Parfum de livres… parfum d’ailleurs

Littérature, forum littéraire : passion, imaginaire, partage et liberté. Ce forum livre l’émotion littéraire. Parlez d’écrivains, du plaisir livres, de littérature : romans, poèmes…ou d’arts…
 
Accueil*Portail*RechercherS'enregistrerMembresConnexion

Partagez | 
 

 Lauren Groff

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
darkanny
Zen littéraire
avatar

Messages : 7078
Inscription le : 02/09/2009
Localisation : Besançon

MessageSujet: Lauren Groff   Dim 4 Avr 2010 - 13:24



Américaine , 30 ans c'est son premier roman qui sera suivi par un recueil de nouvelles "Fugues".



Un monstre est mort à Templeton, créature oubliée, tapie au fond du lac paisible. Il est remonté à la surface un beau matin, raide et froid. Mais dans cette petite ville de l’État de New York où Willie revient vers son enfance, désemparée et enceinte, les monstres ne sont pas où l’on croit. Tant de secrets de familles à révéler, derrière les tableaux des aïeux qui s’alignent dans l’entrée de la maison. Tant de haines, de trahisons inavouées sous l’image lisse des pionniers de la cité, dont elle est la descendante directe. À la recherche de son père, Willie se heurte aux fantômes du passé. Elle découvrira une vérité surgie des eaux noires du lac de Templeton, un lieu de mémoire inexploré qui mène à son histoire et à celle de toute une ville

Pas étonnant que Stephen King se soit enthousiamé pour ce livre , Lauren Groff excelle pour nous raconter tout ce qui tourne autour d'une bourgade , Templeton située dans l'état de New - York , entourée d'un magnifique lac aux eaux sombres , avec son musée du Base-ball , celui de "La vie d'autrefois " , ses "joyeux joggers" , et ses habitants si reconnaissables .

Peu passionnée par la généalogie , je ne m'attendais pas à dévorer ce livre , mais l'auteur est hyper douée et nous promène habilement entre passé et présent , nous emmenant jusqu'au 18 ème siècle où il était possible à des pionniers de fonder une ville et d'y apporter une marque , le fameux Marmaduke Temple à l'origine de Templeton ancêtre de l'heroïne Willie qui effectuera un travail de titan pour retrouver qui peut bien être son père , sa mère ex-hippie lui ayant raconté nombre de sornettes entre 2 bouffées de je ne sais trop quoi .

Et c'est vrai que Stephen King s'y entend à merveille pour faire émaner d'une petite ville apparemment sans histoires , des fantômes et des choses qu'on voudrait plutôt garder dans le placard (je pense à "ça " bien sûr et son clown maléfique ) , d'où le parallèle.
Une plume alerte , plein de vie dans cette écriture , on est dans un tourne-pages , c'est pas forcément radieux ce que raconte Lauren Groff , mais c'est passionnant .

Un extrait sur "les joyeux joggers" :

On court ; on aime ça ; il y a vingt neuf ans maintenant qu'on fait notre jogging ensemble ; et on continuera jusqu'au bout . Jusqu'à ce que nos hanches se brisent et tombent en morceaux , que nos poumons se mettent à saigner en guise de révolte . Jusqu'à ce ce que l'on quitte l'âge mûr pour entre dans la vieillesse.Courir . L'hiver on court à travers la neige légère , en glissant sur le verglas . Dans l'été de Templeton , doux comme une peau de chamois , qui flamboie de l'intérieur , on court.

Lauren Groff s'est bien sûr appuyée sur sa ville natale , Copperstown :













Ce roman pourrait plaire à tous ceux qui sont fan de culture anglo-saxonne et qui se réjouissent dès qu'une histoire se passe aux environs de New -york (je pense à Kenavo bien sûr et Epi , puis Nezumi parce qu'elle peuvent le lire en anglais )

Chouette couverture





Dernière édition par darkanny le Dim 4 Avr 2010 - 14:25, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Marko
Faune frénéclectique
avatar

Messages : 17930
Inscription le : 23/08/2008
Age : 49
Localisation : Lille

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 4 Avr 2010 - 14:13

Je suis preneur...

