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 Brigitte Giraud

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coline
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MessageSujet: Brigitte Giraud   Mer 2 Mai 2007 - 15:48



Brigitte Giraud est née en Algérie en 1960. Elle habite la région lyonnaise.


Bibliographie

Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
Romans
1997 La Chambre des parents,
1999 Nico,
2004 Marée noire, Page 3,
2005 J'apprends, Page 1,
2009 Une année étrangère, Pages 1, 2,
2011 Pas d'inquiétude, Pages 2, 3,
2013 Avoir un corps, Page 3,

Récit
2001 À présent, Pages 2,

Nouvelles
2007 L’amour est très surestimé, Page 1,
2010 Avec les garçons, suivi de Le Garçon,


Citation :
mise à jour le 23/11/13, page 3
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coline
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Mer 2 Mai 2007 - 15:58

L’AMOUR EST TRES SURESTIME

" Vous n'avez rien vu venir et vous ne l'aimez plus. Vous demandez à vérifier. Il s'agit d'être sûr. Mais vous doutez. En fait, vous l'aimez et ne l'aimez pas à la fois. Il faudrait vous décider, ça devient agaçant. Vous l'aimez pensez-vous, mais ne supportez pas quand il traverse le salon en peignoir. Quand il s'installe devant la télévision dans cette tenue, les cheveux encore mouillés, plaqués en arrière. Lui, sans doute vous l'aimez, mais c'est la même scène répétée chaque jour qui vous indispose. Il ne s'agit pas de tout mélanger. Ce qui est sûr, c'est que vous éprouvez de la tendresse pour lui. C'est ce que l'on dit, paraît-il, quand on n'aime plus. Plus on éprouve de tendresse et moins on aime, alors ? Mais qui peut dire la différence entre les deux ? La tendresse, c'est quand on n'a pas de désir. On se caresse la joue avant de s'endormir. C'est Pimprenelle et Nicolas. "

Ainsi commence la première des onze nouvelles de ce recueil.
Onze nouvelles qui parlent de la fin de l’amour. De l’amour qui finit de toutes les manières : dans le déni, dans l’indifférence, dans la violence, dans l’abandon, dans la mort…

Les mains se cherchent mais ne se trouvent pas, les corps et les regards s’évitent, les mots ne viennent plus, ou viennent mal…« Je me demande si c'est moi qui ne sais pas dire ou toi qui ne sais pas entendre. »

Les êtres sont meurtris lorsque l’amour prend fin : ceux qui se sont aimés, leurs enfants, leurs parents…

Brigitte Giraud évoque la vie et l’amour ordinaires quoi…
Ce fut doux… puis douloureux…
Et les textes trouvent un écho en nos histoires, proches ou plus lointaines.
Il est vrai que ce qu’ils disent à été des milliers de fois raconté…Mais pas comme ça…
Les mots sont si justes. Les mots de Brigitte Giraud sont si délicats, si sensibles et si justes… C’est pour cela que plus d’une fois on a la gorge serrée alors qu’ils ne sombrent nullement dans le pathos… C’est si retenu, si pudique….

" C'est la fin de l'histoire et vous ne le savez pas. Il est là, debout devant la fenêtre, et vous lui en voulez de masquer la lumière. Ce n’est pas lui que vous voyez mais le jour qu’il empêche d’entrer. Ça commence comme ça.".

-Les gestes de tendresse ont remplacé, sans qu’on s’en rende compte, la passion des débuts.

- On s’attache à choisir la couleur pour refaire la salle de bains : ocre ou sable ?...La question devient importante dès lors qu’elle évite de se poser celles qui seraient pourtant essentielles : Est-ce que tu m’aimes encore ? Est-ce que je serai là encore mercredi prochain ?

- Et saura-t-on encore aimer après ?...Quand on en aura perdu l’habitude ?

"J'avais face à moi un inconnu, cet inconnu avait ravivé l'amour et m'exposait à tous les dangers. J'avais peur d'aimer et de ne pas aimer, peur de me tromper, peur d'aller trop vite. Je ne savais plus comment être devant un homme, alors je baissai un peu les yeux"...

- Comment on se répartit les objets qu’on a acquis ensemble ?

