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 Maurice Rollinat

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Nestat
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MessageSujet: Maurice Rollinat   Mer 14 Avr 2010 - 14:02

BIOGRAPHIE

-Maurice Rollinat est né le 29 décembre 1846 à Châteauroux. Il est issu d'une vieille famille berrichonne originaire d'Argenton sur Creuse, une famille de notaires et d'avocats.
-Son père, François Rollinat, était avocat. Sa mort brutale le 13 août 1867 fut un choc sentimental et nerveux pour Maurice.
-Il était moins proche de sa mère, qui avait une conception rigide de la morale et de la religion contraire aux aspirations de Maurice. On peut à cet égard le rapprocher d'un certain nombre de poètesde cette époque dont Rimbaud, qui connaissent une rupture d'ordre générationnelle avec leurs parents et leur mère, symbolisant l'oppression, l'absence de liberté aussi bien morale, religieuse que poétique.
-Le frère aîné de Maurice, Emile, quant à lui, se suicidaà l'âge de 33 ans. Ces deux deuils (le frère et le père) choquèrent bien entendu Maurice et le firent côtoyer la mort de près, ce qui transparaît fortement dans sa poésie, soit comme des moments de confession de la fragilité de l'homme, soit comme un besoin de railler la mort et de s'en défaire par l'ironie.
-Maurice Rollinat est toujours associé, dans les biographies qui lui sont consacrées, à Georges Sand, dont on croit - à tort - qu'elle était la marraine. En fait, elle était sa marraine de coeur, sa marraine littéraire... Elle était amie de son père, et entretint un rapport privilégié avec Maurice devenu poète. Elle ne cesse de lui conseiller de développer dans sa poésie le sentiment de la nature,
plutôt que les angoisses qui traversent les futurs poèmes publiés dans les Névroses. Il lui envoie en effet ses poèmes pour obtenir des conseils de la grande dame.

BIBLIOGRAPHIE


  • 1876 : Dizains Réalistes
  • 1877 : Dans les Brandes
  • 1883 : Les Névroses
  • 1886 : L'Abîme
  • 1892 : La Nature
  • 1893 : Le Livre de la Nature (choix de poésies pour enfants)
  • 1896 : Les Apparitions
  • 1898 : Ce que dit la vie. Ce que dit la Mort
  • 1899 : Paysages et Paysans
  • 1903 : En Errant
Le lire : un bon nombre de ses poèmes
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Charlie
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MessageSujet: Re: Maurice Rollinat   Mer 14 Avr 2010 - 15:24

Bonjour Nestat et bienvenue chez les Parfumés bonjour

Je ne connais pas du tout cet auteur....peut-être pourrais-tu nous faire découvrir quelques uns de ses poèmes ?
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Nestat
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MessageSujet: Re: Maurice Rollinat   Mer 14 Avr 2010 - 16:34

Bonjour! avec plaisir!

Je l'ai découvert au hasard d'une citation. Je l'ai gardée en mémoire, avant d'avoir internet, à quelques mots près sans me rappeler de l'auteur, et ce, jusqu'à ce que je le retrouve! Là, belle découverte : il a écrit un recueil nommé Les Névroses et je reconnais des poèmes dont je ne connaissais alors pas l'auteur.
Bien sûr, il a aussi rédigé des vers plus joyeux. Personnellement, je le trouve très inspiré de Baudelaire, qu'en pensez-vous?
Voici le fameux poème d'où vient cette citation (la dernière strophe).
La Putréfaction

Au fond de cette fosse moite
D’un perpétuel suintement,
Que se passe-t-il dans la boîte,
Six mois après l’enterrement ?

Verrait-on encor ses dentelles ?
L’œil a-t-il déserté son creux ?
Les chairs mortes ressemblent-elles
À de grands ulcères chancreux ?

La hanche est-elle violâtre
Avec des fleurs de vert-de-gris,
Couleurs que la Mort idolâtre,
Quand elle peint ses corps pourris ?

Pendant qu’un pied se décompose,
L’autre sèche-t-il, blanc, hideux,
Ou l’horrible métamorphose
S’opère-t-elle pour les deux ?

Le sapin servant d’ossuaire
Se moisit-il sous les gazons ?
Le cadavre dans son suaire
A-t-il enfin tous ses poisons ?

Sous le drap que mangent et rouillent
L’humidité froide et le pus,
Les innombrables vers qui grouillent
Sont-ils affamés ou repus ?

Que devient donc tout ce qui tombe
Dans le gouffre ouvert nuit et jour ?
— Ainsi, j’interrogeais la tombe
D’une fille morte d’amour.

