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 LC Afrique - Commentaires

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kenavo
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MessageSujet: LC Afrique - Commentaires   Ven 11 Juin 2010 - 8:29

Je reprends le message de Nezumi du fil comentaires pour la LC Australie/Nouvelle Zélande:


Citation :
Ici on peut poster dès maintenant ses commentaires de lecture.
Si l'auteur a déjà un fil n'oubliez pas d'y faire une copie de votre message. S'il n'en a pas, il mérite alors peut-être que vous lui en ouvriez un!

bonjour

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La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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odrey
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Ven 11 Juin 2010 - 10:34

Quoi, déjà?
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kenavo
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Ven 11 Juin 2010 - 10:40

odrey a écrit:
Quoi, déjà?
réponse: ici Very Happy

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Sénèque
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odrey
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Ven 11 Juin 2010 - 10:48

kenavo a écrit:
odrey a écrit:
Quoi, déjà?
réponse: ici Very Happy

Ok, merci :)
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traversay
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Ven 11 Juin 2010 - 11:58

Vous ne m'en voudrez pas de remettre ce commentaire sur le dernier roman d'Emmanuel Dongala. c'est un vrai coup de coeur.



Photo de groupe au bord du fleuve

Citation :
Ce matin, quand Méréana se réveille, elle sait que la journée qui l’attend ne sera pas comme les autres. Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d’un fleuve africain. Elles viennent d’apprendre que la construction d’un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu’elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher, et que Méréana serait leur porte-parole dans cette négociation.
L’enjeu de ce qui devient rapidement une lutte n’est pas seulement l’argent et sa faculté de transformer les rêves en projets – recommencer des études, ouvrir un commerce, prendre soin de sa famille… Malgré des vies marquées par la pauvreté, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, l’oppression au travail et dans la famille, les “casseuses de cailloux” découvrent la force collective et retrouvent l’espoir. Cette journée ne sera pas comme les autres, c’est sûr, et les suivantes pourraient bien bouleverser leur existence à toutes, à défaut de changer le monde.

La première surprise de Photo de groupe autour du fleuve, du congolais Emmanuel Dongala, est son écriture à la deuxième personne. "Tu te réveilles le matin et tu sais d'avance que c'est un jour déjà levé qui se lève" ; dès le début de son roman, l'écrivain s'adresse ainsi à son héroïne et n'utilisera jamais le "je" ou le "elle" dans son récit. Ce procédé ne tient pas pour autant le lecteur à distance, au contraire, il permet une empathie certaine avec cette femme qui va se révéler à elle-même au fil du livre. Photo de groupe autour du fleuve décrit la lutte d'un groupe de femmes (casseuses de cailloux) pour une rémunération plus juste mais comme le dit l'une d'entre elles : "Question de dignité, mes amies. Nous ne nous battons pas seulement pour un meilleur prix pour nos sacs, mais aussi pour qu'on nous respecte." Dans un pays africain non nommé mais qui ressemble fort au Congo, Dongala décrit l'héroïsme tranquille de femmes sans cesse bafouées et humiliées dans une société qui se veut une démocratie mais qui ne fonctionne que par la corruption et la concussion. Le roman est une sorte de "Feel good Book" dont les bons sentiments ne sonnent jamais de façon niaise, de par la force incroyable de la prose de Dongala, toujours juste et caustique avec un sens de l'humour dévastateur. Intégrées habilement au récit, les histoires personnelles de ces femmes sont marquées par le drame (sida, mariage forcé, grossesse "attrapée dans la rue"...) et la volonté de s'en sortir malgré tout, quitte à casser des pierres pour un salaire de misère, en attendant mieux. Un portrait sans concession d'un pays africain comme beaucoup d'autres, écrit dans une langue chamarrée et ironique, qui a des allures de conte de fées moderne parce que Dongala croit dur comme fer que les femmes sont l'avenir de l'Afrique. Et nous aussi, par la même occasion. Bref, ce livre est une pure splendeur qui se dévore dans un état de quasi euphorie.
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traversay
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Jeu 17 Juin 2010 - 11:07



