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 Claude Louis-Combet

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topocl
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeMer 31 Oct 2012 - 7:36

animal a écrit:
l'impression de bloc, d'épaisseur, qu'il se passe quelque chose dans la lecture quelque chose qui englobe et poursuit l'instant de la phrase.
C'est tout à fait ça.
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coline
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeMer 31 Oct 2012 - 11:40

Dans le cadre de la suggestion de Shanidar pour ce mois, j'ai lu Le livre du fils que je ne recommande pas du tout pour une première lecture de cet auteur.

"Le bloc, l'épaisseur" dont parle Animal y sont particulièrement dense, trop...et pourtant fonctionnent sur le lecteur comme une attraction, une aspiration étouffante de la langue...
Pourtant j'avais beaucoup aimé Marinus et Marina ainsi que Blesse, ronce noire.

Le livre du fils

« Voici le livre du fils. Il témoigne par le souvenir, la rêverie, le fantasme, du rôle joué par le corps de la mère – présence charnelle d’abord ravissante et englobante avant de devenir hostile et répulsive – dans l’initiation à l’érotique amoureuse et par là dans la destinée spirituelle de l’homme du texte. Modèle des modèles de tout corps de désir et d’amour, le corps maternel appelle la fusion, entretien la confusion et nécessite le rejet. Sur le fond de cette aventure de l’intimité, le fils assure son projet, de lier sans hiatus l’écriture et l’existence. »
C. L.-Combet.

Claude Louis-Combet écrit l'intimité extrême et troublante dans laquelle il a grandi seul avec sa mère.
Le sexe de la mère, puis de la femme, est la source de l'écriture, une écriture de la chair, chair « de spongiosités et de gluances », plus sexuelle que sensuelle.
Je m'en suis trouvée parfois au bord de la nausée.

Extrait:

"Toujours il avait aimé le contact des mousses gorgées d’eau, des algues de rivière et de toute cette végétation spongieuse, drue autant que molle, ondoyante et déliquescente, qui prospère dans les terres marécageuses et forme l’instable tapis du monde d’où jaillissent, ici et là, par bouquets, les tiges affûtées des joncs et des roseaux. Constamment, dans son enfance, il avait trempé ses bras et ses jambes dans les eaux bourbeuses, grouillantes de bestioles, insectes, têtards, larves, vermisseaux. Sa mémoire d’homme, toujours hantée des impressions les plus lointaines et toute nourrie des traces laissées par les sensations élémentaires, le tenait disposé à tout instant à retrouver, comme pour les revivre, des images d’enfoncement et d’absorption, d’indistinction et de participation à la vie universelle – comme s’il avait été, lui-même, à l’origine, un corpuscule enfanté par le brassage de l’eau, du limon et des plantes. Cette source première, pré-humaine, de son existence, pour le moins inconsciente, lui prodiguait les éléments d’une rêverie sans cesse régénérée qui le conduisait jusqu’aux confins de la béatitude."
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Arabella
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeVen 16 Nov 2012 - 20:52

Ecrire de langue morte

De toute évidence, ce n'est pas le livre idéal pour découvrir l'auteur. Je me suis embarqué sur le seul titre, ce fut une erreur. C'est un ensemble disparate de textes publiés de-ci de- là, le plus intéressant Le labarum étant une sorte de courte nouvelle. Les autres plutôt des textes sur l'écriture, une interview à l'occasion de la sortie d'un de ses livres, la réponse à une sorte d'enquête...Pas de cohérence, de textes courts et plutôt de circonstance. Réservé à des passionnés de l'auteur qui veulent tout lire.

La seule chose que j'ai pu remarquer, c'est une écriture assez particulière, mais je ne suis pas sûre que ces textes lui rendent justice. Une autre tentative est nécessaire pour vraiment rentrer dans cette oeuvre.

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeLun 19 Nov 2012 - 14:58

Oui, ça doit être à lire quand on connait bien son oeuvre. Si tu veux je peux de te prêter Blesse, ronce noire.
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Arabella
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeLun 19 Nov 2012 - 21:26

Merci Odrey, je pense que je pourrais l'avoir en bibliothèque, comme d'autres titres d'ailleurs. Je ne suis juste pas tombée sur le bon.

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeJeu 4 Avr 2013 - 22:45

Les errances Druon

Les premières dizaines de pages font un peu peur, épaisses, poisseuses, lourdes, excessives, sacrilèges, violentes le tout dans le mouvement mesuré et très régulier de l'auteur.

