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 Annie Leclerc

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coline
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MessageSujet: Annie Leclerc   Mer 16 Juin 2010 - 21:55



ANNIE LECLERC

Je découvre Annie Leclerc. Seul son nom m’était familier.

Il y a deux ans à peu près, Nancy Huston, qui l’avait pour amie, lui a consacré un ouvrage : Passions d’Annie Leclerc.
J’en ai noté le titre, me disant qu’il valait mieux peut-être, avant de le lire, connaître un peu l’œuvre d’Annie Leclerc.

Annie Leclerc ( 1940- 2006) était philosophe et professeur. Elle a mis un temps sa carrière professorale entre parenthèses pour se consacrer à l'écriture.
Elle s'est imposée comme une figure majeure du féminisme, signant par exemple le Manifeste des 343 salopes publié dans Le Nouvel Observateur en 1971.
Son succès est venu en 1974 avec Parole de femme dans lequel elle prend des positions féministes qui la marginalisent et la séparent de sa complice Simone de Beauvoir. Pour elle la femme serait valorisée par la maternité… et par tout ce qui s’attache traditionnellement au féminin, mais elle revendique heureusement la liberté d’avoir accès à ce qui compte : la pensée! Elle se méfie du carriérisme et du pouvoir.
Féministe rebelle, elle parle dans toute son œuvre d’une quête inlassable de la joie et de la jouissance.

Annie Leclerc collabore à différentes revues comme Les Temps modernes.
Cette femme de lettres engagée fut aussi très active au sein de la Maison des écrivains.

Elle s'engage également dans une autre cause, celle d'offrir une dignité, essentiellement par l’écriture, aux prisonniers. Elle anime pendant presque vingt ans des ateliers d'écriture dans les prisons de la région parisienne, tout en se battant pour démontrer l'inhumanité de l'incarcération.

Bibliographie :

Le Pont du nord, roman (1967).
Parole de femme (1974). Réédité aux Ed. Actes Sud, coll. « Babel » (2001)
Epousailles (1976).
Au feu du jour (1979)
Hommes et femmes (1985).
Le Mal de mère (1986.
Origines (1988).
Clé (1989).
Exercices de mémoire (1992).
Toi, Pénélope (2001).
Eloge de la nage (2002).
L'enfant, le prisonnier (2003).
L'Amour selon madame de Rênal, préface de Nancy Huston (2007).
Paedophilia ou L'amour des enfants, préface de Nancy Huston, (2010).
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coline
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Mer 16 Juin 2010 - 22:04

Prochainement, sur ce fil, commentaire de Toi, Pénélope !...(dès que j'ai un moment... )
Extrait:
"Peut-être, songes-tu maintenant, le malheur vient-il de ce que les hommes et les femmes ne pleurent pas ensemble, longtemps, longtemps enlacés...
A la fin Ulysse sorti de la légende ne serait plus ni héros, ni conquérant, ni massacreur de villes, mais Personne, ou Quiconque, ou Tout-homme, un tout-humain, un vieillard mendiant, ayant beaucoup souffert et très longtemps cherché une vie entière tout ce qui se peut chercher, mais seulement désormais comment mourir en paix parmi les siens.
Toi Pénélope, tu t'avancerais vers lui, ayant retiré toutes parures et parades. En mortelle prête à mourir, tu lui donnerais l'hospitalité sans réserve, n'ayant rien à lui transmettre que ce qui ne t'appartiens pas et te fut seulement confié, la vie, Télémaque, Mélantho, la terre d'Ithaque, la promesse des oliviers."