« Tu m’abandonnais avec les tiroirs pleins, les rayonnages pleins, et c’était du vide que tu laissais, tu me léguais la suite de notre histoire.[…]Tu refermais la porte derrière toi et je restais seule pour toujours, avec la maison remplie à ras bord de notre histoire ratée. »

- Et comment dit-on aux enfants… «un enchaînement de mots qui dira l’amour et la fin de l’amour, l’amour qu’on a pour eux et l’amour qu’on n’a plus pour nous» ?

- Une nouvelle évoque Bertrand Cantat et Marie Trintignant: «Tuer n'empêche pas d'être en deuil.»

- Comment trouver sa place quand on est veuve ? Les veuves, « On les surveille, on les juge. Elles ont une morale à préserver, une mémoire à honorer. »
Et quand parfois les veuves ont des rendez-vous secrets. « Elles n’en parlent à personne. Elles se sentent coupables. »

(NB : Brigitte Giraud avait raconté il y a six ans dans A Présent: la mort de son compagnon, père de son fils, dans un accident de moto.)

Comme ce livre est mélancolique et touchant !
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coline
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Mer 2 Mai 2007 - 16:32

L'amour est très surestimé (extrait):


« Ce qui est sûr, c’est que vous éprouvez de la tendresse pour lui. C’est ce que l’on dit, paraît-il, quand on n’aime plus. Plus on éprouve de tendresse et moins on aime, alors? Mais qui peut dire la différence entre les deux? La tendresse, c’est quand on n’a pas de désir. On se caresse la joue avant de s’endormir. C’est Pimprenelle et Nicolas.
Et pourtant vous n’en êtes pas là. Vous faites l’amour, il n’y a pas de doute. Plutôt souvent et avec conviction. Mais vous trouvez qu’il s’y prend mal. S’y prend-il mal d’ailleurs ou est-ce vous qui pinaillez? Ça dure depuis combien de temps? Et pourquoi vous n’en avez pas parlé avant?
Vous repoussez l’idée de ne plus l’aimer. Vous n’imaginez pas qu’il faudra le lui dire. Alors vous en faites votre affaire. Vous vous accommodez. Vous acceptez de ne plus supporter: sa démarche, sa conduite, la musique qu’il écoute. Sans en faire un drame. Vous êtes désagréable. Parfois blessante, mais vous camouflez. Puis vous n’y tenez plus. Ça vous échappe. Vous alignez les reproches, vous ressemblez à votre mère. Vous vous détestez. Vous vous ressaisissez, donnez encore une chance à votre histoire. Vous êtes douce, conciliante, juste ce qu’il faut pour relancer la machine. Ne pas être obligée de parler de cela. Une semaine s’écoule, parfois deux. Vous allez au cinéma, vous invitez des amis, vous partez en week-end à la montagne. Vous pensez que vous vous égarez. C’est bien l’homme de votre vie. Vous avez été injuste, impatiente, d’une exigence maladive. Vous vous prenez pour qui? … »
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Jeu 20 Déc 2007 - 22:09

Biblio avait emprunté "J'apprends" et j'en ai profité pour le lire à sa suite.
J'ai bien aimé cette histoire ainsi que le style de l'auteur que je ne connaissais pas du tout!

[url]Quatrième de couverture:[/url]

" Il ne faut pas faire ce que je fais quand mon institutrice inscrit sur le tableau : racontez une soirée d'automne. Il ne faut pas écrire : La nuit qui tombe à cinq heures. Le bruit de la Cocotte-minute, le bruit du mixer, la chaise vide de ma sœur, la louche pour servir la soupe, le lait que mon demi-frère verse dans la soupe pour la refroidir, le silence autour de la table. Il ne faut pas écrire : Celle qui n'est pas ma mère assise en face de moi. Le début de fou rire qui nous envahit, mon demi-frère et moi, et notre détresse qui grandit en même temps que le jour diminue. Il ne faut pas confondre l'énoncé des rédactions avec de vraies questions. Je dois inventer un monde spécialement pour le raconter à mon institutrice. J'apprends qu'on ne peut pas tout dire. "