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
krys
Sage de la littérature
avatar

Messages : 2093
Inscription le : 06/09/2009
Age : 58
Localisation : sud ouest

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 4 Avr 2010 - 14:15

Je suis sûre qu'il me plairait celui-là Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kenavo
Zen Littéraire
avatar

Messages : 63291
Inscription le : 08/11/2007

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 4 Avr 2010 - 16:38

Merci pour ce nouveau fil,
avant de lire ceci:
darkanny a écrit:
Ce roman pourrait plaire à tous ceux qui sont fan de culture anglo-saxonne et qui se réjouissent dès qu'une histoire se passe aux environs de New -york (je pense à Kenavo bien sûr et Epi , puis Nezumi parce qu'elle peuvent le lire en anglais )]
j'ai vu la plaquette avec Babe Ruth swing je l'ai déjà noté Very Happy

(et tu as raison, la couverture en anglais est très chouette Wink )

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Epi
Escargote Zen
avatar

Messages : 14255
Inscription le : 05/03/2008
Age : 57
Localisation : à l'ouest

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Ven 9 Avr 2010 - 20:44

Ah oui, je vais le noter, je crois que ça pourrait me plaire.

_________________
Let It Be
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 11 Avr 2010 - 14:40

J'ai beaucoup aimé ce roman également ! Voilà ce que j'écrivais à l'époque sur mon blog :

Citation :
Quel sympathique roman et quels personnages truculents et attachants ! Nous voilà embarqués dès les premières pages dans la vie des habitants de Templeton : lorsque Willie Upton revient chez sa mère désoeuvrée en pensant être enceinte de son professeur de fac, elle ignore encore que son père naturel jusqu’alors inconnu est non seulement un habitant de la ville mais également un membre de sa famille dans la mesure où il serait issu d’une branche bâtarde de l’arbre généalogique. En voilà une nouvelle, car il faut savoir que Willie Upton n’est pas issue de n’importe quelle famille : elle est l’ultime descendante de la famille la plus illustre de Templeton, son aïeul Marmaduke Templeton ayant poser les fondations de la ville deux siècles plus tôt. Quel aïeul a pu tromper son conjoint et concevoir un enfant illégitime dont son père naturel serait l’ultime descendant ? Pour répondre à cette question, Willie Upton se lance à corps perdu dans une recherche généalogique afin de retrouver l’identité de son père naturel mais aussi peut-être oublier un temps d’autres problèmes plus ‘personnels’.

Son grand retour dans sa ville natale sera également l’occasion de renouer certains liens avec d’anciennes connaissances, comme les joyeux joggeurs mais aussi d’anciens camarades de classe oubliés depuis longtemps mais qui se feront un plaisir de se rappeler à sa mémoire…

Cette recherche généalogique servira également de prétexte pour parcourir deux siècles d’histoire de la ville à travers les lettres, archives, témoins et journaux intimes découverts lors de ses recherches.

Saga familiale, quête identitaire, secret de famille, parcours initiatique, le tout agrémenté d’un soupçon de fantastique, « Les monstres de Templeton » est un roman idéal pour ne pas se prendre la tête et décompresser. Sans oublier une écriture fluide sans aucun temps morts et des personnages bien développés, enfin bref, un bon roman divertissant avec tout ce qu’il faut pour passer un excellent moment de lecture.

