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 William Shakespeare

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shanidar
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Ven 22 Oct 2010 - 11:51

Othello ou le More de Venise

je ne sais pas s'il y a des inconditionnels de Shakespeare sur le forum (en tout cas, ils ont peu alimenté ce fil...), pour ma part je ne me sens aucune habilitation pour parler ni de théâtre, ni de Shakespeare, ni de l'Angleterre élizabéthaine... J'implore donc votre indulgence à propos de ce qui va suivre.

Pour commencer, je ne saisis pas très bien pourquoi Othello, est classé dans la section tragédie (ah mais oui tout le monde meurt à la fin) car le texte est souvent drôle, on peut y apercevoir de beaux effets comiques, des exagérations dignes de la comédie bouffonne, on trouve un clown (dont je ne sais pas trop ce qu'il vient faire là, à part gazouiller quelques bons jeux de mots assez extravagants).

Donc j'ai été perturbée par les différents niveaux de langues de la pièce : entre comédie et tragédie, entre lyrisme et bouffonnerie, entre duels à l'épée, meurtres et élévation de l'âme, traîtrise et jalousie, j'ai aimé ce charivari d'expériences, de situations, d'imbroglio digne de toute pièce à rebondissements.

J'ai adoré le personnage de Iago, le traitre, le méchant, l'embobineur, qui à l'aide d'une langue savoureuse arrive à faire de tous des chiens enragés qui vont se déchirer pour un bout de viande (en l'occurence la belle et douce Desdémone, dont le prénom dénonce immédiatement l'idée même de nunuche que l'on pourrait se faire d'elle, non, non, Desdémone est de ces femmes qui ne mâche pas leurs mots, qui sont dressées comme des mâts de cocagne, raisonneuses, bavardes, indomptables).
Quant à Othello... c'est un parfait idiot, qui se laisse emporter par la jalousie et tel un butor à pieds plats détruit tout ce qu'il aime.

L'intrigue tient en deux mots : Iago, blessé dans son honneur, veut se venger du More et instillera dans le coeur de son maître fraichement marié la jalousie d'une bête. Aveuglé par ses sentiments, persuadé que Iago est honnête, Othello perdra tout.

L'intérêt de la pièce réside tout autant dans le charme de certains mots de Iago sur les femmes (une misogynie dont l'outrance fait sourire), sur sa roublardise, que sur le regard porté à l'identité des personnages.

On connait la célèbre phrase de Iago : "Je ne suis pas ce que je suis" et elle trouve bien des échos dans la pièce. Chez Desdémone : "je trompe ce que je suis en affectant d'être le contraire", à quoi Iago surenchérit "Les hommes devraient être ce qu'ils paraissent; ou plût au ciel qu'aucun d'eux ne pût paraitre ce qu'il n'est pas!" et ainsi de suite, chacun se révélant différent de ce qu'il affiche.

Le plaisir du texte vient également du fait qu'il s'imagine facilement sur scène, dans une outrance langagière dont le charme agit librement sur le lecteur. Je suppose que l'on peut monter cette pièce de mille manières différentes (se tourner vers la tragédie ou la farce, forcer les répliques dans un sens ou dans l'autre, agir sur les pantomimes, bref se régaler).

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kenavo
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Ven 22 Oct 2010 - 11:59

shanidar a écrit:
je ne sais pas s'il y a des inconditionnels de Shakespeare sur le forum (en tout cas, ils ont peu alimenté ce fil...)
oui, il y a des amateurs de Shakespeare sur le forum..
mais avec les fils peu alimentés c'est souvent le cas que le fil a été créé à un moment où on a déjà lu la majorité des livres d'un auteur.. et parler de ses impressions de lectures des mois, voire des années plus tard est assez difficile.. Very Happy

en ce qui me concerne, j'adore Shakespeare, mais mon français me pose déjà assez de problèmes pour m'exprimer sur un livre.. n'en parlons pas de théâtre Wink

merci en tout cas pour ton commentaire cheers

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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Ven 22 Oct 2010 - 12:24

Oui il y en a. J'aime beaucoup aussi.

Il ne faut pas se sentir intimidé par la renommée écrasante du bonhomme ni par la somme d'études universitaires qui ont été pondues sur lui. Autrement personne n'oserait jamais le lire, aller le voir sur scène et en parler, et quel dommage!

