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 François-René de Chateaubriand

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Hexagone
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MessageSujet: François-René de Chateaubriand   Dim 4 Avr 2010 - 9:03



Né à Saint-Malo le 04 septembre 1768
Décédé à Paris le 04 juillet 1848
Citation :
François René de Chateaubriand a vécu quatre-vingt ans de l'histoire de France, a traversé les régimes politiques, a voyagé sur tous les continents, et a réussi à allier à ces expériences le temps de la réflexion et de l'écriture. Ne pouvant faire un choix entre l'Eglise et la Marine, il y renonce et fuit la Révolution française en gagnant l'Amérique. A son retour, le double deuil de sa mère et de sa soeur l'incite à écrire 'Le Génie du christianisme'. Chateaubriand décide alors de consacrer sa vie à la littérature et à la politique. Ainsi, il est nommé secrétaire d'ambassade par Napoléon Bonaparte. Mais il prend peu à peu ses distances avec la vie politique et se remet à l'écriture. Ses écrits regroupent des oeuvres de voyages, des essais sur le catholicisme, des récits, et ses mémoires, 'Mémoires d'outre-tombe' dans lesquelles il se révèle être le grand précurseur du romantisme français.
www.evene.fr

A ma connaissance il n'existe pas de fil sur cet auteur.
A propos de " Atala " :

Beaucoup de pureté dans cette oeuvre qui retrace des amours rendus impossible par le serment. Il y a plusieurs formes de tortures dans ce récit qui se veut d'un romantisme exacerbé. Une époque qui semble révolue, mais qui pourtant amenait son lot d'espèrance malgrè une forme de malancolie. Et puis la nature, l'homme dans cette nature, la société, l'exil, le bonheur. Et puis surtout la langue de Chauteaubriand que je ne connaissais pas. Cet auteur me semblait inaccessible, François René de Chateaubriand, rien que ce nom m'éffrayait un peu. Je comprends mieux maintenant l'engouement de Victor Hugo. Un récit bref mais fourmillant de bonnes surprises. Un bon début me semble t-il pour découvrir l'auteur.


Dernière édition par kenavo le Sam 1 Nov 2014 - 0:08, édité 3 fois
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Hexagone
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Jeu 6 Mai 2010 - 16:42

A propos de " Aventures du dernier Abencerage "

Chateaubriand qu'il me plait d'avoir découvert il y a peu, nous donne avec ce titre un moment de lecture délectable. Les phrases sont travaillées au ciseau d'orfèvre. Diffiicile de ne pas tomber sous le charme de cette romance entre une Ibère et un Maure. Les envolées sentimentales, la religion, l'honneur et l'amour sont les clefs de voûte du récit. FRdC ensorcèle le lecteur avec tout le talent d'un mage de l'Orient. Je suis scotché par tant d'éloquence et de talent. Je n'ai qu'une hâte, me plonger dans d'autres écrits du maître.
La dernière phrase donne le ton de tout l'ouvrage :
" Lorsqu'on sort de Tunis, par la porte qui conduit aux ruines de Carthage, on trouve un cimetière : sous un palmier; dans un coin de ce cimetière, on m'a montré un tombeau qu'on appelle le tombeau du dernier Abencerage. Il n'a rien de remarquable; la pierre sépulcrale en est tout unie: seulement, d'après une coutume des Maures, on a creusé au milieu de cette pierre un léger enfoncement avec le ciseau. L'eau de la pluie se rassemble au fond de cette coupe funèbre et sert, dans un climant brûlant, à désaltérer l'oiseau du ciel " .
Un seul mot : SUPERBE.
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Harelde
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Jeu 6 Mai 2010 - 16:53

J'ai également lu Atala.
Mais j'ai nettement préféré la suite : René.
J'y ai trouvé plus d'émotions. Le narrateur, dans René, se met réellement à nu et nous apparaît plus intimement.

