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 Nakajima Atsushi

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MessageSujet: Nakajima Atsushi   Mar 6 Avr 2010 - 21:29

NAKAJIMA Atsushi

(Tôkyô, 05/05/1909 - 04/12/1942)

"Nakajima Atsushi, issu d’une famille d’érudits chinois, avait lui-même une connaissance approfondie des œuvres chinoises classiques. Il était également féru de littérature européenne.
Ses nouvelles qui lui valurent immédiatement la célébrité portent la marque d’une culture et d’une imagination très personnelles. C’est néanmoins son style qui fit sa réputation. La langue de Nakajima a une sorte de rigueur et de clarté qui dénote la forte influence du style chinois classique, et du taoïsme.
Nakajima a oeuvré pour la réécriture des contes anciens de l'Orient et a sa modernisation de fait il fait penser aux nouvelles intellectuelles de Borges et de Michel Tournier." (source : wikipedia)

Dans sa postface à Histoire du poète qui fut changé en tigre, Véronique Perrin le compare à Marcel Schwob.
C'est intéressant de voir comme il y a des écrivains qu'on ne peut s'empêcher de comparer, pour mieux communiquer l'impression qu'ils nous font... chacun choisissant finalement un auteur différent, peut-être selon l'angle que l'on choisit de privilégier.

"Il passe une partie de son adolescence en Corée sous occupation japonaise, est précepteur dans une famille anglaise, cite François Villon ou Rimbaud en français, s'intéresse aux découvertes archéologiques, à l'égyptologie et à l'assyriologie, lit Hérodote avec des notions de grec, lit Spinoza en anglais et en latin [...]" (page 89).
Il a pour mission de rédiger des manuels de japonais à l'usage des indigènes des mers du Sud.
"On ne sait ce qui pesa le plus dans la décision de partir : l'espoir de moins souffrir de l'asthme qui lui rendait, depuis l'âge de 19 ans, chaque hiver plus pénible, ou l'occasion de marcher sur les traces de Stevenson, dont il avait imaginé les dernières années à Samoa et la révolte solitaire contre la bêtise coloniale" (dans La mort de Tusitala, son premier roman achevé). Il était auparavant professeur de japonais et d'anglais dans un collège de jeunes filles.
Il passe finalement huit mois dans les îles Palaos, de juillet 1941 à mars 1942.
"[...] le climat ne lui vaut rien, la guerre du Pacifique se prépare, elle éclate. Il est à bout de forces quand il rentre au Japon. La plus grande partie de son oeuvre [des contes et trois romans chinois] est pourtant écrite dans les neuf mois qui suivent. Il meurt le 4 décembre 1942."


Dernière édition par eXPie le Mar 6 Avr 2010 - 21:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Mar 6 Avr 2010 - 21:29

Histoire du poète qui fut changé en tigre et autres contes (93 pages, Editions Allia, traduit et postfacé par Véronique Perrin, 2010 ; contes publiés en 1942).

Tout d'abord, nous avons un ensemble de contes : Antiques (Kotan) est le nom d'un recueil de quatre contes que Nakajima Atsushi avait écrit avant de partir pour les îles Palaos comprenant :

1/ Monts et Lune - Histoire du poète qui fut changé en tigre.
Cette histoire commence ainsi :
Citation :
"Li Zheng de Lonxi, perle d'érudition, eut l'honneur en la dernière année de l'ère tianbao de voir son jeune nom inscrit au Tableau des Tigres, honneur qui lui valut un poste d'administrateur au Sud du Fleuve ; intraitable par nature, enclin à ne compter que sur lui-même, il jugea qu'il ne pouvait sans déroger s'accommoder d'une fonction si médiocre." (page 7).
Il démissionne donc.
Citation :
"Plutôt que de plier le genou pendant des années, modeste fonctionnaire face à des supérieurs mal dégrossis, il voulait se faire un nom de poète qui durerait cent ans après sa mort. Mais la renommée ne vient pas si facilement, et la vie matérielle était de jour en jour plus difficile."
Il cède au bout de quelques années, prend une charge quelconque de fonctionnaire provincial.
Citation :
"Enfin, après un an, il fut pris de délire au cours d'un voyage officiel, tandis qu'il passait la nuit sur les bords de la rivière Ru. Un soir donc, vers minuit, il se leva de sa couche avec une expression soudain changée, puis il bondit dehors en criant des absurdités et se rua dans els ténèbres. On ne le revit jamais." (page 8 ).
Ce n'est toutefois que le début de la nouvelle, inspirée d'un conte fantastique de l'époque Tang.

