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 Stanislas Lem [Pologne]

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K
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MessageSujet: Stanislas Lem [Pologne]   Jeu 15 Juil 2010 - 15:59



Stanislas Lem est un écrivain de science-fiction d’origine polonaise né le 12 septembre 1921 à Lviv et décédé le 27 mars 2006 à Cracovie, Pologne.
Fils d’un médecin, il décide tout d’abord de se consacrer également à la médecine mais la Seconde Guerre mondiale l’amène finalement à travailler comme mécanicien, puis il devient assistant de recherche d’une institution scientifique. Dans le même temps, il commence à écrire.

Son œuvre aurait été traduite en 40 langue. Et pourtant…

Pourtant, en comparaison de beaucoup d’autres écrivains du genre (surtout américains), Lem n’a jamais joui de la même popularité que d’autres auteurs du « sérail » et si son roman Solaris, par son statut de classique, est devenu célèbre (notamment grâce à ces deux adaptations au cinéma), il n’en est pas de même du reste de sa bibliographie. La faute en incombe sans doute aussi à des lacunes dans les rééditions, plutôt rares et disparates, de ses ouvrages les moins connus.
Et puis, c’est une évidence : les livres de Lem trouveront toujours plus difficilement acquéreur que ceux d’un Asimov ou d’un Frank Herbert.

Il est vrai que son approche de la SF est assez différente des grands canons anglo-saxons, avec ses sagas intergalactiques qui s’étalent souvent sur des milliers de pages, alors que Lem préférait la concision et éviter de diluer inutilement ses idées dans des intrigues secondaires probablement jugées superflues mais aussi ce fameux « sense of Wonder » que l’auteur polonais a toujours décrié
Car Lem n’était pas tendre dans ses critiques envers ses confrères d’outre-atlantique, jugeant souvent leurs livres infantiles, pauvrement rédigés et trop soucieux de rentabilité. Seul Philip K. Dick trouvait grâce à ses yeux. On pensera ce qu’on voudra de ce jugement peut-être fort lapidaire, il n’est pas question d’entrer dans une polémique ici.
Quoiqu‘il en soit, ces propos peu aimable lui valurent au passage son éviction de la SFWA (Science-fiction Writers of America) en 1976, après qu’on l’ai intronisé membre honoraire trois ans plus tôt.
Voilà pour la petite histoire, un rien anecdotique certes, mais qui donne tout de même un aperçu des divergences qui pouvaient exister entre la science-fiction pratiquée par Lem et celle de nombre de ses confrères, surtout anglo-saxons.

Mais que pouvait donc avoir de si différente la science-fiction de Stanislas Lem ?
Malgré ses critiques, Lem restait pourtant un grand partisan des valeurs démocratiques occidentales à une époque où, ne l’oublions pas, la pologne était encore corsetée sous le régime communiste.
Hors, loin de relayer les discours lénifiants d’un régime toujours prêt à vanter les vertus du communautarisme et du progrès, Lem ne se privait pas pour les critiquer, sous couvert de « livres bizarres avec des fusées ».
C’est particulièrement le cas dans ses ouvrages les plus satiriques.

Car l’œuvre de Lem pourrait se diviser en deux grandes tendances. La première est constituée de romans « sérieux » et toujours oppressants, qui montrent à quel point l’homme, dans sa volonté de conquérir l’espace, demeure malgré tous ses efforts une créature souvent dérisoire placée devant des entités si différentes de sa propre nature que la communication demeure impossible. Ce versant de l’œuvre « lemienne » a donné un chef-d’œuvre incontesté du genre : Solaris (1961) qui reste son roman le plus célèbre et raconte le quotidien d’un groupe d’astronautes dans une sinistre base spatiale qui gravite autour d’une planète entièrement recouverte d’un « océan pensant », entité incompréhensible ayant entre autres la faculté de matérialiser les pensées des habitants de la base.
Ce roman fascinant et ambitieux, aux troublantes implications métaphysiques, a été adapté deux fois au cinèma, de manière très différente : la première en 1972 par Tarkovski, la seconde en 2002 par Steven Soderbergh.
Dans le même genre, L’invincible (1964) nous montre la confrontation à nouveau entre des explorateurs spatiaux forts imbus de leur puissance technologique avec des nuages de cristaux métalliques capables d’effacer la mémoire des hommes. Petite « merveille » de nanotechnologie crée il y a bien longtemps par une civilisation disparue.
Là encore, la communication se révèle un échec cuisant pour les humains.
Deux romans qui interrogent avec beaucoup d’originalité (surtout pour l’époque) la place de l’homme dans l’univers et les possibilités de contacts inter-espèces toujours déçues car, comme le dit Lem dans Solaris : « où il n’y a pas d’hommes, il ne peut y avoir de motifs accessibles à l’homme ».
Une approche bien différente d'une vision « spielbergienne » du thème, entachée souvent d’un anthropomorphisme trop peu crédible aux yeux de l‘auteur.
Avec Lem, nous sommes toujours plus proche du monolithe de 2001 odyssée de l’espace que de la bouille sympathique d’un E.T. qui aimerait bien pouvoir passer un coup de bigophone à ses compatriotes tout en vidant le réfrigérateur .
On comprend alors mieux ses réticences (pour être poli) envers la SF américaine, même si celle-ci possède aussi bien des qualités mais là n’est pas la question.

