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 Claude Louis-Combet

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kenavo
Zen Littéraire


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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Sam 17 Mar 2012 - 16:37

extraordinaire! cela donne envie de lire ce livre Very Happy

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c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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odrey
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Sam 17 Mar 2012 - 23:28

Ah ouais, Topocl, c'est vraiment super. T'es douée.
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Aeriale
Léoparde domestiquée


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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Dim 18 Mar 2012 - 9:15

Magnifique Topocl, tu es une vraie artiste!
Comme Kena ça me donnerait presque envie de lire le livre. Et vos commentaires sont tous très engageants.
J'hésite...
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topocl
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Dim 18 Mar 2012 - 10:48

kenavo a écrit:
extraordinaire! cela donne envie de lire ce livre Very Happy
Aeriale a écrit:


Comme Kena ça me donnerait presque envie de lire le livre. Et vos commentaires sont tous très engageants.
J'hésite...

Bonne idée! C'est vraiment un roman à part. Difficile à conseiller de ce fait. mais qui ne peut laisser indifférent. Il me faisait un peu peur ... peur du glauque peut-être. il est en fait passionné et lumineusement sombre!
Sans Shanidar, je n'aurais jamais tenté et je lui en suis très reconnaissante
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Dim 18 Mar 2012 - 18:07

et bravo Topocl !

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animal
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Dim 7 Oct 2012 - 20:44

Blesse, ronce noire

J'ai eu un peu de mal au début, très écrit, très précis et j'avais peur d'une fascination extatique de la noirceur. A force, toujours très écrit et très précis donc avec mesure, on se rapproche du développement de cette histoire supposée, encore imaginée pour le lecteur, et pourtant déjà écrite. Pas à pas on redécouvre des solitudes, des constructions de l'enfance et de l'adolescence, une quête de double et d'unité, d'absolu, d'irrémédiable. Sauf que d'intelligence celle-ci se réalise doublement dans une entente de l'esprit et des corps. Et le fait qu'ils soient de fait frère et sœur reste assez marginal, ça ne concrétise en quelque sorte que l'impossibilité de la réalisation. Une réalisation qui repose beaucoup sur l'esprit, ce qui remonte après, avec violence, dans la guerre et la folie.

Et on se rend compte encore que cette histoire particulière entre ce frère et cette sœur qui sont seuls dans cette histoire est plus vaste. C'est un récit d'absolu de la relation amoureuse avec une distance étonnante, pas tout à fait une rêverie, une reconstruction imaginaire lente et attentive. C'est le contraire de quelque chose de déplacé tout en sachant ne pas éludé, marquant, qui appelle d'autres choses de l'extérieur (du texte).

Une lecture marquante, et une découverte solide, j'ai apprécié la mesure, la distance et la régularité du texte et la manière de l'auteur pour ne pas donner trop de poids aux éléments extérieurs à l'histoire qu'il raconte, notamment la partie chute ou péché ou rédemption, c'est présent, ça pèse dans la balance sans devenir mécanique.

Je tâcherai d'y revenir.

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colimasson
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Dim 7 Oct 2012 - 22:41

animal a écrit:


J'ai eu un peu de mal au début, très écrit, très précis et j'avais peur d'une fascination extatique de la noirceur.

C'est ce qui me rebute aussi...
Merci pour ton point de vue.

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animal
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Dim 7 Oct 2012 - 23:03

je ne peux qu'encourager la lecture. il y an, il reste de cette atmosphère romantique/noire, mais ce n'est pas un autocollant, c'est même subtilement placé et déplacé quand on y pense... et surtout c'est terriblement bien écrit.