Loin de mon père

Citation :
Nina revient dans son pays, la Côte d'Ivoire, pour y enterrer son père et organiser les funérailles. Face à la famille, aux parents, aux amis, aux voisins, elle est seule. Elle doit tout apprendre, tout réapprendre: le pays qu'elle a quitté, il y a longtemps, pour vivre sa vie à l'étranger; les règles et les usages dont elle a perdu l'importance. Elle doit trouver le ton juste et la bonne attitude face aux comportements des uns et des autres et elle doit aussi faire face aux mesquineries et aux convoitises des proches, aux prérogatives des anciens, aux demandes multiples qui surgissent en ces instants de grande vulnérabilité. Nina doit ménager les susceptibilités, déjouer les pièges des autorités politiques, comptabiliser de manière tatillonne les dépenses et les recettes procurées par les dons en argent et en nature ou encore choisir le cercueil et le costume du défunt et veiller au respect de sa mémoire

Dans un monde où de nombreux écrivains vivent loin de leurs racines, le retour au pays natal constitue un thème de plus en plus prégnant dans la littérature. Après le Haïti de Dany Lafferière (L'énigme du retour) et la Somalie de Nureddin Farah (Exils), c'est Véronique Tadjo qui raconte, dans un roman fortement auto-biographique, la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui dans Loin de mon père. Un livre qui est comme une lettre à cet homme disparu dont elle découvre son esprit polygame, et de nouveaux frères et soeurs, par la même occasion. Le roman est court mais brasse une variété de thèmes impressionnante : quelle est la place de la femme dans la famille africaine ? Comment vivre entre deux cultures (Véronique Tadjo, comme son héroïne, Nina, a une mère française) ? Que représentent ses racines quand on vit exilée depuis longtemps ? Des questionnements d'autant plus douloureux que la Côte d'Ivoire, après la guerre civile, est un pays exsangue, en perte de repères et d'identité. Loin de mon père n'est pourtant pas un roman larmoyant, bien au contraire, c'est une tragédie-comédie, écrite avec beaucoup de recul et dans un style délié, qui dit la confusion, aussi bien des êtres que d'un pays entier, le rapport aux traditions ancestrales, la corruption du pouvoir etc. Un livre dense et lumineux, comme un témoignage au coeur d'un continent, l'Afrique, qui essaie de se frayer un chemin, escarpé, vers un semblant d'espoir en des jours meilleurs.

"Impossible de dormir. Le coucher du soleil lui apporterait un peu de sérénité. Pourtant, après avoir irradié le ciel de pourpre et d'or, l'astre s'était mis à fondre de l'autre côté de l'horizon. A présent, c'était fini. Il ne restait plus que l'obscurité, dense et inquiétante. Elle détourna le regard du trou noir, ferma le hublot, inclina son siège et tenta de s'assoupir. Les ailes de l'avion tranchaient la nuit. L'angoisse monta en elle, brutale. Dans quelques heures, elle serait à la maison. Mais sans lui, sans sa présence, que restait-il?"
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traversay
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Dim 20 Juin 2010 - 17:01



L'imposteur

Citation :
Adam perd son emploi et décide de quitter Johannesburg. Il se retire dans une maison du bush sud-africain pour écrire. Mais un homme vient perturber sa solitude : il s’appelle Canning et se présente comme un ancien camarade de classe. Adam n’a aucun souvenir de ce prétendu « ami », pourtant il laisse Canning et sa femme Baby entrer dans sa vie. Canning vient d’hériter d’un immense parc animalier qu’il souhaite transformer en luxueux complexe de golf. La démesure du projet ainsi que l’étrange beauté de Baby séduisent immédiatement Adam.

