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 Jean Ziegler [Sociologie]

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MessageSujet: Jean Ziegler [Sociologie]   Mar 13 Avr 2010 - 22:57




Biographie de Jean Ziegler

Professeur de sociologie à l'université de Genève, Jean Ziegler a été le premier dirigeant de la communauté d'Emmaüs genevoise. Conseiller municipal socialiste de la ville de Genève de 1963 à 1967, il est conseiller national de 1967 à 1983 et de 1987 à 1999. Il se montre extrêmement actif en déposant de nombreuses questions et interpellations. Il n'est pas réélu aux élections de 1999 alors qu'il est candidat de la Jeunesse socialiste à Zurich. Malgré un succès personnel (36 244 voix), sa liste n'obtient pas suffisamment de suffrages pour décrocher un siège. Personnalité de gauche, ses prises de position et sa volonté d'informer sur des sujets sensibles lui ont valu de nombreuses critiques. Ses écrits lui ont même occasionné des procès. Jean Ziegler est aussi Rapporteur spécial de la commission des droits de l'homme de l'ONU pour le droit à l'alimentation. (source EVENE)
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mar 13 Avr 2010 - 23:03

Voici les présentations de l'éditeur, je ne ferais pas mieux.
Je me permets de mettre en gras certaines choses.


L'empire de la honte

Nous assistons aujourd'hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde. C'est que le 11 septembre n'a pas seulement été l'occasion pour George W. Bush d'étendre l'emprise des Etats-Unis sur le monde, l'événement a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de l'hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales. Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l'empire de la honte savent admirablement jouer : la dette et la faim. Par l'endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté. Cette formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer aux rapport entre les États et entre les peuples. Du coup, c'est le régime de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au Sud, tandis que le droit international agonise. Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu'à l'eau que les peuples doivent désormais leur acheter ? Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises : ici on brevète le vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la culture des OGM par la force. Oui, c'est bien l'empire de la honte qui s'est mis subrepticement en place sur la planète. Mais c'est précisément sur la honte qu'est fondé le ressort révolutionnaire, comme nous l'ont appris les insurgés de 1789. Cette révolution, elle est en marche : insurrections des consciences ici, insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle. Jean Ziegler, qui témoigne ici d'une connaissance exceptionnelle du terrain, y appelle sans réserve en conclusion.


La haine de l'Occident

Où qu'il aille, dans l'exercice de ses fonctions internationales, Jean Ziegler est frappé par l'hostilité de principe que les peuples du Sud manifestent à l'endroit de ceux du Nord. Jusqu'à rendre parfois impossible l'adoption de certaines mesures d'urgence en faveur des plus démunis. Dans ces conditions, localiser les racines de la haine que le Sud voue désormais à l'Occident, et réfléchir aux moyens propres à l'extirper, est devenu une question de vie ou de mort pour des millions d'hommes, de femmes et d'enfants à la surface du globe. Comment contraindre le nouvel ordre du capitalisme mondialisé à cesser de soumettre le reste du monde à sa domination meurtrière, comment conduire l'Occident à assumer ses responsabilités ? Comment faire en sorte qu'au Sud, l'horizon de l'état de droit ne soit pas récusé du fait des injustices qui sont commises en son nom ? Dans quelles conditions le dialogue peut-il être renoué ? Des réponses sont apportées à ces questions au long d'un parcours documenté, riche en expériences de terrain - du Nigeria à la Bolivie, des salles de conférences internationales aux villages les plus déshérités de la planète -, sur un mode toujours vibrant et engagé. En forme d'hommage, si l'on veut, aux deux puissantes voix tutélaires qui hantent ce livre, celle d'Aimé Césaire et celle de Wole Soyinka.