Il faut l'apprécier de façon plus spontanée, comme ses contemporains le faisaient, et comme tu l'as fait, ce qui rend ton com' vraiment réussi. C'est un des auteurs qui a le mieux traversé les siècles car les histoires et les sentiments qu'il raconte sont éternels. je viens de sortir un gros cliché mais des fois les clichés reflètent la réalité.

Comme tu le dit, ses pièces laissent pas mal de champ libre aux metteurs en scène pour l'interprétation et le ton, ce qui peut donner de superbes réussites comme des ratages hélas.
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bix229
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Jeu 15 Déc 2011 - 18:55

Tombé sur un de mes vieux bouquins : Shakespeare, notre contemporain : Jan Kott. Je pense qu' il est toujours d' actualité...
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eXPie
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Jeu 15 Déc 2011 - 23:29

bix229 a écrit:
Tombé sur un de mes vieux bouquins : Shakespeare, notre contemporain : Jan Kott. Je pense qu' il est toujours d' actualité...

Ah oui, très bon bouquin !
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Arabella
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Ven 16 Déc 2011 - 9:13

eXPie a écrit:
bix229 a écrit:
Tombé sur un de mes vieux bouquins : Shakespeare, notre contemporain : Jan Kott. Je pense qu' il est toujours d' actualité...

Ah oui, très bon bouquin !

Je ne peux qu'être d'accord.

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colimasson
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Jeu 19 Juil 2012 - 11:01

Timon d'Athènes (1607) traduction de François-Victor Hugo


Timon d’Athènes fera bientôt une croix sur la deuxième partie de sa dénomination… Vivre dans la grande cité grecque ne lui convint qu’un temps, lorsqu’il croyait être entouré d’amis de confiance qu’il régalait de banquets prodigieux et à qui il n’hésitait pas à fournir crédits et autres avances sur dettes… Prodigue jusqu’à s’en compromettre, le brave Timon, qui ne se faisait jamais prier pour mettre la main à la poche afin d’aider son prochain, ne doutait pas qu’on puisse agir différemment avec lui.

La naïveté sera punie. Arrive ce que tout le monde avait prévu, et ce dont Timon avait été à maintes reprises prévenu : sa ruine. Timon hausse les épaules. Il se remémore le nombre de ceux qu’il a aidé et compte sur eux comme autant d’hypothétiques créanciers. Mais lorsqu’il envoie ses valets quémander auprès d’eux, il ne récolte rien de plus que des refus et des excuses embarrassées. Toute une vie de bonté, passée jusque-là pour totalement désintéressée (mais finalement pas tant que ça) prend fin. Timon le philanthrope devient Timon le misanthrope. Toutefois, personne ne s’en doute encore… Pour marquer les esprits de ce changement radical, le grand Timon organise un ultime banquet qui deviendra le symbole de l’aversion nouvelle qu’il éprouve pour ceux qu’il avait pris pour ses amis, et –par extension- pour tous les hommes. Puis, il se retirera loin d’Athènes, préférant bêcher la terre plutôt que de continuer à fréquenter ses semblables -mais aussi parce qu’il ne possède plus rien et qu’il ne veut pas se résoudre à finir mendiant.

Timon le Misanthrope ressemble à un Diogène, à la seule différence près qu’il ne supporte ni la solitude, ni le silence. Même dans son exil hors d’Athènes, il ne sera jamais seul très longtemps, toujours amène à sa manière lorsqu’il s’agit de vitupérer contre la nature humaine. A ce titre, Apémantus, qui abhorre les hommes depuis toujours, semble plus proche de Diogène que ne l’est Timon. La verve superbe qu’il déployait contre ses interlocuteurs, dans des dialogues dont chaque réplique est ponctuée par une pique percutante, se retrouve plus modérée lorsqu’il va à la rencontre du Timon misanthrope. Ultime assaut de son esprit contestataire ? il refuse alors d’admettre la pure misanthropie de Timon car toute haine des hommes ne peut se passer du plaisir de trouver un exutoire dans la parole –contradiction ultime. Surtout, Apémantus tourne au ridicule la soudaine conversion de Timon : comment l’homme prodigue a-t-il pu faire disparaître tous ses bons sentiments en un jour ? La question est de savoir qui, de Timon le misanthrope ou de Timon le philanthrope, est le plus honnête des deux… Entre comédie et tragédie, difficile de trancher, même si le déroulement de la pièce et la condition de Timon en eux-mêmes nous font clairement pencher du côté de la tragédie. Mais il y a dans le personnage des comportements absurdes et des contradictions flagrantes qui le rendent ridicules aux yeux avisés d’Apémantus, le véritable contempteur de l’humanité. Celui-ci n’épargne pas non plus les profiteurs, dont la convoitise rapace est exacerbée à travers les figures du peintre, du poète ou du marchand. Au-delà des portraits extrêmes de la philanthropie ou de la misanthropie, on devine l’esquisse d’une figure de véritable bonté à travers le personnage d’Alcibiade. La peinture est donc riche, qui ne se limite pas à la caricature de quelques personnalités grossières.