Mais vous n'êtes pas obligés d'attendre le commentaire, vous pouvez vous précipiter sur ce titre, je l'ai dévoré!...Et j'ai déjà commandé deux autres ouvrages d'Annie Leclerc :
- Le mal de mère
- L'enfant, le prisonnier


Dernière édition par coline le Jeu 17 Juin 2010 - 12:07, édité 1 fois
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odrey
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Jeu 17 Juin 2010 - 8:56

Ca a l'air intéressant. Rien que ce titre déjà! Toi, Pénélope! Ca m'interpelle (quelque part...).
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coline
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Jeu 17 Juin 2010 - 12:06

odrey a écrit:
Ca a l'air intéressant. Rien que ce titre déjà! Toi, Pénélope! Ca m'interpelle (quelque part...).

Alors vas-y...Je ne pense pas que tu le regrettes...
Le retour d'Ulysse à Ithaque...On connaît...Plus ou moins...J'avais oublié le carnage...
Oui, le retour d'Ulysse, de nombreux extraits courts de l'Odyssée pour mieux construire le personnage principal qui est ici Pénélope...

" J'ai repris le récit d'Homère sans en rien modifier.Je me suis faufilée en lui comme j'ai pu, sans en déranger l'ordonnance, sans en froisser les plis, sans trop, je l'espère, en ternir la beauté.
[...] Pas plus que Pénélope, je ne sais arrêter la violence, la vengeance, le meurtre. J'essaie juste de comprendre comment ça se fabrique, d'observer sous mon voile, de dénouer ce qui peut l'être, de sauver ici ou là une aurore, un enfant, une servante, et de guetter ce qui s'en vient."
(Annie Leclerc dans l'Avant-propos)
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odrey
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Jeu 17 Juin 2010 - 12:40

Ce ne sera pas pour tout de suite car je dois lire Antigone de Bauchau avant. Et il faut que je ponde mon billet sur Louis-Combet. Mais je note pour plus tard.
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coline
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Jeu 17 Juin 2010 - 14:22

odrey a écrit:
Ce ne sera pas pour tout de suite car je dois lire Antigone de Bauchau avant. Et il faut que je ponde mon billet sur Louis-Combet. Mais je note pour plus tard.

Que de bonnes lectures!
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Lun 21 Juin 2010 - 19:42

TOI, PENELOPE

Depuis deux ans, j’avais gardé dans un coin de ma mémoire ce titre d’Annie Leclerc.
Le moment était venu, avant d’aborder le livre de Nancy Huston, Passions d’Annie Leclerc, de découvrir cette auteure dont je savais seulement qu’elle fut une féministe ayant attiré les foudres des autres féministes de l’après 68, ce qui n’était pas forcément (féministe moi aussi, à ma manière) pour tout à fait me déplaire…
Il me reste encore à découvrir quel genre de féministe elle fut, mais je n’ai pas souhaité commencer avec Parole de femme.
Plutôt commencer avec un roman- portrait de femme (et quelle femme !... Pénélope !...)me plaisait davantage.

« On ne disait jamais rien de Pénélope sinon qu'elle était fidèle. ce qui ne disait rien. "Fidèle" ne suffisait à caractériser quiconque, "être fidèle" ne pouvait remplir vingt ans de vie, ne remplissait même rien du tout, n'existait pour ainsi dire pas, n'était pas une vie. On ne pouvait aimer une femme, la regretter pendant vingt ans simplement parce qu'elle était "fidèle". Il fallait bien qu'il y eût autre chose. mais quoi ?. »
Annie Leclerc

Annie Leclerc part du texte d’Homère, qu’elle cite ponctuellement, très souvent. Morceaux choisis où elle lit entre les lignes, donnant, dans son récit à elle, la toute première place à Pénélope à qui elle s’adresse, « Toi, Pénélope ».
Des questions sont posées qui ne le furent jamais…et des hypothèses imaginées proposées au lecteur…Imagination servie par une écriture assez simple mais remarquable à laquelle j’ai accroché tout de suite :

