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 Assia Djebar [Algérie]

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coline
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MessageSujet: Assia Djebar [Algérie]   Mar 8 Mai 2007 - 14:32


Assia Djebar, romancière d'origine algérienne, habituée à être citée parmi les nobélisables, a fait son entrée à l'Académie française en 2006.

Fille d'un instituteur, Assia Djebar fut la première Algérienne à être admise à l'École normale supérieure, en 1955, après avoir fait sa khâgne à Paris.
Elle est actuellement professeur à l'Université de New York où elle enseigne la littérature française et francophone .

«J'écris donc, et en français, langue de l'ancien colonisateur, qui est devenue néanmoins et irréversiblement celle de ma pensée, tandis que je continue à aimer, à souffrir, également à prier (quand parfois je prie) en arabe, ma langue maternelle

« Ayant reçu mon éducation scolaire dans une institution francophone, j’ai étudié le grec et les langues latines, qui constituèrent dès lors une influence majeure dans mon évolution intellectuelle. Malgré cela, mon affect a toujours été directement lié au monde arabe, à ses traditions tant sociales que culturelles. Je sais aujourd’hui qu’on peut écrire dans une langue étrangère, l’intégrer à notre imaginaire sans pour autant rompre avec ses racines »

Assia Djebar est une figure marquante de la lutte pour l'émancipation des femmes de son pays.

Selon la chercheuse et professeur de littérature Beïda Chikhi, « écrivain-femme porte-parole des femmes séquestrées, écrivain-témoin d’une époque historique, écrivain stimulant la mémoire des aïeules et secouant les archives, écrivain parcourant son corps et surprenant le couple, Assia Djebar est aussi écrivain-architecte qui éprouve les structures, confectionne des objets linguistiques »
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coline
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mar 8 Mai 2007 - 17:22

La femme sans sépulture

Extrait:

" En 1956, en 1957, Zoulikha était vraiment au centre: pas seulement du combat à Césarée, mais desréseaux à maintenir, des liaisons à établir entre les montagnes- avec ses partisans- et les citadins à demi engagés, englués, tremblants, prudents, pleins d'espoir aussi, voyant l'avenir approcher avec ses séismes et ses orages.
Zoulikha, quarante-deux ans, veuve de son troisième mari mort au maquis, ayant été contrainte de laisser ses deux enfants si petits dans la maison de la vieille rue d'El Qsiba. Zoulikha habite encore le coeur de la cité antique. Après son arrestation et les tortures subies, elle fut portée disparue. Auparavant, ayant déployé une parole publique, lyrique, il me semble qu'elle s'est, pour ainsi dire, envolée...Femme- oiseau de la mosaïque*, elle paraît aujourd'hui, pour ses concitoyens, à demi effacée! Or son chant demeure.
Je suis revenue seulement pour le dire. J'entends, dans ma ville natale, ses mots et son silence, les étapes de sa stratégie avec ses attentes, ses fureurs..
."

* La femme-oiseau de la mosaïque. C'est un élément d'une fresque antique conservée au musée de Césarée.
"Trois femmes représentées sur cette fresque d'il y a près de deux mille ans...[...]ou, plus exactement, trois femmes-oiseaux, oui! Je crois même que personne n'a jamais ainsi dessiné les femmes, dans aucune des mosaïques si célèbres de la région. Je suis prête à le parier. Des femmes de Césarée!"
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coline
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mer 9 Mai 2007 - 14:42

La femme sans sépulture

Assia Djebar est née en 1936 à Cherchell sur la côte algérienne, près du mont Chenoua. Cherchell, sa ville natale, c’est l'antique Césarée « son nom du passé, Césarée pour moi et à jamais » dit Assia Djebar. Lui réservant tout un hymne à sa gloire :
«Loin d’Alger, nid de corsaires évanouis
Ma capitale des douleurs, ô Césarée !
Les oiseaux de tes mosaïques
Flottent dans le ciel de mes larmes


Assia Djebar confie en « prélude » à son récit qu’elle est revenue dans sa ville, en 1976, pour tourner un film consacré à Zoulikha et aux femmes du Mont Chenoua : : La Nouba des femmes du Chenoua ( primé au Festival de Venise en 1979) .
A l’époque où elle tournait son film, elle avait de vrais rapports affectueux, familiaux, avec les femmes, elle l'« invitée », la « visiteuse », «l’étrangère qui n’est pas tellement étrangère». Elle écoute.