Je n'ai lu que ces deux livres de lui.
Mais ils ont suffit à allumer en moi une conscience aigüe.
A ceux que cela intéresse Ziegler a également publié:

Sociologie de la nouvelle Afrique, Gallimard, 1964.
Sociologie et Contestation, essai sur la société mythique, Gallimard, 1969.
Le pouvoir africain, Seuil, 1973, nouvelle édition revue et augmentée, 1979.
Une Suisse au-dessus de tout soupçon, en collaboration avec Délia Castelnuovo-Frigessi, Heinz Hollenstein, Rudolph H. Strahm, 1976. Nouvelle édition 1983.
Contre l’ordre du monde, les Rebelles, Seuil, 1983.
Main basse sur l’Afrique, 1978. Nouvelle édition 1980.
Retournez les fusils ! Manuel de sociologie d'opposition, Seuil, 1980. Nouvelle édition revue et augmentée 1991.
Vive le pouvoir! Ou les délices de la raison d'état, Seuil, 1985.
La victoire des vaincus, oppression et résistance culturelle, Seuil, 1988.
Les vivants et la mort ; Essai de sociologie, Seuil, 1973. Nouvelle édition revue et augmentée 1978.
Baudelaire, biographie avec Claude Pichois, Julliard, 1987
La Suisse lave plus blanc, 1990.
Le bonheur d’être Suisse, Seuil et Fayard, 1994.
Charles Baudelaire, avec Claude Pichois, 1996.
L'Or du Maniema, Seuil, 1996.
La Suisse, l’or et les morts, Seuil, 1997 ; édition de poche, 2009.
Les rebelles contre l’ordre du monde, 1997.
Les seigneurs du crime : les nouvelles mafias contre la démocratie, Seuil, 1998.
Le Livre noir du capitalisme, co-auteur, Édition Temps des Cerises, 1998.
La faim dans le monde expliquée à mon fils, 1999.
Les nouveaux maîtres du monde et ceux qui leur resistent, Éditions Fayard, Paris, 2002.
L’empire de la honte, Éditions Fayard, Paris, 2005.
Le droit à l’alimentation, Fayard.
La haine de l’occident, Albin Michel, 2008. Prix littéraire des droits de l'homme.


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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mar 13 Avr 2010 - 23:22

Une vidéo dans laquelle Ziegler parle de son livre La haine de l'Occident:
http://www.dailymotion.com/video/x774kj_la-haine-de-jean-ziegler-pour-l-occ_news

Quelques extraits....
Je surligne...


Extraits de L’Empire de la Honte de Jean Ziegler
(Editions Fayard, 2005)

