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 féminisme et littérature

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MessageSujet: féminisme et littérature   Dim 22 Aoû 2010 - 8:59

Je ne sais pas si l'endroit est approprié et je n'ai pas trouvé de sujet (ou j'ai mal cherché) mais suite à quelque propos echangé sur le livre de Despentes(kingkong theorie) je pensais que ça serait sympa d'avoir un fil autour de la littérature et le féminisme sans faire un fil sur tous les auteurs qui en traiteraient.

Biensur on peut évoquer De Beauvoir avec son ouvrage deuxiéme sexe et sa non moins célébe phrase:"on ne naît pas femme on le devient" Dénoncer les mythes de la maternité, de la différence sexuelle, de l’amour, d’un ordre androcentrique millénaire afin de libérer la femme d’une essence aliénante - la féminité - la réduisant à être l’objet face au sujet masculin, tel fut l’objectif de cet essai.
Qu'en pensons nous?

benoite Goult a écrit 'Ainsi soit-elle', essai sur la condition féminine qui connaît un grand succès mondial. Suivront plusieurs romans, 'Les Trois Quarts du temps', 'Les Vaisseaux du coeur', des biographies de femmes féministes (Olympe de Gouges, Pauline Rolland), ainsi que des essais, 'Le Féminisme au masculin', 'Cette mâle assurance'. Ses activités d'écrivain et de journaliste ne l'empêchent pas de présider la Commission de terminologie pour la féminisation des noms de métiers, de grades et de fonctions

cette féminisation des noms m'a toujours laissé dubitative déjà parceque au niveu de la sonorité c'est pas toujours agréable et qu'en prime je pense qu'il y a plus important à faire pour le féminisme que de changer l'ecrivain en ecrivaine!!


Olympe de Gouge, femme de lettres française, devenue femme politique et polémiste.
Auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs.
Elle est devenue emblématique des mouvements pour la libération des femmes, pour l’humanisme en général, et l’importance du rôle qu’elle a joué dans l’histoire des idées a été considérablement réévaluée à la hausse dans les milieux universitaires.


Giséle Halimi avocate, militante féministe et politique française d'origine tunisienne.Féministe, Halimi est signataire en 1971 du Manifeste des 343, parmi 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens anticonceptionnels et l'avortement libre.
Aux côtés notamment de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand, elle fonde en 1971 le mouvement féministe « Choisir la cause des femmes » et milite en faveur de la dépénalisation de l'avortement. Elle prendra la présidence de cette association à la disparition de Simone de Beauvoir.

Au procès de Bobigny en 1972, qui eut un retentissement considérable, elle défend une mineure qui s'était fait avorter après un viol, en faisant une tribune contre la loi de 1920. Ce procès a contribué à l'évolution vers la loi Veil, votée en décembre 1974 et promulguée en janvier 1975, sur l'interruption volontaire de grossesse.

De même, sa stratégie de défense médiatisée de femmes victimes d'un viol collectif devant les Assises d'Aix-en-Provence en 1978 contribuera à l'adoption d'une nouvelle loi en 1980 définissant clairement le viol et l'attentat à la pudeur.
certains de ses ecrits: la cause des femmes, le procés de bobigny etc et le dernier sorti qui est bien rédigé et qui ouvre la voie du questionnement car à aucun moment elle ne se pose en donneuse de leçon: ne vous résignez jamais

à nous d'enrichir ce fil et de débattre sur ce vaste sujet!!
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bix229
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Dim 22 Aoû 2010 - 15:48

Le féminisme a été utile et meme nécessaire, y compris le MLF, avant qu' il ne sombre dans le pire dogmatisme, au point qu' une tendance a acheté le sigle et s' est mis à culpabiliser les femmes qui
écrivaient et devaient se plier à leurs prérogatives.C' est de cette époque, Just que date la féminisation des noms de métier et qui n' est pas toujours heureuse...

Pour le reste, le combat des femmes pour s' affirmer un peu partout est tojours d' actualité et il y a du boulot, quand on voit comment les femmes servent plus que jamais d' objets pour la pub, sont frappés d' ostracisme au boulot, dans le monde politique et ailleurs.
Et continuent à etre persécutées et brutalisées un peu partout. Il est vrai que la violence se
manifeste partout dans la sociétré, et que meme les enfants sont aussi touchés par le phénomène.