Li Zheng"[...] découvre que la réalité est aussi incertaine, et demeure aussi incompréhensible, qu'un songe où l'on se dit : Il me semble que je rêve." (Véronique Perrin, postface). Sans doute la nouvelle parle-t-elle aussi de la difficulté d'exprimer ce que l'on croit porter en soi, de la place de l'art dans la vie, et des priorités de la vie.
Histoire mystérieuse, et excellente.

2/ Le Fléau des Lettres.
Citation :
"Un démon de l'écrit ? Saurons-nous un à la fin si une telle chose existe ?
Les Assyriens connaissaient une multitude d'esprits. Lilu qui fait des cabrioles la nuit, au coeur des ténèbres, avec sa femelle Lilitu ; Namtar qui sème les épidémies ; Etimmu, spectre des morts ; Lamashtu la Ravisseuse ; et tant de mauvais génies, innombrables, qui saturent le ciel d'Assyrie. Mais d'un esprit de l'écriture, nul n'avait encore entendu parler." (page 18).
Dans un style différent de la précédente nouvelle, Le Fléau des Lettres est plus borgésien. Très, très bonne nouvelle, originale.

3/ La Momie.
Citation :
"C'était au temps où le fils du grand Cyrus et de Cassandane, Cambyse, roi de Perse, envahissait l'Egypte - parmi les officiers sous ses ordres se trouvait un certain Pariskas. Ses ancêtres, gens de l'Est venus de la lointaine Bactriane, étaient des campagnards d'humeur fort maussade qui ne sauraient s'acclimater aux moeurs de la ville. Il y avait en lui quelque chose de rêveur, et cela, en dépit du rang considérable qui était le sien, lui valait de constantes railleries." (page 29).
On voit que Nakajima Atsushi, comme Flaubert avant lui, se délecte de la sonorité et des images que peuvent susciter certains mots.
Cette nouvelle est de facture plus classique que la précédente. Bien quand même.

4/ Possession.
Citation :
"Shakh du hameau des Neures était connu pour ses démons. Il paraît que toutes sortes d'êtres pouvaient entrer dans cet homme : un faucon, un loup, une loutre, dont les esprits en s'emparant du pauvre Shakh lui faisait tenir, dit-on, des propos mystérieux." (page 36)
Ah, encore une très bonne nouvelle, originale. Mon commentaire lacunaire n'est pas original et ne dit pas grand chose, mais je ne vais quand même pas raconter l'histoire !

Après le recueil Antiques, une autre nouvelle : L'homme-Buffle (Gyûjin) .
C'est un jour, ou plutôt une nuit, que Shusun, le personnage principal de la nouvelle, dort.
Citation :
"Une nuit, il fit un rêve. De tous côtés l'air s'appesantissait plein du pressentiment funèbre qui avait envahi le silence de la chambre. Et soudain, le plafond se mettait à descendre sans bruit. Chute d'une lenteur extrême et cependant inéluctable qu'il sentait approcher petit à petit. L'atmosphère confinée de la chambre s'épaississait à chaque instant et l'air devenait irrespirable. Il se débattait, tentant de s'échapper ; mais son corps allongé sur le lit refusait de bouger." (page 44).
Et on veut connaître la suite, le pourquoi de ce rêve...
Et c'est encore une bonne nouvelle !

Mais ce qui est sans doute le meilleur (et la dernière oeuvre de Nakajima Atsuji) suit : Le Maître fabuleux (meijinden).
Citation :
"Un certain Ji Chang, habitant de Handan qui est la capitale de Zhao, fit voeu de devenir le plus grand virtuose du tir à l'arc que ce monde eût jamais connu." Il va trouver un homme célèbre, Fei Wei. "Fei Wei exigea de son nouveau disciple qu'il apprît en premier lieu à ne pas cligner des yeux." (page 53).
Ah ! La bonne histoire que voilà ! Avec ce qu'il faut de renversements, de paradoxes comme on les aime !