Extrait 1 : L’arme de la dette
Les maîtres de l’Empire de la honte organisent sciemment la rareté. Et celle-ci obéit à la logique de la maximalisation du profit. Le prix d’un bien dépend de sa rareté. Plus un bien est rare, plus son prix est élevé. L’abondance et la gratuité sont les cauchemars des cosmocrates qui consacrent des efforts surhumains à en conjurer la perspective. Seule la rareté garantit le profit. Organisons-la ! Les cosmocrates ont notamment horreur de la gratuité qu’autorise la nature. Ils y voient une concurrence déloyale, insupportable. Les brevets sur le vivant, les plantes et les animaux génétiquement modifiés, la privatisation des sources d’eau doivent mettre fin à cette intolérable facilité. (…)Organiser la rareté des services, des capitaux et des biens est, dans ces conditions, l’activité prioritaire des maîtres de l’empire de la honte. Mais cette rareté organisée détruit chaque année la vie de millions d’hommes, d’enfants et de femmes sur terre. Aujourd’hui, on peut dire que la misère a atteint un niveau plus effroyable qu’à aucune autre époque de l’histoire. C’est ainsi que plus de 10 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de sous-alimentation, d’épidémies, de pollution des eaux et d’insalubrité. 50% de ces décès interviennent dans les six pays les plus pauvres de la planète. 42% des pays du Sud abritent 90% des victimes. Ces enfants ne sont pas détruits par un manque objectif de biens, mais par une inégale distribution de ceux-ci. Donc, par un manque artificiel. Les pays les plus pauvres se tuent au travail pour financer le développement des pays riches. Le Sud finance le Nord, et notamment les classes dominantes des pays du Nord. Le pluspuissant des moyens de domination du Nord sur le Sud est aujourd’hui le service de la dette. Les flux de capitaux Sud-Nord sont excédentaires par rapport aux flux Nord-Sud. Les pays pauvres versent annuellement aux classes dirigeantes des pays riches beaucoup plus d’argent qu’ils n’en reçoivent d’elles, sous forme d’investissements, de crédits de coopération, d’aide humanitaire ou d’aide dite au développement. En 2003, l’aide publique au développement fournie par les pays industriels du Nord aux 122 pays du tiers-monde s’est élevée à 54 milliards de dollars. Durant la même année, ces derniers ont transféré aux cosmocrates des banques du Nord 436 milliards de dollars au titre du service de la dette. Celle-ci est l’expression même de la violence structurelle qui habite l’actuel ordre du monde. Point n’est besoin de mitrailleuses, de napalm, de blindés pour asservir et soumettre les peuples. La dette, aujourd’hui, fait l’affaire. Que se passerait-il si un pays refusait de servir la dette, d’en verser les intérêts aux banquiers du Nord ou au FMI ? Il n’existe pas de procédures de faillite (de cessation de paiement, etc.) pour les Etats en défaut de paiement. Sur ce point, le droit international est muet. Mais dans la pratique, un pays insolvable est traité exactement comme une entreprise privée ou un individu affligéd’insolvabilité totale ou partielle. Prenons un exemple. Il y a près de deux décennies, le gouvernement péruvien conduit par Alan Garcia, considérant que la situation financière catastrophique du pays ne lui permettait plus d’honorer dans sa totalité le service de sa dette extérieure, contractée auprès desinstitutions de Bretton Woods et des banquiers privés étrangers, a décidé de n’honorer cette dette qu’à hauteur de 30% de sa valeur totale. Quelles en furent les conséquences ? Le premier bateau battant pavillon péruvien, chargé de farine de poisson, accostant au port de Hambourg fut saisi par la justice allemande à la demande d’un consortium de banques créancières allemandes. A l’époque, la République du Pérou possédait une flotte aérienne internationale de qualité. Eh bien, les premiers appareils atterrissant à New York, à Madrid, à Londres dans les jours qui suivirent l’annonce de la réduction unilatérale des paiements des amortissements et des intérêts de la dette péruvienne furent séquestrés sur requête des créanciers en question. En bref : à moins d’être en mesure de s’enfermer dans l’autarcie totale, - et, ce faisant,d’accepter de se couper de toute espèce d’échanges internationaux -, aucun pays endetté dutiers-monde ne peut, aujourd’hui, choisir la voie de l’insolvabilité intentionnelle.



Extrait 2 : Survivre au Brésil
A Brasilia, le trafic du matin est plus infernal qu’à Paris. La chaleur tombait d’un ciel couvert et gris. L’hôtel Atlantica où je logeais étant situé dans les quartiers ouest, je mis plus de deux heures pour rejoindre la décharge municipale, située à la lisière orientale de la capitale. Plus de deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants vivent à Brasilia. Une noria ininterrompue de camions amène vingt-quatre heures sur vingt-quatre leurs détritus à la décharge. Sur plus de trois kilomètres carrés, des pyramides d’immondices poussent vers le ciel. L’accès à la décharge est strictement réglementé. Une barrière métallique est surveillée par un poste de garde de la police militaire. Les hommes en uniforme bleu foncé sont armés de mitraillettes et de longs bâtons en caoutchouc noir. Une favela, dans laquelle résident officiellement quelque 20 000 familles, s’étend entre les derniers gratte-ciel et la barrière. Un océan de cases en carton, de baraquements en bois, de huttes couvertes de toiles ondulées… Ici s’abritent les réfugiés de la faim, des victimes du latifundium et des trusts agroalimentaires qui monopolisent les terres du Goias et chassent les métayers, les journaliers agricoles et leurs familles. Environ six cents d’entre les hommes et jeunes gens habitant la favela reçoivent journellement une carte d’accès à la décharge. Selon quels critères ? Je ne parviendrai pas à le savoir. Mais connaissant les us et coutumes de la police militaire, je soupçonne que la corruption joue un rôle considérable dans l’attribution des cartes (…). Munis de longs bâtons portant à leur extrémité des crochets en fer, les vieux et les adolescents grimpent sur les pyramides. Les hommes les plus âgés sont chaussés de bottes noires en caoutchouc. Ils portent des casquettes rouges à visière, distribuées par le vendeur de Coca-Cola posté à l’entrée de la décharge. Des rats gros comme des chats courent entre les jambes nues des adolescents. Beaucoup de jeunes sont squelettiques et n’ont plus de dents. Ils portent des sandales en caoutchouc et se blessent souvent. A mains nues, ils séparent les déchets et les entassent à des endroits précis. Un frère, un père, un cousin avance le chariot tiré par un âne. Ce sont des chariots plats montés sur deux roues à pneus usés. Chaque chariot charge une marchandise différente : les uns croulent sous des amas de cartons et de papiers. D’autres sont surchargés de pièces métalliques. Beaucoup transportent des bouteilles et des éclats de verre. Les intermédiaires des marchands attendent à la sortie, sur le terrain vague, au-delà de la barrière. Le plus grand nombre des chariots transportent de la nourriture. En fait, des baquets en plastique où voyage une sorte de bouillie malodorante, aux couleurs incertaines. Dans les baquets se mélangent de la farine, du riz, des légumes avachis, des morceaux de viande, des têtes de poissons, des os – et parfois un cadavre de lapin ou de rat. Une odeur épouvantable se dégage de la plupart des baquets.
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mar 13 Avr 2010 - 23:38