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animal
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Lun 8 Oct 2012 - 21:55

extrait :

Citation :
Il y avait malheureusement quelque chose de très décevant dans ce schéma. Il avait été conçu dans le libre exercice de l'imagination, comme une fantaisie sérieuse. Mais celle-ci ne résistait pas à l'épreuve de l'extériorité. Loin d'être l'infini de tous les possibles, le temps était ce moment-ci, cette année-là, d'une vie particulière prise dans l'équation démentielle de toutes les autres vies. Le savoir était constamment maîtrisé, utilisé, commercialisé. La connaissance débouchait sur un trafic, non sur une règle de vie. Les mots flottaient, vaguement dilués et insipides, dans le sirop des discours et des thèses. Un énorme ennui occupait toute l'étendue de l'université, ses salles de cours, ses bibliothèques, ses laboratoires. Et le même ennui, d'insipidité équivalente, couvrait toute la capitale, ses églises, ses musées, ses banques, ses palais, ses quartiers riches et ses zones pouilleuses, ses jardins publics, ses parades militaires, ses bals de luxe ou de misère. On se trouvait sur la scène d'un théâtre à ce point où la tragi-comédie, constamment répétée, devient la vie même -, la vie sans raison, le piétinement avant la fin du cinquième acte qui n'arrive jamais. Être chimiste, être pharmacien, tant d'autres étaient passés par là, tant d'autres s'agitaient autour de leurs éprouvettes ou derrière leur comptoir - ce n'était rien. Mieux valait tourner le dos, vider un verre, encore un verre. Peut-être y avait-il, au fond de la bouteille, cette goutte d'élixir qui rend l'âme insubmersible à la mélancolie et qui fait croire qu'un homme peut soustraire ses propres mots au vent de foire et avec eux, par eux, se sauver. La question du salut, ouverte depuis le commencement, n'avait jamais lâché prise.

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shanidar
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Mer 24 Oct 2012 - 22:34

Beatabeata

Aucun livre de Louis-Combet n'est anodin. Aucun.

Beatabeata nous parle d'un temps inconnu, obscur, celui d'une romanité oubliée quand les césars s'entretuaient et devenaient des persécuteurs. L'histoire se passe en Pannonie, en 250 après JC… on peut se demander qui est intéressé par ce genre d'aventure. Et pourtant… en Pannonie les hommes sont des forgerons, les femmes des semeuses. Les uns sont les fils de Vulcain, les autres sont les descendantes incontestables de Déméter. Et puis, Faustin arrive. Il est prédicateur. Il annonce la bonne nouvelle d'un Christ ressuscité. Seules certaines femmes feront de cette nouvelle, acte de foi. Ecartant les hommes de la Révélation, elles deviendront des Vierges vouées à un seul Dieu.

mais

tout cela n'a peut-être aucune importance. Seul compte le récit, les mots du récit, la force du rythme, le coup de fouet de la narration. Louis-Combet est à nouveau le maître (ou bien l'esclave) de son propos, exposant les lieux et annonçant les noms des participants, mettant en présence les antagonismes, annonçant les grandes forces (la forge, la terre ; l'homme, la femme ; la romanité, l'archaïsme) pour toujours mieux parler de ce qui l'écharpe, le retient, le conquiert, l'interrompt, le rompt, le sidère : la transfiguration, la souffrance, la relation de l'esprit au corps, du corps au spirituel. Qu'est-ce qui fait la souffrance ? Où s'arrête le crime ? A quel moment la torture devient sublimation , où s'alimente le martyr en chacun de nous ?… car encore une fois, tirant d'une mythographie les rythme d'une histoire, Louis-Combet nous soumet à la question (ici inquisitrice) de savoir où se trouve le Mal, de connaitre l'endroit où commence l'affliction, l'impensable, l'indicible, la souffrance et sa rédemption. Faut-il être au-delà de la douleur pour être enfin transfigurée ? Faut-il connaitre l'absolu de la perversion, de l'irréductible, de l'avilissement pour pouvoir obtenir, toucher, découvrir la Beauté, l'Indicible, l'Impensable ?