René.
C'est ma toute première approche de Chateaubriand : oui, j'ai commencé par René pour ne lire qu'ensuite Atala. René est un récit d’inspiration autobiographique de Chateaubriand publié en 1802.
« Il [Chateaubriand] a aussi, le premier, dans René, formulé la « vague des passions » qui deviendra un lieu commun du romantisme et fera de René le personnage emblématique de cette sensibilité nouvelle, créée avec une prose ample et rythmée que ses détracteurs qualifieront d'ampoulée. », nous dit Wikipédia.

Le livre s’ouvre en Amérique du Nord au XVIIIe siècle alors que ces vastes territoires d’Outre-Atlantique sont encore des colonies que se disputent français et anglais. Le héros (René) est au milieu d’une tribu d’indigènes, les Natchez. Il n’est pas en simple visite, mais y vit à demeure. Il y a un père adoptif et une épouse. Mais dès les premiers mots, il est évident que ce mariage n’a été contracté que pour le respect des traditions et pouvoir s’installer parmi les indiens. L’épouse, dont il ne sera jamais question, ne doit pas voir son homme bien souvent. René est un écorché vif. Il est malheureux et ne semble pas devoir remonter la pente vers l’apaisement. Il finit néanmoins par se livrer et se confier. Le roman est son histoire. Un amour aussi profond qu’impossible le reliait à une jeune femme qu’il ne pouvait épouser et l’a contraint à fuir son pays natal (la France). Je passe les détails sous silence pour ne pas vous gâcher le plaisir s’il vous prend l’envie de lire ce très beau petit livre (90 pages seulement).

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Etre un écrivain, c'est braver l'observation de Darwin voulant que, plus une espèce se spécialise, plus elle risque de disparaître.
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Dim 6 Juin 2010 - 20:40

Suis en train de lire " Génie du christiansime ". Un livre pas toujours aisé à lire.L'auteur fait une comparaison entre les dieux de l'antiquité et le christianisme. Tout cela au travers des tragédies. Enfin il me reste 150 pages. Plus ardu à lire que Atala et René mais le style Chateaubriand me ravi toujours autant. J'envisage très sérieusement " mémoires d'outre tombe ", je crois que je vais me lancer cet été.
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Hexagone
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Jeu 10 Juin 2010 - 21:09

A propos du " Génie du christianisme "

Un chemin de croix par moment.

M'étant lancé avec enthousiasme et fougue dans la lecture de Chateaubriand. Après avoir été ébloui par René, Atala, Les aventures du dernier Abencerage, j'ai poursuivi ma quête par cet ouvrage apologétique sur le christianisme. Autant le dire, cette oeuvre n'a aucun rapport avec les sus citées. L'auteur s'empare avec brio, certes, du christianisme et par un jeu de comparaison habile, démontre la suprématie ou du moins la supériorité de cette religion sur les autres. Quand nous disons les autres il faut entendre celles de l'antiquité. Aussi, se plaît-il à comparer les textes des grands écrivains antiques aux Ecritures et parvient avec talent, a donner aux Ecritures un avantage certain. Il ne refourgue pas aux oubliettes les textes anciens, on sent que Chateaubriand est pétri de cette culture ancienne, mais il transcrit sur le papier les avantages que le christianisme a dans son coeur. Différents chapitres abordent différentes expression artistiques, la sculpture, la peinture, la musique et le chant. C'est parfois indigeste, souvent amphigourique, jamais lassant car Chateaubriand a le sens des mots et des phrases. Difiicile de nier comme le font certains, après lu ce livre que la culture européenne n'est pas fondée sur le christianisme, tant celle-ci est traversée, pétri, façonnée par cette culture religieuse. Je ne pense pas lire le second tome, en revanche les Mémoires d'outre tombe me font de l'oeil, et même si " Le génie du christianisme " m'a donné des difficultés, tant les exemples cités sont riches et féconds de culture ancienne, rien ne m'arrêtera dans l'approfondissement de ma curiosité envers l'auteur.
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Dim 20 Juin 2010 - 9:27

" Après le malheur de naître, je n'en connais pas de plus grand que celui de donner la vie à un homme " Chateaubriand dans nles M.O.T, ne dirait on pas un aphorisme de Cioran ? Qu'en pensez-vous, Cioran évoque t-il Chateaubriand dans ses écrits ?
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aden
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Mar 1 Nov 2011 - 12:18

Je suis en train de relire les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand, décidément il avait du génie, cet homme ! Tout le drame de son époque est là : affrontement d'idées, lutte pour le pouvoir, impuissance de l'individu face à l'Histoire, la solitude de l'homme qui aspire à la liberté intellectuelle... Une œuvre à la fois monumentale et touchante, le témoignage d'un homme hors du commun sur une époque marquée par une profonde et irréversible transformation sociale.