L'apartheid est mort en Afrique du Sud mais la ségrégation existe toujours. Sous une autre forme, implacable, déterminée par les clivages sociaux, la prééminence de l'argent. Le roman de Damon Galgut, L'imposteur, raconte un pays qui, à l'encontre du discours officiel, est loin d'être ce paradis arc-en-ciel, rêve de Mandela hélas utopique, du moins pour l'instant. Dans son dernier livre, Galgut fait une autopsie réaliste de la dégradation des relations humaines dans une nation encore malade de l'apartheid, et livrée au chaos et à l'impéritie. Les mafieux, les anciens tortionnaires, les nouveaux riches se goinfrent pendant que l'écart avec les plus pauvres ne cesse de grandir. Le "héros" de L'imposteur est à la croisée des chemins, faible, loser, fasciné par ses faux amis qui mènent la danse, sans états d'âme. Est-il progressiste ou réactionnaire ? Lui-même est incapable de le dire, exilé dans son propre pays, en pleine dépression. Lent et hypnotique, le roman confirme tout le bien que l'on pensait de Galgut après la lecture d'Un docteur irréprochable. Une voix sud-africaine, à mille lieux du politiquement correct, qui interroge une société et ses dérives. Les couleurs de l'arc-en-ciel sont délavées.
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Arabella
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Ven 25 Juin 2010 - 13:24

Chinua Achebe - Le monde s’effondre


Nous sommes en Afrique à une époque indéterminée, au début du colonialisme. Le personnage principal, Okonkwo, est un homme qui s’est fait tout seul, son propre père n’ayant laissé derrière lui que des dettes. A force de travail, Okonkwo est arrivé à l’aisance matérielle et à la reconnaissance de ses qualités dans son clan, dont il est devenu un des notables. La première partie du livre nous décrit la vie dans ce village africain isolé, entre les travaux d’agriculture, les cérémonies rituelles, la vie au quotidien dans la famille. Avec tout le poids des traditions. Puis, par accident, Okongwo tue un homme et il est bannit pour 7 ans dans le village de sa mère. C’est vraiment la césure du livre, parce que non seulement cet exil signifie un peu la fin de son ascension pour Okongwo, mais c’est aussi pendant cette période que les colonisateurs font apparition dans le monde qu’il connaît, et modifient complètement les règles de vie dans le monde. Et après son retour à son village, Okongwo ne retrouvera pas le monde tel qu’il l’a connu et dans lequel il avait su se bâtir sa place, mais un univers complètement transformé, dans lequel il n’a plus vraiment de façon d’exister que le satisfasse.

Le livre est indéniablement intéressant, la description du monde ancestrale faite avec des détails qui fixent l’attention, l’auteur montre à la fois les bons et les mauvais côtés de cette société, de même son personnage principal est un homme par certains aspects attachant, mais aussi quelqu’un de très dur, qui peu rendre la vie de sa famille très pénible. Il ne tolère aucune faiblesse chez lui-même ni chez les autres. En même temps je n’ai pas trouvé ce roman complètement abouti, les personnages sont un peu vu comme de l’extérieur, on ne comprend pas toujours leurs motivations ni leur évolution, comme pour la conversion au christianisme du fils aîné d’Okongwo. La manière de s’installer des missionnaires, et l’instauration du régime colonial est aussi très simplifiée, les choses arrivent, comme la nuée de sauterelle, et du jour au lendemain tout est installé. Cette sorte de césure entre deux mondes, instaurée en quelque sorte par le meurtre et l’exil qui en résulte, et le retour vers un monde complètement différent a un côté un peu artificiel.

Mais malgré ces réserves, encore une fois c’est un livre intéressant et facile à lire.

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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Jeu 1 Juil 2010 - 10:18

Taxi




Des chauffeurs de taxi racontent des bouts de leur vie, leur ville, leur pays, l'argent, la corruption, la censure, la religion, la pauvreté, la rébellion... Des anecdotes de vie comme un carnet de voyage dans les rues grouillantes du Caire.