Toujours, Louis-Combet fonctionne en terme religieux mais comme souvent son discours peut être traduit en d'autres termes, toujours il peut être sublimé vers d'autres tensions, d'autres absolutions, d'autres rêves. Et parce qu'il soumet son propos à une double articulation : du public au religieux et du religieux au profane, Louis-Combet nous pousse à nous interroger sur ce qui fait notre être aujourd'hui, dans la confrontation à l'autre, dans l'absolu de la puissance, dans l'intégrité de la sainteté toujours bafouée, toujours malmenée, toujours niée, dans l'immanence de la féminité, hypostasiée, rêvée, déflorée.

Encore une fois, Louis-Combet propose un texte fort, à la langue pleine de profanation, aux vierges hérétiques, au monde incandescent, insupportable et pourtant là, présent, réel, indubitable.

Un texte qui s'adresse sans doute à un public qui connait déjà les achoppements, les questionnements, les jeux d'un auteur qui une fois encore par la simple, par la pure, par l'insondable force de sa prose transfigure une idée, une image, une époque pour en faire non seulement un texte littéraire mais un questionnement profond, douloureux, difficile et beau.

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Jeu 25 Oct 2012 - 22:34

Et quelques extraits de ce texte au langage si particulier ?
Pour ma part, ce que j'ai pu feuilleter de cet auteur ne m'a jamais poussée à franchir le cap de l'emprunt en bibliothèque. Sans doute à tort mais... (peu d'ouvrages proposés soit dit en passant)

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shanidar
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Lun 29 Oct 2012 - 17:03

colimasson a écrit:
Et quelques extraits de ce texte au langage si particulier ?
Pour ma part, ce que j'ai pu feuilleter de cet auteur ne m'a jamais poussée à franchir le cap de l'emprunt en bibliothèque. Sans doute à tort mais... (peu d'ouvrages proposés soit dit en passant)

c'est compliqué de choisir des extraits parce que le texte est travaillé comme une partition musicale qui prend de plus en plus de puissance au fil de son écoute, du coup ça n'a pas tellement de sens de proposer un petit bout sans l'ensemble (qui ne fait qu'une centaine de pages...). Voici quand même un extrait qui parle de cri et de silence :

La Servante est silencieuse.Non seulement elle en a fini avec les mots qu'elle avait à prononcer publiquement ou en privé -avec les explications, les justifications, les professions de foi-, mais elle a renoncé à toute espèce de parole intérieure qui serait un commentaire, à sa propre adresse, des évènements qu'elle subit. Elle a poussé un très grand cri et sa voix s'en est allée avec lui -comme si ce cri avait emporté dans sa clameur ce qui demeurait en elle de mots en puissance, de mémoire du verbe, de phrases toute faites, déjà dites ou encore jamais prononcées. La parole s'est retirée d'elle - et la vierge qui a perdu tout intérêt pour les propos des hommes commence enfin à écouter le silence qui naît d'elle-même et la fait naître et auquel, assurément, elle n'a jamais cessé d'appartenir. Et si elle geint doucement, paisiblement, rythmant et modulant la plénitude de son souffle dans l'intime effusion de sa plainte, c'est que le silence qui monte en elle est présence et vie, expansion et non retrait, et que ses lèvres humaines sont trop faibles et trop précaires pour le contenir. Car elle n'a même plus besoin de prononcer le Nom de son Dieu : déjà elle vit en lui et le silence est tout ce qu'elle entend de lui et elle ne peut et ne veut plus rien entendre d'autre.

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Mar 30 Oct 2012 - 22:24

Merci Shanidar. Encore une fois, ça me laisse à croire que j'aurais vraiment du mal à lire cet auteur...
Il faudrait que je le lise vraiment pour confirmer ou non mais... pas maintenant, c'est certain !

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Mar 30 Oct 2012 - 22:28

je suis bien impatient d'y retourner en ce qui me concerne. l'impression de bloc, d'épaisseur, qu'il se passe quelque chose dans la lecture quelque chose qui englobe et poursuit l'instant de la phrase.

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Mar 30 Oct 2012 - 22:41

Je vais y plonger très très bientôt...

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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