Quelques citations que j'ai notées au fil de ma lecture :

Citation :
Je suis attaché à mes arbres ; je leur ai adressé des élégies, des sonnets, des odes. (…) je les connais tous par leurs noms, comme mes enfants : c'est ma famille, je n'en ai pas d'autre, j'espère mourir au milieu d'elle.

Citation :
L'aristocratie a trois âges successifs : l'âge des supériorités, l'âge des privilèges, l'âge des vanités : sortie du premier, elle dégénère dans le second et s'éteint dans le dernier.

Citation :
je résistais, j'avais aversion pour la vie.

Citation :
Cette impossibilité de durée et de longueur dans les liaisons humaines, cet oubli profond qui nous suit, cet invincible silence qui s'empare de notre tombe et s'étend de là sur notre maison, me ramènent sans cesse à la nécessité de l'isolement.

Citation :
J'ai été consacré à la religion, la dépouille de mon innocence a reposé sur ses autels : ce ne sont pas mes vêtements qu'il faudrait suspendre aujourd'hui à ses temples, ce sont mes misères.

à suivre...
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MessageSujet: message   Jeu 14 Mar 2013 - 16:50

Après avoir été blessé dans un combat qui opposait les troupes royalistes europénnes à la garnison française de Thionville,Chateau briand raconte :

Je passai une première nuit dans une grange, et je ne mangeai point. La femme du paysan propriétaire de la grange, refusa le loyer de ma couchée; elle m' apporta avec une miche noire que je trouvai excellente. Je me remis en route tout gaillard, bien que je tombase souvent. Je fus rejoint par quatre ou cinq de mes camarades qui prirent mon sac. ; ils étaient ausi fort malades... Nous rencontrames des villageois; de charrettes en charrettes, nous gagnames pendant cinq jours, assez de chemin dans les Ardennes, pour attindre Attert. Le sixième jour, je me retrouvai seul.

Après avoir marché pendant deux lieues, qui me coutèrent six heures de temps, j' aperçus une famille de bohémiens campée avec deux chèvres et un ane, derrière un fossé autour d' un feu de brandes.
A peine arrivais-je, je me laissai choir, et les singulières créatures s' empréssèrent de me secourir.
Une jeune femme en haillons, vive, brune, mutine, chantait, sautait, tournait, en tenant de biais son enfant sur son sein..., puis elle s' asseyait sur ses talons tout contre moi, me regardait curieusement à la lueur du feu, prenait ma main mourante pour me dire ma bonne aventure, en me demandant un petit sou ; c' était trop cher.

Il était difficile d' avoir plus de science, de gentillese et de misère que ma sybille des Ardennes.
Je ne sais quand les nomades dont j' aurais été un digne fils, me quittèrent ; lorsque à l'aube, je sortis de mon engourdissement, je ne les trouvai plus.

Ma bonne aventurière s' en était allée avec le secret de mon avenir. En échange de mon petit sou, elle avait déposé à mon chevet une pomme qui servit à rafraichir ma bouche...L' aurore était bien belle et
j' étais bien laid.

Les Mémoires d' outre-tombe, livre Xème, ch 1

J' ai remarqué que Chateaubriand était, en situation critique, souvent aidé par des femmes, jeunes et jolies, en tout cas séduisantes... En Amérique, c' était deux indiennes...