C'est ce qui précède la naissance de Druon, sur le même rythme et sur un fond toujours assez noir et tourmenté (ou sceptique, ou en quête ou ?) le livre entreprend ensuite de revivre, ou d'imaginer, les étapes marquantes de la vie de cet orphelin devenu berger, devenu pèlerin, devenu reclus, devenu saint. Une mythobiographie comme l'annonce le mythobiographe auteur qui ne cache pas sa présence biographique mais à distance (laquelle). Ces interventions qui ont d'abord l'air décalée, inattendus dans ce texte dense et accaparant deviennent une respiration et la distance nécessaire à la juste observation de cette rêveuse, fiévreuse, méditation.

Bien que le brassage culturel, la forte présence du mythe et de l'histoire aux côtés de la morale ou culture, soit immense (et il y aurait beaucoup à réfléchir sur les constructions proposées de cette (ou de la) culture à travers et par l'histoire de Druon et par le texte présent), le plongeon entraine le lecteur plus loin.

Plus loin vers une fascination, une obsession. Charnelle avec mysticisme, un mystère et un abandon qui devient un retournement, une révélation, une totalité. C'est un peu moins de 300 pages d'adoration éperdue et attentive à toute manifestation et tout débordement. Une adoration de la femme, un sens de vie qui détermine les combats intérieurs et les dépassements, qui appelle l'impossible ou possible transcendance.

Les périodes de jeunesse, très sensitives et déjà extatiques, sont les plus développées. Viennent ensuite les pèlerinages et déjà la vieillesse et plus de distances, les questions premières cohabitent avec les non réalisations et avec la continuité et donc avec les interrogations, les distances prises (à moins que ce ne soit l'inverse) du mythobiographe (et du lecteur) avec le saint.

Malgré l'écriture réservée, mesurée, qui appellerait paradoxalement certains superlatifs, au moins une certaine et légitime béatitude, malgré ses profondeurs insondables et ses hauteurs "autres", ses irréalités fabuleuses et ses potentialités ultimes... tout reste dans une raison, une précaution, une économie, un scrupule.

Il n'y a pas de jugement(s), il ne s'agit pas de croyances mais de foi et d'une volonté amoureuse d'unité, de globalité, de réparation de la chair et de l'esprit. Et d'un moyen de dire quantité de choses sur le fond de l'existence. Il est sans doute beaucoup plus facile de se prendre au jeu que ne le laisse penser les premières pages et d'avoir le sentiment ensuite de lire des "vérités", n'empêche qu'il semble parler juste le mythobiographe et qu'il place des mots sur des obscurités concrètes.

Et puisqu'il s'agit d'un saint, en fin de compte, et malgré ou parce que les doutes, les errances et les imperfections, les échecs peut-être, on peut conclure temporairement là-dessus. La vitalité, la force, la confiance, ce qui fait la durée et la continuité, la cohérence en somme qui transparait de la biographie et du texte, la richesse élémentaire offerte au lecteur.

Très forte lecture qui refuse les superlatifs pour mieux creuser son chemin. On apprend et redécouvre... et c'est un vrai plaisir de lecture.

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeJeu 4 Avr 2013 - 23:23

animal a écrit:
Les errances Druon

Les premières dizaines de pages font un peu peur, épaisses, poisseuses, lourdes, excessives, sacrilèges, violentes le tout dans le mouvement mesuré et très régulier de l'auteur.
[...]
Très forte lecture qui refuse les superlatifs pour mieux creuser son chemin. On apprend et redécouvre... et c'est un vrai plaisir de lecture.

Ce que tu dis des Errances Druon résume assez bien aussi les autres ouvrages de Claude Louis-Combet.
Mes préférés, les plus "supportables" dirais-je, mais ils sont chargés, et magnifiques: Marinus et Marina et Blesse ronce noire.
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeVen 5 Avr 2013 - 7:15

J'ai trouvé le début de Druon "pire" que Blesse ronce noire, cependant il faut reconnaitre après coup que ça n'est pas pour rien en début de livre, ça permet de dégager de la lumière sur la suite et fait partie de la construction et du propos en plus d'en faire assez pour secouer le lecteur hors de son contexte plus habituel. C'est une ambiance de prophétie, de croyance et de tensions, avec de la peur, de l'animalité, ça appelle tout en actualisant l'idée d'un monde plus ancien, moyen-âgeux si on veut avec du coup des possibilités différentes d'existence, notamment plus naturellement la quête ou les errances de Druon.