Et la tombe que les sceptiques
Rayent toujours de l’avenir,
Me jeta ces mots dramatiques
Qui vivront dans mon souvenir :

« Les seins mignons dont tu raffoles,
Questionneur inquiétant,
Et les belles lèvres si folles,
Les lèvres qui baisèrent tant,

« Toutes ces fleurs roses et blanches
Sont les premières à pourrir
Dans la prison des quatre planches,
Que nulle main ne peut ouvrir.

« Mais, quant à l’âme, revit-elle ?
Avec son calme ou ses remords,
Faut-il crier qu’elle est mortelle
Ou qu’elle plane sur les morts ?

« Je ne sais ! Mais apprends que l’ombre
Que l’homme souffre en pourrissant :
Le cadavre est un muet sombre,
Qui ne dit pas ce qu’il ressent ! »


La Morte


Miné de chagrin, l’homme croule
Près du lit à baldaquin bleu
Où sa femme gît au milieu
Sous le drap tendu qui la moule.

Voilà que son doux orphelin
Monte sur une chaise, et câlin,
Passe ses mains d’étrange sorte
Sur la figure de la morte.

Le père tressaille — il a peur...
Et, défigé de sa stupeur
Devant la forme longue et roide,

« Que fais-tu, p’tit ? » et tristement,
L’enfant répond : « J’réchauff’ maman.
Si tu savais ? elle est si froide ! »


La Voix du vent

Les nuits d’hiver quand le vent pleure,
Se plaint, hurle, siffle et vagit,
On ne sait quel drame surgit
Dans l’homme ainsi qu’en la demeure.

Sa grande musique mineure
Qui, tour à tour, grince et mugit,
Sur toute la pensée agit
Comme une voix intérieure.

Ces cris, cette clameur immense,
Chantent la rage, la démence,
La peur, le crime, le remord...

Et, voluptueux et funèbres,
Accompagnent dans les ténèbres
Les râles d’amour et de mort.

Ce n'est pas mon poète favoris, loin de là, je ne le trouve pas génial. Mais parmi ses nombreux poèmes, certains méritent l'attention.
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Thierry Cabot
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MessageSujet: Re: Maurice Rollinat   Sam 14 Déc 2013 - 17:05

Les vers de Maurice Rollinat qui ne sont pas dénués de charme, ont en effet des accents quelque peu baudelairiens.
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Sigismond
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MessageSujet: Re: Maurice Rollinat   Dim 15 Déc 2013 - 13:06

Thierry Cabot a écrit:
Les vers de Maurice Rollinat qui ne sont pas dénués de charme, ont en effet des accents quelque peu baudelairiens.

Oui, tout à fait. Je recommande son recueil "Les névroses", publié en 1883 dont est tirée cette Ballade des barques peintes oscillant entre symbolisme et réminiscences parnassiennes:
Ballade des barques peintes

Elles meurent de spleen, à l’ombre des maisons,
Les chaloupes de mer qui vacillent sans trêve,
Et qui voudraient tenter aux plus creux horizons,
Loin des miasmes chauds et stagnants de la grève,
Le gouffre qui les tord, les happe et les enlève.
Aussi quand le pêcheur prend les avirons lourds,
Chacune en toute hâte arborant ses atours
Fuit le port engourdi plein de buveurs de pintes,
Et la brise ballonne et fait sur les flots sourds
Frémir la voile blanche au mât des barques peintes.

Elles ne songent guère aux noires trahisons
De l’Océan qui dort et de l’autan qui rêve.
Oh ! quand elles n’ont plus la chaîne des prisons,
Comme l’air est exquis, l’eau verte et l’heure brève
Pourtant, il faut déjà rentrer : le jour s’achève.
Mais un brusque ouragan qui briserait des tours,
Plus fou qu’un tourbillon de cent mille vautours,
Se rabat sur la côte avec d’horribles plaintes,
Et la mouette en vain écoute aux alentours
Frémir la voile blanche au mât des barques peintes.

Hélas ! leurs flancs menus, leurs fragiles cloisons
Craquent sous le nuage orageux qui se crève.
Comme un tas de serpents qui bavent leurs poisons,
Contre elles, chaque vague arrive et se soulève
Avec le bond du tigre et le tranchant du glaive.
Et tandis qu’au milieu des éclairs drus et courts
La nuit met sur la mer son masque de velours,
Le grand phare inquiet dans les clartés éteintes
Regarde, et ne voit pas, à l’heure des retours,
Frémir la voile blanche au mât des barques peintes.


ENVOI

Dame la Vierge ! Ô vous, qui dans les mauvais jours
Donnez si promptement assistance et secours
À ceux que le danger cerne de ses étreintes,
Commandez que le vent guide et laisse toujours
Frémir la voile blanche au mât des barques peintes !

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Thierry Cabot
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MessageSujet: Re: Maurice Rollinat   Dim 15 Déc 2013 - 14:25

Merci Sigismond.
Ce poème vaut le détour.
Amicalement.

Thierry
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