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Sigismond
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Mar 26 Mar 2013 - 15:39

"Vie de Rancé"
Ce livre parait en 1844, en première et seconde version (la seconde apporte des corrections non négligeables à la première, si vous pouvez, trouvez une édition de la première mouture, apportant les correctifs et variantes de la seconde dans les notes).
Une des citations les plus célèbre extraites de la "Vie de Rancé" a, d'ailleurs, trait à l'avancée en âge:
« La vieillesse est une voyageuse de nuit: la terre lui est cachée; elle ne découvre plus que le ciel. »

Comme dit l'auteur dans la préface:
"Mon premier ouvrage a été fait à Londres en 1797, mon dernier à Paris en 1844. Entre ces dates, il n'y a pas moins de quarante sept ans, trois fois l'espace que Tacite appelle une longue partie de la vie humaine. Le temps s'est écoulé, j'ai vu mourir Louis XVI et Bonaparte; c'est une dérision que de vivre après cela. Que fais-je dans le monde ? Autrefois je barbouillais du papier avec mes filles, Atala, Blanca, Cymodocée, chimères qui ont été chercher ailleurs la jeunesse. On remarque des traits indécis dans le tableau du Déluge, dernier travail de Poussin: ces défauts du temps embellissent le chef-d'oeuvre du grand peintre; mais on ne m'excusera pas, je ne suis pas Poussin, je n'habite point au bord du Tibre, et j'ai un mauvais soleil".

C'est sa toute dernière oeuvre, composée à la demande de son confesseur. C'est donc un exercice qui lui fut imposé.
Aucun succès à sa parution, puis destin de livre oublié de tous les "morceaux choisis" et autres "anthologies" jusqu'à ce qu'André Beaunier puis Julien Benda le (re)découvrent, début XXème, même si Sainte-Beuve l'avait coché comme important.

Si vous êtes familier du style histrionnant, parfois précieux et excessif qui se rencontre parfois dans Atala, René et certains passages des Mémoires d'outre-tombe, vous serez surpris.
L'ensemble est très épuré, peu de ces envolées, de ces fulgurances "solaires" qui ont fait admirer le grand fondateur du Romantisme, pour ce qui est de la littérature française, et qui sont ce qui reste de lui dans l'esprit de la plupart de nos contemporains quand ils évoquent cet auteur.
Tout juste quelques eaux dormantes dans des méandres qu'on scrute sans trop savoir ce qu'elles recouvrent, et qu'on soupçonne insondables de profondeur cachée, mais c'est peu, sous une signature Chateaubriand !

J'en ai fait une lecture très besogneuse, m'arrêtant à la moindre note (il y en a une toutes les deux lignes dans l'édition que j'avais en main), et toujours avec le moteur de recherches de mon PC à proximité immédiate.
Le contraire d'un livre de chevet ou de transports en commun.
De surcroît, la période historique décrite ne m'est pas du tout familière.

Chateaubriand ne se livre pas à une exégèse de Rancé, loin de là, et son opus n'est pas non plus une approche scientifico-historique, du moins pas tout à fait.
Quelle curieuse matière, quel étrange traitement d'un "exercice imposé".
Peut-être faut-il se souvenir que Chateaubriand était un des seuls maîtres que Proust se reconnaissait.

Mon cher François-René, Monsieur le Vicomte, si je puis me permettre de vous apostropher directement outre votre tombe, une fois refermé, cet ouvrage de grande qualité m'a porté une bonne semaine...
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Mar 26 Mar 2013 - 15:42

J' ai lu aussi La vie de Rancé. Et c' est ce que Chateaubriand a fait de mieux avec Les mémoires d' outre tombe.

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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Mar 18 Juin 2013 - 17:14

Je lis les Mémoires d' Outre tombe avec beaucoup de plaisir et d' interet. Un peu chaque soir. C' est un bon livre de chevet.
La préface de Juline Gracq est utile au lecteur parce que pertinente et perspicace. En voici la conclusion.

"Une part de son oeuvre, pseudo classique, est morte : il n' a pas vécu, un pied de chaque coté de cet arrachement géologique de la Révolution et de l' Empire,... sans abandonner quelque chose de lui au continent qui s' abimait sous la cendre dans une orgie de  faux style pompéien - ailleurs, là où il vieillit, il vieillit bien : il a ces paliers d' arome dans le bouquet qui favorise les seuls millésimes très nobles...