La seconde grande tendance de l’œuvre de Lem, volontiers moins austère mais tout aussi pessimiste, se retrouve dans des ouvrages satiriques et drolatiques où se côtoient l’esprit de Franz Kafka et Jonathan Swift.
Du premier, on retrouve le thème de l’absurdité comme dans Mémoires trouvées dans une baignoire (1960) où un agent secret se perd dans les méandres d’un labyrinthe bureaucratique situé sous le Pentagone.
Du second, le goût pour l’impertinence, la critique sociale et les situations farfelues, comme dans Les mémoires d’Ijon Tichy (1966) et Les voyages électriques d’IjonTichy (1976) dans lesquels la communauté scientifique est souvent moquée et où des robots névrosés se font soigner en clinique psychiatrique.


Stanislas Lem méritait bien un fil parfumé, d’autant que cet auteur, par son refus de certaines conventions du genre ou sa manière au contraire de jouer avec elles, ne me paraît pas exclusivement réservé aux seuls science-fictionnistes.



Bilbiographie (non exhaustive)

* Feu Vénus (1951, Astronauci)
* Eden (1959, Eden)
* Mémoires trouvés dans une baignoire (1961, Pamietnik znaleziony w wannie)
* Retour des Etoiles (1961, Powrót z gwiazd)
* Solaris (1961, Solaris)
* Contes Inoxydables (1964, Bajki robotów)
* L’Invincible (1964, Niezwyciezony)
* La Cybériade (1965, Cyberiada)
* La Voix du maître (1968, Glos pana)
* Mémoires d’Ijon Tichy (recueil – 1971, Ratujmy Kosmos (List otwarty, Ijona Tichego) )
* Les Voyages électriques d’Ijon Tichy (recueil – 1971, Dzienniki gwiazdowe)
* Le Congrès de Futurologie (1971, Kongres futurologiczny)
* Le Rhume (1976, Katar)
* Fiasco (1987, Fiasko)
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Queenie
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MessageSujet: solaris   Jeu 15 Juil 2010 - 16:28

J'ai lu (évidemment) Solaris. Ça m'avait bien plu et ça laisse des traces même après quelques années. L'ambiance poisseuse, étouffante de la planète, la schyzophrénie, la solitude, la peur de l'autre, de l'autre en soi. Il aborde plein de thèmes qui dépasse largement la SF pure et dure, surtout que son livre, au contraire des autres plus connus, ne fait pas dans l'action/histoire mais cantonnent ses personnages au minimum pour une analyse en profondeur de leur psychologie.


Je comprends pourquoi il se rebellait contre les autres auteurs de SF.

Il faudrait que je tente d'autres choses de lui. Ton sujet fait envie K.

Petit résumé à ma sauce de Solaris, si y'en a qui sont passés à côté :

Le héros, Kelvin, débarque sur Solaris, une étrange planète recouverte d'un mystérieux océan protoplasmique. Sujet d'une étude depuis plusieurs décennies, l'océan est, pour certains, une entité extra terrestre douée de conscience et, pour d'autres, une masse gluante encore à l'état d'embryon. Très vite après son arrivée, un huis clos étouffant, submergé par la folie s'instaure au sein de la base spatiale. Les membres de l'expédition sont victimes d'hallucinations. Pour Kelvin, elles se matérialiseront sous la forme de son ex petite amie suicidée, Harey. Mais d'où viennent ses manifestations psychiques ? Et que veulent-elles nous révéler ? Solaris est-elle responsable de la matérialisation des fantasmes de ces pauvres scientifiques bien trop curieux ?!!!

Il se lit assez facilement et rapidement même si certains passages sont beaucoup trop techniques. Le thème est assez classique, la découverte de l'univers et la nature de sa population extraterrestre.