Le texte, dans une traduction différente, est lisible en ligne sur http://happy.joueb.com/news/99-nakajima-atsushi-le-maitre .
Cette version, publiée dans le recueil L'Iris fou, à l'occasion du Salon du Livre 1997 consacré au Japon, me semble avoir transité par l'anglais, car le I.I. Morris cité est très probablement Ivan Morris, qui a traduit le texte du Japonais en Anglais... Maurice Beerblock étant pour sa part un traducteur anglais-français). Et elle m'a semblé terriblement inférieure (sans compter les passages coupés...).
Prenons un passage presque au hasard, c'est le maître qui parle à son élève :
"Habituez-vous à regarder des objets et quand vous en serez au point où ce qui est infinitésimal vous paraîtra petit, et ce qui est petit énorme, vous reviendrez me trouver." (Morris-Rosenblum-Beerblock)
"Apprends ensuite à regarder. Mûris ton regard, et quand tu auras vu le petit en grand, et l'infime en détail, tu pourras vraiment venir m'annoncer cela." (Véronique Perrin)
Le tutoiement paraît nettement plus logique. C'est un maître qui s'adresse à son élève. Ce n'est pas une discussion de deux égaux. Sans parler de tout le reste.
Le texte de Perrin traduit un vrai style, alors que le texte Morris-Rosenblum-Beerblock est tout pâle et tout terne.

Après suivent deux Histoires des Îles, plus anecdotiques.


En conclusion : un excellent recueil, une découverte, qui fait du bien parmi tant de parutions anecdotiques.
Et un très gros regret, celui qu'Atsushi Nakajima n'ait pas vécu plus longtemps...
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Marie
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Mer 7 Avr 2010 - 2:00

Bonne ou mauvaise traduction, je ne sais pas, mais j'ai bien aimé cette histoire d'archer et sa conclusion très taoïste..
Citation :
« Le plus haut degré de l’activité, c’est l’inactivité. Le plus haut degré de l’éloquence, c’est le mutisme. La maîtrise parfaite du tir à l’arc, c’est de ne pas tirer. »
Ou réaliste en ce qui me concerne Very Happy Pourtant, j'essaierais bien ça:
Citation :
La flèche lui coupa trois cils, mais elle était lancée avec une telle force et une telle précision que sa femme ne s’en aperçut même pas et poursuivit ses récriminations sans un battement de paupière.
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J'appelle bonheur tout espace de temps où la joie paraît immédiatement possible.
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Mer 7 Avr 2010 - 8:11

Marie a écrit:
Bonne ou mauvaise traduction, je ne sais pas, mais j'ai bien aimé cette histoire d'archer et sa conclusion très taoïste..
Citation :
« Le plus haut degré de l’activité, c’est l’inactivité. Le plus haut degré de l’éloquence, c’est le mutisme. La maîtrise parfaite du tir à l’arc, c’est de ne pas tirer. »
Ou réaliste en ce qui me concerne Very Happy Pourtant, j'essaierais bien ça:
Citation :
La flèche lui coupa trois cils, mais elle était lancée avec une telle force et une telle précision que sa femme ne s’en aperçut même pas et poursuivit ses récriminations sans un battement de paupière.
Shocked
Oui, il est très fort... et le texte de V.Perrin l'était encore plus pour moi (mais peut-être aussi était-ce parce que j'avais d'abord lu cette version).
Tout son entraînement, le duel, le grand maître super fort... rire
Et en même temps la fin m'a paru triste d'une façon curieuse. Il doit y avoir plein de morales à tout ça.
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Lun 7 Juil 2014 - 18:49

"La vertu, voyez-vous, c' est la faculté de jouir."

Nakajima Atsushi : Trois romans chinois. - Allia

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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Mar 30 Sep 2014 - 19:41

TROIS  ROMANS  CHINOIS. - Allia

Que dire d' un auteur qui nous introduit dans des univers dont nous ignorons souvent les tenants
et les aboutissants.
Qu' il s' agisse de monstres aquatiques, De Confucius et de l' un de ses disciples ou encore une épopée guerrière.

Pourtant, nous ne sommes jamais forcés de savoir qui sont ces personnages. Meme à l' intérieur d' un cadre historique. Leur histoire est merveilleusement contée. Et le style est absolument éblouissant.

"Dans l' univers des montres, corps et esprits n' étaient pas ausi nettement sdéparés qu' ils le sont dans le monde des humains, de sorte que les maux de l' ame se transformaient aussitot en souffrances physiques aigues qui mirent Wujing au supplice.
Enfin, n' en pouvant plus, il prit la décision suivante : "Coute que coute, dussé-je etre accueilli par
des rires et des sarcasmes (au point où j' en suis, que m' importe ?) j' irai trouver chaque sage,
chaque médecin, chaque astrologue nichant au fond de ce fleuve, les assiègerai, medierai leurs enseignements aussi longtemps que je n' aurais pas eu de réponse à mes questions."
Ma pérégrination vers l' Ouest.

