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 Les poètes bretons

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dalchmad
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyVen 21 Mai 2010 - 15:52

Constance a écrit:
Dalchmad, pourrais-tu me donner une traduction, même approximative, du poème d'Anjela Duval ... Les poètes bretons - Page 2 Icon_wink

Je vais regarder celà ce WE, mais je ne suis ni poète ni traducteur, ce sera donc approximatif
sourire
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyVen 21 Mai 2010 - 16:15

dalchmad a écrit:
Constance a écrit:
Dalchmad, pourrais-tu me donner une traduction, même approximative, du poème d'Anjela Duval ... Les poètes bretons - Page 2 Icon_wink

Je vais regarder celà ce WE, mais je ne suis ni poète ni traducteur, ce sera donc approximatif
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Merci à l'avance ... Les poètes bretons - Page 2 807321
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyDim 30 Mai 2010 - 0:23

Benjamin Péret (1899-1959)


Citation :

Benjamin Péret est né à Rezé (Loire-Atlantique un 4 juillet, ce "primitif", qui consacra sa vie à la cause surréaliste et révolutionnaire, eut très tôt la conviction que les forces de l’imagination et celles de l’action révolutionnaire, loin d’être incompatibles, devaient se soutenir et se dépasser mutuellement. C’est de Nantes que Péret déboula en 1920 dans le cercle des dadaïstes parisiens. Il fit plusieurs séjours dans des hôpitaux parisiens et en rapporta une aversion définitive pour l’armée. Sa rencontre avec les jeunes poètes de la revue Littérature fut saluée par Breton comme un de ces hasards objectifs qui scellent un destin. Lors du "procès Barrès", Péret, revêtu d’une capote de soldat français, mais parlant allemand, incarne le "soldat inconnu" venant témoigner contre l’illustre propagandiste. Cette provocation exprimait théâtralement ce qui allait être le caractère constant, et le plus controversé, de la personnalité de Péret : un engagement absolu à la cause révolutionnaire, une hostilité inflexible à tout ce qui s’y oppose : l’armée, l’Église et, bientôt les staliniens.
Il collabore à tous les numéros de La Révolution surréaliste, signe la plupart des déclarations du groupe, mais n’en poursuit pas moins la recherche d’une poésie originale. L’écriture automatique est à l’œuvre, mais son principe moteur, plus que l’association d’idées et la métaphore, chères à Breton et à Eluard, est le saugrenu syntaxique de la phrase, indéfiniment prolongée dans ses parallélismes, ses bifurcations et ses saccades.
En 1927, Péret apporte son concours à la réorientation politique du surréalisme : il adhère lui aussi au parti communiste et collabore à L’Humanité, le temps de comprendre que l’espoir révolutionnaire a déserté un parti en cours de bureaucratisation.
Il suit alors son épouse, la cantatrice Elsie Houston, au Brésil, d’où il sera expulsé en 1931 pour ses activités politiques. À Paris, il retrouve le groupe surréaliste en proie aux dissensions qu’accentue encore la "trahison" d’Aragon.
Signe de cette radicalisation, les poèmes de Je ne mange pas de ce pain-là (1936) sont une bordée d’invectives contre ses cibles préférées, prêtres, militaires, bourgeois. Les années 1934-1936 sont aussi celles de la collaboration avec Picasso pour De derrière les fagots (1934), Ernst pour Je sublime (1936), Tanguy pour Trois cerises et une sardine. Mais la littérature ne lui suffit plus, lors de l’insurrection militaire en Espagne, il gagne la Catalogne comme délégué du parti ouvrier internationaliste, travaille à la radio du POUM à Barcelone, puis s’engage dans la division Durruti et gagne le front d’Aragon.
Il revient à Paris et est mobilisé en 1939 à Nantes et incarcéré pour activité subversives.
Libéré sous caution, il ne tarde pas à franchir la ligne de démarcation pour rejoindre, à Marseille, André Breton, et nombre d’artiste étrangers en attente de visa pour les Etats-Unis. À cause de son passé politique il n’obtient pas son visa et part pour le Mexique où il séjournera six ans avec sa compagne le peintre Remedios Varo. Son intérêt croissant pour la culture indienne le conduit à traduire Le Livre de Chilam Balam de Chumayel (1955) et à établir une Anthologie des mythes, légendes et contes populaires d’Amérique.
Il rentre en France en 1948 et tente de réactiver avec Breton le groupe surréaliste mais à l’heure où tous les chantres de la Résistance prolifèrent, son pamphlet, Le Déshonneur des poètes (1945), dirigé contre toute forme de poésie militante, lui retire beaucoup de sympathies.
Les astreintes de son emploi de correcteur de presse et des conditions de vie difficiles altèrent sa santé. Il meurt le 28 septembre 1959. Sur sa tombe, au cimetière des Batignolles; figure cette épitaphe : "Je ne mange pas de ce pain-là." (Source Ed José Corti)


