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 Elliot Perlman [Australie]

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Charlie
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MessageSujet: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeMer 14 Avr 2010 - 15:16

Elliot Perlman [Australie] A358

Pas trouvé beaucoup d'info sur lui !

Elliot Perlman est né en 1964 en Australie. Il exerce la profession d'avocat et vit à Melbourne.
Il est l'auteur de plusieurs ouvrages qui ont reçu diverses récompenses : Trois dollars (1998), L'Amour et autres surprises matinales (un recueil de nouvelles, 1999) et Ambiguïtés (2003) .
Trois dollars a été adapté au cinéma, en 2005, par Robert Connolly.
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Charlie
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MessageSujet: Ambiguïtés   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeMer 14 Avr 2010 - 15:20

Ambiguïtés (TO : Seven types of Ambiguity, 2003)

Elliot Perlman [Australie] A934

Simon est un jeune instituteur au chômage. Passionné de poésie, il vit seul avec son chien Empson. Son père, ne supportant plus de le voir s’enfoncer dans la dépression, engage pour l’aider à surmonter cette période difficile un psychiatre, Alex Klima. Malgré leurs discussions, celui-ci n’arrive pas à désintéresser Simon de son obsession : Anna, une jeune femme qu’il a fréquenté pendant deux ans il y a une dizaine d’années, à l’université. Maintenant, elle est mariée à un courtier en vue et ils ont un fils Sam. Un soir, sur un coup de tête, Simon décide d’enlever l’enfant…..plus rien ne sera désormais comme avant, ni pour lui, ni pour les autres qui sont touchés par son geste fou…

Un beau coup de cœur pour ce roman très captivant : 600 pages que j’ai lu avec plaisir…je me sentais toute tristounette quand j’ai lu la dernière page ; ça aurait pu continuer !!!!

J’ai beaucoup apprécié la construction du roman : sept parties, sept personnages qui ont un rapport plus ou moins direct avec Simon et l’enlèvement de Sam, vont tour à tour, raconter leur histoire, leur ressenti; les différents récits se croisent, se prolongent, on revient parfois en arrière : c’est passionnant de découvrir chaque personnage, de se laisser toucher par son histoire, sa psychologie, sa manière de voir les choses, de constater combien les relations entre les humains peuvent être complexes, pleines d’ambiguïtés….

L’histoire se passe en Australie mais elle aurait très bien pu se passer en Europe.
Perlman propose une réflexion sur notre société capitaliste où l’homme n’occupe plus une place centrale.
Si pour Joe, le mari d’Anna, la réussite d’une personne se mesure à la marque de sa voiture, à la taille de sa maison, Simon quant à lui, choisit une société aux valeurs différentes où la connaissance, la littérature, l’art, le questionnement perpétuel, le rejet de tout ce qui est creux sont essentiels….

On sent que l’auteur est avocat : il connaît en profondeur le monde pénitentiaire, le déroulement d’un procès.
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traversay
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeMer 14 Avr 2010 - 15:40

Charlie a écrit:
Ambiguïtés (TO : Seven types of Ambiguity, 2003)

Elliot Perlman [Australie] A934
Un beau coup de cœur pour ce roman très captivant : 600 pages que j’ai lu avec plaisir…je me sentais toute tristounette quand j’ai lu la dernière page ; ça aurait pu continuer !!!!
Oh oui, j'ai beaucoup aimé aussi. Déçu ensuite par Trois dollars. Quant à "L'amour et autres surprises matinales", un recueil de nouvelles, l'intérêt est inégal. Ces petites histoires ont parfois un côté abstrait et déroutant mais, dans l'ensemble, il y a là un charme évanescent qui ne se dissipe pas aisément.
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Charlie
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeMer 14 Avr 2010 - 15:44

traversay a écrit:
Oh oui, j'ai beaucoup aimé aussi. Déçu ensuite par Trois dollars. Quant à "L'amour et autres surprises matinales", un recueil de nouvelles, l'intérêt est inégal. Ces petites histoires ont parfois un côté abstrait et déroutant mais, dans l'ensemble, il y a là un charme évanescent qui ne se dissipe pas aisément.
Traversay, je pense que c'est toi d'ailleurs qui m'a fait changer d'avis, j'avais d'abord choisi de lire Trois dollars pour la lecture commune Australie Very Happy
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeDim 19 Aoû 2012 - 8:44