Il n’est guère étonnant que ce premier roman d’une jeune auteure américaine de 30 ans à peine ait connu dès sa publication aux Etats-Unis un beau succès littéraire. Une réussite amplement méritée. Et je guetterai avec curiosité la parution de son prochain roman !
Heu j'avoue que cela fait bizarre de se citer soi-même mais tout ça pour dire qu'il était vraiment chouette ce roman Cool
Revenir en haut Aller en bas
Marko
Faune frénéclectique
avatar

Messages : 17930
Inscription le : 23/08/2008
Age : 49
Localisation : Lille

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 11 Avr 2010 - 14:52

sentinelle a écrit:
Heu j'avoue que cela fait bizarre de se citer soi-même mais tout ça pour dire qu'il était vraiment chouette ce roman

Tu fais bien de recopier ton post parce que pour ma part même si certains d'entre vous ont des blogs somptueux je n'ai pas le temps d'aller les regarder et préfère trouver les commentaires ici !

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chimère
Agilité postale
avatar

Messages : 995
Inscription le : 24/02/2007
Age : 45
Localisation : Bordeaux

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Mer 5 Mai 2010 - 19:03

LES MONSTRES DE TEMPLETON de Lauren GROFF
Ed Plon
Pages : 430
Trad (anglais): Carine Chichereau
Genre : littérature américaine


« Le jour où je revins à Templeton en pleine disgrâce, le cadavre d'un monstre mesurant près de seize mètres émergea à la surface du lac Glimmerglass »(extrait)

Willie Upton revient dans sa petite ville natale suite à une rupture amoureuse. Elle y retrouve Vi sa mère, ancienne hippie devenue baptiste fervente et courtisée par un pasteur. Or dans le même temps, un animal inconnu de taille énorme est retrouvé mort flottant à la surface du lac et met la ville sans dessus dessous. Pour couronner le tout, Willie apprend de sa mère qu'elle n'a pas été engendrée suite à ses frasques de jeunesse à San Francisco mais par un homme vivant à Templeton lui aussi descendant comme les Upton du fondateur de la ville Marmaduke Temple père du grand écrivain Jacob Franklin Temple. Willie va donc tout faire pour retrouver son géniteur et pour cela, il lui faudra fouiller dans la généalogie et les secrets de sa famille.

C'est sur ces bases là que s'enchevêtrent la quête du père de Willie, la question du monstre qui a toujours existé dans l'esprit des habitants de Templeton depuis des générations, l'histoire de la ville et de ses habitants qui se mêle à celle de la famille fondatrice les Temple dont Willie est une descendante non légitime.

Ponctué des différents points de vue de personnages morts ou vivants, par des documents et photographies de la famille ou des relations de la famille Temple, le récit alterne avec le passé, le présent, les problèmes de Willie, de sa meilleure amie Clarissa, les relations mère/fille, les retrouvailles avec d'anciens camarades de lycée, les incroyables imbroglios généalogiques de la famille. Le tout donne une histoire fascinante et passionnante à suivre dans ses rebondissements. Et on s'aperçoit que finalement, les gens ne sont jamais ce que l'on croit, et que la réalité historique est sujette à caution même avec des documents à toute épreuve.

Et non seulement, l'histoire est un vrai bonheur à suivre mais l'auteur semble s'être ingéniée à donner à ses personnages des noms surprenants et qui interpellent bien comme le fondateur Marmaduke, mais aussi la gouvernante Remarkable Prettybones, mais mon préféré c'est le pharmacien Aristabulus Mudge dont le nom ne dépareillerait pas dans le monde d'Harry Potter (en plus il a l'air de fabriquer des potions un peu spéciales ce brave homme). Je sais que c'est un peu superficiel mais c'est le petit plus qui m'a conquise en plus du récit, qui se présente comme un assemblage de diverses formes comme le roman épistolaire, le journal intime, etc...Dans un sens c'est toujours surprenant ce qui s'y passe ou ce qu'on croit qu'il va se passer mais en fait non on y était pas du tout et j'ai eu beaucoup de plaisir à me laisser emporter dans l'imaginaire de Lauren Groff qui est riche et dense à souhait avec des personnages intriguants, fascinants, attachants, humains dans leurs qualités et défauts.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://alivreouvert.over-blog.net
kenavo
Zen Littéraire
avatar