Le premier conte, Ma pérégrination vers l' Ouest, met en doute tous les principes de sages et de sagesse, les savoirs et les philosophies.
Voilà une histoire iconoclaste contée avec malice et ironie. Un peu à la manière de Voltaire.
Celui de Candide, ou de Zadig.

"Pourquoi les monstres étaient-ils des monstres et non pas des humains ?
En raison d' une forme d' infirmité qui les rendait disgracieux, inhumains, n' ayant jamais  qu' un seul
de leurs attributs développé à l' extreme.
Les uns, supremement voraces, avaient des bouches et des ventres énormes. Les autres,
excessivement luxurieux, présentaient une hypertrophie des organes ad hoc.D' autres encore, excessivement chastes, une complète régression de toutes les parties, hormis la tete....

Ils avaient tous des  caractéristiques bien trop envahissantes pour pour pouvoir se gisser dans d' autres cheminements de pensées que leurs.
Voilà pouquoi, dans les profondeurs du fleuve, des centaines de représentations et de méditations
métaphysiques flottaient sans se mélanger entre elles.
On y trouvait l' enchantement  du désespoir tranquille, l' inépuisable gaieté, les désirs sans espoir enveloppés de soupris, ondoyant à l' infini telle une foret d' algues.

Ma pérégriantion vers l' Ouest

L
e deuxième, Le Disciple, met en scène l' histoire d' un disciple de Confucius, Zilu, Non le plus sage, ou le plus flatteur.
Mais à coup sur, le plus rebelle. Si son admiration pour le Maitre est grande, il ne peut s' empecher
de ronchonner contre lui. Le trouvant parfois dépassé quand il est confronté à la réalité brute.

Un jour Zilu rencontre un vieil homme qui se moque de son Maitre. "Un bavard constamment à la recherche patiente de la Voie"..

Sur le parcours de Xu à She, Zilu s' était laissé distancer par ses compagnons. Il cheminaiit seul
au milieu des champs, lorsqu' il croisa un vieil homme qui portait un panier d' osier.
Il le salua sans cérémonie, lui demandant s' il n' avait pas vu le Patron (Confucius).
Le vieillard s' arreta net.
"Patron... Quel Patron ? Je ne comprends  meme pas de qui tu me parles ! répondit séchement, et avec un rire de mépris, après l' avoir toisé des pieds à la tete :
"A ce que je vois, tu es de ces gens qui passent leurs journées à disserter dans le vide sans se
soucier de la réalité, ni de bouger les pattes."

Ensuite, il entra dans le champ voisin et sans un regard en arrière, tchac, tchac, il se mit à couper
l' herbe.
Zilu pensa qu' il pouvait s' agir d' un ermite... Puis le vieillard regagna le chemin en silence, puis il amena Zilu chez lui, déjà le soir tombait. Il tua un poulet, prépara du millet pour son souper ; lui présenta ses deux fils.
Après le repas, il attrapa une cithare et joua. Ses deux fils chantèrent à l' unisson.

En dépit c' une pauvreté bien visible, l' abondance et la paix régnaient dans ce foyer. Comment
rester insensible aux étincelles de sagesse qui pétillaient par moments sur les mines réjouies
du père et de ses enfants...

Au matin, Zilu fit ses adieux et repartit d' un bon pas. Chemin faisant, il comparait Confucius et le
vieil homme.
Non, la clairvoyance de Confucius n' avait rien à lui envier.

Le Disciple


Et Zilu, le bouillonnant Zilu, ne peut s' empecher de penser que le "patron" est le champion du "juste milieu".
Cela ne l' empeche pas pas d' admirer son maitre pour ses justes qualités et son intelligence. Et il
volera à son secours quand il sera menacé.

Le couple Zilou/Confucius fait penser à celui formé par Don Quichotte et Sancho Panza. A ceci près
que Confucius ressemblerait davantage à Sancho et Zilu à Don Quichotte.
Zilu mourra en volant au secours de son maitre qui, en l' apprenant, "tomba en larme".