On peut penser ce qu'on veut de Ziegler, mais on ne peut pas nier une certaine réalité.
On ne peut pas faire comme si cela ne nous concernait pas.
Sartre l'explique très bien.
Ne rien faire c'est faire tout de même.

(...) le silence même se définit par rapport aux mots, comme la pause en musique, reçoit son sens des groupes de notes qui l’entourent. Ce silence est un moment du langage ; se taire, ce n’est pas être muet, c’est refuser de parler, donc parler encore…”


Cela ne vous suffit pas?

"Tout homme est responsable de tout devant tous" disait Dostoïevski
Sartre rajoutait "et moi plus que les autres."


Mais rien n'est une UNE FATALITE!
Partir comme ça c'est partir vaincu!
Autant se coucher sur le côté au bord de la route et regarder le ciel en pleurant!


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Marko
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mar 13 Avr 2010 - 23:54

Je prendrai le temps de lire ton post car comme dirait Aériale "C'est du lourd" ! Very Happy

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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Ezechielle
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mer 14 Avr 2010 - 0:02

Merci pour ce partage Lara. J'adresserai juste une critique (d'après ce que j'ai pu lire -en diagonale- dans ces extraits). Qui sont ces "cosmocrates"? N'est-ce pas un terme "tout-fait" pour désigner un cercle de conspirateurs probablement inexistants? N'est-ce pas un moyen de rejeter la faute loin de nous? De ne pas reconnaître la part éminente de responsabilité que l'entièreté de la population mondiale a dans la situation actuelle? Rejeter l'idée que le citoyen, l'humain lambda a une quelconque influence dans le monde actuelle? Pire, n'est-ce pas accepter que nous sommes de simples marionnettes incapables d'agir?

Si je suis convaincu que certaines personnes oeuvrent effectivement en coulisse dans le seul but d'augmenter leur emprise sur "le monde", je ne peux que désapprouver cette manière de faire. Lors du procès de Nuremberg (et de son équivalent moins célèbre, le procès de Tokyo), on a tout de suite cherché des coupables évidents, des cibles faciles dont l'accusation, l'exécution permettrait au monde de se disculper. L'accusation que porte Ziegler sur ces "cosmocrates" a des airs de "déjà-vu", on entre dans la même logique. Si on suit son raisonnement, on est nécessairement amené à chercher des individus sur lesquels rejeter toutes les fautes sans se rendre compte que, peut-être, ils ne sont que le produit du système. Les procès de Nuremberg/Tokyo ont-ils empêcher la haine de se répandre à nouveau? Non car elle n'est parte qu'avec ceux qu'on a condamné, mais pour tous les autres, ceux qui sont restés et ceux qui ont suivi (nous!), rien n'a changé. Le procès, l'accusation et le rejet qui en découle ne sont que des moyens de se disculper, d'abandonner toute responsabilité. Il n'y a pas de remise en question de soi, seulement une mise en question d'un autre que nous ne sommes peut-être pas en mesure de juger. Ce que j'essaye de dire, c'est que notre société toute entière (au sud comme au nord) avec ses dysfonctionnements, trouve son origine dans les comportements de ces composants. Le système ultra-capitaliste n'est que le résultat d'un nombre infini de données comportementales, de manières de penser. De là, naissent toutes sortes de profiteurs qui ne tirent leur pouvoir que de leur lucidité et du consentement tacite de la "société". Accuser ces gens, ce n'est qu'une toute petite fraction du travail que notre monde doit faire... la moins intéressante, en fait.