Timon d’Athènes mêle le plaisir de la forme à travers un style à la fois lyrique et épique, et le plaisir du fond, qui fait se côtoyer des figures extraites du panel des différents rapports à l’homme que l’on peut dénombrer entre les deux extrêmes de la misanthropie et de la philanthropie. Shakespeare, par la puissance de cette pièce, devient un argument à lui seul défendant la foi que requiert l’humanité !

Timon le philanthrope essaie de convaincre Apémantus des douces joies de la vie sociale :
Citation :
TIMON. – Comment trouves-tu ce tableau, Apémantus ?
APEMANTUS. – Son plus grand mérite est d’être innocent.
TIMON. – Celui qui l’a peint n’est-il pas habile ?
APEMANTUS. – Plus habile encore est celui qui a fait le peintre ; et pourtant il a fait là un sale ouvrage.

Avant de laisser s'exprimer Timon le misanthrope :
Citation :
TIMON. – […] Fléaux contagieux à l’homme, accumulez vos plus terribles fièvres pestilentielles sur Athènes, mûre pour la ruine ! Toi, froide sciatique, estropie nos sénateurs : que leurs membres perclus clochent comme leurs mœurs ! Luxe et libertinage, infiltrez-vous dans l’esprit et jusque dans la moelle de notre jeunesse, en sorte qu’elle puisse nager contre le courant de la vertu et se noyer dans la débauche ! Gales et pustules, semez vos germes au cœur de tous les Athéniens, pour qu’ils en récoltent une lèpre universelle ! Puisse l’haleine infecter l’haleine, afin que leur société, comme leur amitié, ne soit plus que poison ! Je n’emporterai de toi que ce dénuement, ô ville détestable ! Garde-le aussi pour toi, avec mes malédictions multipliées ! … Timon s’en va dans les bois : il y trouvera la bête malfaisante plus bienfaisante que l’humanité.

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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Mar 1 Oct 2013 - 13:21

Le Roi Lear (1606)




Nous touchons à une grande œuvre : Le Roi Lear de Shakespeare. Grande par son histoire, grande par sa postérité, grande par sa paternité –est-il possible d’émettre une nuance ? Cette histoire est tout simplement incompréhensible.


Heureusement, le protagoniste de la pièce - le Roi Lear- se distingue aisément de ses autres pairs. De même, on cerne à peu près ses trois filles : Goneril, Régane et Cordélia. On comprend que les deux premières sont de perfides hypocrites assoiffées par la promesse d’un héritage qui ne saurait tarder tandis que la dernière est un tendre agneau, aimant son père d’un amour sans borne et sans conditions. On commence à perdre pied lorsque, tentant encore de démêler l’hypocrisie du véritable amour filial, des gonzes se ramènent sur le devant de la scène pour participer au raffut. Ce sont les ducs d’Albagny et de Cornouailles, époux de l’une ou de l’autre des deux premières sœurs. S’il n’y avait que deux ducs, on s’en sortirait encore, mais c’est sans compter les comtes de Gloucester et de Kent, qu’on essaie d’attribuer encore à d’autres femmes ou de lier de parenté avec Lear sans jamais y arriver. Avec une notice sous les yeux, on comprend que l’un est le père de deux fils : l’un est légitime et se nomme Edgar, l’autre est illégitime et se nomme Edmond. On s’en fiche un peu mais il semblerait que ce soit crucial pour le développement de l’intrigue autour de Lear. Comme si la situation n’était déjà pas assez compliquée, Edgar et Edmond sont rivaux et pour sauver son père de la perfidie d’Edmond, Edgar se déguise et prend le nom de Tom, mendiant de Bedlam. Si Lear est devenu fou, on comprend pourquoi : on le deviendrait pour moins, et c’est encore sans avoir évoqué Oswald, le fou du roi, le roi de France, le duc de Bourgogne et d’autres valets sans nom. Leur vie à tous est drôle et gaie : le matin, en se levant, leur préoccupation principale est de savoir qui et comment abattre leur ennemi. L’ennemi change souvent de tête au fil des saisons.