Messages : 63291
Inscription le : 08/11/2007

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 8 Juil 2012 - 17:47

/
Arcadia
Citation :
Présentation de l'éditeur
Ridley est l'enfant d'un rêve, premier né d'une communauté hippie des années 1960. Il grandit comme il respire, le monde est son terrain de jeux. Car le monde se finit aux portes d'Arcadia. Respect de la nature, autosuffisance, amour libre : Arcadia se veut une grande famille, chaleureuse et libertaire. Mais la réalité est plus compliquée. Et plus la communauté grandit, plus l'utopie s'éloigne : les parents négligent leurs enfants, la drogue embrume les esprits, les tensions minent l'équilibre des origines. Jusqu'à l'implosion. Hors d'Arcadia, il faudra vivre dans les forêts d'immeubles new-yorkaises, ouvrir les yeux sur les dérives du rêve déchu, gagner sa vie, être père et accepter le réel. Mais l'idéal des commencements, l'amour et la paix, Ridley ne les perdra jamais vraiment, les portera jusque dans le monde, les concrétisera à sa manière, douce et honnête, profondément humaine. Roman d'initiation, fresque puissante, Arcadia trace à travers son héros le destin du rêve américain : de l'éblouissement de la naissance à la clairvoyance idéaliste.

Quatre chapitres, quatre étapes dans la vie de Ridley que le lecteur va connaître lors de cette lecture.

On va le rencontrer à l’âge de 5, 14, 43 et 53 ans.

Arcadia est l’univers dans lequel Ridley va naître et grandir et après son départ il va réaliser que les mémoires sont souvent teintées et en idéalisant son enfance et sa jeunesse il a certainement des problèmes de trouver la « paix » dans le monde de l’extérieur. Le but serait de trouver un Arcadia intérieur qui lui donne le calme pour mener une vie sereine.

S’il va y arriver, c’est au lecteur de le voir…
et je peux dire que Ridley va à partir d’aujourd’hui appartenir à mon groupe de personnages littéraires qui m’accompagnent après la lecture… roman et personnage si prenant que c’est même difficile pour moi de remonter à la surface et de laisser Arcadia derrière moi.


Citation :
Et in Arcadia ego est une locution latine illustrée par plusieurs peintres, dont deux fois par Nicolas Poussin (1594-1665). Les deux tableaux de Poussin sont des peintures pastorales représentant des bergers réunis autour d'un tombeau.

Les tableaux
Les deux toiles de Poussin sont des peintures pastorales représentant des bergers idéalisés de l'Antiquité classique, rassemblés autour d'une tombe austère. La première version, datée de 1628-1630, se trouve en Angleterre, à Chatsworth House, dans le Derbyshire. La seconde version, exécutée dix ans plus tard en 1637-1368, est conservée au Louvre ; connue aussi sous le nom Les bergers d'Arcadie, elle a eu une influence majeure dans l'histoire de l'art.
Source littéraire
Et in Arcadia ego est une locution latine qui signifie : « Moi (la Mort), je suis aussi en Arcadie (le pays des délices). »
La première figuration d'une tombe avec inscription dédicatoire (à Daphnée) dans le paysage idyllique d'Arcadie apparaît dans les Églogues de Virgile, V, 42 ssq. Virgile y transpose dans la rustique Arcadie les caractères de bergers siciliens qu'avait évoqués Théocrite dans ses Idylles. Le thème trouva une nouvelle jeunesse au cours des années 1460-1470 de la renaissance italienne, dans l'entourage de Laurent de Médicis. En 1502 Jacopo Sannazaro publia un long poème, Arcadia, source dans l'imaginaire occidental de l'Arcadie comme un monde perdu d'enchantements idylliques
source: wikipedia

/
Et in Arcadia ego (première version) / (deuxième version)

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Epi
Escargote Zen
avatar

Messages : 14255
Inscription le : 05/03/2008
Age : 57
Localisation : à l'ouest

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 2 Juin 2013 - 19:46

Arcadia

Voilà un livre absolument fabuleux que je ne suis pas prête d’oublier.