Aussi, avec la définition qu'il donne de la "haine" qu'il décrit, je me dis qu'il n'aurait précisément pas du l'appeler "haine".
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mer 14 Avr 2010 - 0:03

Marko a écrit:
Je prendrai le temps de lire ton post car comme dirait Aériale "C'est du lourd" ! Very Happy

L'important c'est que tu lises! Very Happy

Extrait très intéressant qui parle du livre de Ziegler en s'attardant sur le Dumping agricole, et les biocarburants.

"(...) Mais le fait de ne pas réagir fait que l’on cautionne, nous sommes de gentils complices qui ne peuvent plus ignorer le mal que nous faisons. Nous devons réagir et montrer à ces multinationales que nous n’acceptons plus d’être gavé pour leur permettre de manger du fois gras à noël.

Un point est alarmant, l’augmentation exponentiel des prix ces dernières années ! Effectivement les denrées de bases (céréales) ont augmenté de 45% en moyenne depuis deux ans. Une tonne de blé coutait 210USD en 2007 et coute aujourd’hui 385USD, soit une augmentation de 84%. Pour donner une image simple, l’Afrique subsaharienne a importé en 2007 pour cinq milliard d’USD de blé (parce que la banque mondiale leur impose des types de cultures pour l’exportation ne nourrissant pas leur population, mais cela fera sans doute l’objet d’un prochain article). En 2008 pour obtenir les même quantités de blé, ces pays devront débourser 8 milliards d’USD !

La raison de cette augmentation est simple, Jean Ziegler estime que 80% de l’augmentation est due à la transformation de céréales en agrocarburants. La demande croissante des USA et de l’Union Européenne, ainsi que la valeur ajoutée des bioéthanols et biodiesel ont provoqué cette augmentation vertigineuse qui provoquera la mort de 12 millions de personnes. Les agrocarburants assassinent 12 millions de personnes ! Cela pour les voitures européennes et américaines. Il est important d’y penser lorsque nous prenons notre voiture pour accompagner nos enfants à l’école du quartier ou pour aller chercher notre baguette. Nous devrions avoir un compteur des vies supprimées à coté de la jauge du réservoir. Les agrocarburants nous sont entièrement destinés alors que nous ne les avons pas demandé. Nous sommes complices de ces meurtres. Jean Ziegler considère que la transformation en agrocarburants des aliments devrait être interdite. Le Brésil montre l’exemple en transformant des matières non alimentaires. Les agrocarburants ne devraient être produits qu’à partir de déchets, mais cela couterai plus cher et donc réduirai les marges des grandes compagnies. Un petit rappel parlant : pour obtenir un plein de bioéthanol (50l), on transforme 350kg de maïs, ce qui correspond à la consommation d’un africain pour un an. Encore une fois, pensons y lorsque nous tournons la clef de contact !

Autre problème majeur qui résulte directement de la hausse des prix : l’aide alimentaire internationale a un budget fixe alors que les prix ont augmentés de 45%. Un choix difficile devra donc être pris, soit réduire le nombre de personnes aidées en laissant mourir la moitié des autres, ou réduire les portions données, ce qui provoquera une augmentation des maladies chroniques.