Elle écoute l’histoire de Zoulikha Oudai , une femme exceptionnelle, à la fois mère, amante, amie et résistante de la guerre d'Indépendance. Un modèle absolu de courage féminin. Une femme moderne, instruite qui, à 42 ans et veuve de trois maris, a décidé de rejoindre la lutte dans le maquis du Chenoua, laissant dans la ville ses jeunes enfants.
Zoulikha fut portée disparue deux ans après avoir pris les armes au printemps 1957 .Elle a été arrêtée par des officiers français.
Portée disparue après son arrestation , on n’a jamais su où son corps fut enterré.

Zoulikha ne " repose " nulle part. Sa mémoire survit par les récits qu'en font les femmes qui l'ont connue. C’est de là qu’est né le roman d’Assia Djebar, à partir des témoignages entendus.
Inspirée par ces témoignages, la romancière a écrit ce magnifique et émouvant portrait de femme.

L’évocation de Zoulikha se fait par une polyphonie narrative : les voix de plusieurs femmes, paysannes autant que citadines, réelles ou imaginaires .
- La plus émouvante est Mina, l'inconsolée ,la fille de Zoulikha, très jeune au départ de sa mère qui lui donna la responsabilité de son petit frère.
- Zoulikha elle-même qui, sous forme de monologue, confie ses peurs, ses doutes, et surtout sa détermination et ses derniers instants à sa fillette, Mina, devenue femme.
-La narratrice, double de l’auteur .
-Hania, l'apaisée, la fille aînée de Zoulikha.
- Dame Lionne, « Lla Lbia », femme du réseau des résistantes avec Zoulikha.
- Zhora Oudai, la tante des montagnes.

J’ai été très émue par ce roman.
Je « baigne » en ce moment dans cette Histoire-là, celle de l’Algérie et de la guerre d’indépendance, puisque je travaille aussi au théâtre sur « Les sacrifiées » de Laurent Gaudé.
Ces deux œuvres mettent en scène des femmes magnifiques qui me bouleversent, moi dont l’histoire familiale a eu pour cadre, un temps, l’Algérie, mais pas de leur côté.

La langue d’Assia Djebar est simple et merveilleuse, subtilement nuancée de sa double origine.
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MessageSujet: Assia Djebar   Sam 29 Sep 2007 - 23:58

Assia Djebar, de son vrai nom Fatima-Zohra Imalayen , née à Cherchell (Algérie) le 30 juin 1936, est une écrivaine algérienne d'expression française, d'origine berbère.


Biographie

En 1955, elle entre à l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres. Entre 1959 et 1965, elle est professeur d'histoire moderne et contemporaine du Maghreb à la Faculté des lettres de Rabat, puis à l'université d'Alger. En 1980, elle s'installe à Paris. Elle épouse Walid Carn (pseudonyme d'Ould-Rouis Ahhmed), avec lequel elle a écrit la pièce Rouge l'aube, puis se remarie avec Malek Alloula, également écrivain.

De 1995 à 2001, elle est directrice du Centre d'études françaises et francophones de Louisiane aux États-Unis. En 1999, elle est élue membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Depuis 2001, elle enseigne au département d'études françaises de l'University de New York. Le 16 juin 2005, elle est élue au fauteuil 5 de l'Académie française, succédant à Georges Vedel, et y est reçue le 22 juin 2006.

Assia Djebar est traduite en 21 langues dont l'allemand. Elle est le sujet de quelques essais, dont ceux de Mireille Calle-Gruber, de Martina Kopf et de Béatrice Schuchardt.


Œuvres principales

* La Soif, roman (1957)
* Les Impatients, roman (1958)
* Les Enfants du Nouveau Monde, roman (1962)
* Les Alouettes naïves, roman (1967)
* Poèmes pour l'Algérie heureuse, poésie (1969)
* Rouge l'aube, théâtre (1969)
* Femmes d'Alger dans leur appartement, nouvelles (1980)
* L'Amour, la fantasia, roman (1985)
* Ombre sultane, roman (1987)
* Loin de Médine, roman (1991)
* Vaste est la prison, roman (1995)
* Le Blanc de l'Algérie, récit (1996)
* Ces voix qui m'assiègent: En marge de ma francophonie, essai (1999)
* La Femme sans sépulture, roman (2002)
* La Disparition de la langue française, roman (2003)
* Les Nuits de Strasbourg

