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 Cécile Coulon

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traversay
Flâneur mélancolique


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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Sam 26 Mai 2012 - 16:56

Oui, kena, et aussi lire bientôt Méfiez-vous des enfants sages. Je comprends aussi la tiédeur d'Igor. Il faut vraiment adhérer au style et à ses nombreuses métaphores.

Extraits (qui ne sont pas vraiment significatifs, mais bon) :

Citation :
Parfois, ils se serraient l’un contre l’autre, éblouis par la lumière ; deux chats de campagne qui se lèchent mutuellement les oreilles avant de s’enfuir dans l’escalier d’une cave humide. Ils n’étaient pas heureux. Ils voulaient juste avoir le temps de s’ennuyer, de regarder les plants de salade cuire au soleil sans devoir se lever pour aller les arroser. Petit à petit, ils s’éteignaient, semblables à des bougies dont la cire se consume.

Citation :
Soudain, il comprit. Ce n'était pas Donna. Il refit le trajet jusqu'à la cahute dans sa tête et se rendit compte qu'il s'était complètement trompé en croyant que le chemin les menait vers Haven. Ils avaient tourné trop tôt. Le mur contre lequel ils se tenaient enlacés n'était autre que le pan ouest de la salle des machines de la scierie. Le type en salopette, ses mains sales accrochées à son visage. William, la gangrène. Sa mère le jour de l'enterrement. Thomas se mit à suffoquer. Ses muscles gueulaient. Pendant que Donna fourrait sa langue débutante entre ses dents, il revit son père à chaque période de sa vie : son départ le matin, ses soirées au Blue Budd , son regard après le repas, la sieste sur la véranda, les ouvriers, le médecin, la main bandée et l'enterrement, les gosses dégénérés qui jouaient sur le tas de bois qui avaient fabriqué le cercueil.
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Igor
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Sam 26 Mai 2012 - 17:08

Un problème avec notre "lecturo-phagie" ce sont les contrastes entre un livre et un autre. Parfois ils se font à l'avantage du suivant et parfois à son détriment. Le fruit du hasard!
Emporté par "Frankie Adams", "Le roi n'a pas sommeil" n'a pu trouver à se déployer complètement dans ma tête. Peut être était il trop court ?
Cependant, l'atmosphère dépouillée, le nombre de personnages limité ainsi que le drame inéluctable qui se met en place m'ont renvoyé vers "Edgar Swatelle"...
Lequel, Topocl, connait une fin somme toute plus lumineuse!

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topocl
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Dim 27 Mai 2012 - 10:25

Le roi n'a pas sommeil

Certains romans sont longs à démarrer, construisant peu à peu et minutieusement leur ambiance. Pour Le roi n'a pas sommeil, il n'en est rien : son premier chapitre, fulgurant de mystère et de violence nous jette de plain-pied dans cette Amérique ordinaire, et on sait que cela finira mal. Mais on ne sait pas comment, et on le découvrira au fil des pages, en suivant Thomas, petit garçon qui parla tard, perdit son père sauvage assez jeune, et fit le bonheur de sa maman. Gentil. Poli. Travailleur. Mais, contrairement à ses familiers qui pensent qu'il faut que jeunesse se passe, le lecteur sent au fil des pages s'infiltrer une brisure qui traduit une glaciale solitude et mène au(x) drame(s) final(aux).

Vie et mort d’un taiseux, Le roi n’ a pas sommeil, petit livre pour une soirée intense, est du Maupassant au XXe siècle.
Mais le choix de mise à distance de son auteur, qu'elle partage avec son personnage, lui a fermé pour moi pour moi la porte du club de l'excellence, qu’il frise dans sa dernière partie.