Enfin autre point mentionné par Jean Ziegler, et non le moindre, le dumping agricole. L’Europe subventionne nos agriculteurs pour réduire les prix et compenser leur perte de revenus dus à cette réduction. Ce dumping provoque une exportation de produits à des prix imbattables qui provoque la ruine des paysans pauvres. Le dumping agricole européen est directement responsable de 200 millions de pauvres dans le monde. Le bottom milliard, le milliard d’habitant de notre planète le plus pauvre est resté aussi pauvre depuis 30 ans pendant que nous avons triplé notre capacité d’achat.

Nous vivons sur la même planète, capable de nourrir tout ses enfants, nous faisons partie d’une même société où la convoitise de certains provoque la famine et la mort d’une majorité d’autres. Nous devons agir et ne plus accepter cela. Ce n’est pas une fatalité, nous sommes en partie responsable de cet état de faits. Agissons pour forcer nos politiques à faire des lois contraignantes pour empêcher ces multinationales gourmandes de crime contre l’humanité. Je termine, comme Jean Ziegler, sur une citation de JJ Rousseau fort à propos : "Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère""

Source :http://legrandvillage.wordpress.com/2009/11/11/un-enfant-meurt-de-faim-toute-les-5-secondes-jean-ziegler-condamne-les-agrocarburants/


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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mer 14 Avr 2010 - 0:11

Ezechielle a écrit:
J'adresserai juste une critique (d'après ce que j'ai pu lire -en diagonale- dans ces extraits). Qui sont ces "cosmocrates"? N'est-ce pas un terme "tout-fait" pour désigner un cercle de conspirateurs probablement inexistants? N'est-ce pas un moyen de rejeter la faute loin de nous? De ne pas reconnaître la part éminente de responsabilité que l'entièreté de la population mondiale a dans la situation actuelle? Rejeter l'idée que le citoyen, l'humain lambda a une quelconque influence dans le monde actuelle? Pire, n'est-ce pas accepter que nous sommes de simples marionnettes incapables d'agir?

Je suis tout à fait d'accord avec toi, ne pas nommer les responsables et user de néologismes c'est quelque part rester dans le non-ditt, couvrir les fauteurs et affirmer notre impuissance! Mais Ziegler n'est pas comme ça, il crie au meurte, au crime contre l'Humanité, et il les nomme les responsables! ce sont les grandes firmes, les multinationales, nos gouvernements européens, les gouvernements corrompus d'Afrique, les gouvernement chinois, philippins! La liste est longue! Lis le et tu verras!

Citation :
Aussi, avec la définition qu'il donne de la "haine" qu'il décrit, je me dis qu'il n'aurait précisément pas du l'appeler "haine".

Ezechielle, et toi comment l'aurais-tu appelé? ...
Sérieusement crois-tu qu'il est nécessaire de pinailler sur une question de vocabulaire...
Va leur demander à ces gens là-bas ce qu'ils ressentent quand leur gosse leur crèvent dans les mains! Va leur demander quel mot leur vient à l'esprit lorsqu'on leur enlève leur terre, on construit des usines étrangères à la place de leur cimetière, on les cantonne à la misère! Va leur demander! Et si ils décident de coller une bombe dans chacune de nos hypocrites ambassades et bien je comprendrais!
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Ezechielle
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mer 14 Avr 2010 - 2:35

J'avais une super-réponse bien rédigée perdue à cause d'une fausse manipulation, mais tant pis.

En résumé: Certes, Ziegler accuse les grandes firmes, les gouvernements, et oui, ce sont des coupables que nous connaissons, pouvons désigner, nommer. Mais ce que je critique, c'est qu'il ne montre pas à quel point nous sommes impliqués, non comme victimes, mais comme acteurs du système. Ce que les gens retiennent de son livre, c'est qu'il y a des "méchants", que ces "méchants" n'ont rien à voir avec nous, et en utilisant des termes déshumanisant pour parler d'eux, il souligne encore plus la différence entre "eux" et "nous" (de la même manière que le "nazi" étant un "monstre", il ne peut être un "humain comme nous", raisonnement certes limité mais très courant qui permet aux gens de refouler toutes leurs haines sur les "monstres" sans se demander dans quelle mesure ils participent de cette "monstruosité" qu'ils rejettent).