Pour le reste, l' art et la littérature notamment la question se pose toujours : y a t-il une
littrérature féminine et une écriture masculine ?
J' aurais tendance à penser que oui, du moins da ns certains cas, notamment, un peu au hasard,
Magda Szabo, Margaret Laurence, Goliarda Sapienza...
Mais je ne généraliserais pas...
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coline
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Dim 22 Aoû 2010 - 19:59

Quand j'aurai un moment, je reviendrai par là avec une féministe "dissidente": Annie Leclerc...

clic

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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Sam 20 Oct 2012 - 10:12

Livre génial...

Beauté fatale - Les nouveaux visages d'une aliénation féminine (2012) de Mona Chollet




Ça faisait déjà un moment qu’on commençait à sentir qu’il couvait quelque chose d’ambigu derrière les couvertures parfaites reflétées par les magazines féminins. Ces publications, présentées comme des mines d’informations dont les femmes se délectent, avaient fini par nous donner l’impression que leurs conseils visaient d’abord à satisfaire les attentes des hommes et des industriels avant de satisfaire celles de leurs lectrices. Premiers vecteurs de l’aliénation féminine, les magazines féminins méritent qu’on s’attarde en profondeur sur leurs articles d’une superficialité revendiquée, première étape de la compréhension d’un phénomène de pression sociale dont les femmes sont victimes aujourd’hui peut-être encore plus que hier. Mona Chollet aborde cette réflexion dans son essai et va également plus loin puisqu’elle qualifie cette obligation de se fondre dans le moule de la Beauté fatale comme l’un des nouveaux visages d’une aliénation féminine. « Aliénation » : le mot est fort mais bien choisi pour désigner un processus de manipulation violent et sournois qui prend les formes d’une intentionnalité bien dirigée et dont la plupart des femmes ne sont même plus conscientes.


Mona Chollet dévoile la mascarade. Fini le sourire triomphant des starlettes, l’allure fière des mannequins, l’euphorie presque hystérique des acheteuses compulsives, l’enthousiasme naïf des bloggeuses de mode. Leur joie apparente à provoquer un « prurit de la carte bancaire », à revêtir des tenues inconfortables, à s’affamer pour pousser à l’extrême la ressemblance avec les canons de la mode véhiculés, est-elle une joie véritable ? ou n’est-elle qu’une des autres parures de la Beauté fatale, destinée à réduire la femme à l’objet inoffensif qui ne provoque pas de remous ? Car là se situe le vrai nœud du problème : en faisant croire à la femme que la maîtrise de son apparence et que l’accès libre, autorisé et socialement reconnu aux méthodes de séduction lui permettent d’accéder à une autonomie neuve, l’asservissement se renforce et devient moins difficile à cerner que s’il était promu ouvertement par des moyens tyranniques. Pour Mona Chollet, il s’agit même de la cause principale des lenteurs qui agissent dans le féminisme « politisé » -celui qui vise à l’obtention de la parité :


« Les pressions sur leur physique, la surveillance dont celui-ci fait l’objet sont un moyen rêvé de les contenir, de les contrôler. Ces préoccupations leur font perdre un temps, une énergie et un argent considérables ; elles les maintiennent dans un état d’insécurité psychique et de subordination qui les empêche de donner la pleine mesure de leurs capacités de profiter sans restriction d’une liberté chèrement acquise. »


Sur cette trame de pensée générale, Beauté fatale se divise en plusieurs parties, chacune consacrée à l’un des visages de cette aliénation. Comment se perpétue-t-elle et s’amplifie-t-elle dans le temps ? Pourquoi assiste-t-on à l’apparition d’objets de culte, tels les « it bag » ? L’essor du domaine industriel et du marketing est fortement corrélé à la pression croissante que subissent les femmes. Pour gagner en efficacité, le complexe de la mode et de la beauté n’hésite pas à se parer de prétentions culturelles et à trouver des vecteurs variés dont l’apparence semble innocente. Quelques exemples ? On peut citer les séries télévisées, les publicités à visée cinématographiques, la mise en avant d’égéries ou le sponsor de bloggeuses... Mona Chollet va plus loin encore en investissant la réalité des « persécutrices » de la mode : qui sont ces actrices, mannequins ou rédactrices qui participent à l’aliénation de leurs pairs ? On découvre la réalité du monde du mannequinat ou du cinéma, bien loin des sourires auréolés arrachés par obligation.