Les Nuits de Strasbourg Assia Djebar

C'est un récit complexe et subtil que nous livre ici l'écrivaine Assia Djebar, récemment élue à l'Académie française, un récit qui entremêle plusieurs histoires, plusieurs vies toutes écartelées entre 2 pôles antagonistes qu'il s'agisse de l'Algérie et de la France avec les plaies encore ouvertes qu'a laissées cette "guerre d'Algérie" qui pendant longtemps n'a pas avoué son nom; ou qu'il s'agisse de la France et de l'Allemagne, jadis unies par le Serment de Strasbourg que s'échangèrent dans leur deux langues respectives 2 des 3 petits-fils de Charlemagne (Charles et Louis) sur le dos du 3eme (Lothaire), mais que la guerre a si souvent séparées depuis. Strasbourg est cette ville à la fois frontière mais aussi passage qui peut peut-être réconcilier les contraires. Strasbourg qui va être en neuf jours et neuf nuits le lieu hautement symbolique de ce récit.

Ces contraires on les trouve aussi au sein même des personnages comme chez Thelja, brûlante "neige" (c'est la signification de son prénom), comme chez Eve, la juive marocaine qui n'a jamais voulu mettre un pied en Allemagne mais qui va s'éprendre justement d'un allemand, et comme Jacqueline, Irma, Karl, Djamila, tous ambivalents au fond de leur être, tous cherchant sans concessions à concilier les contraires. Mais cette quête n'est-elle pas une chimère ? C'est ce que semble dire le dénouement tragique de ce magnifique roman, brûlant d'une sombre passion.
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Dim 30 Sep 2007 - 11:02

Subtil est vraiment le mot qui s'applique à l'écriture de'Assia Djebar. Un bel écrivain, des portraits de femmes magnifiques...Cela fait partie des livres que l'on savoure lentement, presque mot à mot.

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coline
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Dim 30 Sep 2007 - 13:17

Heureuse de voir ce fil remonter soudain... :)
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Nitya
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MessageSujet: Nulle part dans la maison de mon père   Ven 30 Mai 2008 - 14:49

Je voulais juste savoir si un parfumé entre vous a déjà lu le dernier roman de Djebar Nulle part dans la maison de mon père? Si oui, quelles sont vos impressions? conciliabule
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coline
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mer 4 Juin 2008 - 11:41

(excuse-moi Nitya, j'avais fait une fausse manoeuvre honte )

Je m'étais promis de le lire car on l'a beaucoup mis en parallèle avec celui de Leïla Sebbar "L'Arabe comme un chant secret" que j'ai lu en premier.


Revue de presse:LE MONDE DES LIVRES (23.11.07).

Nom : Assia Djebar. Pays de naissance : Algérie. Profession : écrivain. Profession du père : maître d'école. Langue maternelle : arabe.

Nom : Leïla Sebbar. Pays de naissance : Algérie. Profession : écrivain. Profession du père : maître d'école. Langue maternelle : français.

Comment ne pas rapprocher deux ouvrages, de nature et de taille différentes, qui racontent l'un et l'autre une enfance algérienne tiraillée entre deux langues et deux cultures, sous le regard du père ? Si Leïla Sebbar a rassemblé différents textes très personnels dans un petit livre, qualifié de "récit", Assia Djebar, membre de l'Académie française, publie le premier volet d'une vaste fresque autobiographique, qu'elle a pudiquement appelé "roman".

"Je suis la fille d'un Arabe et d'une Française", écrit Leïla Sebbar. Dans l'Algérie coloniale, le père dirige une "école de garçons indigènes" où enseigne la mère. Pour sa part, la petite Leïla va à l'école des filles du quartier européen et se fait insulter sur son passage par des garçons, qui se moquent de ses socquettes blanches, de sa jupe écossaise et des boucles dans ses cheveux. Elle se fait insulter en arabe, la langue de son père, qu'elle ne comprend pas. Et la voilà prise au piège, dans ce pays colonisé, "fille d'un victime et d'une bourreau", entre "un masculin féminin et un féminin masculin".