Ensuite, je ne "pinaille" pas (merci pour le terme, au passage). Dans la mesure où la "haine" semble être un concept clef de son raisonnement, il me semble nécessaire de se demander si le mot est approprié. Et non, je n'ai pas de mot, mais j'estime quand même avoir le droit de dire que je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'usage qu'il fait de ce mot (et merde, je m'en prend plein la gueule pour rien aujourd'hui!).

EDIT: Isabelle Stengers me semble beaucoup plus constructive, la "lutte" pour le changement nous implique nous, et pas seulement en tant qu'accusateurs, mais aussi en acteurs de notre changement...

=>interview d'Isabelle Stengers<=

(personnellement, c'est la philosophe du moment pour moi)
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mer 14 Avr 2010 - 8:21

Ezechielle a écrit:
Ziegler accuse les grandes firmes, les gouvernements, et oui, ce sont des coupables que nous connaissons, pouvons désigner, nommer. Mais ce que je critique, c'est qu'il ne montre pas à quel point nous sommes impliqués, non comme victimes, mais comme acteurs du système.

Il le fait, je te trouverai des passages.

Citation :
Ensuite, je ne "pinaille" pas (merci pour le terme, au passage). Dans la mesure où la "haine" semble être un concept clef de son raisonnement, il me semble nécessaire de se demander si le mot est approprié. Et non, je n'ai pas de mot, mais j'estime quand même avoir le droit de dire que je ne suis pas tout à fait d'accord avec l'usage qu'il fait de ce mot (et merde, je m'en prend plein la gueule pour rien aujourd'hui!).

J'ai écrit ce que j'ai ressenti hier. Si tu attaches de l'importance à ce mot, d'accord. Bien sûr que tu as le droit de le dire. Explique moi alors en quoi il n'est pas approprié.

Citation :
EDIT: Isabelle Stengers me semble beaucoup plus constructive, la "lutte" pour le changement nous implique nous, et pas seulement en tant qu'accusateurs, mais aussi en acteurs de notre changement...

Je suis entrain de regarder. Son discours n'est pas faux. Mais elle n'est pas femme de terrain et cela se sent au contraire de Ziegler.Ce que je pourrais reprocher à Stengers, c'est de ne pas souligner les choses dans un dénument de style peut-être plus percutant.
Ziegler n'y va pas par quatre chemin, son propos est précis, clair, chiffres à l'appuie.
Ici, on sent l'intellectuelle qui vient à l'économie et à la politique avec son regard de philosophe. Pourquoi pas, mais c'est un discours beaucoup moins accessible.


Dernière édition par Lara le Mer 14 Avr 2010 - 12:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mer 14 Avr 2010 - 9:52

Ezechielle a écrit:

EDIT: Isabelle Stengers me semble beaucoup plus constructive, la "lutte" pour le changement nous implique nous, et pas seulement en tant qu'accusateurs, mais aussi en acteurs de notre changement...

=>interview d'Isabelle Stengers<=

(personnellement, c'est la philosophe du moment pour moi)
je ne suis pas convaincu par cette courte video parce que ça semble un peu confus et surtout pas mal dogmatique.

(Dans le fond sur l'inclusion du "nous" et d'autre chose je suis d'accord avec ton point de vue).

Ziegler nous inclut aussi quand il parle de bagnole et de plein. je n'ai que deux points de repère pour parler de lui... un bouquin qui doit être Les seigneurs du crime : les nouvelles mafias contre la démocratie et le film We feed the world dont le contenu correspond plus directement aux sujets choisis par Lara. Il est intéressant bien qu'on puisse lui reprocher une légère tendance au sensationnalisme... au moins les sujets sont vrais et vraiment abordés, j'aurai tendance à faire confiance aux faits rapportés mais j'ai un peu plus de doute sur certaines démonstrations. En gardant à l'esprit que les faiblesses sont de possibles conséquences de raccourcis ou de trucs pour faire passer plus grassement le message. Et je ne suis pas persuadé que choquer et ou amadouer plus soit nécessaire pour favoriser une évolution des consciences et des choix (ce qui me semble l'objectif visé).