Brigitte Giraud livre ses souvenirs d'enfance, ses souvenirs d'écolière d'avant mai 68: les filles étaient séparées des garçons, elles portaient des pantis en dentelles qui dépassaient de leurs jupes courtes, des chaussettes blanches et hautes et de jolies chaussures à lanières ou des bottes aux pieds. Le corps professoral se déclinait au féminin avec ses grandeurs et ses petitesses, ses tendresses et ses cruautés. Les salles de classe étaient silencieuses et dociles...seuls les bourdonnements de la tondeuse ou de la circulation se faisaient entendre.
C'était le temps des rédactions, des leçons de grammaire et de conjugaison, des dictées, des lignes d'écriture et des anonnements collectifs. C'était le temps des premières machines à laver, des premiers robots ménagers délivrance des ménagères. C'était le temps des programmes uniques à la télévision, des premiers appartements au confort moderne, des HLM où tout le monde se connaît et discute, potine devant les boîtes aux lettres et où les caves ont une réputation sulfureuse. C'était le temps de l'insouciance de l'enfance et du début des émois amoureux. C'était la fin des années soixante, le début des années soixante-dix, âge d'or des lecteurs actuellement quadragénaires: le moral de la société était au beau fixe, l'emploi ne manquait pas, l'école ne sombrait pas et était auréolée de la gloire de la IIIè République, les fillettes allaient à la gymnastique ou à la danse, les garçons au foot ou à la piscine, les culottes courtes n'étaient pas ridicules et les bonbons avaient le goût du paradis.
Nadia appartient à ce monde, vit son enfance et sa scolarité dans l'intériorité, dans la solitude au sein de sa famille. Nadia, n'est pas née en France et n'est pas la fille de la femme de son père. Elle est née de l'autre côté de la Méditerranée et c'est le temps des "évènements d'Algérie" puis celui de la Guerre d'Algérie. Nadia est brune, Nadia est différente, Nadia entend des choses déplaisantes dans le brouhaha des conversations d'adultes: Patricia a subi d'étranges choses dans les caves, il y a des gens qui ont reçu des coups de matraques dans les rues.
Au fil des leçons de français, de mathématiques, de géographie, d'histoire, Nadia comprend l'hypocrisie du monde des adultes, comprend sa cruauté perverse et apprend qu'elle ne peut pas tout dire mais surtout qu'elle peut dire non, sans cri et sans haine, aux adultes, à la maîtresse qui aime humilier et exercer son pouvoir sur son souffre-douleur....Nadia apprend la honte de ne pas avoir la force de se lever et de dire stop à ces exactions et s'exerce à la résistance et la rébellion silencieuse.
Nadia a une soeur qui navigue entre la maison et une institution, Nadia a une petit frère turbulent et adorable mais Nadia n'a pas sa mère, elle n'a que "celle qui n'est pas ma mère". L'absente est une présence de chaque instant et un mystère douloureux.
Entre deux extraits de poèmes, récitations, bouts de leçons qui renvoie le lecteur sur les bancs de sa classe, Brigitte Giraud peint l'enfance qui se construit entre l'école et la famille et mûrit au fil des grappillages de l'Histoire et des adultes, une enfance un brin nostalgique mais avec une plume trempée dans l'encre de la réalité difficile d'une époque aux conflits larvés. Les chagrins d'école sont nombreux et douloureux malgré la douceur des conjugaisons, des règles de grammaire ou des poèmes.
Un roman qui décline tout ce qu'une enfant peut apprendre sur le fonctionnement du monde mais surtout un roman qui exprime la frustration d'une enfant qui ne connaît ses origines.
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Sam 29 Mar 2008 - 19:35

"J'apprends"


Elle s'appelle Nadia et elle vit quelque part dans la région lyonnaise. Elle a six ans et tous les jours elle va à l'école. C'est le milieu des années 60 et Nadia apprend à lire, à écrire, à compter. Elle aime l'école.

« J'aime l'école, un endroit où tout le monde se déploie, où tout est neuf, où tout commence. Où tout est vierge sur des feuilles blanches. J'aime ce monde de peinture à l'eau, de crayons de couleur, de papier crépon. Un monde de feutrine, de coton, de ficelle. Un monde de transformation. J'aime les matières qu'on découpe, la paire de ciseaux qui crisse sur la feuille immaculée, le pot de colle qui sent l'amande, le crayon bien taillé. J'aime le temps occupé, les consignes qui rassurent, les gestes nouveaux. J'aime être accompagnée, encouragée. Protégée. J'aime quand on range le matériel, quand on met chaque chose à sa place. J'aime la chronologie, le découpage du temps. J'aime construire avec mes mains, avec des mots, j'aime élaborer, inventer, échafauder. J'aime être loin de la maison. »

Pour Nadia, l'école, au cours de ses premières années, est un refuge et un laboratoire dédié à la découverte du monde qui l'entoure, un monde où s'éveillent ses sens et où elle se sent protégée, à l'écart d'un foyer familial où elle se sent étrangère.