Ambiguïté
Ce livre n’est que quiproquo, chaque personnage nous dévoile à tour de rôle sa version, nous faisant douté, réfléchir et surtout nous faisant passé un bon moment de lecture.
Les 50 premières pages sont laborieuses car on ne sait pas qui parle puis une fois l’enlèvement perpétrée, on s’y retrouve et découvre des personnalités complexes et très intéressantes. Comment un manipulateur et menteur peut arriver à influencer son entourage mettant les autres dans des situations impossibles, c’est ce que fait à merveille Simon,  Mais ce n’est pas le seul personnage ambigu, il y a le Psychiatre, Alex et Joe, le père de l’enfant . Les femmes m’ont l’air plus saines, Angéla est le personnage le plus attachant et émouvant. Quant à Anna, la mère est, il me semble la plus équilibrée.
Ce Roman  tient toute sa richesse dans des personnages époustouflants, dans des excès de mensonge d’hypocrisie, la vraie nature humaine avec ce qu’elle a de plus complexe. Je me répète avec le mot « complexe » dans mon analyse : il m’est très difficile de parler de ce livre. Avec plus de 850   pages, il se passe énormément de choses, chaque personne liée a cet affaire de kidnapping, nous est présenté minutieusement, j’ai l’impression de faire partie de leurs entourage. Et malgré ce grand nombre de pages, je ne me suis pas lassée, j’aimerai presque qu’il dure encore plus longtemps.
Quant a l’affaire , elle-même, elle nous est dévoilé peu à peu à travers chaque personnages, nous assistons à l’arrestation, l’interrogatoire, le magouille policière et juridique, la corruption… jusqu’au final très attendu. Tout se joue sur une personne et  cette dernière m’a bien étonné.
Voila un livre que je ne suis pas prêt d’oublier, quelle richesse!
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeSam 15 Sep 2012 - 11:37

Ambiguités

Simon commet l'acte de folie d’enlever pendant quelques heures le fils de son ex-petite amie qu'il aime encore la folie. Ce geste, que personne, pas même son instigateur, ne saura jamais expliquer, constitue l'élément fondateur du livre, révélateur des dysfonctionnements de chacun. Plus ne sera de jamais pareil pour personne, chacun des personnages du roman va être bouleversé dans ses certitudes, perturbé dans ses valeurs et son sens des émotions .

Dans ce livre, remarquablement résumé par le seul mot du titre Ambiguïtés, Eliott Perlman nous tricote un imbroglio de personnages dignes d'un vaudeville avec ses incompréhensions et quiproquos, s’il n’était si tragique et réfléchi. Sept chapitres, rédigés à la première personne par sept personnages, plus ou moins directement concernés par ce scénario complexe et prodigieusement construit, nous font découvrir sept points de vue sur la même histoire. Celle-ci n'est pas racontée sept fois pour autant, seules certaines scènes reviennent, vues d'un oeil différent, et le récit avance à l'allure de chacun, suit son chemin, sème des fausses pistes, corrige, reprend. Le suspense latent qui nous tient n'est qu'un prétexte pour illustrer la complexité du monde, la fragilité de chacun, l'impossibilité d'arriver à une vérité ; en somme tout ce que la vie peut comporter d'ambiguïtés.

Les constructions psychologiques d’Eliott Perlman sont impressionnantes dans ami récit extrêmement fouillé, d'une richesse parfois déconcertante. L'auteur décèle les failles de chacun, analyse comment la pression sociétale impose de les cacher, amenant peu à peu chaque personnage à son point de rupture.

On peut regretter une certaine propension aux généralités pédagogiques, et une absence de limite dans le souci du détail, qui finit par produire des dialogues qui, quoique d’une grande justesse, auraient gagné à être plus ramassés. Il ressort des moments de lassitude, mais qui laissent finalement peu de traces en fin de lecture. On ne peut que s'extasier devant la grande malice de l'auteur : on a longtemps cru que la fin serait assez banalement prévisible, et quand on arrive à cette fin, se développe toute une complexité plutôt stimulante : l'auteur rebondit une fois de plus et on est emporté par le brio des scènes finales où toutes les clés nous sont données, plus tortueuses encore que ce qu'on aurait cru.

Un vraiment bon roman, d'une grande intelligence, qui aurait pu être excellent avec 150 pages du moins, plein d'allers et retours et de rebondissements subtils, qui appelle autant la réflexion que l'émotion, interroge sur le sens de nos vies, les dérives que nous nous autorisons, et l'image de ce que nous transmettons à nos enfants.
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeSam 15 Sep 2012 - 21:23

Il végète dans ma PAL depuis un bail et tu me donnes envie de le dépoussiérer.
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeSam 15 Sep 2012 - 22:13

Il faut du temps. il est quand même assez gros.
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeSam 15 Sep 2012 - 23:59

topocl a écrit:
Il faut du temps. il est quand même assez gros.