Ça rappelle, évidemment, l'état d'esprit un peu rebelle, prisonnier d'un carcan, qu'on voit dans des œuvres comme Persepolis. Le tout traité avec une certaine légèreté, du fait du "format" : des bouts de conversation, des cris dans le silence, des choses qui mettent mal à l'aise ou qui font adhérer, ou qui questionnent. Mais finalement, comme les conversations prises dans l'instantané, on apprend pas grand chose de ce que l'on sait déjà, on oublie assez vite l'histoire précédent celle que l'on lit juste après, comme quelqu'un croisé dans la rue qui nous raconterait un truc plus ou moins incroyables : on prend le temps de l'écouter, de l'entendre, mais petit à petit ça s'efface, ne laisse que peu de traces.

Ça se lit bien, ça se lit vite, ça n'apprend rien mais ça dit beaucoup. C'est intéressant mais peu original, ça manque de chair, de corps, de vitalité, de style.
Ça tient plus de la chronique journalistique. Genre : anecdote du jour qui fait un peu réfléchir entre le café et le croissant.


Cela dit, le fond est bon, c'est la forme qui me convient peu. Mais je pense que c'est aussi du à l'habitude que doit avoir l'auteur de faire des concessions, de faire passer la pilule, de s'auto-censurer. La forme en prend un coup parce qu'il faut être prudent, faire sourire, sembler être un "simple" divertissement pour ne pas risquer d'avoir à faire avec les autorités.

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Bédoulène
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Mer 7 Juil 2010 - 23:29

"le jujubier du Patriarche" Aminata Sow Fall (Sénégal)

Yelli et sa famille vivent modestement en appartement dans une grande ville du Sénégal. Tacko sa femme est amère, jalouse, méprisante envers son mari ; elle supporte difficilement leur situation actuelle - la petite entreprise d'Yelli ne leur assurant plus de revenus, la famille a du quitter la belle maison qu'ils occupaient.
Yelli se sent toujours auréolé de ses origines sociales héritées de ses glorieux ancêtres de l'épopée "l'Almamy Sarebibi et Doumania", position que lui reproche vivement Tacko seule ancrée dans la réalité de la vie moderne actuelle en ce 20ème siècle.
Yelli perpétue la tradition suivie depuis des siècles : la famille des maitres élève l'enfant de l'esclave comme leur propre enfant.
Naarou l'enfant de Penda est donc également la fille de Tacko qu'elle appelle maman et de Yelli appelé oncle. Naarou est très attachée à Bouri l'enfant de Tacko et Yelli. La situation du mari de Naarou, professeur, fait d'elle aujourd'hui une femme aisée, Tacko de plus en plus amère et jalouse repousse Naarou et la traite d'esclave.
Naarou au caractère affirmé décide alors de revendiquer elle aussi en tant que descendante de Warèle l'Esclave, sa place dans l'épopée.
L'un des griots resté fidèle à la famille de Yelli, malgré sa nouvelle situation, le soutient.
Après des pluies très abondantes Yelli apprend que le jujubier planté près de la tombe de l'Almamy à Babiselly et devenur stérile après avoir perdu sa sève d'une branche cassée, renait. Il décide alors, et en fait part à Naarou et Penda, de se rendre à Babiselly en pélerinage sur la tombe de l'Almamy.
Toute la famille, et celle de Naarou, laquelle s'est rapprochée de Tacko vieillissante et malade, entreprennent les préparatifs et partent sur Babiselly.
Le village les accueille chaleureusement et se rend sur la tombe du Patriarche où Yelli constate la rennaissance du jujubier dans lequel peut-être l'âme de l'Almamy se manifeste.
Naarou, à la voix mélodieuse, délivre alors le chant de l'épopée et tous l'écoutent. C'est ce long chant poétique qui conte l'épopée de l'Almamy père de l'Almamy sarebibi qui épousa la superbe Doumania dont il était amoureux mais qu'il refusa d'aimer encore car il se devait de se garder Homme résistant à toute passion. Doumania n'acceptant pas d'être repoussée, se réfugia dans le ventre de la baleine Toura et y demeura de longues années. L'Almamy du combattre durant 11 ans contre plusieurs adversaires valeureux dont Gualedio le chasseur - père de Doumania.
C'est grâce à la petite-fille (ancêtre de Naarou) de l'esclave de l'Almamy que Yelliména - fils de Sarebibi et Doumania - pu délivrer sa mère du ventre de Tarou. Une lance destinée à l'Almamy Sarebibi atteignit Doumania qui mourut.
Tacko retrouva auprès du jujubier l'envie de vivre.
La famille se promit de revenir l'an prochain en pélerinage à Babiselly.