On peut être ébloui par l’intrication des quiproquos et querelles liant les personnages du Roi Lear : Shakespeare semble en effet avoir voulu donner de la densité à son propos qui, tout bien résumé, est un pamphlet contre l’hypocrisie et les relations envenimées par les conflits d’intérêts. Comment faire simple lorsqu’on peut faire compliqué ? En bon précurseur de Barbara Cartland, Shakespeare tisse des intrigues dont la vilenie doit susciter une attention de chaque seconde jusqu’au dénouement final qui, bien que tragique, n’est pas si scotchant qu’on veut bien le dire.


Si le Roi Lear n’impressionne donc pas particulièrement par son fond, sa forme accroche davantage en révélant contre son gré des intentionnalités qui donnent enfin une consistance à la pièce. Comme dans Timon d’Athène, Shakespeare donne la parole à des personnages que l’humanité a déçus. Leur colère jusqu’alors contenue trouve le cadre de la scène pour s’exprimer dans des tirades qui côtoient les sommets de l’insolence et du baroque. Le Roi Lear et ses problèmes passent au second rang des préoccupations lorsque les plaintes plus sourdes et plus profondes de Kent et d’Edmond se laissent entendre et le Fou, figure grotesque de son entourage, devient le révélateur non seulement de son désespoir mais aussi de la tragédie universelle de l’homme perverti par la société.


En se focalisant sur l’intrigue du Roi Lear, peut-être passe-t-on à côté du vrai Shakespeare, celui qui se lamentait silencieusement et dignement sur une solitude absolue.


Exquises discussions avec le fou :

Citation :
LE FOU
Si le cerveau d’un homme était dans ses talons, ne serait-il pas en danger d’engelures ?
LEAR
Oui, mon garçon.
LE FOU
Alors, je t’en prie, sois gai : ton esprit jamais n’ira en pantoufles.


William Dyce


Emportements grandioses :


Citation :
LEAR
Soufflez, vents, et crevez vos joues ! faites rages ! soufflez !
Vous, cataractes et cyclones, jaillissez
jusqu’à tremper nos clochers, y noyer les coqs !
Vous, feux sulfureux, aux traits vifs comme la pensée,
Avant-courriers des foudres fendeuses de chênes,
Venez roussir ma blanche tête ! Et toi, tonnerre omnisecoureur,
Frappe et rends plate l’épaisse rotondité de l’univers !
Craque les moules de la nature, détruis d’un coup tous les germes
Qui produisent l’homme ingrat.


Benjamin West

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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Ven 7 Nov 2014 - 15:50

De temps en temps, je relis une pièce de l'auteur.
Régulièrement même.

Ici, Macbeth, qui est sans doute l'une des plus citées un peu partout comme image d'une ambition démesurée, sanglante et finalement vaine.

C'est tellement plus que cela !

Une représentation cosmogonique !

Avec le mal, la prédestination, le libre arbitre, les passions humaines, etc...

Bref, c'est truffé d'un symbolisme atemporel et des questions métaphysiques que chacun se pose dans sa vie.

Il faut ajouter l'ambiance surnaturelle, très sombre, qui fait naturellement frissonner le spectateur (oh le délicieux sentiment d'angoisse...), une opacité des répliques (tout est ambivalent, comme peut l'être le discours halluciné d'un devin), des archétypes puissants (la femme manipulatrice, menteuse, tentatrice...).

Le tout enrobé de références bibliques et antiques, comme on sait bien faire au 16è.

Avec quelque chose de plus : Shakespeare, sorte de nom fantasmatique pour chacun de nous.

Acteur, auteur, mystique (?), poète... Son souffle puissant rappelle les héros des temps anciens.


Shakespeare ouvre toutes les portes de l'esprit.

Une sacrée expérience !
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Lun 22 Déc 2014 - 2:05

Je meurs d'envie de découvrir cet auteur depuis quelques temps.
J'ai Hamlet, Othello et MacBeth à ma disposition.
J'étais sur le point de jouer à am-stram-gram mais...
Les Shakespeariens, lequel des trois conseillez-vous en priorité ?