"La parole est à Péret"

Spoiler:
 







Les poètes bretons - Page 2 Fragilebalancem


Passagers de seconde classe et leurs cheveux



J'y cours

Où courez-vous ?
Nulle part ...
Moi aussi
Alors.


(In Le grand jeu)

Toile "Fragile balance", de Juan Sepulveda
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyMar 15 Juin 2010 - 17:58

Les poètes bretons - Page 2 Gogh-Colline--Saint-Remy-1889-zca


Immortelle maladie


Sur la colline qui n'était inspirée que par les lèvres peintes
les yeux blancs s'ouvrent à la lumière de la fête
et la respiration va mourir de sa belle mort
On dirait qu'une main
se pose sur l'autre versant de la colline
et que les hommes crient
C'était du ciel de Dieu que tombaient les paroles absurdes

Maintenant partons pour la maison des algues
où nous verrons les éléments couverts de leur ombre
s'avancer comme des criminels
pour détruire le passager de demain
ô mon amie ma chère peur


Benjamin Péret

(1924)

Toile "Colline à Saint-Rémy" (1889), de Van Gogh
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyVen 4 Mar 2011 - 17:59

On sonne


Un saut de puce comme une brouette sur les genoux des pavés
une puce qui fond dans un escalier où je vivrais avec toi
et le soleil pareil à une bouteille de vin rouge
s'est fait nègre
esclave nègre fustigé
Mais je t'aime comme le coquillage aime son sable
où quelqu'un le dénichera quand le soleil aura la forme d'un haricot
qui commencera à germer comme un caillou montrant son coeur sous l'averse
ou d'une boîte de sardines entr'ouverte
ou d'un bateau à voile dont le foc est déchiré

je voudrais être la projection pulvérisée du soleil sur la parure de lierre de tes bras
ce petit insecte qui t'a chatouillée quand je t'ai connue

Non
cet ephémère de sucre irisé ne me ressemble pas plus que le gui du chène
qui n'a plus qu'une couronne de branches vertes où loge un couple de rouge-gorges

Je voudrais être
car sans toi je suis à peine l'interstice entre les pavés des prochaines barricades
J'ai tellement tes seins dans ma poitrine
que deux cratères fumants s'y dessinent comme un renne
dans une caverne
pour le recevoir comme l'armure reçoit la femme nue
attendue au fond de sa rouille
en se liquéfiant comme les vitres d'une maison qui brûle
comme un château dans une grande cheminée
pareille à un navire en dérive
sans ancre ni gouvernail
vers une île plantée d'arbres bleus qui font songer à ton nombril
une île où je voudrais dormir avec toi


Benjamin Péret

(Un point c'est tout, suite de onze poèmes, in Feu Central)
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyLun 4 Avr 2011 - 10:52

Les poètes bretons - Page 2 Victor12 Victor Segalen (1878-1919)

Né à Brest, Victor Segalen est poète, mais aussi médecin de marine, ethnographe et archéologue.





Citation :
Après des études de médecine à l' École principale du service de santé de la marine de Bordeaux, Victor Segalen est affecté en Polynésie française. Il n'aime pas la mer, ni naviguer mais débarquer et découvrir. Il séjourne à Tahiti en 1903 et 1904. Lors d'une escale aux îles Marquises, il a l'occasion d'acheter les derniers croquis de Paul Gauguin, décédé trois mois avant son arrivée, croquis qui seraient, sans lui, partis au rebut. Il rapporte en métropole un roman, les Immémoriaux (1907), ainsi qu'un journal et des essais sur Gauguin et Rimbaud, qui ne seront publiés qu'en 1978.