Une écriture colorée, musicale, poétique. Une réflexion sur la mémoire, la transmission des savoirs, des traditions, de la religion ; mémoire qui donne les armes pour appréhender le monde moderne sans perdre son âme et dans le respect de tous. L'auteure illustre ce fait par l'attitude de Tacko qui a "oublié" la tradition de l'esclave et par celle de Naarou peinée par les propos de Tacko.
Chacune dans leur siècle Doumania et Naarou sont des femmes indépendantes et puissantes.
La situation des femmes par rapport à la polygamie évolue, certaines acceptent mal le partage.
Quant au chant, quelle poésie dans le combat, l'amour ou la mort.

Un petit livre qui procure un grand plaisir de lecture.

je vais poursuivre avec cette auteure.

extraits sur le fil d'auteur



_________________
Celui qui ne dispose pas des deux tiers de sa journée pour soi est un esclave. » Friedrich Nietzsche


Dernière édition par Bédoulène le Jeu 8 Juil 2010 - 18:42, édité 1 fois
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traversay
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Jeu 8 Juil 2010 - 18:31



Le piment des plus beaux jours de Jérôme Nouhouaï

Citation :
Nelson Kangni est un étudiant en deuxième année de droit. Il partage un
deux-pièces avec deux autres étudiants : Jojo, sapeur, obsédé par les
filles et l'argent, et Malcolm, intellectuel panafricain. D'ordinaire
studieux, le jeune Nelson est perturbé par Josiane, fille d'ancien
ministre, beauté fatale. La belle est farouche, et son père vigilant.
Tandis que l'affreux Jojo trombine à qui mieux mieux la jeune bonne de
la famille da Silva, Malcolm rumine de sombres pensées : les Libanais
sont la gangrène du pays, explique-t-il à un Nelson dubitatif, ils sont
avides, racistes, sans foi ni loi.

Du sexe (beaucoup), de la politique (pas mal) et des études (un peu),
voici de quoi est fait le quotidien de Nelson et de ses amis, étudiants
béninois. Le piment des plus beaux jours, le roman de Jérôme Nouhouaï
est un mélange détonant de plaisirs immédiats et de préoccupations plus
profondes, dans un quotidien marqué par la violence, l'injustice, la
place des femmes dans une société machiste et, surtout, la xénophobie,
rampante, qui éclate au grand jour quand un groupe terroriste s'en
prend aux citoyens d'origine libanaise. L'écriture de Nouhouaï est
crue, paillarde, virevoltante, rappelant parfois le style de Mabanckou.
L'auteur est roué : derrière la description de la dolce cita
insouciante de ses héros, obsédés par leur désir de copuler ad libitum,
il dénonce avec virulence une société pourrie jusqu'à la moelle, où le
pouvoir corrompt, et prête à se jeter sur n'importe quel bouc
émissaire, de préférence étranger, pour venger les inégalités sociales,
insupportables. Nul doute que Jérôme Nouhouaï aime son pays mais il ne
le ménage pas dans ce premier roman pimenté et cavaleur.