Enfin, Li Ling est un récit épique dont l' ampleur, la beauté descriptive et picturale font penser
au grand Kurozawa, le cinéaste.
On pourra noter encore une fois le regard critique que Nakajima Atsushi  jette sur le népotisme
et la cruauté des empereurs chinois -et ce récit recoupe celui de Colin Thubron (que je lis en ce moment), à propos de l' empereur des Tang, Xuan-zong,  qui tyrannisa le pays pendant 40 ans-
Ce récit est aussi une leçon contre le racisme ordinaire et qui devient en période trouble, dogme
d' état.
"Le barbare c' est toujours l' autre". L' ennemi, celui qu' on va combattre. Le refrain n' a jamais changé
là dessus.

Quand on déshabille les apparences, il ne reste plus aucune différence.

Li Ling



Coup de chapeau à Véronique Perrin, la traductrice.
bonjour

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Dernière édition par bix229 le Mer 1 Oct 2014 - 20:27, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Mar 30 Sep 2014 - 20:27

Encore un auteur à découvrir. Ces 3 romans chinois me font très envie. Wink
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bix229
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Mar 30 Sep 2014 - 20:37

Armor-Argoat a écrit:
Encore un auteur à découvrir. Ces 3 romans chinois me font très envie. Wink

Je suis sur que tu apprécieras, Armor ! Je suis fatigué là, mais je vais essayer de mettre d' autres extraits pour montrer la variété et les qualités du style...

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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Jeu 2 Oct 2014 - 23:27

Merci beaucoup bix pour ce commentaire enthousiaste.
Le livre que tu as lu n'est donc pas le même que celui d'eXPie et de Marie.
Il y a deux versions différentes par la même traductrice ?
Ce qui est très connu de cet auteur est "Li Ling", "Le Disciple", "Monts et Lune", et "Le Maître fabuleux". J'ai deux livres de Nakajima. Mais il n'y a ni "Le Fléau des lettres" "La Momie", "Possession", "L'homme-buffle", ni "Ma Pérégrination vers l'Ouest".

Est-ce que le titre original de "Ma Pérégrination vers l'Ouest" est "Waga Saiyûki" ?

Je l'ai lu quand j'étais adolescente. Et je l'ai adoré. S'il survivait jusqu'à la fin de la guerre, que aurait-il pu écrire ? Il est quand même parti trop tôt.
Je te conseille aussi "Monts et Lune", et "Le Maître fabuleux".
"Le Maître fabuleux" n'est qu'une dizaine de pages. Mais c'est délicieux comme eXPie et Marie sont enthousiaste. C'est un joli exemple de conte taoïste.
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bix229
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Ven 3 Oct 2014 - 0:24

Oui, Ariane, le titre original de Ma pérégrination vers l' Ouest est bien Wagasaiyuki.

Et je comprends tout à fait que tu aies aimé ce conte quand tu étais ado.
C' est en effet un conte qui peut etre apprécié par quelqu' un de très jeune. Le langage est

très imagé et les références littéraires ou historiques comptent moins moins que la façon
dont l' histoire est contée.
Ceci dit les références existent et elles sont mentionnées. Nakajima Atsushi a démarré son
histoire à  partir d' un texte réel de Wu Cheng'en : La Pérégrination vers l' Ouest.

De Nakajima Atsushi, j' ai aussi Histoire du poète qui fut changé en tigre, chez Allia également.

Mais je lirai le tout !
Y compris La Mort de Tusitala, le dernier à etre traduit en français.

D' après ce que j' ai cru comprendre, tu préfères les textes classiques japonais plutot que les plus récents ?

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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Ven 3 Oct 2014 - 15:41



Ariane, ALLIA, l' exeple meme d' un petit éditeur de talent et qui parvient encore à faire des livres beaux
et élégants à un prix raisonnable.
Mais  dont les media ne parlent pratiquement jamais.

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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Lun 6 Oct 2014 - 22:06

Bix229 a écrit:
D' après ce que j' ai cru comprendre, tu préfères les textes classiques japonais plutôt que les plus récents ?
Oui, j'ai déjà discuté de ça quelque part au mois de juin ? Avant l'été en tout cas.
Je l'ai trouvé.