La petite fille modèle, nourrie des romans de la comtesse de Ségur, finira par se réfugier de l'autre côté de la mer, dans le silence des bibliothèques. Mais, un jour, renonçant à cette "protection meurtrière", elle ira à la rencontre des Algériennes exilées, dans les squares et les cafés arabes de Paris : ces mères "musulmanes, analphabètes, séquestrées", qui deviendront les héroïnes de ses propres livres.

Leïla Sebbar écrit en français sur l'Algérie, le pays meurtri. "J'écris le corps de mon père dans la langue de ma mère." Ces femmes, qu'elle n'a plus cessé de rencontrer, sont en quelque sorte ses "mères premières". Elle les entend parler arabe sans les comprendre. "J'ai le son, je n'ai pas besoin du sens, il est pour ainsi dire déjà là." La langue du père, qui était dangereuse sur le chemin de l'école, devient alors "comme une musique, une langue sacrée"...

Le parcours d'Assia Djebar est différent, même si elle connaît, elle aussi, l'épreuve de la rue dans les différentes villes d'Algérie où son père exerce successivement son métier de maître d'école : l'arabe est sa langue maternelle... et paternelle. Encore toute petite, elle traverse la rue du village colonial, chaque jeudi, tenant la main de sa mère, qui se rend au hammam. Une mère voilée de blanc, déshabillée par les regards des Européens attablés aux terrasses des cafés. La fillette lui sert en quelque sorte de garant et de protection.

Qu'est-ce qu'une langue maternelle ? La réponse se trouve 300 pages plus loin, dans ce livre pudique, délicat comme une porcelaine, à l'écriture ciselée : "Doux diminutifs de la prime enfance, tendresse chuchotée, mots chuintés, glissés entre les dents, tout l'amour de ma mère me caressant naguère la peau, les joues, palpant mon corps de fillette au bain maure quand elle m'essorait, moi, nue et grelottante, entre d'épaisses serviettes, en plein coeur ombreux et brûlant du hammam."

A l'âge de 5 ans, la fillette tente de tenir en équilibre sur un vélo et s'élance dans la rue, quand elle est stoppée net par le regard scandalisé de son père. Ce père algérien, défenseur de la Révolution française, au service de la langue de Voltaire, mari amoureux, époux modèle, n'en est pas moins un gardien du gynécée. "Je ne veux pas que ma fille montre ses jambes en montant à bicyclette !" La narratrice sera blessée à jamais par cet interdit. Un demi-siècle plus tard, elle s'en souvient, comme d'une obscénité verbale, une griffure sur ses jambes, un tatouage. "La seule blessure que m'infligea jamais mon père."

Qui s'exprime ? On a du mal à ne pas confondre Assia Djebar avec la narratrice. De "roman", ici, il ne semble y avoir que les hésitations de la mémoire ou le refus de se mettre soi-même en scène.

C'est en classe de sixième que la jeune Algérienne reçoit, comme un coup en pleine poitrine, son premier vers français. Beau de l'air ? Baudelaire. Une enseignante inoubliable - "de longs doigts aux ongles écarlates" - lui fait découvrir L'Invitation au voyage. Les vers sont prononcés avec lenteur et gravité, comme l'étaient jusqu'ici les versets du Coran :

Mon enfant, ma soeur, Songe à la douceur...

Dès lors, la lecture sera son ivresse. Et les poches de sa blouse bleue de pensionnaire, à l'internat de Blida, chargées de livres, ne cesseront plus de bâiller. Magie de la littérature : la correspondance d'Alain-Fournier et de Jacques Rivière, jeunes gens d'avant la première guerre mondiale, qui n'appartiennent ni à son monde ni à son époque, lui fera découvrir d'autres auteurs (Rimbaud, Gide...) et nourrira son amitié livresque avec une camarade européenne. L'adolescente mêlera désormais ses rêves à ceux des héroïnes de Claudel ou de Giraudoux, alors qu'elle baigne toujours parmi "les murmures des femmes de la tribu". Deux langues, deux cultures. Et toujours, en arrière-plan, le regard du père.

C'est en français qu'auront lieu ses premiers rendez-vous amoureux avec un jeune compatriote, qui lui a fait connaître des vers arabes de la poésie antéislamique. La voilà amoureuse... de "la langue perdue", si bien maîtrisée par ce garçon moustachu, à qui elle ne s'adresse surtout pas en arabe dialectal : le français, langue neutre, lui tient lieu, en quelque sorte, de voile. Et il la protégera tout autant dans les rues d'Alger, la faisant passer pour étrangère : un seul mot d'arabe dans la bouche de cette jeune fille à l'allure si libre déchaînerait des gestes d'hostilité.