- « Mais comment fait-on pour traverser un si grand chagrin ? Pour joindre aujourd’hui à demain et le matin au soir, et de nouveau la nuit tombante à l’aube nouvelle ? Comment fait-on pour ne pas mourir ?
[…]Et pourtant, sans savoir comment, cela s’était fait. Tu n’étais pas morte.
Il faut croire que les jours savaient d’eux-mêmes se glisser dans les nuits, et les nuits comment s’effacer dans les jours. »

[…] A l’ombre d’Ulysse le ciel eût été moins vaste, les humains moins étranges, les journées moins longues. Les enfants moins déchirants de beauté, le monde moins énigmatique. Trop pressée de répondre tu n’aurais pas trouvé le temps d’interroger.
Si Ulysse était demeuré en Ithaque, pensais-tu alors, je n’aurais eu ni le temps ni la place de rêver, de changer de rêves, d’attendre, de craindre, de douter, de deviner, de croître en esprit, ce qui veut dire aussi, en liberté…
[...] Tu t’étonnais, te retrouvant seule, du plaisir étrange à te mouvoir en silence dans ton esprit, à t’y risquer, à t’y affermir.
[…]L’absence d’Ulysse avait retourné, labouré, irrigué le champ de ton coeur. Il devenait plus vaste, plus exigeant, plus fécond. »

Ulysse avait fait promettre à Pénélope de se remarier et de quitter Ithaque lorsque leur fils Télémaque serait parvenu à l’âge d’homme…
Vingt ans ont passé avant qu’Ulysse revienne…On connaît cette histoire…On sait tous les détours, les aventures de l’homme… Mais qu’en fut-il pendant tout ce temps de son épouse ?...Un modèle d’épouse, la mère de son enfant, la belle, l’aimante, la patiente Pénélope !…
Qu’en fut-il pour elle lorsque Télémaque est devenu un homme ?
Qu’en fut-il de Pénélope devant les changements survenus alors au Palais ?

« Une vigueur de jeunesse brouillonne et de virilité braillarde troublait maintenant jour et nuit la langueur du Palais d’Ulysse si longtemps assoupi dans la besogne patiente et sans éclats des femmes, les jeux des enfants et les souvenirs des vieux serviteurs. »

« La roue tournait.[…] Une odeur de jeunesse, odeur des corps vigoureux se cherchant, se heurtant, se frottant, une odeur de fête, de faim, de feu, de folie rieuse montait jusqu’à tes appartements.
[…] Au début, c’était comme un grand vent venu de la mer quand on se tient bien à l’abri dans sa demeure. Un rafraîchissement de l’âme toute entière, un élargissement de la poitrine, un goût de promesse revenu, une attente de volupté sans visage…
Mais la mer était en colère et ses vagues soulevées monteraient jusqu’à toi. »

Et comment Pénélope vécut-elle le retour d’Ulysse ?

« Ulysse, le tant attendu, que ce ne soit plus jamais lui, ou alors lui à jamais. Dans un instant, gémit ton cœur, ici, maintenant, ce sera jamais plus, jamais plus le rêve, jamais plus l’attente, dans un instant, à jamais… »

« C’est lui, bien sur, mais qui ?
Non pas celui qui, vingt ans durant, a hanté tes rêves, le jeune homme aux belles boucles, le roi tout neuf, rutilant, généreux, indestructible, mais Ulysse pour de vrai, homme pesant, usé, changé, Ulysse revenu de l’autre côté des mers et peut-être de la mort, ayant connu plus de merveilles, affronté plus de monstres et de chagrins que tu n’en peux concevoir, Ulysse assombri, irrité et brûlant… »

« Ton bien–aimé de vingt ans ne résistera pas à la puissance de celui d’aujourd’hui. Ulysse revenu t’arrachera du cœur le tendre fantôme de tes nuits. »

Viendra l’heure de la reconnaissance d’Ulysse par tous, mais aussi l’heure terrible du carnage qu’il va commettre en complicité avec son fils Télémaque …

« C’est ainsi que le malheur passe de mains en mains, non pour se résoudre mais pour s’augmenter. »