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeDim 7 Avr 2013 - 20:47

Extrait :

Citation :
Assurément, la sainteté de Druon n'est pas donnée d'avance. On le voit bien, quand il quitte Sebourg par cette belle matinée de Juin, toute grisante de foins coupés, et comme les hirondelles s'en donnent très haut dans le ciel et que les abeilles butinent ardemment les buissons de chèvrefeuille, le jeune homme a moins l'allure d'un pastoureau que d'un bachelier né pour explorer les arcanes du cœur féminin et les mystères de l'amour. Son âme virginale l'emporte, pour le moment, largement, sur sa part grégorienne et psalmodienne. A travers le souvenir insistant de Dame Elizabeth Haire, il devine tellement la beauté de sa mère, et il en est tellement inondé et illuminé au fond de lui-même, que l'ombre du péché lui semble se dissiper dans un infini de bienveillance et de pardon qui est comme le don de la campagne toute charnelle à travers laquelle il semble que son pas le fasse moins marcher selon la cadence du corps que voguer selon le rythme du souffle. Il a tout l'air d'un berger d'églogue, en congé de son troupeau. Il porte en lui un reste de cœur païen, hérité, à son insu, des ardeurs de ses père et mère et, sans doute, et par les femmes, d'adhésion archaïque à la terre des désirs et des étreintes et, s'il va vers Rome pour implorer le pardon de Dieu, il n'en va pas moins, dans les douces ondulations des prairies et des champs et dans les obsédantes senteurs du printemps, vers les antres rêvées des nymphes et des naïades et vers les couches sans façon des vieilles divinités rustiques. Il a quitté sa bergerie et il va, sur le chemin, comme un moine en rupture de couvent, comme si le monde l'attendait, avec des fleurs qui n'ont d'odeur que pour lui, un paysage dont toute la beauté lui appartient, une nature jaillissante et débordante qui ne se déploie que pour lui faire fête.
Tout ce pan de l'être qui rayonne de chaleur lumineuse et vivante, je le devine en Druon parce que je l'éprouvais jusqu'à un certain point - c'est-à-dire moins manifestement moins magnifiquement, n'étant prédestiné à rien de considérable - dans la modestie de mes ressorts, tandis que je pèlerinais sur la route d'Orcival. Dans la même étendue de ma conscience se conjoignaient indissociablement des transports de jouissance devant la beauté du monde et des accablements, moroses et épuisants, de pécheur sans horizon. Mon âme chrétienne était, je crois, infiniment plus pesante, empêtrée, enlisée, suffocante et malsaine que ne pouvait l'être celle de Druon - que je vois toujours assurée dans son innocence et sa fidélité. Mais il n'empêche, nous allions, chacun par notre voie, au-devant de la beauté et des sensations qui exaltent et qui réjouissent, dans l'intensité de l'instant, en même temps qu'au-devant du renoncement, de la souffrance et de la pénitence, dans la durée grise d'un présent sans avenir. Nous étions le champ clos d'une contradiction permanente entre amour du monde sensible et haine de nous-mêmes, séduction par les formes et mépris pour notre corps, plaisir de la grâce et de la force des mots de poème et de prière et enfermement dans la solitude, la taciturnité, la mélancolie.

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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeVen 6 Fév 2015 - 11:01

Dommage que le fil de Louis-Combet ne soit pas plus garni.

Je reprendrai un extrait de commentaire de Shanidar en mémoire pour mieux nous situer dans l'univers de Louis-Combet et la nature de sa plume :

Shanidar a écrit:
J'ai trouvé le texte de Louis-Combet plus respirable, plus aéré que d'autres, plus accessible mais toujours aussi profond, déformant (informant), poétique et intransigeant, fouilleur et lumineux.

À la différence de Shanidar, je n'ai pas lu plusieurs de ses romans, mais tout simplement Le petit oeuvre poétique. À charge de revanche, je peux dire que j'ai lu bon nombre de poésies et d'essais littéraires. Ça peut me donner un aperçu de ce que Louis-Combet apporte comme contribution à ce titre. Étant donné que l'auteur s'est fait publier chez José Corti, nous pouvons remarquer une patte littéraire qui pourrait être un peu familière si on se réfère à Gracq. Pour ma part, je relève quelques ressemblances avec Michaux même si Louis-Combet est plus sobre dans ses effets de style. Le petit oeuvre poétique m'a tout l'air d'un modèle de texte qui est «framé» sur la thématique des muses littéraires au féminin. En cela, Louis-Combet est bel et bien un homme qui écrit. Toutefois, il nous faut reconnaître qu'il persévère dans la confection des diverses parties qu'il nous offre dans ce recueil construit pour l'occasion. Je me passerai des parties qui concernent les muses pour me concentrer sur quelques extraits qui contiennent les perles qu'il produit de temps à autre au fil de ses textes.