Dans son essai, Mona Chollet cherche des explications à la réussite triomphante de ce modèle d’aliénation. Elle en trouve à la fois dans le contexte économique –la crise et les difficultés professionnelles espérant être surmontées par des avantages physiques et une capacité à savoir se vendre-, dans l’histoire et la culture de l’Occident –plus encore de l’Europe latine et de son « art de la séduction » illustré par l’exemple récent de Dominique Strauss-Kahn-, dans la démocratisation de la culture et l’apparition d’une culture de masse –vecteur principal des critères de conformité sociale- et peut-être aussi dans la perte de valeurs familiales solides, dans une dégradation des rapports sociaux globaux entre individus.


Derrière tout cela, l’image de la femme « pensante » est légère, voire inexistante, et Mona Chollet s’interroge, en conclusion de son essai, sur les raisons qui sont à la base de cette terreur toute masculine de voir les femmes se mettre à penser. Quant à elle, Mona Chollet ne craint pas de détruire ses pouvoirs innés de séduction en menant une réflexion élaborée sur les nouveaux visages de l’aliénation féminine. Si le pseudo-féminisme des magazines féminins avait pu dégoûter ses lectrices d’appartenir à la gente féminine moderne, Beauté fatale leur permettra d’accéder à une véritable réflexion féministe qui s’attaque au cœur du problème. Connaître les rouages de la manipulation ne permet peut-être pas de lutter contre des conditionnements intégrés depuis longtemps, mais permet de les mettre en évidence dans la vie quotidienne et d’essayer, peu à peu, de s’en éloigner et d’accéder à une liberté bien plus émancipatrice que celle autorisée par la consommation.

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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Sam 20 Oct 2012 - 10:18

Une explication au succès de ce féminisme comme revendication de son potentiel de séduction ?
Citation :

« Dans un monde défiguré, pollué, tenaillé par la peur, l’horizon sur lequel chacun s’autorise à projeter ses rêves s’est rétréci jusqu’à coïncider avec les dimensions de son chez-lui et, plus étroitement encore, avec celles de sa personne. Notre apparence, comme l’agencement et la décoration de notre cadre de vie, est au moins quelque chose sur quoi nous avons prise. La mode, associée à l’insouciance, au rêve et à la beauté, fournit une échappatoire mentale et imaginaire, en même temps qu’elle représente l’un des rares espoirs de réussite auxquels s’accrocher. »


Une réflexion très élaborée et novatrice autour de la maladie de l'anorexie -à travers l'exemple de Portia de Rossi :

Citation :
« Être allongée dans son lit la nuit devient une torture : elle est hantée par la vision du gras en train de s’installer. Au petit matin, à peine consciente, elle compte les calories assimilées et dépensées la veille, et remue ses pieds pour recommencer à en brûler avant même d’être levée. Un jour où elle sanglote de désespoir après s’être laissée aller à consommer six portions de yaourt d’un coup, elle se surprend à se demander combien de calories elle brûle en sanglotant. »

Citation :
« Le discours dominant invite à ne voir dans l’anorexie qu’une pathologie individuelle et à n’en rechercher les causes que dans le parcours personnel de celles qui en souffrent. […] De fait, toute interprétation qui ose établir un lien direct avec la condition féminine contemporaine est même frappée d’interdit. D’abord parce qu’elle implique une généralisation ; or notre époque est allergique à la généralisation –et, partant, à la critique sociale, puisqu’il ne peut y avoir de critique sociale sans un minimum de généralisation. Cette réprobation, comme celle qu’il est de bon ton de manifester à l’égard de ce qu’on qualifie de « victimisation », empêche l’identification d’une situation d’oppression, identification qui constitue pourtant un préalable indispensable à toute démarche de libération. »