« L'école est un monde d'automne et d'hiver, de feuilles mortes qu'on ramasse sur le chemin, qu'on observe, qu'on colle dans des cahiers. Feuilles de platane, de marronnier, de peuplier. C'est un monde de soleils pâles, de lumière artificielle, de ciels bas, de flaques dans la cour. De pluie contre les vitres, de rafales de vent qui font bouger les stores. Un lieu avec des gants cousus aux manches des anoraks. Un univers de jaune et d'ocre, de gris et de blanc. Des bogues, des coques, des châtaignes, des noix. De la boue sous les semelles, de la neige et la promesse de vacances qui arrivent sans bonheur. »

Nadia vit dans un immeuble avec sa soeur, son demi-frère, son père et Celle qui n'est pas sa mère.
Car Nadia et sa soeur sont nées en Algérie pendant la guerre d'indépendance. Leur père était soldat dans l'armée française et elles ne savent pas pourquoi elles n'ont plus leur vraie mère, ni si celle-ci est toujours vivante, quelque part en France ou de l'autre côté de la Méditerranée. Que s'est-il passé ? C'est ce que Nadia voudrait savoir.

Alors elle apprend, sans relâche, pour comprendre le monde et les choses. Mais parfois ce qu'elle apprend au tableau noir ou dans les livres scolaires ne cesse de la troubler et de susciter ses interrogations.

« Les châteaux forts ont quatre tours, des créneaux et un pont-levis. Les prisonniers sont enfermés dans des oubliettes. Autour du château, il y a des douves. Les chevaliers ont des armures et s'affrontent lors de tournois. Les troubadours vont chanter et danser de château en château. Les hommes du Moyen Âge jettent de l'huile brûlante sur les assaillants depuis le haut des créneaux. Ils partent en croisade et se battent contre les Arabes. Les Arabes sont nos ennemis. »

Et nous suivons ainsi Nadia au cours des années. Après l'école élémentaire, c'est le collège et l'adolescence, les années 70. Ce sont les années Giscard traversées par les chansons de Sheila et Ringo, , le groupe Il était une fois, Patrick Juvet, Michel Polnareff, la mort de Mike Brant.... C'est l'époque des premiers flirts, des compétitions de gymnastique, du premier soutien-gorge, des cours de flûte à bec, des copines, du hit-parade et du magazine Podium, de Claude François et des Claudettes...

Mais pour Nadia, le mystère sur ses origines reste toujours entier. Devant le miroir elle se trouve le type méditerranéen. Rachid, un camarade de classe « qui a l'oeil » lui demande si elle ne serait pas « un peu algérienne » mais que ce soit au sein de sa famille ou au collège, la loi du silence règne.

« J'apprends l'Empire byzantin, le monde musulman, l'Empire carolingien. J'apprends la chrétienté, les seigneurs et leurs vassaux. J'apprends les rois de France, Christophe Colomb et Vasco de Gama.
J'apprends Mahomet, le Coran, l'organisation de la mosquée. J'apprends les mots prophète, médine, hégire, sourate. Rien sur l'Algérie. »


Entre le mutisme de son père et l'indifférence de Celle qui n'est pas sa mère, Nadia et sa soeur ne savent comment faire la lumière sur leurs origines. Echouée dans un monde qui n'est pas le sien, Nadia va au catéchisme, part en colonie de vacances, s'entiche de certains garçons de sa classe, fredonne les chansons de Gérard Lenorman et lit Salut les copains. Mais au fond d'elle-même un vide est là, qui s'élargit avec le temps, qui se nourrit d'interrogations et d'informations parcellaires.


Dans « J'apprends », Brigitte Giraud nous restitue tout un monde, celui de l'école d'abord avec ses leçons, ses poésies, ses couleurs et ses odeurs, mais elle nous décrit aussi tout un pan de la société française au lendemain de la guerre d'Algérie, une société figée qui hésite entre le repli sur soi et la libération des moeurs, une société où le regard de l'autre se fait juge et condamne parfois dans un éclair d'intolérance et de suspicion.
Fait de courts chapitres, le roman de Brigitte Giraud nous offre une succession de scènes de la vie quotidienne de ces années 60 et 70, scènes dont la brièveté formelle décuple l'efficacité et plongera le lecteur dans un univers de souvenirs et de sensations exhumées de ces mondes lointains et enfouis qui sont ceux de notre enfance et de notre adolescence.