Ariane Sh. a écrit:
Je ne sais pas pourquoi. Mais je n'arrive pas à m'intéresser aux écrivains japonais nés après 1945. Ogawa, née 1962, est trop jeune pour moi. Bref, j'aime les vieux, mourants ou déjà morts. Je n'ai lu qu'un seul livre même chez Haruki Murakami (1949).
Ils sont peut-être trop proches de moi. Il n'y a pas assez de mystère, ou décalage. Ce qui me compte est peut-être l'expérience de la seconde guerre chez les écrivains japonais, ou le chaos après la guerre.
La limite de ma lecture s'arrête donc vers (1935), Nosaka (1930) ou Hisashi Inoué (1934) car ils ont vécu la guerre dans leur enfance. Mais je n'ai jamais vraiment cherché la raison.
Mais cela pourra peut-être changer grâce au forum de parfum.
(le 17 juin, Lecture en Commun - propositions)
Puis j'ai expliqué un peu ce que je ressens sur les écrivains japonais contemporains à la page de Mariko Ozaki. (au début juillet)

Mais je continue à lire des livres en japonais. C'est-à-dire que je ne suis plus vraiment littéraire. Mais il y a bien-sûr des auteurs que j'adore. Je te donne des exemples.

J'ai récemment commandé à Amazon.jp plusieurs livres de Michitarô Tada (1924-2007) qui était longtemps professeur de l'université de Kyoto. Il était au début spécialiste de la littérature française qui a traduit Sartre, Caillois, Bataille, Baudelaire etc.. mais plus tard devenait chercheur de moeurs, gestes, comportements. Ses essais sont très intéressants. Je l'adore !
Sinon j'aime aussi,
Masao Yamaguchi (1931-2013, anthropologue)
Keïzô Ikimatsu (1928-1984, philosophe)
Yûjirô Nakamura (1925-, philosophe)
Shunsuké Tsurumi (1922-, philosophe)
Sôsuké Mita (1937-, sociologue)
Kimiyoshi Yura (1929-1990, spécialiste de la littérature anglaise)

Il y a trois philosophes ici. Mais ils sont plutôt des philosophes décalés. Je ne suis pas très philo. J'aime lire les essais qui me font réfléchir sur la société humaine.
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Lun 6 Oct 2014 - 22:14

Merci, Ariane, je me rends compte que je n' ai pas tout lu de ce que tu écrivais. Oh et puis j'  oublie
très vite. Problème de mémorisation !

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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Jeu 22 Sep 2016 - 20:51


Portrait de Stevenson par Fanny Osbourne (sa femme), 1876

La mort de Tusitala

Mélange des genres et brouillage des pistes par l'auteur qui joue une petite partie en biographie documentée et l'essentiel en journal de Stevenson aux Samoa, partie documentée elle aussi. Stevenson à travers Nakajima Atsushi, ou l'inverse, partage avec nous son amour pour ces îles du bout du monde et leurs habitants.

Son implication dans les affaires des occidentaux qui se partagent et sa volonté d'aider ces gens pas vraiment à se libérer mais à gérer au mieux l'inévitable cohabitation implique un regard critique sur les affaires du monde d'alors que peut-être l'auteur (japonais) retrouvais dans le sien à l'aube des années 40.

Mais Stevenson c'est aussi l'écriture, comme métier et comme vocation ainsi qu'une réflexion sur la création entre le métier, l'inné et une quête de liberté dans l'imaginaire que cela plaise ou non aux critiques et soit conforme ou non aux modes littéraires du moment.

Immanquablement j'ai repensé au journal commun de RL Stevenson et F. Osbourne (voir Notre aventure aux Samoa sur le fil de l'auteur, l'écossais) et c'est parfois à s'y méprendre. Et c'est de sentir cette vie avec l'île et les Samoans que j'ai aimé retrouver.

Par contre j'ai été moins séduit par la réflexion artistique, et morbide (mais le parallèle entre les conditions de malades des deux auteurs ne se discute pas), il y a des morceaux intéressants, et documentés, mais ça fait plus bricolé et puis la ligne directrice du narcissisme créatif s'épuise et je ne suis pas sûr que ce soit hyper original ce qu'on trouve dans ces passages.

En tout cas une lecture étonnamment homogène pour un si drôle d'objet qui l'air de rien pose des ponts temporels et culturels pas si évidents tout en réservant un sentiment de forte intimité.

J'étais persuadé que quelqu'un l'avait déjà lu ? eXPie ?

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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   Jeu 22 Sep 2016 - 22:55

animal a écrit:
J'étais persuadé que quelqu'un l'avait déjà lu ? eXPie ?
Pas encore, j'attends d'avoir lu un peu de Stevenson au préalable (un peu plus que Le Club du suicide).
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MessageSujet: Re: Nakajima Atsushi   

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Nakajima Atsushi
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