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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Ven 16 Juil 2010 - 7:15

S'il n'est pas accessible à l'étranger, en Pologne il est extremement célèbre, il fait même partie de lecture obligatoire scolaires, et il est lu par des gens qui ne lisent pas la SF. J'en ai lu une grosse quantité, pas toujours facile de trouver les correspondances avec les titres français.

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kenavo
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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Ven 16 Juil 2010 - 7:44

Arabella a écrit:
S'il n'est pas accessible à l'étranger, en Pologne il est extremement célèbre
de même auprès des lecteurs en Allemagne.. j'en ai des amis qui ne lisent jamais de la SF, mais qui adorent Lem, tout comme K le dit:
K a écrit:
que cet auteur, par son refus de certaines conventions du genre ou sa manière au contraire de jouer avec elles, ne me paraît pas exclusivement réservé aux seuls science-fictionnistes.

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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Ven 16 Juil 2010 - 15:34

Queenie a écrit:

Il faudrait que je tente d'autres choses de lui. Ton sujet fait envie K.

Je te conseillerais bien ses œuvres d’une veine plus satirique, comme les recueils de nouvelles avec Ijon Tichy, histoire de découvrir son autre facette. C’est drôle et intelligent.
Et si tu veux persévérer dans le genre Solaris, L’invincible n’est pas mal non plus, quoique moins fascinant que Solaris.
Mais je ne pense pas qu’il a été réédité en poche. Mon édition est un Presses Pocket datant des années 70, alors…


Mais pour revenir un instant sur cette question de « l’auteur de SF qui plaît à ceux qui ne lisent/n’aiment pas la SF » (et sans vouloir entrer dans tout un débat), elle est un peu épineuse et m’inspire souvent une réaction assez contradictoire.
Personnellement, j’ai toujours aimé le genre et le connaît assez bien, sans en être complètement mordu au point d‘en faire une lecture exclusive. Et comme tout amateur qui l’a assez bien pratiquée, j’en connais les codes, les thèmes, les approches, les qualités et les défauts. Mais comme beaucoup d’amateurs également, ma position est difficile, voir paradoxale : d’un côté je fait en quelque sorte partie du « vivier » et me voit donc mal le renier (même des œuvres qui accumulent les clichés du genre) et de l’autre je recherche souvent des œuvres qui sortent des sentiers battus de la science-fiction tout en cherchant à convaincre les lecteurs peu intéressés par le genre à les essayer.
Au bout du compte, il y a là une démarche presque "schizo" : aimer un genre (avec toutes ces conventions dont je parlais) tout en cherchant en même temps à prendre mes distances et promouvoir, surtout auprès du public mainstream, des auteurs (comme James Morrow, Ian Watson, John Sladeck, etc…) dont l’attitude est finalement un peu la même dans l’exercice de leur métier d’écrivain SF et qui pourrait se résumer par un « j’aime la SF conventionnelle mais j’aime tout autant m’en éloigner ».

Par ailleurs, ce principe de « l’auteur de SF qui plaît à ceux qui n’aiment pas le genre » me rappelle le cas d’un Philip K. Dick, surtout à une époque où cet auteur était plébiscité auprès de certains intellectuels mais aussi d'un large public qui disaient, en substance, « la SF, non merci, sauf Philip K. Dick bien sûr ».
Hors, Dick était bien issu du petit monde de la SF, avec ses pulps, ses fandoms, sa politique éditorial très axée sur le rendement et la rentabilité, et non un écrivain mainstream égaré dans la SF malgré lui.
Bien sûr, il a su la subvertir, notamment avec une thématique obsessionnelle et un univers qui lui était bien personnelle (et c’est probablement pourquoi Lem le considère comme une exception, non sans lucidité d’ailleurs puisqu’il a tout de même déclaré que les romans de Dick souffraient d’une écriture indigente, d’intrigues bancales, de mauvais goût, etc…) mais il ne faudrait pas non plus - comme certains s’y sont essayés - faire de Dick l’exception qui confirme la règle, l’agneau blanc parmi les brebis galeuses.
Il est d’ailleurs assez piquant de constater que Dick lui-même souffrait de cette ambivalence » dont je parlais plus haut : il ambitionnait au départ de devenir un bon écrivain réaliste et n’y parvint jamais. Du coup, son attitude envers la SF était mi-figue mi-raisin : elle le contrariait autant qu’elle le passionnait.