Quête des origines, quête de la connaissance et de l'identité, le roman de Brigitte Giraud est un ouvrage pétri de nostalgie, de souvenirs tendres et douloureux. Un texte qui, sous son aspect faussement naïf et désinvolte nous renvoie à une période troublée de notre histoire dont les cicatrices, jamais pansées, ne cessent de suppurer malgré la chape de silence dont les autorités françaises ont tenté de la recouvrir.
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Sophie
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Lun 31 Mar 2008 - 20:10

J'ai découvert Brigitte Giraud avec La chambre des parents, qui m'avait plu sans non plus me transporter.

En revanche, j'ai été bouleversée par A présent, petit livre dans lequel elle raconte l'accident de moto de son compagnon, l'hôpital, la mort. C'est terrible mais magnifique.

Et quelque part dans un carton, j'ai Marée Noire.
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Epi
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Mer 2 Avr 2008 - 21:57

L’amour est très surestimé

Un petit livre qui se lit en une heure mais sans se presser, en savourant chaque phrase qui sonne si juste qu’on se dit que ce n’est pas possible, elle a notre vécu, notre expérience, comment sait-elle que ça s’est passé comme ça, pour nous, la, les dernières fois ? Une impression de déjà vu donc, très agréable et déroutante à la fois. Elle nous raconte la fin de l’amour dans tous ses états, tout simplement, sans émotion presque, juste un constat. Et on en est ému presque jusqu’aux larmes.

« Vous repoussez l'idée de ne plus l'aimer. Vous n'imaginez pas qu'il faura le lui dire. Alors vous en faites votre affaire. Vous vous accommodez. Vous acceptez de ne plus supporter : sa démarche, sa conduite, la musique qu'il écoute. Sans en faire un drame. Vous êtes désagréable. Parfois blessante, mais vous camouflez. »

C’est beau mais cruel, comme le désamour, parce qu’il s’installe presque à notre insu, sans bouleversement, on ne le voit pas, pas tout de suite en tout cas et un matin, c’est l’évidence, c’est fini, depuis longtemps mais on ne le savait pas.

Ce livre est improbable, comme la fin de l’amour qu’on ne veut jamais imaginer. On le porte en soi, inévitablement. Après l’avoir lu, on se dit que l’on sera plus attentif, que la prochaine fois, on saura, même si on ne peut rien y faire. C’est un livre triste mais qui ne rend pas triste.

Il est composé de 11 nouvelles très courtes. Au début, elles paraissent trop courtes et puis finalement, on se dit que c’est exactement ce qu’il faut, pas plus, pas moins.

Un vrai coup de cœur pour moi. Je l’ai emprunté à la bibliothèque mais je vais l’acheter, j’ai besoin de lui, c’est sûr, j’aurais besoin de le relire.

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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Mer 2 Avr 2008 - 22:59

Epi a écrit:
L’amour est très surestimé

Un vrai coup de cœur pour moi. Je l’ai emprunté à la bibliothèque mais je vais l’acheter, j’ai besoin de lui, c’est sûr, j’aurais besoin de le relire.

Pour moi il l'a été aussi... content
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Lun 7 Déc 2009 - 14:20

Une année étrangère

Citation :
Cela se passe dans le froid d’un hiver allemand. Je descends du train après avoir parcouru plus de mille kilomètres. Madame Bergen m’attend au bout du quai. Grande, grave et belle. Notre premier échange est bref et approximatif. Je ne suis pas sûre de comprendre tous les mots qu’elle prononce. Mais je hoche la tête en signe de bonne volonté. Je ne sais exactement pourquoi je suis là. Ce que je laisse derrière moi ne peut se résumer en quelques mots. Disons pour simplifier que mon dessein officiel est de perfectionner mon allemand, que je pratiquais au lycée comme première langue. Je suis là pour apprendre. Alors ne perdons pas de temps. J’y suis, consentante. Et dès le premier instant, malgré le sommeil qui me guette, j’apprends. J’apprends qu’on ne marche pas sur la glace en baskets. J’apprends que, malgré quatre heures d’allemand hebdomadaires depuis plusieurs années, je ne comprends pas une seule phrase en entier. Je pose mon bagage à l’arrière de la voiture, minibus Volkswagen. Je souffle sur mes doigts gelés. Je n’ai pas dormi depuis vingt-quatre heures mais je suis jeune et pleine de ressources, comme aiment à le répéter mes parents. Cela se passe dans un port de la mer Baltique. Je viens d’avoir dix-sept ans.
Après un drame qui détruit sa famille, qui ne se comprend plus, Laura part comme jeune fille au pair en Allemagne chez les Bergen. Très vite, elle va ressentir ce sentiment d’étrangeté, de non appartenance, bien connu des déracinés. Habituée à vivre dans une famille où tout est toujours parfaitement organisé, où chaque minute doit être remplie, utile, elle est désorientée. Chez les Bergen, chacun se comporte comme bon lui semble, il n'y a pas de règles apparentes, le temps coule doucement. Laura, livrée à elle-même, manque de repères et ne sait comment se comporter.