En 1908, il part en Chine où il soigne les victimes de l'épidémie de peste de Mandchourie. En 1910, il décide de s'installer en Chine avec sa femme et son fils. La première édition de Stèles a lieu à Pékin en 1912. En 1914, il entreprend une mission archéologique consacrée aux monuments funéraires de la dynastie des Han. Cette étude sur les sculptures chinoises ne sera publiée qu'en 1972 (Grande Statuaire chinoise). À ce titre, et en ce qui concerne la littérature, il renouvelle le genre de l'exotisme alors encore trop naïf et ethnocentrique.

En Chine, il rencontre un des rares Européens qui s'y trouvent alors, le sinologue belge Charles Michel qui le marque beaucoup et qui lui inspire le personnage de René Leys.

À la fin de sa mission en Chine, il souhaite se rendre en Birmanie avant la fin de 1914 mais en tant que militaire il reçoit le 11 août 1914 une missive l'informant du début de la guerre entre la France et l'Allemagne.

Il mourut accidentellement, selon sa fiche militaire, le 21 mai 1919 dans la forêt de Huelgoat, un exemplaire de Hamlet à la main. Après coup en 1934, l'État français a inscrit son nom sur les murs du Panthéon en tant qu'« écrivain mort pour la France pendant la guerre de 1914-1918".(Wikipedia)





Bibliographie


A dreuz an Arvor, 1899.
L'observation médicale chez les écrivains naturalistes, Thèse, Bordeaux, 1902 (document électronique).
Les Immémoriaux (sous le pseudonyme de Max Anély), 1907.
Stèles, 1912.
Peintures, Gallimard, 1916.
Essai sur l'exotisme – Fata Morgana, 1978 ; nouvelle édition, livre de poche, collect. biblio-essais, 1986.
Dans un monde sonore – Fata Morgana, 2010 ; nouvelle édition



Parutions posthumes


Orphée-Roi, 1921.
René Leys, 1922.
Mission archéologique en Chine (en collaboration avec Gilbert de Voisins et Jean Lartigue), 1923-1924.
Équipée. De Pékin aux marches tibétaines…, 1929.
Voyage au pays du réel (1929)
Lettres de Chine (1967)
La Grande Statuaire chinoise (1972)
Journal des îles (1978)
Le Fils du ciel : chronique des jours souverains (1985)










Éloge et pouvoir de l'absence



Je ne prétends point être là, ni survenir à l'improviste, ni paraître en habits et chair, ni gouverner par le poids visible de ma personne,

Ni répondre aux censeurs, de ma voix ; aux rebelles, d'un oeil implacable ; aux ministres fautifs, d'un geste qui suspendrait les têtes à mes ongles.

Je règne par l'étonnant pouvoir de l'absence. Mes deux cent soixante-dix palais tramés entre eux de galeries opaques s'emplissent seulement de mes traces alternées.

Et des musiques jouent en l'honneur de mon ombre ; des officiers saluent mon siège vide ; mes femmes apprécient mieux l'honneur des nuits où je ne daigne pas.

Égal aux Génies qu'on ne peut récuser puisqu'invisibles, — nulle arme ni poison ne saura venir où m'atteindre.


(Stèles du milieu, in Stèles)
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyLun 4 Avr 2011 - 11:03

Victor Segalen : Stèles





Conseils au bon voyageur


Ville au bout de la route et route prolongeant la ville : ne choisis donc pas l'une ou l'autre, mais l'une et l'autre bien alternées.

Montagne encerclant ton regard le rabat et le contient que la : plaine ronde libère. Aime à sauter roches et marches ; mais caresse les dalles où le pied pose bien à plat.

Repose-toi du son dans le silence, et, du silence, daigne revenir au son. Seul si tu peux, si tu sais être seul, déverse-toi parfois jusqu'à la foule.

Garde bien d'élire un asile. Ne crois pas à la, vertu d’une vertu durable : romps-la de quelque forte épice qui brûle et morde et donne un goût même à la fadeur.

Ainsi, sans arrêt ni faux pas, sans licol et sans étable, sans mérites ni peines, tu parviendras, non point, ami, au marais des joies immortelles,

Mais aux remous pleins d'ivresses du grand fleuve Diversité.



