne. Fajardie me donne l'impression d'être un auteur réellement engagé, et pas uniquement au sens politique : on le sent pris tout entier dans son écriture, il se livre lui-même quand il écrit, avec honnêteté et pleinement. Ses héros sont des hommes, avec des qualités mais aussi des défauts, des travers, des bassesses, mais un sens de l'honneur et de la dignité.
C'est une forte histoire d'amitié, mais aussi une réflexion sur les choix qui peuvent changer une vie, sur le sens qu'on lui donne... Et une fresque de la fin de la guerre d'Espagne, sombre prélude à la Deuxième Guerre Mondiale. C'est une période que je ne connais pas ; on ne l'étudie jamais en tant qu'élève, et tant que lectrice, je n'ai lu qu'une seule oeuvre qui s'y rapporte - mais quelle oeuvre ! Pour qui sonne le glas d'Hemingway.
Frédéric H. Fajardie, plus connu pour ses romans policiers que je n'ai pour ma part jamais eu l'occasion de lire, était vraiment un grand écrivain, que je regrette de n'avoir pas découvert plus tôt.
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