Jérôme Nouhouaï est né à Abomey en 1973. Il exerce actuellement dans un institut de recherche au Bénin. Le piment des plus beaux jours, son premier roman, est paru chez Le Serpent à Plumes, en mars 2010.
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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Ven 9 Juil 2010 - 13:57

Dons, de Nuruddin Farah (Somalie).

Citation :
Avec le talent qu'on lui connaît, Nuruddin Farah nous fait entrer au cœur de la réalité somalienne et nous détache d'une vision "exotique" de la littérature africaine, s'attachant aux cheminements individuels plus qu'aux péripéties. Les dialogues portent l'argumentation originale et pénétrante de Nuruddin Farah, et la manière tout à fait personnelle de ce grand auteur de poser des questions profondes, ici sur la valeur de l'aide humanitaire et des "dons" de l'Occident à l'Afrique. "Dons" est le deuxième volet de sa trilogie comprenant "Territoires", "Dons", "Secrets".
Le don est au cœur de ce livre. Sous toutes ses formes : don des puissants aux plus pauvres (aide financière, aide alimentaire…), don de l’épouse à l’époux, don de la mère à ses enfants, don d’un parent expatrié aux siens restés au pays… Ce que reçoit le bénéficiaire, ce qu’en tire le donateur.
Mais ce livre reste un roman ; ce n’est pas un essai sur la situation en Somalie et plus généralement dans les pays du Tiers-monde. Nous suivons les pays de Duniya, mère de 3 enfants, deux jumeaux nés de son premier mari aveugle et beaucoup plus âgé qu’elle et une fillette conçue avec son second mari, journaliste et alcoolique de son état. Mariée deux fois mais jamais amoureuse, elle rencontre Basaaso au hasard d’une pénurie de carburant qui paralyse la capitale.
Un livre très agréable qui nous montre le quotidien de cette famille somalie habitant Mogadisho. Une écriture que j’ai trouvé très intéressante, vive, alerte mêlant narration et nombreux dialogues.

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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Sam 10 Juil 2010 - 20:26

La navigation du faiseur de pluie / Jamal Mahjoub



Nous suivons Tanner le personnage principal de ce roman, de la Grande-Bretagne au Soudan. De père soudanais, il ne se sent pas vraiment à sa place en Angleterre, son mariage n’a pas marché, et il décide de partir au pays de son père pour s’y installer. Il travaille comme une sorte d’accompagnateur d’expédition dans une société aux activités mal définies (prospection de pétrole ? d’uranium ? espionnage ?), ses tâches semblent des moins contraignantes. Le pays est au bord du chaos, un couvre feu est en vigueur, le fondamentalisme islamique gagne du terrain. Et la guerre s’intensifie dans le Sud, alors que la sécheresse fait des ravages. A la suite d’une expédition qui a mal tournée (une jeune femme y a trouvé la mort), Tanner se voit proposer d’accompagner dans ce Sud de tous les dangers un mystérieux Américain.

J’ai été déçue par ce roman, à mon sens le moins réussi des quatre que j’ai lu de cet auteur. Les thèmes présents dans ces autres livres sont toujours là, mais développés d’une façon beaucoup moins convaincantes, paresseuse aurais-je envie de dire. Nous ne savons finalement pas grand-chose du personnage principal ni de ses motivations, l’accident dans lequel est morte la jeune femme et ses conséquences sont des plus vagues et le fin n’est pas convaincantes du tout.

Je ne conseille donc pas à ceux qui voudraient découvrir Jamal Mahjoub de commencer par ce roman.