(Stèles orientées)
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyLun 2 Mai 2011 - 17:55

Les poètes bretons - Page 2 Alain-10 Alain Simon (3 avril 1947- 22 avril 2011)



Citation :
Alain Simon, dit le "salé", artiste singulier, esprit nomade, ilien de coeur, tatoueur de mots, poète de la femme, homme de l'amitié et de l'humour acerbe, peintre insolite, amateur de jazz, de musique baroque, de grands vins et d'alcools durs, est né en Bretagne, dans le Finistère. [...] Poète, peintre, romancier, frère des Hommes sans épaules, il fut le pilier et le fer de lance du "Pont de l'Epée" aux côtés de Guy Chambelland. Au terme de cette aventure, qui sera suivie par celle du "Pont de l'Eau", Alain Simon fonde les éditions des "4 fils" où il publie essentiellement de jeunes auteurs.
Il quitte la métropole pour aller vivre à Tahiti en 1989, avec son sac de marin et sa vieille Remington. [...] Après quinze années passées à Tahiti, il a partagé son temps entre l'île de La Réunion, la Bretagne, l'Espagne et le Portugal. (Les Riverains du feu / Ed. Le nouvel Athanor)


Depuis peu, Alain Simon s'était installé dans le sud-ouest de la France.



Bibliographie


Rien le poète (Chambelland, 1974)
La fille en gouache (Chambelland, 1976)
Cérémonies nerveuses (Chambelland, 1977)
Les virtuoses (Le Pont de l'Epée, 1978)
Chérubin (Les 4 fils)
Soeur, gymnaste (Le Pont sous L'eau, 1988)
Tahiti convoitise (H.C Polytram, 1995)
Tatoueuse étrange (H.C Polytram, 1998)
Tabu mon royaume (Librairie-Galerie Racine, 2002)
Natale ou la chinoise esseulée (Le pas de la Colombe, 2004)
Aina le mythomane (Le pas de la Colombe, 2005)
Avec Bertile dans la moiteur (Le pas de la Colombe, 2006)
Marottes d'un ilien priviligié (Le pas de la Colombe, 2007)
Drapés minute (Le pas de la Colombe, 2008)
Les Riverains du feu, une anthologie émotiviste de la poésie française ( Le Nouvel Athanor, 2009)


Citation :
Venait de paraître, "Dans le bleu détruit des fenêtres" (Librairie-Galerie Racine)
Jacmo ne manque d'en rendre compte dans Décharge 149, le désignant comme un surréaliste de la grande époque : « Pas une phrase, pas un vers, qui ne soit frappé de cette inspiration foudroyante » ; et après avoir noté l'omniprésence de la femme, « comme si toute poésie ne pouvait s'envisager en dehors d'elle », il conclut : « Alain Simon associe érotisme et cosmos dans une écriture étincelante et coupante comme du givre d'encre » (Claude Vercey)



On pourra lire une chronique inédite d'Alain Simon : "Dernière nouvelle de Bouton d'Or", à propos d'Yves Martin dans le prochain numéro de la revue "Décharge" (à paraître fin mai 2011 - n° 150)





La pluie, le vent


La pluie, le vent, l'amour ... La question qui se pose est du non usage de ce qui prévaut dans nos neurones, celui de vivre simplement, au gré du temps. Question de pouvoir sur autrui, sans doute, comme de capitaliser l'émotion jusqu'aux frontières de l'absurde.


(Alain Simon, le Mardi 30 novembre 2010)



***



Lenteur mais beaucoup trop machinale
Laissez-moi rire moi le briseur d’églises
le pilleur d’épaves (on le dira plus tard)


Trop pour qui décline facilement son
identité
évidemment c’est un jeu suspect : ainsi
je fus
au déroulement d’un paysage fait
d’épuisantes gouttes
avec toujours plus de cris petits
pépiements d’échos


Et sous la dent comme le même rappel
de ce qui faisait ombre heureuse
déjà regain de mille terrasses possibles
— entrevues utiles
avec faveurs accordées comme échos
quand on est encore gniasse
quelque part dans le Sud près d’un fort
carré
avec fossés et énigmes de suicide