C'est pour ça qu'il végète (et aussi parce que j'ai une tonne de truc à lire entre ma PAL gigantesque et mes emprunts à la bibliothèque).
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeMar 26 Fév 2013 - 14:28

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La mémoire est une chienne indocile
Citation :
Récemment libéré de prison, Lamont Wiiliams entame une période probatoire au service d'entretien du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center à New York. Le succès de cette réinsertion est crucial pour lui : c'est son unique espoir de retrouver un jour sa petite fille, dont sa malchance récurrente avec la justice lui a fait perdre la trace.
Quelques kilomètres plus loin, uptown, Adam Zignelik, professeur d'histoire à Columbia, subit simultanément l'effondrement de sa carrière (il est sur le point d'être renvoyé de l'Université) et de son couple (Diana, l'amour de sa vie, le quitte). Alors qu'il est en pleine dépression, il découvre, oubliés dans la poussière d'un sous-sol depuis des décennies, des enregistrements inconnus, d'une portée historique considérable : les tout premiers témoignages sonores de survivants de l'Holocauste ; ces voix que le monde entier doit entendre pourraient à la fois sauver sa carrière et son couple...

Depuis Ambigüités, on connait le goût de l'australien Elliot Perlman pour la construction de récits audacieux, avec une multitude de points de vue, pour former une sorte de faux roman choral. Avec La mémoire est une chienne indocile (traduction de The Street Sweeper), l'auteur pousse les feux bien plus loin, dans un livre arachnéen, d'une ambition démesurée. A partir de deux héros principaux, un afro-américain, en liberté conditionnelle, et un universitaire juif en quasi dépression, Perlman compose un puzzle ébouriffant où se bousculent près d'une cinquantaine de personnages, impliqués ou victimes soit de la ségrégation raciale en Amérique soit de l'Holocauste. Ils sont tous, peu ou prou, témoins ou acteurs de l'histoire du XXe siècle avec un grand H. En passant d'une époque à l'autre, d'un individu à beaucoup d'autres, sans transition mais en s'attachant avec force détails au destin de chacun, le romancier fait preuve d'un souffle épique que le lecteur a parfois du mal à suivre, ballotté qu'il est par les spasmes de ce livre impossible à résumer. Tout juste peut-on évoquer ses thèmes les plus évidents : la mémoire, bien sûr, la transmission, la trahison, la justice, la paternité, la résistance, le courage, ... Plusieurs scènes sont inoubliables, celle d'ouverture, dans un bus, et, surtout, l'évocation quasi insoutenable du quotidien d'Auschwitz et de la rébellion du Sonderkommando de Birkenau, épisode méconnu des camps de la mort. Dans les dernières pages, tel un magicien, Perlman réussit à relier tous les fils et tous les personnages dans une conclusion où l'émotion emporte tout sur son passage. En dépit de son aspect touffu et terriblement dense, La mémoire est une chienne indocile s'impose par son ample humanité.
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeVen 6 Déc 2013 - 18:54

La mémoire est une chienne indocile

Évidemment il faut des romans comme celui-ci. Qui parlent et reparlent de la Shoah pour qu’on n’oublie pas , qui racontent les Sonderkommandos pour qu'on en comprenne vraiment l’ampleur, qui rendent hommage à la résistance à Auschwitz. Et cette partie est vraiment très réussie, sans pathos aucun, avec une profusion de détails qui fait, une fois de plus n’est pas inutile, redécouvrirent l'atrocité et  l'envergure du processus.

Il faut reconnaître aussi un  talent romanesque certain à Perlman, de faire se rejoindre des destins multiples - multiples par leurs origines géographiques (Australie, États-Unis, Pologne), sociologiques et chronologiques - , de mêler habilement personnages de fictions et  personnages obscurs de l’Histoire réelle, unissant dans un même récit la lutte pour les droits civiques, et le destin des Juifs en général, et plus précisément sous le nazisme, sans perdre le lecteur à aucun moment. Mais ce côté roman polyphonique a aussi ses revers, le côté répétitif, reprendre sans cesse des histoires pour en assumer la complexité, réexpliquer qui est qui, resituer les lieux, qui donne une lourdeur plutôt pesante. L'aboutissement du récit est évidemment de faire rejoindre tous les personnages croisés en route, dans un final où l’on croit entendre la bande son où montent les violons, qui n'exclue ni les coïncidences multiples ni le happy end lacrymal.