Carson McCullers certes, mais cette même histoire dans une France rurale et fermée, cela m'aurait assez plu…

PS Quelqu'un peut-il m'expliquer le titre ?
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kenavo
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Dim 27 Mai 2012 - 10:47

Marrant, pour moi l'aspect de dépaysement me l'a rendu plus attirant Wink
Merci pour ton aperçu

topocl a écrit:
PS Quelqu'un peut-il m'expliquer le titre ?
dans le lien vers l'interview que j'avais donné
kenavo a écrit:
un commentaire de LIRE - ici
on peut lire:
Citation :
Mais la fille à tatouages avoue volontiers un faible pour un poète bien de chez nous, Jacques Prévert -l'intitulé Le roi n'a pas sommeil fait d'ailleurs référence au film Le Roi et l'Oiseau, qui a bercé l'enfance de la romancière, passionnée par les règles du conte.
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topocl
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Dim 27 Mai 2012 - 10:51

Merci, mais ça ne m'explique pas grand chose... intense reflexion
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zazy
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Dim 27 Mai 2012 - 10:55

Je vais mettre cette auteure dans ma LAL à destination de la bibliothèque, vous piquez ma curiosité !
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kenavo
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Dim 27 Mai 2012 - 10:58

topocl a écrit:
Merci, mais ça ne m'explique pas grand chose... intense reflexion
conciliabule à moi non plus.. à part qu'elle aime les mots, jouer avec les références.. mais en effet, ce titre n'est pour moi pas non plus expliqué dans le contenu du livre

zazy a écrit:
Je vais mettre cette auteure dans ma LAL à destination de la bibliothèque, vous piquez ma curiosité !
cheers je te souhaite une bonne lecture

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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Dim 27 Mai 2012 - 11:08

kenavo a écrit:
topocl a écrit:
Merci, mais ça ne m'explique pas grand chose... intense reflexion
conciliabule à moi non plus.. à part qu'elle aime les mots, jouer avec les références.. mais en effet, ce titre n'est pour moi pas non plus expliqué dans le contenu du livre

Ca fait toujours plaisir de ne pas être seule quand on se sent un peu bête!
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Queenie
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Dim 27 Mai 2012 - 11:14

Peut-être un parallèle avec l'expression/notion l'enfant-roi ?
Faudrait peut-être lire et voir ses références.

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Harelde
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Jeu 19 Juil 2012 - 10:24

Le roi n’a pas sommeil

Dans une petite bourgade des Etats-Unis. Thomas Hogan voit son père (William, âgé de moins de quarante ans) mourir : une profonde blessure à la main, faite à la scierie où il travaillait de façon acharnée. Infection que le médecin n’est pas parvenu à circonscrire malgré des soins appropriés. Gangrène. Et mort. Mary, la mère, éleva seule son fils, bon élève, un peu taciturne mais généreux. Un gosse lancé sur la bonne voie. Satisfaction de maman qui laisse à son gamin une grande indépendance. Trop sans doute, car elle si elle s’inquiète de ses faits et gestes, ses questions ne franchissent pas la barrière de ses lèvres, n’osant jamais le questionner.
En grandissant, Thomas prend ses habitudes au bar du coin. Poker puis alcool. Avec en toile de fond le spectre de son père, omniprésent. La pente devient chaque jour plus raide, l’équilibre du jeune homme toujours plus précaire. Difficile de préciser à quel moment il bascula. Probablement pas d’un coup : une chute progressive mais inéluctable, par touches successives mais imperceptibles. Jusqu’au point de rupture final. Destin tragique d’un jeune homme pourtant prometteur. Destin qui n’aurait pas dû être le sien.
Un roman noir, presqu’un huis clos hitchcockien. Un nombre restreint de personnages bien campés possédant leurs démons propres. Une petite ville peu attrayante. Des riverains partagés entre un travail difficile et peu rémunérateur, une femme sur laquelle on hurle, des mômes sur lesquels on cogne (ou l’inverse) et un bar où l’on trouve de tout : voyous, alcool et prostituées. Et quantité d’emmerdes.
Une écriture d’une rare sobriété, sèche, brute (mais subtile) et sans aucune fioriture qui aide l’auteur à créer une atmosphère pesante, sombre. Vaguement angoissante. Une histoire banale d’un coin perdu dans lequel tout peut arriver, où chacun évolue sur le fil du rasoir. Le lecteur est dans le rôle du voyeur qui contemple cette jungle sordide attendant que l’un de ces funambules tombe et s’écrase au sol. Voyeur d’autant plus avide que Cécile Coulon nous l’a dit dès le début, dès la première page : on en aura pour notre argent et la dégringolade sera spectaculaire.
Un livre qui happe immédiatement le lecteur. Pour ne plus le lâcher. Une réussite.

bravo

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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Jeu 19 Juil 2012 - 11:06

Jvais noter cette auteure, ça m'intrigue.