Puis, Dick est devenu un auteur à la mode, et beaucoup de gens n’aimant pas la SF le lisait, alors que, ironiquement, les romans de Dick convoquent tout l’attirail futuriste qui, bien souvent, fait justement reculer les lecteurs « sérieux » : voitures volantes, extraterrestres gélatineux, téléportation, pouvoirs psychiques, lasers, gadgets, bizarreries en tous genres, etc…

Dans sa biographie de l’auteur (Invasions divines), Lawrence Suttin a cherché lui aussi, manifestement, a vouloir dégager Dick du tout-venant de la SF, voulant lui donner un statut d’auteur mainstream de premier plan qui se servait des codes de la SF pour mieux faire passer des idées qui auraient parus déplacées dans une littérature « sérieuse ».
Et même ses romans comme une vaste autofiction aux ingrédients SF qui, somme toute, n'auraient pas grande importance.
Cette intention pouvait sembler louable à première vue mais je me souviens qu’à l’époque, Philippe Curval (auteur de SF français reconnu et respecté) s’était braqué et avait parlé, je cite, de « grave tentative de sabordement du genre ».
Dick n’était pas, comme aurait aimé le faire croire Sutin, une sorte de Jack Kerouac qui aurait remplacé les voitures par des navettes spatiales, les distributeurs de coca par des « machines homéostatiques » et l’alcool par des drogues exotiques importées d’Alpha du Centaure.
Pour Curval, il faut tout de même laisser à l’écrivain de SF sa spécificité d’auteur de SF.

Enfin, tout ça me ramène à ma propre réaction ambivalente envers ce genre, à cause d’un positionnement difficile, qui n’est ni celui des aficionados pur jus (« la SF, c’est formidable, la seule littérature qui vaille la peine d’être lue ») ni celle des lecteurs dont parle Arabella et Kenavo. Leur situation est, en comparaison, plus aisée.

Car dans ma volonté, parfois, de mettre en avant un auteur comme Lem, je finirais par oublier que j’ai aussi apprécié Van Vogt, qui en est sûrement le contre-exemple.

Heureusement, j’arrive quand même à concilier les deux. zen
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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Ven 16 Juil 2010 - 17:17

J'ai énormément, sans doute trop, lu de la science fiction à l'adolescence. Et à un moment cela ne m'a tout simplement plus rien dit, mais vraiment rien, au point que j'ai du mal à lire un livre de SF actuellement. Une sorte de saturation. Il faut que le livre ne soit pas trop dans les conventions du genre, l'auteur ait une voix très singulière, et se serve en quelque sorte de l'imagerie de la SF pour élaborer un univers vraiment à lui. Et que les qualités purement littéraires du livre soit très fortes, en avançant en âge et dans les livres, cela me devient de plus en plus indispensable. Alors que ce n'est pas le point fort de la majorité de livres de SF, les idées, imaginer un monde, poser des questions est sans doute plus important que le style et la façon d'exprimer les choses. C'est peut être pour ça que j'ai du mal à l'heure actuelle avec ce genre d'ouvrages.

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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Ven 16 Juil 2010 - 17:58

Arabella a écrit:
Et que les qualités purement littéraires du livre soit très fortes, en avançant en âge et dans les livres, cela me devient de plus en plus indispensable. Alors que ce n'est pas le point fort de la majorité de livres de SF, les idées, imaginer un monde, poser des questions est sans doute plus important que le style et la façon d'exprimer les choses. C'est peut être pour ça que j'ai du mal à l'heure actuelle avec ce genre d'ouvrages.

Ca concerne aussi les romans policier, non ? (du peu que j'en ai lu, les qualités littéraires, ce n'est généralement pas vraiment ça...)

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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Ven 16 Juil 2010 - 18:52

Je note ! Je suis toujours à la recherche de bonne littérature de SF ou fantastique...je ne connaissais pas cet auteur.

C'est un genre que j'affectionne depuis longtemps, mais depuis plusieurs années je n'y trouve plus forcément mon compte....Alors je m'y suis moins interessée. Parfois cependant, de belles perles, mais comme dans tout autre genre littéraire, les belles perles sont rares.
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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Ven 16 Juil 2010 - 21:00

eXPie a écrit:

Ca concerne aussi les romans policier, non ? (du peu que j'en ai lu, les qualités littéraires, ce n'est généralement pas vraiment ça...)


Effectivement, là aussi parfois cela pêche. Mais comme je suis moins saturée que de SF, j'arrive sans doute plus facilement à en lire de temps en temps.