Il aurait pu y avoir  une réelle réflexion sur le sens de l’histoire, la mémoire, l’intérêt et le rôle de l’histoire en tant que spécialité. celle-ci est ébauchée, parfois dans des sermons un peu poussifs émis par certains des personnages. Mais finalement, cet aspect est vite abandonné quand le roman avance au profit de l'élément romanesque.

Il faut donc être prévenu que selon l'humeur et l'exigence du lecteur, il pourra associer cette lecture à Victor Hugo (auquel il est rendu un bel hommage dans le livre) ou  à  Lelouch. Mais que même si ce parrainage peut en rebuter certains, il vaut peut-être la peine de  dépasser ses a-prioris pour découvrir bon nombre d'informations indispensables à une juste vision de l'histoire du monde, et donc de notre monde d'aujourd'hui. Ce préambule accepté, ça se lit vraiment bien.
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeLun 9 Déc 2013 - 1:16

La mémoire est une chienne indocile

Premier bouquin que je lis de cet auteur, je dois dire que j'ai un penchant pour les auteurs australiens qui ne m'ont jamais déçue.

Ce roman m'a impressionnée. Je l'ai trouvé excellent..tous ces destins entrecroisés qui finissent par se recouper, très bien construit et bien écrit bravo 

Evidemment, pas très gai, les descriptions du cauchemar des camps de concentration, on a beau avoir lu, vu et entendu tout sur le sujet, on en ressort quand même abasourdi par tant d'efficacité industrielle à exterminer un peuple.

On se pose toujours la même question : comment des humains peuvent-ils infliger à d'autres êtres humains un traitement pareil ?

" Une réflexion poignante sur la mémoire, l'acte de raconter comme moyen de guérison" The Guardian
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Marie
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeMar 7 Jan 2014 - 2:08

La mémoire est une chienne indocile
raduit de l'anglais ( Australie) par Johan Frédérik Guedj



En exergue:

Devant tant de malheurs les montagnes s'inclinent..
Mais l'espoir ne cesse de chanter au loin.


Anna Akhamatova

Le titre anglais de ce long roman écrit par un auteur australien descendant d'une famille juive immigrée est Le balayeur de rue.
Le titre français vient du début du texte:

La mémoire est une chienne indocile. Elle ne se laissera ni convoquer, ni révoquer, mais ne peut survivre sans vous..

Et beaucoup plus tard dans le texte:

Qu'est- ce que la mémoire? C'est le stockage, la rétention et la remémoration des composantes , brutes ou nuancées , de l'information. Comment la mobilise-t-on? Une certaine protéine du cerveau, une enzyme, agit sur une série de neurones en succession rapide, comme une forme d'allumage, de manière à tracer une image ou à prononcer un mot, comme pour amener un arpège de données de stockage cellulaire à jouer une mélodie depuis longtemps gardée en réserve dans votre esprit, de sorte que vous vous remémoriez le visage de cet être, sa voix, son rire, la manière qu'il avait de bouger, un propos qu'il avait tenu....... Dès qu'elle n'est plus là, cette cascade de données cellulaires, c'est tout ce qu'il vous reste d'elle. Chaque neurone contient quelques pixels, quelques données, et il suffit que l'un deux se perde pour que la séquence soit interrompue. et là, vous avez déjà commencé à oublier.

C'est effectivement un roman qui va nous parler de la mémoire. Et de son corollaire, la transmission.

De la mémoire, d'ailleurs, il en faut au lecteur dans sa progression dans ce roman puzzle , les pièces à rassembler étant toutes des personnages, et il ne faut pas en perdre un en route!

Personnages de fiction pure comme ce fameux balayeur de rue, un jeune Noir qui vient de sortir de prison , un historien des droits civiques américains , et de nombreux autres.
Mais aussi personnages fictifs inspirés par des individus bien réels comme David Boder, psychologue ayant recueilli les déclarations de certains rescapés de l'Holocauste (publiées sous le titre: "Je n'ai pas interrogé les morts") ou Henryk Mandelbaum, l'un des rares survivants des Sonderkommandos,et d'autres encore, tous cités dans l'appendice donnant les références des livres consultés.

Les évènements eux-mêmes appartiennent bel et bien à l'Histoire.