Et puis un geste fou, boulevard Sadi-Carnot, à Alger, face à la mer, un soir d'octobre 1953... "Si mon père sait, je me tue", s'était-elle dit. Assia Djebar a attendu plus d'un demi-siècle pour révéler ce drame évité de justesse et adresser en quelque sorte, par ce livre, une longue lettre à son père. Un demi-siècle pour rompre un mutisme étouffant, sortir de "la fausse pudeur, cette lâcheté qui se farde" et esquisser "le premier pas de l'autodévoilement". On attend les suivants avec beaucoup de curiosité. Loin de la langue maternelle, loin du regard paternel...

Robert Solé
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mer 4 Juin 2008 - 11:42

coline a écrit:
(excuse-moi Nitya, j'avais fait une fausse manoeuvre honte )


C'est pas grave sourire et merci pour ces précisions....Je viens de commencer "Nulle part dans la maison de mon père".... content
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mer 4 Juin 2008 - 11:45

Je vais attendre ton compte-rendu... content
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mer 4 Juin 2008 - 11:47

coline a écrit:
Je vais attendre ton compte-rendu... content
Ok ça marche...mais faudra peut-être avoir un peu de patience....je compte relire La vie heureuse en même temps pour mon mémoire content
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mer 4 Juin 2008 - 11:49

Nitya a écrit:
coline a écrit:
Je vais attendre ton compte-rendu... content
Ok ça marche...mais faudra peut-être avoir un peu de patience....je compte relire La vie heureuse en même temps pour mon mémoire content

Je serai patiente...J'ai pas mal de pain sur la planche moi aussi en ce mois de juin...et une PAL déjà importante... Very Happy
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MessageSujet: Mois de juin Assia Djebar   Mer 4 Juin 2008 - 12:01

Je vous propose de retenir quatre dates qui pourraient vous interesser study

- Samedi 07 juin, une soirée lecture de quelques textes de Assia Djebar par Marie-Christine Barault et Nicolas Pignon, sera diffusée sur Radio France Culture.

- Lundi 09 juin, une rencontre littéraire avec Assia Djebar intitulée "Ecrire, écrire, pourquoi?" aura lieu au Centre Pampidou(Paris)

- Du 23 au 30 juin , un colloque "Assia Djebar, littérature et transmission" aura lieu à Cerisy avec la présence de l'écrivain.

- vendredi 27 juin en soirée, le club de lecture, invité à participer au colloque, organisera sa dernière rencontre de la saison depuis Cerisy.


Dernière édition par Nitya le Mer 4 Juin 2008 - 12:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mer 4 Juin 2008 - 12:04

Nitya a écrit:
Je vous propose de retenir quatre dates qui pourraient vous interesser study

- Samedi 07 juin, une soirée lecture de quelques textes de Assia Djebar par Marie-Christine Barault et Nicolas Pignon, sera diffusée sur Radio France Culture.

- Lundi 09 juin, une rencontre littéraire avec Assia Djebar intitulée "Ecrire, écrire, pourquoi?" aura lieu au Centre Pampidou(Paris)

- Du 23 au 30 juin , un colloque "Assia Djebar, littérature et transmission" aura lieu à Cerisy avec la présence de l'écrivain.

- vendredi 27 juin en soirée, le club de lecture, invité à participer au colloque, organisera sa dernière rencontre de la saison depuis Cerisy. J'aurai l'honneur d'accueillir l'écrivain qui sera notre invitée.

Quel magnifique programme!
Tu vas"accueillir" Assia Djebar?...
Il nous faudra tout savoir... miammiam
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Nitya
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MessageSujet: Re: Assia Djebar [Algérie]   Mer 4 Juin 2008 - 12:07

Non malheureusement pas....je suis abonnée à un site que me tient régulièrement au courant pour les auteurs du Maghreb...c'est pratique, surtout pour mes recherches du mémoire....et donc voilà je partage les infos avec les parfumés, pour ceux qui auront la chance d'assister à l'une ou l'autre manifestation sourire Les colloques à Cerisy sont toujours géniaux, malheureusement trop loin pour moi...ou trop cher Crying or Very sad

clic
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