Il a eu la chance supreme : les chefs-d' oeuvre donnés dans la vieillesse, où tout est philtre et sortilège : concentration des sucs, limpidité, transparence des soleils d' octobre et cette main parfaite, qui, avant les prmiers tremblements, sépare comme jamais la lumière de l' ombre. Les Mémoires n' ont jamais été plus jeunes : conjonction prodigieuse et solitaire d' une grande époque ; d' un grand style et d' un grand format - la langue de la V
ie de Rancé enfonce vers l' avenir une pointe plus mystérieuse : ses messages en morse, saccadés, déphasés, qui coupent la narration tout à trac, comme s' ils étaient captés d' une autre planète, bégayant déjà des nouvelles de la contrés où va s' éveiller Rimbaud."

Julien Gracq. Préface aux Mémoires d' Outre tombe. - Le livre de poche

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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Mar 18 Juin 2013 - 19:11

J'avoue ne pas avoir tout compris à la première lecture mais le deuxième passage a enfin libéré la concentration des sucs.
Merci Bix.
Quand est-ce-que tu retournes au jardin pour nous faire partager la suite ?
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Mer 10 Juil 2013 - 19:47

Grand écrivain, Chateaubriand était aussi volontiers cocardier. Exemple :

"Nous sommes de singuliers ennemis : on nous trouve d' abord un peu insolents, un peu trop gais, trop remuants, nous n' avons pas plutot  tourné les talons qu' on nous regrette.
Vif, spirituel, intelligent, le soldat français se mele aux occupations de l' habitant chez lequel il est logé ; il tire de l'eau au puits, comme Moise pour les filles de Madian, chasse les pasteurs, mène les agneaux au lavoir, fend le bois, fait le feu, veille à la marmite, porte l' enfant dans ses bras
ou l' endort dans ses bras.

Sa bonne humeur et son activité communiquent la vie à tout; on s' accoutume à le regarder comme un conscrit de la famille. Le tambour bat-il ? son hote pleurant sur la porte, et quitte la chaumière à laquelle il ne pensera plus avant qu' il soit entré aux Invalides."

Mémoires d' Outre tombe. - Le livre de poche, p. 516

Idyllique, non ?  Chateaubriand était il chargé de la com aux armées ou était il mal informé ?

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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Jeu 11 Juil 2013 - 13:16

Il me reste toujours le dernier tome des MOT à lire, mais quel souvenir ! Quel souffle aussi !
J'aimerais bien lire Le génie du christianisme.
Après St Augustin, ce serait pas mal.
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MessageSujet: Re: François-René de Chateaubriand   Sam 13 Juil 2013 - 18:41

Par moments aussi, Chateaubriand laisse clairement entendre qu' il est conscient de sa valeur. Ne
serait-ce que par comparaison. Avec ironie et un soupçon de dépit.

Quelle capacité peut-on trouver à n' y voir goutte, à rester étranger à la marche du siècle, au mouvement des idées, à la transformations des moeurs, au progrès de la société ?

N' est-ce pasune méprise déplorable que d 'attacher aux évènements une importance qu'  ils n' ont pas ? Barricadé dans vos étroits principes, l' esprit aussi court que le jugement, vous ètes comme un homme logé sur le derrière d' une maison n' ayant vue que sur une petite cour, ne se doutant ni de ce qui se passe dans la rue, ni du bruit qu' on entend au dehors.

Voilà où vous réduit un peu d' indépendance, objet de pitié que vous ètes pour la médiocrité : quant aux grands esprits à l' orgueil affectueux et aux yeux sublimes, leur dédain miséricordieux vous pardonne, parce qu' ils savent que vous ne pouvez pas entendre.

Je me renfonçai donc humblement dans ma carrière littéraire, pauvre Pindare destiné à chanter dans la première Olympique l' excellence de l'eau, laissant le vin aux heureux.

Mémoires d' Outre tombe, p. 556

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