Je voudrais juste m'attarder un peu sur ces Sonderkommandos dont les membres étaient donc des déportés choisis au hasard, qui avaient pour rôle de faire procéder au déshabillage , puis, après leur mort, à la crémation des cadavres des populations sélectionnées à la sortie des trains. Certains membres avaient écrit et enterré leurs témoignages, dans l'espoir qu'ils soient un jour retrouvés. Ils l'ont été à la libération des camps, mais publiés très tard, pour des raisons obscures. On peut lire par exemple: " Au coeur de l'enfer" , le témoignage de Zalmen Gradowski. D'autres textes ont été rassemblés et publiés en France en 2006 sous le titre " Des voix sous la cendre".
Eliott Perlmann les a lus, et les utilise ici dans des pages assez insoutenables , mais bien sûr tout à fait historiquement conformes. Et décrit aussi cette révolte , unique en son genre semble-t-il , des Sonderkommandos.
Plus : ici

Un livre puzzle,mais  qui dit livre-puzzle dit bien sûr que les pièces de ce puzzle sont toutes reliées entre elles et que le talent de l'écrivain va être de les rassembler par de constants allers et retours dans le temps et l'espace sans en perdre une seule, ni le lecteur d'ailleurs!
En cela, c'est une réussite, quelle construction!
Avec , peut-être , les défauts de cette construction volontairement complexe, et avec tant de personnages qu'il faut bien rattacher à un moment ou à un autre, une certaine impression de " fabrication" , mais c'est un peu ergoter pour ce roman foisonnant, historiquement passionnant et qui fait, à certains moments, monter les larmes aux yeux.

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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeMar 7 Jan 2014 - 2:57

Je ne suis pas certaine que ce roman soit pour moi, et pourtant le thème me parle ; j'ai du mal à me faire une idée de son contenu et de la façon dont la cinquantaine de personnage s'articulent. Mais ça m'intrigue.

Par contre, cela fait longtemps que je veux lire Des voix sous la cendre, et que je recule.

Cela me rappelle l'un des témoins du documentaireShoah de Lanzmann. Un coiffeur israélien, qui raconte avec une grande froideur apparente comment il coupait les cheveux des déportés, au seuil de la chambre à gaz ;  et comment l'un de ses amis dut même couper les cheveux de sa propre mère, lui taisant jusqu'au bout la réalité.  
Pendant toute la durée de son témoignage, il coiffe un client. Passant, repassant 10 fois au même endroit, pour couper quoi, un millimètre d'un cheveu ? Avec des gestes tellement précis, et presque précieux…
Il y a un tel décalage entre l'image, avec ces gestes d'une précision exacerbée, la parole, presque mécanique, et l'horreur du récit, que cela reste indéniablement l'une des images les plus poignantes et profondément marquantes qu'il m'ait été donnée de voir…

J'ai bien compris que les personnages étaient fictifs, inspirés du réel. Sais-tu toutefois si ll'auteur reprend des passages exacts des témoignages des sonderkommandos, ou bien s'il invente en s'inspirant d'eux ?
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MessageSujet: Re: Elliot Perlman [Australie]   Elliot Perlman [Australie] Icon_minitimeMar 7 Jan 2014 - 3:50

Citation :
J'ai bien compris que les personnages étaient fictifs, inspirés du réel. Sais-tu toutefois si ll'auteur reprend des passages exacts des témoignages des sonderkommandos, ou bien s'il invente en s'inspirant d'eux ?
En fait, je ne veux pas le lire Des voix sous la cendre, je crois vraiment que je ne pourrais pas. Ce roman a des défauts qu'a déjà dénoncés topocl à juste titre, mais ces pages.. Si tu veux, j'avais lu l'histoire des Sonderkommandos dans des articles à l'époque de la traduction française. Puisqu'ils n'avaient été publiés qu'en Israël, et que les traductions sont assez récentes.
Là, en lisant ce roman, j'ai fait plus de recherches à leur sujet. La documentation employée, ce sont leurs écrits. Et la description de leur rôle, avant l'entrée dans les chambres à gaz, puis après bien sûr , est calquée sur leurs récits. C'est, je dois l'avouer, quelque chose que j'ignorais, ou sans doute que je n'avais jamais voulu le savoir. Je ne me souviens pas qu'ils en parlaient avec de tels détails dans Shoah.. Peut être encore une fois n'ai-je pas voulu voir. J'imaginais un gaz anesthésiant..
A ce niveau là du roman, il n'invente rien, hélas. J'ai repris tout ce qui a été écrit à ce sujet.
J'ai appris aussi , dans ce livre, que ces Sonderkommandos, se sachant condamnés à très brève échéance puisqu'il fallait tout détruire, avaient fait appel, pour les aider, au mouvement de résistance qui s'était organisé et attendait la libération des camps. et qu'ils n'ont pas voulu les aider. Ca, Perlman ne l'invente pas non plus.. chacun pour soi!

David Boder: ici
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