Citation :
Je suis installée devant la télévision quand monsieur Bergen descend l’escalier, peu après neuf heures, et je m’en veux qu’il me surprenne assise dans le canapé. Je me redresse et essaie d’avoir l’air naturel. Je ne sais si je dois aller vers lui ou si c’est à lui de venir vers moi, d’autant qu’aucune parole ne franchit nos lèvres.
Citation :
Quelque chose ne tourne pas rond dans cette famille. Je vais bientôt finir par comprendre ce qui se passe, à moins qu’il ne se passe rien, à moins que ce soit moi qui ne fonctionne plus, qui aie perdu la mesure des choses. Mais je ne suis pas dans le rythme, m’échappe l’absence de tempo qui gouverne ces quatre-là. Je vais devoir trouver ma place dans une maison où la place de chacun semble flotter, inconsistante et volatile.
Mais surtout, maîtrisant mal la langue, Laura est obligée de simplifier. En simplifiant ses phrases, elle simplifie sa pensée. Elle simplifie sa vie, son identité, son être. Elle ne peut pas être tout à fait elle-même parce qu’elle n’a pas les mots pour se raconter.
Enfermée dans les limites que la langue lui impose, elle invente, elle ment, parce que c'est plus facile. Les vraies conversations, avec toutes ses nuances, lui sont interdites faute de vocabulaire, de grammaire. Alors, elle s'arrange avec la vérité et se construit, au fur et à mesure de ses conversations, une autre vie, une autre Laura.

Citation :
Je comprends instinctivement que les mensonges que je commets en allemand ne sont pas de véritables mensonges. Si je ne peux exprimer ce que j’ai fait réellement, j’exprime ce que je n’ai pas fait, mais aurais pu faire. L’écart n’est parfois pas si grand. Si je ne peux exprimer ce que je pense vraiment, j’exprime ce que je pourrais penser. Finalement, qui s’en plaindra ?
[…]
L’enjeu est simple, comme dans toute situation de travail : donner à voir le meilleur de soi-même, ne pas attirer l’attention, ne pas se montrer original ou tourmenté, être neutre tout en étant de bonne humeur, être docile sans être soumis, être attentif sans être intime et s’adapter à toutes les circonstances. Pour réussir ce tour de force, c’est-à-dire trouver la bonne distance et la bonne place, sans l’outil primordial du langage, il faut une vigilance de tous les instants, une acuité démultipliée. Il faut être inventif et rusé. Il faut mesurer ce que l’on dit, ce que l’on croit avoir dit, ce que l’on imagine avoir compris, il faut mesurer la façon dont les mots s’inscrivent en soi, les mots étrangers qui souvent résonnent sans faire sens, mais s’insinuent malgré tout sous la peau, il faut rester éveillé et conscient, accepter d’apprendre sans comprendre, d’agir sans avoir peur de restructurer son cerveau autrement, être perméable mais pas poreux, il faut se faire oublier sans s’oublier, raser les murs sans se perdre, être ici et là à la fois, il faut savoir interpréter plus qu’entendre, il faut donner l’impression d’être d’accord sans être dépassé. Il faut que j’aie des antennes, que je sois double en permanence, à l’affût du moindre signe, du moindre indice.
Laura se réinvente, non seulement auprès des Bergen mais également auprès de sa propre famille à qui elle fait croire que tout va bien.
Elle essaie de comprendre, de se comprendre, alors elle lit en allemand "La montagne magique" et, plus tard, "Mein Kampf". Commence alors pour elle une réflexion sur le passé, celui de l'Allemagne mais aussi le sien, celui de sa famille. Une nouvelle Laura va peu à peu émerger, une Laura qui bientôt n'aura plus peur des mots, qui se réappropriera sa langue, son corps, sa pensée, une Laura qui pourra enfin vivre et devenir adulte.