Et surtout est-ce que c'est accessible en anglais quand on est "bilingue mais pas trop" ?
J'ai un bon niveau d'anglais mais du langage courant, pas du vieil english.
Je ne suis déjà pas très lettrée en français, c'est pas pour l'être en anglais. dentsblanches

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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Lun 22 Déc 2014 - 6:58

Je ne saurais pas te conseiller par lequel commencer (j'ai bien aimé Othello et Hamlet, pas encore lu MacBeth) mais je dirais définitivement concernant la langue - si tu veux tenter, essaie une version bi-lingue
en tous cas lors de notre lecture en commun pour La Tempête j'étais contente d'avoir une version bi-lingue, mon niveau d'anglais avait par moment de grands doutes avec les phrases du cher William Razz

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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Lun 22 Déc 2014 - 8:05

Heyoka a écrit:
Je meurs d'envie de découvrir cet auteur depuis quelques temps.
J'ai Hamlet, Othello et MacBeth à ma disposition.
J'étais sur le point de jouer à am-stram-gram mais...
Les Shakespeariens, lequel des trois conseillez-vous en priorité ?

Et surtout est-ce que c'est accessible en anglais quand on est "bilingue mais pas trop" ?
J'ai un bon niveau d'anglais mais du langage courant, pas du vieil english.
Je ne suis déjà pas très lettrée en français, c'est pas pour l'être en anglais. dentsblanches

Je commencerais plutôt par MacBeth ou Othello (entre les deux, ça se joue à peu de choses), et en dernier Hamlet. Il y a pour moi tout ce qu'il faut pour accrocher avec MacBeth (sorcières, prédictions... j'ai failli ajouter "meurtre", mais ça n'est pas très discriminant en fait, parce que ce n'est pas ça qui manque dans ces trois pièces). Commencer par Othello si on est plus porté sur le drame de la jalousie passionnelle (et quel excellent méchant il y a dedans !).
J'ai plus de mal avec Hamlet, en fait, même si c'est évidemment une pièce très importante.

Alors, lire en anglais ? Euh... c'est peut-être possible, mais tu vas perdre beaucoup. Shakespeare emploie plein de termes datés et fait des jeux de mots, des jeux de sonorités (c'est un de ses péchés mignons : la blague - souvent graveleuse - à deux balles... bien sûr, ne pas comprendre la blague ne va pas empêcher de comprendre la pièce), utilise des expressions ou des mots que plus personne n'utilise de nos jours (quel grand nombre de synonymes pour "prostituée", par exemple !), surtout s'l veut faire archaïque, pour montrer que l'histoire s'est passée il y a longtemps. Alors, s'il y a des notes dans ta version anglaise, peut-être...

Comme le dit Kenavo, la version bilingue, c'est bien... sinon, tu auras toujours un doute sur la compréhension, ici ou là, et ça gâche le plaisir, quand même... Et lire Shakespeare, c'est (quasiment ?) toujours un grand plaisir !
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Lun 22 Déc 2014 - 8:11

pour les petites incursions dans ce monde là (très envie d'y retourner d'ailleurs) je vote "version bilingue" aussi... en choisissant bien la traduction s'il y a le choix (souvenir de graaaaande frustration avec un œil sur le texte original).

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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Lun 22 Déc 2014 - 8:21

animal a écrit:
pour les petites incursions dans ce monde là (très envie d'y retourner d'ailleurs) je vote "version bilingue" aussi... en choisissant bien la traduction s'il y a le choix (souvenir de graaaaande frustration avec un œil sur le texte original).
C'est vrai que les traductions changent pas mal... mais il n'y a pas de traduction idéale.
Une des dernières en date, dans la Pléiade - traduction pas encore achevée, il reste le deuxième volume des comédies, je crois - privilégie la compréhension immédiate, l'oralité, le principe étant que ces textes doivent d'abord être dits et évite autant que faire se peut les tournures trop tarabiscotées qui ne "sonnent" pas correctement... et puis c'est en bilingue, gros avantage. Quelle que soit la traduction, tant qu'elle nous fait comprendre le texte d'origine que l'on a en face, ça fera plus ou moins l'affaire.
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MessageSujet: Re: William Shakespeare   Lun 22 Déc 2014 - 10:13

OK merci beaucoup pour vos conseils !
Je vais essayer de me procurer une version bilingue de MacBeth ou Othello.

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