Mais ces concerts qu’on déclarera
confessions
sans jamais prononcer le mot seins
même si l’obsession des tartines
beurrées
et de la poudre de chocolat maintient
en vie
on sait que ça freine sur le ciment avec
tout un gain de pluie heureuse
quand ça vient mais ça ne vient pas
toujours alors on deviendra artiste
autrement dit chat indocile faussement
désinvolte
et pourtant rien n’arrêtera le rythme de
la langue
qui prend soleil et allure de cristal sec


Rien même pas l’élégance d’une
couture nuageuse
ou l’insolite d’une épluchure de patate
dans une rue abandonnée
près de remparts à l’Italienne et que des
enfants chialent
l’œil sale pour avoir trop ignoré l’azur
dans ses mots
dans la géométrie des dimanches ça
viendra plus tard le mauve
d’une échine cuite à point sur des
serments du genre je te friserai
toujours
de quoi enfanter


Mais j’étais déjà beaucoup plus
étranger que ces compagnons
connaissant le secret des chevelures
autrement dit l’absurde
magnifique de la mer



(Extrait de TRISTES GARÇONS, LA MER,
ensemble inédit)


(Poème emprunté au site "Décharge" I.D 327 du poète Claude Vercey qui rend hommage à Alain Simon)


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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptySam 9 Mar 2013 - 9:43

Magnifique site uniquement dédié au recueil de poème Stèles de Segalen www.steles.net ... On peut y trouver tous ses poèmes !
Un vrai coup de coeur pour l'esthétique minimaliste du site : cela me donne envie d'y aller régulièrement pour y me reposer au pied d'une stèle ...
Citation :
Visage dans les yeux

Puisant je ne sais quoi ; au fond de ses yeux jetant le panier tressé de mon désir, je n'ai pas obtenu le jappement de l'eau pure et profonde.

Main sur main, pesant la corde écailleuse, me déchirant les paumes, je n'ai levé pas même une goutte de l'eau pure et profonde :

Ou que le panier fut lâchement tressé, ou la corde brève ; ou s'il n'y avait rien au fond.

o

Inabreuvé, toujours penché, j'ai vu, oh ! soudain, un visage : monstrueux comme chien de Fô au mufle rond aux yeux de boules.

Inabreuvé, je m'en suis allé ; sans colère ni rancune, mais anxieux de savoir d'où vient la fausse image et le mensonge :

De ses yeux ? -- Des miens ?

Stèles - Stèles orientées

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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyLun 2 Sep 2013 - 0:20

.



Allez dire à la ville




Terre dure de dunes et de pluies
c'est ici que je loge
cherchez, vous ne me trouverez pas
c'est ici, c'est ici que les lézards
réinventent les menhirs
c'est ici que je m'invente
j'ai l'âge des légendes
j'ai deux mille ans
vous ne pouvez pas me connaître
je demeure dans la voix des bardes
0 rebelles, mes frères
dans les mares les méduses assassinent les algues
on ne s'invente jamais qu'au fond des querelles

Allez dire à la ville
que je ne reviendrai pas
dans mes racines je demeure
Allez dire à la ville qu'à Raguénuès et Kersidan
la mer conteste la rive
que les chardons accrochent la chair des enfants
que l'auroch bleu des marées
défonce le front des brandes

Allez dire à la ville
que c'est ici que je perdure
roulé aux temps anciens
des misaines et des haubans
Allez dire à la ville
que je ne reviendrai pas

Poètes et forbans ont même masure
les chaumes sont pleins de trésors et de rats
on ne reçoit ici que ceux qui sont en règle avec leur âme sans l'être avec la loi
les amis des grands vents
et les oiseaux perdus
Allez dire la ville
que je ne reviendrai pas

Terre dure de dunes et de pluies
pierres levées sur l'épiphanie des maïs
chemins tordus comme des croix
Cornouaille
tous les chemins vont à la mer
entre les songes des tamaris
les paradis gisent au large
Aven
Eden
ria des passereaux
on met le cap sur la lampe des auberges
les soirs sont bleus sur les ardoises de Kerdruc
O pays du sel et du lait
Allez dire à la ville
Que c'en est fini
je ne reviendrai pas
Le Verbe s'est fait voile et varech
bruyère et chapelle
rivage des Gaëls
en toi, je demeure.

Allez dire à la ville
Je ne reviendrai pas.