L'option "évolution légale" et réglementation me semble plutôt bonne. ça remet la responsabilité politique partagée dans le bon sens maybe.

ps : j'ai quand même un doute pour le brésil et le bio-ethanol.

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shanidar
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Mar 4 Mai 2010 - 10:35

La Haine de l'Occident

pour commencer : un grand merci à Lara pour avoir créé ce fil, qui de l'aiguille à la meule m'a donné l'opportunité de lire Ziegler.

Pourquoi les pays/gouvernements du Sud éprouvent-ils tant de haine envers l'Occident et pourquoi cette haine explose aujourd'hui ? C'est la thématique de toute la première moitié du livre. Ziegler connait son affaire, il nomme les personnes impliquées dans les processus de haine et de rejet (Sarkozy, Rama Yade, Merkell... mais aussi le FMI et d'autres... oustachis croates et néonazis boliviens... Shell, BP, Total...). Ziegler n'est jamais tendre, son livre est dur à avaler, les morts, les malades, les malnutris hantent les pages, réclament une attention, un sauvetage, au moins la décence d'une réflexion, d'une prise en compte du monde comme il va... mal.
La seconde partie du livre, sans doute la plus passionnante prend deux exemples pour expliquer les paradoxes d'un monde occidental qui donne d'une main pour mieux asservir de l'autre. Le Nigeria et la Bolivie sont les deux pays choisis par Ziegler et le développement de sa thèse est vertigineux. Il rejoint d'ailleurs (en particulier à propos de la Bolivie), Zone le livre de Mathias Enard, dans sa mise en accusation des dérives fascistes de certains partis boliviens.
Lucide, informé, sans concession, le livre de Ziegler fait mal, il touche là où la raison tremble : les enfants, les femmes, les esclaves... Reprenant l'histoire de chaque pays pour dénoncer le colonialisme (dont l'aspect positif est bien sur exclu du propos), Ziegler met en exergue le néocolonialisme dont souffre les économies des pays du sud.
Riche d'enseignement, recadrant parfaitement les errements de nos politiques (le discours de Dakar) et les roueries des grandes firmes, la limite du livre apparait sans doute dans notre incapacité à changer notre regard sur les peuples du Sud. Inconsciemment raciste, sûr du bien fondé de notre démocratie, insolent dans nos discours et nos actes, les pays les plus pauvres n'ont aucun moyen de nous tourner le dos et nous poursuivons des politiques qui les excluent. Rares sont ceux qui ont réussi (à l'image de la Bolivie) à nous écarter de leurs chemins, tout en nous respectant mais Ziegler appelle de ses voeux d'autres dirigeants pour de nouveaux défis, une prise de conscience des identités au sein d'une même nation et des prises de position contre la main mise occidentale. La thèse de Ziegler s'achève sur cette certitude, les changements viendront de l'intérieur, de l'intérieur de ses états qui prenant conscience de leur pouvoir, de leur possibilité, de leur richesse, sauront utiliser à bonne fin leur intelligence.
Attentif aux chiffres comme aux relations humaines, ce livre pourrait se lire comme un thriller politique, bien sur certaines réflexions font grincer des dents (en particulier par rapport à l'agriculture et à l'emploi des pesticides et des engrais) mais ce livre est avant tout une gifle, qui laisse une rougeur sur la figure de l'Occident, une piqure de rappel, une mouche du coche toujours salutaire.

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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Jeu 27 Mai 2010 - 23:58

J'ai acheté le livre ce lundi, je l'entame dès la fin des exams (c'est-à-dire le 11 juin).
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Ven 28 Mai 2010 - 18:09

J'avais acheté l'Empire de la honte quand il est paru, évidemment, je n'ai plus tout gardé en mémoire mais Jean Ziegler me semblait plus "solide" et les pieds sur terre qu'Isabelle Stengers (lue également, mais plus récemment !)
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MessageSujet: Re: Jean Ziegler [Sociologie]   Lun 9 Avr 2012 - 15:12

Jean Ziegler était de l'émission " Tout le monde en parle " diffusé hier soir . Je veux en connaître plus sur lui. Je vais lire de ses bouquins sous peu.
Merci Lara.
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