Tout d'abord, dans «Définition du lieu», il nous parle du mot :

Citation :
Le même,
Jamais prononcé, jamais écrit - sans doute,
même, jamais conçu mais là, toutefois, sous-jacent,
opérant, irradiant,

Courant, sans bouger, au fond de la phrase,
comme un enfant courant dans la nuit du sommeil et
du songe,

Le seul mot,
Et, en attendant, la même phrase sans inter-
stices, tout entière enveloppée d'elle-même et close,
hermétiquement, aux incidences du jour.

Nous voyons bien ce qu'il nous offre comme expérience de la plume et ce qu'Animal définit bien. Je vous offre un autre extrait dans la suite «Petite géologie du coeur» :

Citation :
«PARTAGE DES MASSES, PARTAGE DES EAUX»

Il y aurait donc ce qui passerait sans cesser de
passer, les longues et lentes phrases d'une histoire
interminée, les mouvements, les déplacements, l'al-
tération continue du sens dans la répétition des actes

Et ce qui demeurerait, en deçà ou au-delà de
tout passage, tacite sous les mots, stable sous les
reflets, identique sous les variations : une aire enco-
re mal circonscrite dont toute la loi serait déjà de
permanence et de fidélité




Un jour, ton rêve y prendrait corps.

Dans «Notes pour un portrait du plorant», je vous livre :

Citation :
III.

Cet homme en creux, cet homme en clos, ne pleure plus sur quelque chose d'identifiable et de dénommable. La vie, à ses différents âges, a plus d'une fois provoqué ses larmes : il a pleuré contre une épaule, il a pleuré sur un visage, il a connu la contagion du chagrin. Mais ici, couché, tombé peut-être, consentant tout entier à l'enveloppement de cette terre qui le reprend, lui-même enfin joint à lui-même, ses larmes ne sont pas vouées à un être de chair, présent ou absent. Elles sont le coeur au-dedans du coeur qui se liquéfie doucement dans la contemplation de sa vacance.

Je reprends Animal dans une de ses descriptions de la plume de Louis-Combet :

Citation :
Une lecture marquante, et une découverte solide, j'ai apprécié la mesure, la distance et la régularité du texte et la manière de l'auteur pour ne pas donner trop de poids aux éléments extérieurs à l'histoire qu'il raconte, notamment la partie chute ou péché ou rédemption, c'est présent, ça pèse dans la balance sans devenir mécanique.

_________________
«L'amplitude des contradictions à l'intérieur d'une pensée constitue un critère de grandeur.»
De Gaulle, citant Nietzsche

Dixit celui qui écrivait plus vite que son ombre.
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeDim 20 Nov 2016 - 17:29

"Blesse, ronce noire"
C’est un diamant noir, ce livre ! L’histoire d’une fusion incestueuse entre un frère et une sœur, vécue comme geste blasphématoire et apothéose divine. La chute en enfer n’en sera que plus terrible. Alors le Verbe se révèle impuissant devant la malédiction et la mort. La référence christique dans cette tragédie grecque est permanente : le frère pénètre sa sœur comme la lance le flanc du Christ et la branche d’aubépine devient la couronne d’épines. Il est vrai qu’il s’agit ici de Georg Trakl, nouveau poète maudit, dans la lignée de Baudelaire, Lautréamont ou Rimbaud - on pense évidemment à la relation entre ce dernier et Verlaine. Mais d’autres références viennent à l’esprit : Dante, Shakespeare, Milton, Hölderlin,  Bataille… Le récit est servi par une écriture très dense, précise et tranchante dont les longues phrases se referment sur elles-mêmes et parfois ouvrent vers l’indécis et le rêve, permettant ainsi au lecteur de retrouver son souffle dans cette tension extrême du style.
« Blesse, ronce noire » fait partie de ces livres dont on peut sortir quelque peu « essoré » mais que l’on range précieusement dans un coin de sa bibliothèque. Un alcool fort que je ne suis pas près d’oublier.content
Merci shanidar pour cette très belle découverte bravo .
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MessageSujet: Re: Claude Louis-Combet   Claude Louis-Combet - Page 5 Icon_minitimeLun 21 Nov 2016 - 10:14

Merci pour ce commentaire ArenSor, qui m'incite à rappeler le nom de cet auteur auprès de ceux qui ne le connaissent pas encore. Il a été le premier fil d'auteur que j'ai ouvert sur le forum et je suis toujours heureuse de le voir vivre à travers les lectures successives des uns et des autres. Blesse, ronce noire est sans doute le titre le plus 'accessible' de Louis-Combet, en tout cas celui qui permet de savoir, d'emblée, si cet auteur fera son chemin ou pas dans la vie de son lecteur. Et puis, il laisse des traces vers lesquelles je reviens toujours, pour la force de sa prose mais aussi pour l'énergie de ses questionnements.

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