Xavier Grall

("Les vents m'ont dit" - éditions Calligrammes, Quimper)



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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyJeu 7 Nov 2013 - 13:57

.


Ordre des choses



Je n'ai rien désappris
des mots de mon enfance.
C'est la même saison que je vois sous la pluie
son auvent, ses volets
ses murs de vieux crépi.


Grand-père est arrivé
roule une cigarette
me prend sur ses genoux.
J'aime l'entendre dire
les mots de son métier
le nom de ses outils
et dans ses bras ouverts
lorsque je m'étonne
d'une science si simple
il m'assure en riant
que l'amitié des mots
c'est dans l'ordre des choses.


Alain Lemoigne


(Extrait de Poètes de Bretagne/ Anthologie/ Charles Le Quintrec/ collec. la petite vermillon)
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyLun 6 Jan 2014 - 13:03

Les poètes bretons - Page 2 0_an-a10  Jean Albert Guénégan


Citation :
Jean Albert Guénégan est né à Morlaix en 1954. Venu tard à la poésie suite à un violent choc émotionnel, il a publié une quinzaine de recueils de poésie, des livres d'artiste et des récits autobiographiques. Il participe aussi aux revues A l'index, Le coin de table, Diérèse, Texture. Il intervient aussi en médiathèques, établissements scolaires et centres culturels notamment lors du printemps des poètes. Pour lui, la poésie fait partie d'un patrimoine génétique commun, il est très investi dans des actions poétiques d'envergure comme la création en 2011 d'un timbre-poste philatélique à l'effigie de Tristan Corbière. De même il participe à des anthologies comme "Nous, la multitude" aux éditions Le temps des cerises en 2011. Son dernier ouvrage "Trois espaces de liberté" est sorti en 2011 aux éditions Editinter. Quelques lauriers comme le prix de la Fédération des bretons de¨Paris en 1993 pour "Visage d'un jour" (Ed. Caractères) et le prix de l'Association des écrivains bretons pour "Poème à demeure" (Ed. Librairie Galerie Racine) en 1997 ont jalonné son parcours. (Le printemps des poètes)



Bibliographie:

Mes quatres jeudis - une enfance à Morlaix, roman autobiographique, 2006, Ed. Anagrammes
L'Homme debout, Voltije éditions, 2004, livre d'artiste (peinture de André Jolivet)
Si patiente était la neige, Ed. Anagramme, 2004
Le temps des jeudis, Ed. La Part Commune, 2003
Un jeudi bleu de songe, Ed. Le petit véhicule, 1998
Poème à demeure, Ed. Librairie Galerie Racine
Visage d'un jour, 1992, Ed. Caractères
Parce que la nuit est née là, sur le sein de l'océan - Livre d'artiste - Coédition Fibres Lignes et la Galerie L'autre rive
Une moitié de ciel, 1989, Ed. An Amzer  





Temps


Me revient le temps
où dimanche était jour sans rives
balade au bord du printemps
gâteaux et pain d'épices
dans un bol de lait frais.


Un jour qui prend racine
me dit que je suis l'enfant
que je n'étais plus ...


Un jour bien né
profile sur vos visages
de grands espaces
qui nous ressemblent.



(Extrait de "Visage d'un jour", in Poètes de Bretagne/ Anthologie/ Charles Le Quintrec/ collec. la petite vermillon)
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyVen 27 Juin 2014 - 16:33

.


Les poètes bretons - Page 2 0_poin10

Pointe de Beg an Fry (Finistère)




Beg an Fry


C'est ici que la mer
montre le bout du nez.

Au-dessus de la lande
des cormorans
sonnent l'hallali.

C'est comme si
la terre aiguisée en pointe
convaincue d'éternité
s'habillait d'un visage
rocailleux et grave.

Là où meurt le néant
et naissent les espoirs
c'est un lieu où vole le vent.



Jean Albert Guénégan


(Extrait de "Une moitié de ciel", in Poètes de Bretagne/ Anthologie/ Charles Le Quintrec/ collec. la petite vermillon)
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Les poètes bretons   Les poètes bretons - Page 2 EmptyVen 27 Juin 2014 - 16:43

Je peux imaginer ce lieu qu'illustre bien le poème et que confirme la photo. merci Constance

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Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche
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