C’est l’histoire de Bit, ainsi surnommé parce qu'à sa naissance, il était minuscule. Elle commence vers la fin des années 60 et se poursuit sur une cinquantaine d’années. Le livre est divisé en quatre parties correspondant à quatre périodes de la vie de Bit.

Dans la première, il a cinq ans, à l’époque où les communautés hippies fleurissent. Un petit groupe, les « free people » dont les parents de Bit, Abe et Hannah font partie, s’installe avec caravanes, mini bus et tentes, un peu à l’écart du monde, autour d'Arcadia House, une vieille bâtisse en ruines. Handy, musicien et leader charismatique a pour objectif de créer un monde idéal, basé sur la liberté, le travail et l'amour. Pour Bit, premier enfant né dans cette communauté et qui vit cette aventure avec l'innocence de ses cinq ans, c'est le meilleur des mondes, parce qu’il n’en connaît pas d’autre et surtout parce qu’il s’imagine que le monde extérieur est rempli de dangers et de laideur. Petit à petit, au fil des années, il va s'apercevoir que ce mode de vie comporte quelques défauts, la faim, le froid, la pauvreté, le travail épuisant, les inévitables frictions. Il s'apercevra aussi, sans vraiment le comprendre, que les gens ne sont pas toujours heureux, sa mère la première qui doute souvent, qui change selon les saisons, il y a la Hannah de l’été, pleine de vie et de soleil, et la Hannah de l’hiver, l'ombre d'elle-même qui reste parfois des journées entières au lit et que Bit essaie de comprendre en tentant de rentrer dans ses rêves. Malgré ses manques, Arcadia reste aux yeux candides de Bit, le monde parfait, celui qu'il ne voudra jamais quitter.

Cette première partie est assez longue et très lente, les descriptions sont nombreuses, foisonnantes de détails. Cela demande une lecture attentive qui permet de s'imprégner de toutes ces émotions, les couleurs, les odeurs surtout. L'écriture est tellement visuelle, les descriptions si vivantes, qu’on est complètement dedans, on sent les odeurs nauséabondes des latrines, ou la douce fraîcheur de la rosée du matin, on marche dans la boue de l’hiver, on goûte le pain tout juste sorti du four et on laisse le soleil nous éblouir de ses rayons, purifiant tout ce qu’ils touchent.

Mais c'est un monde qui fait autant peur qu'envie et, dans la deuxième partie, nous assistons peu à peu au déclin inévitable de la communauté. Bit a 14 ans, il est amoureux de Helle, la fille d'Handy et pense toujours qu'Arcadia est le paradis sur terre. Ce paradis qui pourtant va de plus en plus mal, perverti par les nombreux nouveaux venus qui ne comprennent ni ne respectent l'esprit de la communauté. Ce sont des fugueurs, des junkies, des paumés de toutes sortes qui, attirés par les mœurs libres, la vie qu’ils s’imaginent facile et sans contraintes (pas besoin de travailler pour être hébergés et nourris, ignorant la règle que tous doivent participer) tous ces gens peu à peu vont faire émerger des tensions et provoquer la ruine de la communauté.

Non, tout n'est pas rose dans ce monde utopique et bientôt il montre des signes d'écroulement. Mais tout n'est pas noir non plus et il y a de merveilleux moments, ce sont eux seuls que Bit conserve en mémoire, et qui vont le marquer à vie.

La deuxième moitié du livre se déroule dans le présent et dans un futur proche, Bit est adulte, il a la cinquantaine et vit en milieu urbain. Un changement radical qui ne lui sied pas vraiment. Cette partie a un charme fou, empreinte de nostalgie, de doux souvenirs, les illusions de Bit sur son monde perdu sont intactes. Mais il y a un côté plus dur aussi, celui de la réalité froide et menaçante du monde réel. Pourtant, ce n'est pas ce qui l'emporte, j'ai eu l'impression jusqu'à la fin de baigner dans une sorte d’atmosphère ouatée, un monde enchanté qui malgré la brutalité de la vie garde un côté douillet, un peu brumeux. Cela est sans doute dû à la personnalité de Bit, un enfant puis un adulte foncièrement gentil, doux, rêveur. Un beau personnage auquel on ne peut que s'attacher même si on a envie aussi parfois de le secouer et de lui crier d'ouvrir les yeux une bonne fois.