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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Sam 14 Aoû 2010 - 13:04

J'ai lu "le bréviaire des robots" quand j'étais ado et il m'a laissé un souvenir mémorable. Qu'est-ce que j'ai pu rigoler en le lisant ! J'avais particulièrement apprécié la petite nouvelle à la fin qui, tout en étant marrante comme tout, faisait réfléchir sur les apparences et les idées reçues.
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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Sam 14 Aoû 2010 - 13:30

Je rejoins un peu Arabella concernant la saturation par rapport à la littérature de SF pour sans doute en avoir trop lu.
Mais j'ai un souvenir intense des œuvres de Stanislas Lem autant par la diversité des sujets abordés que par le style de son écriture et c'est certainement un des auteurs du genre à lire absolument (tout comme un Bradbury, Dick ou Stefan Wul...).
A noter qu'un réalisateur visionnaire comme Tarkovsky à porté à l'écran Solaris (la première version!).
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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Sam 14 Aoû 2010 - 13:45

Queenie a écrit:
J'ai lu (évidemment) Solaris. Ça m'avait bien plu et ça laisse des traces même après quelques années. L'ambiance poisseuse, étouffante de la planète, la schyzophrénie, la solitude, la peur de l'autre, de l'autre en soi. [...] Mais d'où viennent ses manifestations psychiques ? Et que veulent-elles nous révéler ? Solaris est-elle responsable de la matérialisation des fantasmes de ces pauvres scientifiques bien trop curieux ?!!!




J'aime énormément cette histoire et les 2 adaptations cinématographiques qui en ont été tirées.

Solaris est une planète dont les émanations quasi amniotiques plongent les humains qui l'explorent dans un état hypnotique provoquant l'apparition de pensées et d'hallucinations qui ont une fonction d'auto-analyse qui confronte chacun à ses propres hantises et limites. Périront ceux dont la pensée est trop fragilisée par des "dysfonctionnements" (pensée paranoïaque de l'un, schizophrénique de l'autre notamment, ou pensée trop logique et scientifique également, qui ne peuvent rendre compte du "mystère" que propose Solaris). Notre héros lui n'a finalement qu'à exorciser le refoulement de sa souffrance et de sa culpabilité liées au deuil de son épouse qui s'est suicidée par sa faute. Il accepte la part irrationnelle de l'expérience lui permettant la réceptivité suffisante, la croyance même, pour être "choisi". Car Solaris le confronte au choix du refus de cette apparition fantomatique ou à l'abandon au bonheur virtuel de ces retrouvailles imaginaires. Mais qu'est-ce que le réel ou l'imaginaire dans un monde qui n'a pas de sens. Il n' y a peut-être de sens que dans l'amour entre cet homme et cette femme.

Solaris est-elle une entité extra-terrestre, Dieu, l'inconscient? Elle semble proposer en tout cas une expérience mystique où la seule façon de parvenir à la paix ou au bonheur est dans le renoncement à sa propre rationnalité et dans l'accomplissement d'une forme de "foi" presque sacrée face au mystère et à l'inconnu. L'amour étant finalement le guide qui permet à Kelvin de trouver sa voie de par son désir immense de la retrouver malgré son impossibilité sur le plan rationnel. Le plus émouvant étant que l'avatar hallucinatoire de l'épouse finit lui-même par s'interroger sur l'étrangeté de son apparition. Parabole de la condition humaine confrontée à l'absurdité de son existence.

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MessageSujet: Re: Stanislas Lem [Pologne]   Sam 14 Aoû 2010 - 17:24

Pour une fois, la version anglaise de Solaris est une traduction... du français !
Citation:
Sadly, that's probably especially true for science fiction -- even though those mega-sellers aren't always the cream of the crop. But recall that US and UK publishers can't even be bothered to commission a translation of Stanisław Lem's Solaris that's directly from the Polish (the one on the market is a translation of the French translation), despite all the cash they've earned from the movie tie-in versions .....

Extrait d'un passage du très intéressant Literary Saloon, à lire ici, qui parle des difficultés de la SF non anglophone à trouver son public dans les pays anglo-saxons... Même quand l'auteur, par exemple le Finlandais Hannu Rajaniemi écrit un livre (The Quantum Thief) directement en anglais. L'article parle d'un autre écrivain, Zoran Živković, apparemment intéressant.
Cette petite notice fait référence d'un autre article, du Financial Times, à lire (en anglais) ici qui parle de trois livres de SF : russe (Dmitry Glukhovsky, japonaise (Loups-Garous, de Natsuhiko Kyogoku... amusant, un titre français pour un livre japonais traduit en anglais !) et serbe (Zoran Zivkovic).

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