Un ton sobre et juste pour décrire l’incompréhension, les faux-semblants, l’ennui, la solitude, la perte, le deuil, le choc des cultures, le passé qui reste souvent incompréhensible, le pouvoir des mots. Un récit tout en finesse, sombre, intense où chaque petit événement, chaque détail, prend la place qui lui revient, parce que c'est cela qui fait l'histoire de chacun.

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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Lun 14 Déc 2009 - 16:58

-Une année étrangère-


Epi a très bien parlé de ce petit roman fin et particulièrement bien analysé qui décrit le passage à la vie d'adulte hors de ses repères d'une jeune fille marquée par le poids de la perte, par les non-dits d'une famille en souffrance qui n'arrive plus à communiquer. On suit le parcours et les pensées de Laura bien seule et dépossédée de sa langue, de ses habitudes, de tout ce qui balise un quotidien et on se rend compte avec elle combien on se sent désarmé face au "vertige d'étrangeté"
Citation :
Je ne dispose pas des adverbes qui me permettraient de nuancer mon refus, tous ces petits mots qui enrobent la langue et sont comme des béquilles, qui colmatent ici, amortissent là. Savoir parler une langue étrangère c'est bien celà: être dans le confort de la demie-teinte, dans le doigté de la nuance

Impossiblité de se faire comprendre, de préciser sa pensée, de capter celle de l'autre. Laura est sans défense, livrée à elle-même, elle ne maîtrise plus rien et cette rupture totale va peu à peu l'aider à se construire, à "apprivoiser" de nouveaux codes pour exister, partir sur d'autres bases. Pas facile avec ce vide qui la taraude
Citation :
je suis partie pour aménager le vide, pour le remplir d'autres cirels, d'autres mots. Mais le vide creuse en moi d'autres galeries, m'attend là où je ne l'imaginais pas

Mais peu à peu, sa vraie personnalité va prendre corps. A partir de l'épreuve vécue par les autres, Laura va grandir et sortir de ce carcan qui la fait vivre au ralenti, dans l'ombre, inapte ou privée de réalité. Elle va baisser ses défenses et s'ouvrir. D'abord à Thomas, avec qui elle partage une complicité faite de musique et de moments d'insouciance, puis au reste des membres.
Citation :
Pour la première fois je me sens libre, étrangement légère, libre parce que étrangère, dans une vie provisoire, sans témoin, sans passé. Sans rien à prouver.


Peu à peu elle va connaître leurs secrets, être "traversée par leur vie" et finalement s'oublier grâce à eux. Une autre Laura apparait, qu'elle ne connait pas encore. Un état fragile qui la forcera à fixer ses limites, pour ne pas se perdre vraiment.

J'ai beaucoup aimé la justesse de l'écriture de Brigitte Giraud, sa sensibilité et la manière si délicate qu'elle a de nous immerger dans le mental de Laura. Une auteure à suivre pour moi, c'est sûr et certain
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coline
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Lun 14 Déc 2009 - 17:12

Epi a écrit:
Un récit tout en finesse, sombre, intense où chaque petit événement, chaque détail, prend la place qui lui revient, parce que c'est cela qui fait l'histoire de chacun.

Aériale a écrit:
J'ai beaucoup aimé la justesse de l'écriture de Brigitte Giraud, sa sensibilité et la manière si délicate qu'elle a de nous immerger dans le mental de Laura. Une auteure à suivre pour moi, c'est sûr et certain


J'ai bien envie de le lire...Vos commentaires confirment ce que je pense de Brigitte Giraud...
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Epi
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Lun 14 Déc 2009 - 18:16

Merci pour ton commentaire Aériale, je suis bien contente que tu aies aimé, ce livre est un vrai coup de coeur pour moi.

Coline, tu avais aimé L'amour est très surestimé je crois, celui-ci pourra te plaire aussi, je pense.

Je le propose au cerclage pour tous ceux qui voudraient découvrir Brigitte Giraud, n'hésitez pas, c'est vraiment bien !