« Ce qui va arriver n’était pas prévu dans la légende d’Ulysse. Ce que va faire le héros, il n’aurait pas dû le faire.
A moins qu’il ne faille penser que de héros il n’y a pas. Que l’homme le plus accompli, qui a tant voyagé, et connu les hommes, et enduré, est aussi un homme ordinaire. »

Viendra l’obligation pour Ulysse d’un nouveau départ…
Mais « Toi, Pénélope ? »

« Peut-être, songes-tu maintenant, le malheur vient-il de ce que les hommes et les femmes ne pleurent pas ensemble, longtemps, longtemps enlacés… »


Dernière édition par coline le Dim 27 Juin 2010 - 17:02, édité 1 fois
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coline
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Dim 27 Juin 2010 - 16:52



L’ENFANT, LE PRISONNIER


« Il n’y a pas de mots plus forts, plus pénétrants,
plus aigus que ceux du prisonnier
en train d’écarter les barreaux qu’il a dans la tête »

Philosophe et professeur de philosophie, Annie Leclerc a animé pendant plus de quinze ans des ateliers d’écriture dans des prisons parisiennes (années 70 à 90). C’est de cette expérience qu’il s’agit dans ce livre, L’enfant, le prisonnier. Une expérience qui va entraîner pour elle-même de grands bouleversements dans « sa représentation des hommes, des femmes, des enfants, d’elle-même, de sa vie ». Une prise de conscience, une connaissance du milieu carcéral et la détermination ferme de s’engager dans le combat pour offrir une dignité aux prisonniers (sous l’influence des recherches de Michel Foucault). Cet ouvrage, elle s’était fait le serment de l’écrire.

« Que je meure si je vous oublie. »

En face d’elle dans ces ateliers des hommes devenus des « prisonniers » : ils ne sont plus que cela. Ce qu’ils ont fait pour en arriver là, Annie Leclerc ne le sait pas, ne veut pas le savoir. Ils se sont inscrits pour l’activité d’écriture, et c’est tout ce qui compte. Pour cette activité, ils renoncent à la promenade et elle s’inquiète, se demande si elle pourra jamais « leur apporter mieux, plus qu’un morceau de ciel. »

Quand ils lui demandent pourquoi elle est là, elle avance ses arguments de professeur : les bienfaits de la lecture, de l’écriture, de l’approfondissement de la pensée, de l’imagination, de l’expression…Un peu gênée, elle leur retourne la question : « Et vous pourquoi venez-vous ? » Ce à quoi, l'un d’entre eux répond : « pour fabriquer du sens »…Et un autre qu’il voulait « écarter les barreaux qu’il avait dans la tête. » Rien ne les oblige à poursuivre et pourtant ils sont là, dans cet espace « où respirer entre les barreaux écartés. »

« L’infans , l’enfant ;étymologiquement, celui qui ne parle pas. Ce qu’elle cherche en tout prisonnier qui vient à elle, c’est l’instant étonnant, l’étonnant lui-même, où s’ouvre une brèche dans le sans-voix d’enfance. »

Pour accéder à la parole, il faut l’écoute de l’autre. Dans un espace d’humanité, s’est engagé un échange, une quête. Annie Leclerc précise bien qu’elle ne parle pas de salut. Mais s’appelant par leur prénom, chose extraordinaire en prison, ils se sont mis ensemble à philosopher « au cœur large de la caverne sans violence »… Ils s’animent du désir de savoir, de comprendre, d’exprimer…Oui c’est ici possible et il n’est pas trop tard…Il n’est jamais trop tard…Il y a le temps et l’espace pour l’intelligence et la parole. Ils écrivent, puis ce qui s’écrit se lit à haute voix, s’écoute, se commente.

« A l’intérieur du dedans, au fond du fond, l’eau de la soif, le pain de la faim, le trésor, la lumière… »

Surprise, Annie Leclerc est emportée autant qu’eux par « l’efflorescence des mots » et « l’écoute partagée ». Elle se sent « bien, libre, élargie ».

Michel, au bout du couloir, un jour à la fin de l’atelier, lui fait un petit signe de la main. La fois suivante, il est absent. Mais il revient quinze jours plus tard. Et quand elle lui demande pourquoi cette absence, il répond seulement que « parfois c’est trop dur. Rien d’autre. Elle ne saura pas ce qui est trop dur. De venir ou de repartir. »


J’espère que mon commentaire donne un peu à saisir la force de cet ouvrage, aussi la beauté simple de l’écriture d’Annie Leclerc. J’insiste sur la rencontre de cette femme avec « une autre sorte d’hommes. Comme elle n’en avait encore jamais connu au-dehors. Des mutants d’un genre très spécial »… Sur l’importance de cette rencontre pour eux, pour elle…Mais elle a eu, à travers cet atelier, accès à l’univers carcéral et elle n’aura de cesse de vouloir faire entendre sa voix sur le traitement de la délinquance, la politique pénitentiaire, la violence, la revanche, la punition. Le livre parle aussi de cela.

« Son dessein à elle, qui maintenant écrit, n’est pas d’accuser, ni à l’inverse d’absoudre, mais de prendre la mesure des murailles de l’invisible. Puis, forçant le passage de l’obscur, tenter de donner à voir ce qu’on ne voit pas. »


« Il faut le temps de rendre grâce à on-ne-sait-qui d’avoir été conduite là où on n’aurait jamais pensé se rendre soi-même .»


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coline
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Jeu 8 Juil 2010 - 19:33

Le mal de mères

Quatre belles nouvelles d’Annie Leclerc ont été regroupées sous ce titre édité en 1986…Elles ont en commun de raconter des histoires touchantes, voire bouleversantes…Dans chacune bien sûr, une mère ou une grand-mère en héroïne…

- Sarah qui disparut et « entra dans une nuit dont elle ne revint jamais. » On est en 1942. Sarah, pour le sauver, laisse son petit Luc, entre les mains d’une famille où il y a deux autres enfants, François et Clara.
Les trois enfants ont le même père, et c’est avec l’accord de sa femme qu’ils vont élever Luc. Dans la famille tout le monde connaît la vérité…
« François et Clara n’étaient éclairés que d’un soleil quotidien, celui du père et de la mère. Mais Luc brillait même dans la nuit, même en dormant, d’une lumière qui lui venait de l’intérieur, de l’antérieur, d’une étoile sauvage et de noire beauté, et dont le nom était Sarah. »
La lumière de Sarah éclairera pour toujours les relations, les décisions, les sentiments des uns et des autres.

- Deli-Delo n’est pas le nom d’une mère mais le surnom d’un bébé qu’une femme va « ramasser » dans son landau à l’entrée du cimetière Montparnasse. A-t-il été abandonné ? Elle veut l’aimer…Elle l’aime déjà…

« J’égrène le chapelet de tes grâces, mille et une dragées d’éternité, sautant de l’une à l’autre, faute d’en pouvoir épuiser une seule.
Il fait bon là, hein ? Tu aimes l’été. Ce sera toujours l’été. Je te le promets. »


Mais cette femme pourra-t-elle faire leur bonheur à tous les deux ?

- La guerre civile. On est en Grèce, période troublée. Une mère de famille passe, en paix relative mais non sans angoisses, l’été hors de la ville avec les enfants.
La catastrophe arrive lorsque son petit garçon est victime d’une appendicite. Eloignement dans la campagne. Puis rues de la ville encombrées par les soldats qui retardent l’ambulance, chambres et services hospitaliers débordés par l’affluence de blessés…

- Ci-gît Mémé Pastille
L’auteur voudrait raconter l’histoire de Mémé Pastille, une adorable et généreuse grand-mère, aimée de tous.
Le début de l’histoire paraît idéal, un conte merveilleux…Mais celle qui raconte est soudain en proie à de grandes douleurs…Idéaliser l’histoire de Mémé Pastille, ce serait occulter ce qu’elle a de tragique et elle ne le peut pas…
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coline
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Jeu 12 Aoû 2010 - 15:43

« Moi, mon silence »

(publié dans Libération du 10 mars 2001 et cité dans Passions d'Annie Leclerc de Nancy Huston).
clic ici!


Samedi : nager sert à ne pas sombrer.

Tôt ce matin, piscine de la Butte-aux-Cailles. Au lieu des jeunes Noirs qui depuis un mois ou deux se réfugiaient là contre le froid jusqu'à la venue des « scolaires », et se tenaient assis, immobiles, serrés les uns contre les autres dans le hall d'accueil, un nombre équivalent d'hommes également jeunes, blancs cette fois, en uniforme, debout, portant casquette et massue au flanc, étiquetés « Mairie de Paris, Sécurité ». Les moineaux noirs et blottis, ils sont où maintennant ? Ils menaçaient la sécurité de qui ? Sombre vision. Nager sert à ne pas sombrer. A tenir le fil. De la pensée, de l'eau, de l'écriture, de la vie.

22 heures. Colas, deux ans, mon petit hôte du samedi soir, dort, rêvant peut-être à « Camion Poubelle ». Dès 20 heures on le guette, on tend l'oreille, on soulève le rideau. 20H40, Colas l'entend venir avant tout le monde. « Camion Poubelle ! Camion Poubelle ! » Vite on sort sur le pas de la porte. La machine grondante a investi le haut du passage. Reconnaissant de loin son adorateur du samedi soir, Camion Poubelle cligne pour lui de ses gros yeux phrares. L'enthousiasme monte. A l'arrêt devant la maison, entre deux poubelles soulevées, renversées dans la benne, puis rejetées sur la chaussée, les noirs et blancs chevaliers servants de Camion Poubelle trouvent le temps de secouer la petite main tendue. Ca va trop vite. On n'a pas sitôt dit « bonjour-bonjour » qu'il faut crier « envoir-envoir ». Les chevaliers perchés à l'arrière agitent encore la main gentiment jusqu'au tournant. Disparition du dieu Camion Poubelle. Tout n'est pas perdu, il reviendra samedi prochain. »
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Dim 22 Aoû 2010 - 20:04

coline a écrit:


ANNIE LECLERC

Je découvre Annie Leclerc. Seul son nom m’était familier.
Il y a deux ans à peu près, Nancy Huston, qui l’avait pour amie, lui a consacré un ouvrage : Passions d’Annie Leclerc.


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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Dim 21 Oct 2012 - 22:32

Merci pour ce fil Coline...
Je suis un peu perdue, je ne sais pas de quel côté aborder l'oeuvre d'Annie Leclerc. C'est le fil du féminisme qui m'a permis d'atterrir là, et finalement je crois que le livre qui m'intéresserait le plus c'est L'enfant, le prisonnier... Un domaine que je n'ai jamais eu l'occasion d'aborder de cette façon...

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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   Lun 22 Oct 2012 - 1:49

colimasson a écrit:
Merci pour ce fil Coline...
Je suis un peu perdue, je ne sais pas de quel côté aborder l'oeuvre d'Annie Leclerc. C'est le fil du féminisme qui m'a permis d'atterrir là, et finalement je crois que le livre qui m'intéresserait le plus c'est L'enfant, le prisonnier... Un domaine que je n'ai jamais eu l'occasion d'aborder de cette façon...

Oui...Va vers celui-ci... oui

« Il n’y a pas de mots plus forts, plus pénétrants,
plus aigus que ceux du prisonnier
en train d’écarter les barreaux qu’il a dans la tête »

Annie Leclerc,L'enfant, le prisonnier.
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MessageSujet: Re: Annie Leclerc   

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Annie Leclerc
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