L’écriture de Lauren Groff est si belle et poétique, si évocatrice que j’ai souvent eu envie de relire certaines phrases, juste pour leur beauté, pour m’imprégner de ses mots, pour l’enchantement qu’ils procurent et parfois coupent le souffle. Une vraie merveille qu’il faut avoir la patience de découvrir car le début est un peu déroutant et j’imagine qu’on peut facilement laisser tomber au bout de quelques pages (j’ai eu cette envie mais heureusement, je ne me suis pas écoutée). Une vraie découverte de bonheur total et je me retrouve encore souvent à y penser et à avoir envie d’y retourner.

_________________
Let It Be
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
darkanny
Zen littéraire
avatar

Messages : 7078
Inscription le : 02/09/2009
Localisation : Besançon

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 2 Juin 2013 - 20:37

ça donne bien envie tout ça, merci Epinette (je te promets , je ne le fais qu'une fois)

Et n'oublie pas qu'il y a "Les monstres de Templeton", absolutely fabulous too !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Heyoka
Zen littéraire
avatar

Messages : 5026
Inscription le : 16/02/2013
Age : 29
Localisation : Suède

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 2 Juin 2013 - 20:41

C'est beau la façon dont tu parles de ce livre Epi.

_________________
«Books support us in our solitude
and keep us from being a burden to ourselves.
»
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Epi
Escargote Zen
avatar

Messages : 14255
Inscription le : 05/03/2008
Age : 57
Localisation : à l'ouest

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 2 Juin 2013 - 22:15

darkanny a écrit:
ça donne bien envie tout ça, merci Epinette (je te promets , je ne le fais qu'une fois)

Et n'oublie pas qu'il y a "Les monstres de Templeton", absolutely fabulous too !
Oui oui j'ai bien l'intention de le lire aussi, je vais le mettre bientôt dans ma PAL.
Epinette espère que tu aimeras Arcadia Laughing

Kannskia a écrit:
C'est beau la façon dont tu parles de ce livre Epi.
C'est qu'il est tellement beau ce livre que j'ai encore des frissons rien que d'y penser Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
kenavo
Zen Littéraire
avatar

Messages : 63291
Inscription le : 08/11/2007

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 2 Juin 2013 - 22:19

cheers tellement contente que quelqu'un reparle de ce livre, j'étais tout comme toi embarquée dans cette aventure... livre qui m'a laissé aussi pleins d'images dans la tête... surtout une première partie très forte!

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Epi
Escargote Zen
avatar

Messages : 14255
Inscription le : 05/03/2008
Age : 57
Localisation : à l'ouest

MessageSujet: Re: Lauren Groff   Dim 2 Juin 2013 - 22:25

kenavo a écrit:
cheers tellement contente que quelqu'un reparle de ce livre, j'étais tout comme toi embarquée dans cette aventure... livre qui m'a laissé aussi pleins d'images dans la tête... surtout une première partie très forte!
Oui la première partie est éblouissante aime

_________________
Let It Be
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Lauren Groff   

Revenir en haut Aller en bas
 
Lauren Groff
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» (F/PRIS) LAUREN COHAN
» (f/pris) LAUREN COHAN
» Elles dévoilent leurs cheveux!
» Maj : 13/04 : ajouts !
» (f/libre) LAUREN GERMAN

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Parfum de livres… parfum d’ailleurs :: Le cœur du forum : Commentons nos lectures en toute liberté… :: Littérature nord américaine (par auteur ou fils spécifiques)-
Sauter vers: