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 Richard Llewellyn

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Harelde
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MessageSujet: Richard Llewellyn   Ven 30 Avr 2010 - 14:49




Richard Llewellyn est né à Hendon, Londres, en 1906. Ce n'est qu'après sa mort que l'on constata qu’il avait menti sur ses origines, puisqu'il disait être né à St. David, au Pays de Galles (il avait toutefois du sang gallois). La plupart de ses romans ont pour cadre le Pays de Galles ; le plus célèbre, Qu'elle était verte ma vallée (How Green Was My Valley) de 1939, lui donna une renommée internationale et fit l'objet d'un film de John Ford.

Il vécut une vie pleine de péripéties, voyageant beaucoup. Avant la Seconde Guerre mondiale, il travailla dans des hôtels, écrivit une pièce, travailla comme mineur et écrivit son roman le plus connu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il devint Capitaine dans la "Welsh Guard" (garde galloise).

Après la guerre, il travailla comme journaliste pour le Nuremberg Trials, et écrivit des scénarios pour MGM. Plus tard, il s'installa à Eliat (Israel).

Llewellyn s'est marié deux fois: la première fois en 1952 avec Nona Sonstenby dont il divorça en 1968, une deuxième fois en 1974 avec Susan Heimann.




Qu'elle était verte ma Vallée. Un roman décrivant la condition difficile de mineurs du Pays de Galles. Un Germinal d'outre Manche. Un pavé de plusieurs centaines de pages dont je garde un souvenir merveilleux : une des lectures dont l'émoi me poursuit encore.

Citation :
Cela commence par un adieu. Là, dans la maison familiale à moitié recouverte par les tertres gloutons issus des entrailles de la terre, Huw Morgan s’apprête à quitter pour toujours la vallée de son enfance. Mais avant de quitter ce lieu, il se souvient. Benjamin d’une famille galloise de mineurs, le petit Huw grandit dans le respect des conventions de l’époque. Mais déjà la révolte gronde contre les propriétaires qui paient de moins en moins leurs ouvriers. Entre tradition et nouvelles idées sociales, son père et ses frères se déchirent sous les yeux du gamin et des femmes de la maison. Cependant il n’est jamais loin le moment de réconciliation, d’entraide communautaire, bientôt conduite par le bon révérend Mr Gruffydd. Huw se souvient de ses frères, de ses sœurs, de ses parents et de la belle Bronwen… Il se souvient aussi de ce linceul qui toujours grandissait sur son village alors qu’il devenait un homme. Il regarde avec fatalité ces masses sombres qui s’abattent à présent sur sa maison. Mais il se souvient. Et par-delà la vallée ensevelie, c’est toute son histoire qu’il redécouvre, la vie simple en famille, les révoltes des ouvriers, les amours heureux et malheureux des siens, son amour impossible, sa passion pour cette vallée autrefois si verte…

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Arabella
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MessageSujet: Re: Richard Llewellyn   Dim 16 Déc 2012 - 10:18

Qu’elle était verte ma vallée

Huw Morgan, nous conte sa vie. Il naît dans une famille de mineurs au pays de Galles au XIXe siècle. Son père travaille à la mine, ainsi que ses frères. Sa mère et ses sœurs s’occupent de la maison et des hommes. Huw lui-même est encore trop jeune, c’est un enfant au début du livre, ce qui lui donne une sorte de regard extérieur, il voit les choses à une certaine distance, ne les comprend pas forcément. Un monde rude, les hommes travaillent dur, même si, en fin de compte, les descriptions de la mine elle-même sont très rares dans le livre. Les femmes aussi n’arrêtent pas de trimer. Mais la vie n’est pas si mauvaise, il y a la solidarité de la communauté, même si elle est normative et moralisatrice, très liée à la religion. La chaleur de la famille. Et à une époque les salaires permettent de vivre relativement correctement. Mais Huw voit des changements progressifs, les salaires de moins en moins élevés, la récupération des revendications par des personnes extérieurs, la dislocation de la communauté, et les fêlures au sein de la famille, les départs de certains à l’étranger, la mort d’autres. Petit à petit la loi anglaise s’installe, et les déblais envahissent la vallée autrefois si belle.

Un livre qui cherche à provoquer la sympathie pour ses personnages et l’émotion chez le lecteur, à partir de sentiments universels, dans une ambiance nostalgique. Le tout dans un style simple et direct. Dans son genre c’est incontestablement un livre réussi, on se prend d’affection pour ses personnages qui sont d’une seule pièce, même si on sait que dans la vraie vie c’est en général un peu plus compliqué. L’image un peu idyllique d’une société patriarcale montre quand même les failles de ce type de structure sociale : la malveillance, le jugement permanent d’autrui, surtout des femmes, la violence qui peut surgir.

Un joli livre, même s’il joue plus sur un registre affectif que vraiment explicatif et sociologique, je trouve qu’au final on n’apprend pas vraiment beaucoup sur les mines, la situation des mineurs, leur organisation. On reste sur l’empathie plus que sur la compréhension. Et c’est pour cela je pense, que ce livre peut convenir à un public jeune, d’autant plus que la forme du récit, raconté par un enfant, puis un adolescent, et même un adulte qui s’exprime comme le ferrait un adolescent, peut permettre à ce type de lecteurs de bien entrer dans ce récit, de s’identifier au personnage principal.

Merci à Harelde pour ce choix, il est peu probable que j’aurais lu ce roman sans cette chaîne de lecture, je ne connaissais même pas cet auteur auparavant

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Marko
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MessageSujet: Re: Richard Llewellyn   Dim 16 Déc 2012 - 10:30

J'aime beaucoup la couverture du livre chez Phebus. On a envie d'y être. Je ne connais que le film de John Ford et je le lirai un jour. Surtout après avoir enfin lu Germinal.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
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Arabella
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MessageSujet: Re: Richard Llewellyn   Dim 16 Déc 2012 - 11:31

C'est très différent de Zola, qui pose quand même d'avantage les problèmes sociaux, décrit les aspects de la situation, analyse les tenants et aboutissants. Et il n'y a pas cet aspect un peu idéalisé de la vie de famille, d'une sorte d'innocence primitive rêvée. Mais c'est à découvrir.

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Marko
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MessageSujet: Re: Richard Llewellyn   Dim 16 Déc 2012 - 16:24

Je me doute que c'est très différent mais c'est intéressant de voir différentes approches d'un même thème. Ce qui m'a surpris dans Germinal c'est son côté très sexuel, quasi animal comme exutoire à l'ennui et à la misère sociale. Une vision très réaliste pour le coup.

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MessageSujet: Re: Richard Llewellyn   Dim 16 Déc 2012 - 16:33

J'avais aimé le film autrefois, ce nom d'auteur me disais quelque chose alors que je n'ai jamais lu ce roman, peut-être parce qu'il était aussi scénariste pour la MGM et que j'ai déjà vu son nom sur les génériques. En tous cas, j'ai bien noté ce livre. Il est aussi dispo en format kindle comme ça a l'air d'un pavé, ce n'est pas plus mal.

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MessageSujet: Re: Richard Llewellyn   Dim 16 Déc 2012 - 17:00

Marko a écrit:
Je me doute que c'est très différent mais c'est intéressant de voir différentes approches d'un même thème. Ce qui m'a surpris dans Germinal c'est son côté très sexuel, quasi animal comme exutoire à l'ennui et à la misère sociale. Une vision très réaliste pour le coup.

Le seul point commun des deux est de se passer dans un univers de mineurs, mais l'angle d'approche étant tellement différent je ne sais pas si on peut parler de même thématique. Chez Llewellyn la mine est finalement peu présente, et symbolise le progrès technique et les changements sociaux qui vont avec qui font disparaître un mode de vie communautaire traditionnel, qui est la thématique principale du roman à mon sens. Le tout très ancré dans un territoire (pays de Galles). Mais je crois que ça vaut le coup que tu tentes l'expérience, ce serait intéressant d'avoir tes impressions.

domreader a écrit:
J'avais aimé le film autrefois, ce nom d'auteur me disais quelque chose alors que je n'ai jamais lu ce roman, peut-être parce qu'il était aussi scénariste pour la MGM et que j'ai déjà vu son nom sur les génériques. En tous cas, j'ai bien noté ce livre. Il est aussi dispo en format kindle comme ça a l'air d'un pavé, ce n'est pas plus mal.

A la lecture du roman, je pense qu'il devait bien se sentir dans le métier de scénariste, il a une façon efficace et assez visuelle de raconter les choses, qui doit facilement se traduire en images. Je n'ai pas vu le film, et revoir du John Ford me dit assez peu en ce moment, mais peut être à l'occasion, parce que je crois que ces deux-là pouvaient aller bien ensemble.

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Harelde
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MessageSujet: Re: Richard Llewellyn   Mar 18 Déc 2012 - 9:36

J'aimerai bien le relire. Histoire de voir si sa magie opérerait encore 20 ou 25 ans après...

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