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Aeriale
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Mar 15 Déc 2009 - 18:52

Oui, n'hésitez pas et profitez de l'offre d' Epi
Coline l'a déjà fait j'ai vu, et ne va pas le regretter j'en suis sûre!
Il se lit tout seul, l'écriture est fluide et très sensible. Une vraie découverte
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Marie
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Ven 25 Déc 2009 - 1:17

Coline et Epi ont très bien parlé de ce très court recueil de nouvelles, L'amour est très surestimé.
Moi aussi, j'ai été très touchée par ces textes très denses , mais qui font passer tant de choses..
Peut être encore plus touchée par la nouvelle intitulée L'année de mes dix ans, dans laquelle une petite fille voit son enfance fracassée par le départ de sa mère qui emmène son petit frère , et la laisse seule à supporter le malheur de son père. Tous les enfants,très tôt, se sentent responsables du malheur de leurs parents, et j'ai trouvé que c'était là très bien exprimé.
Noté A présent, signalé par Sophie, je crois.

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coline
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MessageSujet: Re: Brigitte Giraud   Dim 27 Déc 2009 - 23:35

Une année étrangère

Dans les années 80 (à peine peut-être), Laura, une française, a dix-sept ans et elle choisit de quitter sa famille où elle étouffe pour partir en Allemagne comme jeune fille au pair. Elle fuit la mésentente, les querelles incessantes de ses parents. C’est leur façon d’exprimer leur souffrance…Toute la famille est brisée par un terrible drame. Les parents, Laura et son frère Simon.

On devine que Laura se retrouve à Lübeck , elle parle de la ville natale de Thomas Mann dont elle a entrepris de lire La Montagne magique.

« Cela se passe dans le froid d’un hiver allemand. Je descends du train après avoir parcouru plus de mille kilomètres. Madame Bergen m’attend au bout du quai. Grande, grave et belle. Notre premier échange est bref et approximatif. (…) Je suis là pour apprendre. Alors ne perdons pas de temps. J’y suis, consentante. »

Elle est accueillie chez les Bergen, un couple et les deux enfants : Thomas, 15 ans, et Susanne, 9 ans.
Les débuts sont difficiles car Laura maîtrise mal la langue, comprend mal ce qu’on lui dit et ce qu’on attend d’elle. Par ailleurs, le mode de vie des Bergen est radicalement différent de celui de sa famille. Elle s’occupe donc aux taches ménagères et accompagne la petite à l’école le matin car les parents se lèvent tard. Il semble que l’on n’aurait guère besoin d’elle au fond. Il lui est difficile de trouver sa place, elle se sent mal à l’aise.

Heureusement elle écrit à Simon, son grand frère.
«Tout me paraît étranger, écrit la narratrice, les arbres, les villages, les maisons, et même la façon dont la fumée sort des cheminées.»
Lorsqu’elle lui téléphone Laura ment à sa mère.

Les jours s’écoulent d’une manière lente et étrange. Chez les Bergen,
« tout semble inerte et lourd, déstructuré et pesant, imprécis, tout semble aléatoire. »
Mais Laura voit des larmes parfois dans les yeux de madame Bergen… Et parfois Susanne refuse d’aller à l’école (elle ne « veut » pas…ne « peut » pas ?…Laura a du mal à discerner) … Et Monsieur Bergen semble toujours si (trop) calme, patient, presque emprunté et perdu…C’est avec Thomas que Laura se sent le mieux…
Peu à peu Laura va comprendre la tragédie qui se vit sous le toit de la famille Bergen et ce qu’on attend d’elle : « un service rendu, mais aussi une présence particulière, une façon d’être, la construction d’un lien, on attend d’elle qu’elle donne de son temps, de sa patience, de son énergie, comme le ferait une grande sœur éternellement bien disposée. »

Mais elle a dix-sept ans seulement !… Et elle a déjà à faire face à son propre drame familial !...Fallait-il qu’elle passe cette frontière, se réfugie dans son silence, se retrouve toute seule avec elle-même et ses mots rares pour se forger des armes afin d’entrer dans l’âge adulte ?...

Ce beau roman mélancolique raconte ce que Laura aura appris de son séjour initiatique en Allemagne…

Brigitte Giraud écrit sobrement mais elle sonde en profondeur les sentiments de ses personnages luttant, chacun à sa manière, face à la solitude, la communication difficile entre les êtres, la douleur et la mort omniprésentes dans le récit.

(Merci Epi de m'avoir recommandé et prêté ce roman.)
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