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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Dim 11 Juil 2010 - 15:45

L’hibiscus pourpre / Chimananda Ngozi Adichie



Il s’agit du récit fait par une adolescente, d’une période significative de sa vie. Vie de famille avant tout, dominée par un père omniprésent, autoritaire et violent, jusqu’à la pathologie. Il s’est fait tout seul, parti de son pauvre village il est devenu un homme riche et puissant, et il entend régner de façon absolue sur sa famille, fixant avec une précision maniaque, à la minute près l’emploi du temps de ses enfants, et déchaînant pour un rien une grande violence. Catholique pratiquant, il prend appui sur la religion pour dominer les consciences et asseoir sa domination. Une ouverture sur un autre monde, le foyer de la sœur, la tante des enfants va faire entrevoir aux membres de la famille qu’une autre vie est possible, une autre façon de fonctionner. Et le drame va arriver. Tout cela dans un pays au bord du chaos, entre coup d’état, pénuries de toutes sortes, et violences.

Un roman très efficace, très bien construit, on suit l’histoire des personnages en se demandant comment cela va bien pouvoir se terminer. Les personnages sont complexes, le père a beau être un tyran dans son foyer, il s’oppose aux militaires, risque probablement sa vie, aide de nombreuses personnes. Sa fille, malgré son désir de vivre autrement, ne se débarrasse pas d’un attachement très profond pour lui. Et la religion est vue d’une façon très différente dans le foyer de la tante, et sous les traits au combien séducteurs du père Amadi. L’image de l’Afrique est à la fois dure, mais pas misérabiliste.

Un excellent roman qui donne envie de lire d’autres livres de l’auteur.

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MessageSujet: Re: LC Afrique - Commentaires   Lun 19 Juil 2010 - 22:15

La Route de la Faim
The Famished Road
Ben Okri


Azaro est un enfant-esprit, c’est à dire que contrairement aux autres esprits, il a choisi de quitter le paradis des esprits et leur vie facile pour vivre sur terre, pour faire le bonheur d’une mère, mais que cela soit dit, les autres esprits lui ont promis une vie difficile, semée d’embûches. Qu’à cela ne tienne Azaro naît. Et c’est ainsi qu’il nous raconte sa vie et celle de ses parents dans son quartier, qu’il explore sans cesse, en tous sens, sans relâche, et parfois il disparaît involontairement au cours d’aventures peu banales. Azaro n’est pas comme les autres, il peut voir les esprits, les bons et les mauvais, ceux qui gravitent sans cesse autour de lui et qui parfois l’entraînent avec eux.
Azaro raconte la vie difficile de ses parents qui se tuent à la tâche pour ramener de quoi manger, son père manutentionnaire et sa mère qui fait les marchés. Il y a aussi Madame Koto, un personnage formidable qui tient un bar et qui est aussi un peu sorcière à ses heures. Elle tient à ce qu’Azaro soit présent chez elle tous les jours pour attirer les clients dit-elle, en fait ce serait plutôt le contraire ; quand Azaro est là il se produit toujours des événements bizarres. Le bar est le théâtre de bien des scènes : de bagarres, de meetings politiques, de confidences, de beuveries sans fin, de combats de boxe….Azaro raconte bien aussi les manipulations et les campagnes des partis politiques, celui des riches et celui des pauvres, mais quel que soit le parti, leurs visites dans son quartier se terminent souvent en émeutes ou en scènes violentes.

Un bon livre, qui allie avec beaucoup de finesse réalisme et magie / fantastique – un mélange que je prise habituellement peu, en particulier chez les sud-américains. On ne peut s’empêcher d’être entraîné dans les aventures parfois abracadabrantes d’Azaro, parce que la toile de fond est parfaitement réaliste. La vie de cette petite ville et de ses habitants est parfaitement décrite, les querelles de voisinages pourraient aussi bien avoir lieu sur le pas de vos portes, les disputes du couple, les corrections que prend Azaro…tout cela rend le roman profondément attachant et il n’est pas pesant de se laisser entraîner dans les rêves et les délires d’Azaro l’enfant-esprit. Le style d’Okri est magnifique, à la fois minutieux, léger et poétique. Un beau roman, (malheureusement un peu long pour moi) et un Booker mérité !

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'Si vous ne lisez que ce que tout le monde lit, vous ne pouvez penser que ce que tout le monde pense.' - Haruki Murakami.
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