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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Jeu 19 Juil 2012 - 11:25

Queenie a écrit:
Jvais noter cette auteure, ça m'intrigue.
Je pense que tu aimeras

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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Ven 27 Juil 2012 - 10:06

Nathria a écrit:


Méfiez-vous des enfants sages

Pas mal déçu par le premier roman de Cécile Coulon. J'ai à peine compris le propos et m'en suis vite désintéressé malgré sa brièveté. Pas mal de défauts inhérents à un premier livre et un style que j'ai trouvé laborieux. Rien à voir avec Le roi n'a pas sommeil.
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Lun 30 Juil 2012 - 8:11

traversay a écrit:
Nathria a écrit:


Méfiez-vous des enfants sages

Pas mal déçu par le premier roman de Cécile Coulon. J'ai à peine compris le propos et m'en suis vite désintéressé malgré sa brièveté. Pas mal de défauts inhérents à un premier livre et un style que j'ai trouvé laborieux. Rien à voir avec Le roi n'a pas sommeil.

Merci Traversay, je ne passerai pas par cette case-là!
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MessageSujet: Re: Cécile Coulon   Mar 18 Sep 2012 - 18:01

Mon petit grain de sel sur "Le roi n'a pas sommeil"...

Le livre est vraiment bon, toutefois, bien que le premier paragraphe campe bien l'ambiance noire, j'ai trouvé le début un peu laborieux. Non pas que les personnages soient mal décrits - j'ai assez vite été fasciné par William Hogan - mais je ne suis vraiment rentré dans l'histoire que quand Paul est arrivé. Le climat, déjà pesant, s'aère à ce stade pour devenir de plus en plus poisseux.

Enfin, alors qu'apparemment, selon les posts précédents, Cécile COULON dit s'inspirer de la littérature américaine, j'aurais imaginé plus de sens de l'ellipse. Pour moi, les deux derniers paragraphes - pourtant très courts, pas plus de 2 pages ensemble - pouvaient disparaître. Ils n'auraient pas manqué à l'histoire, loin de là...

Mais ce ne sont que fioritures. Le livre vaut le coup pour tout le reste. Et ce n'est pas rien !


Quelques extraits qui m'ont sonné :

"Un soir, après avoir dépassé le cabinet médical, Thomas rencontra deux ouvriers embauchés à la scierie"..."Les deux hommes étaient couverts de poudre de bois; de larges taches de sueur s'étalaient sur leurs vêtements de travail, de grosses gouttes serpentaient entre leurs yeux, formant une vapeur opaque qui s'échappait dans l'air. Thomas voulut les saluer et tendit la main au plus baraqué des deux. L'ouvrier se planta devant lui et prit sa tête entre ses mains rugueuses. Quelque chose n'allait pas. Le visage devant lui paraissait ravagé, il avait l'impression que sa tête allait exploser sous l'impulsion des dix doigts massifs. L'homme le fixait avec une intensité que Thomas n'identifia pas tout de suite, puis il se rappela les yeux de sa mère le jour où le serpent avait escaladé le tabouret."

"L'espace d'une seconde, Thomas eut tellement pitié de son ancien ami qu'il faillit lui accorder son aide, mais, au moment où il allait le prendre par l'épaule, une voix au bout du couloir retentit, rebondit contre le carrelage et vint s'échouer aux pieds des deux garçons :
- Paul! Ramène ton citron, Crosby nous attends dehors. Bouge-toi le train!
C'était Calvin.
"
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