Citation :
« Naomi Wolf, dans The Beauty Myth, opère une transposition saisissante : elle image ce qui se passerait si l’anorexie touchait non pas les jeunes filles, mais les jeunes hommes, dont certains parmi les plus brillants et les plus prometteurs d’Amérique. Elle parie qu’une affection frappant entre 5% et 10% d’entre eux, et ayant le taux de mortalité le plus élevé parmi les maladies psychiques, « ferait la couverture de Time, au lieu d’être reléguée dans les pages mode ». »

Citation :
« Le problème, toutefois, n’est pas tant de relier l’anorexie à la mode que de le faire dans l’intention de la minorer. […] D’abord, la mode, la publicité, le showbiz ne représentent pas une sphère à part, peuplée de gens extravagants et capricieux porteurs de valeurs qui n’engageraient qu’eux-mêmes. Il faut plutôt les voir comme une caisse de résonnance : ils captent la vision que la société se fait des femmes et l’amplifient en retour. Mais, surtout, l’anorexie découle d’une conception du corps héritée de la philosophie grecque, puis chrétienne ; une conception dont la société tout entière est imprégnée. Seul un préjugé misogyne et condescendant empêche d’admettre qu’une jeune femme puisse partager la vision et l’idéal de vénérables penseurs barbus. »


Les magazines de presse féminine sont épinglés tout au long des pages de l'essai (c'est souvent assez drôle) :

Citation :
« Dans Elle, une heureuse propriétaire de prothèses mammaires fraîchement posées se félicitait : « C’est un vrai petit coup de neuf pour notre couple. Nos relations sexuelles ont évolué, car je mets plus mes seins en avant. » On a du mal à concevoir une image de misère plus poignante que celle de ce couple, au lit, jouant avec les nouveaux seins de madame comme avec des ballons de plage. »

Citation :
« Les hommes, écrivait notre journaliste-plagiste dans Elle, aiment les filles « libérées ». Être « libérée » représente donc un impératif : et un impératif auquel il faut se conformer non pour le plaisir de la liberté, mais pour correspondre aux attentes des hommes : confessons que cela fait beaucoup de paradoxes pour notre petit cerveau. »

Evocation du cas récent de Strauss-Kahn:

Citation :
« Dans une tribune annoncée en une du Monde, après la remise en liberté de Strauss-Kahn, fin août 2011, Pascal Bruckner récrimine contre la « police du désir » qui sévit outre-Atlantique et se félicite de ce que « l’Europe latine semble mieux protégée de ce fléau par une culture ancienne de la conversation et une tolérance aux faiblesses humaines ». Avant de conclure : « Nous avons beaucoup de choses à apprendre de nos amis américains mais certainement pas l’art d’aimer. » Si on a bien suivi, une fellation de sept minutes, présentations comprises, pratiquée sur la moquette d’une chambre d’hôtel par une femme de chambre qui affirme y avoir été forcée représente donc le témoignage éclatant d’une « culture ancienne de la conversation » et d’un « art d’aimer » typiquement français : ça fait rêver. Les Françaises sont des sacrées veinardes. Pas étonnant que ces lourdauds de Yankees ne comprennent rien à de tels sommets de raffinement latin. »

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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Sam 20 Oct 2012 - 10:20

Coline parlait d'Annie Leclerc.
Elle est citée dans l'essai à travers son livre Petits choses :

Citation :
« Le roman moderne doit traiter de thèmes ENORMES. LA MORT, par exemple. AUSCHWITZ. L’HORREUR. LE NON-SENS. MA BITE. LA CRUAUTE. Or il va de soi que les GRANDES choses exècrent les petites. L’HORREUR déteste les pâquerettes et les colibris. Le NON-SENS vomit même les tournesols et les buses. Ecartez-vous, femmelettes et morpions, ou vous aurez affaire à MA BITE ! Nous nous occupons ici de choses SERIEUSES ! »

Ca donne envie d'en découvrir plus...

D'autres livres intéressants sont également cités. Entre autres, je retiens :

Unbearable lightness de Portia de Rossi
Unberable weight de Susan Bordo
The beauty myth de Naomi Wolf
Norms, deviances… de Fabrice Fernandez
La femme unidimensionnelle de Nina Power

A voir si les quatre premiers sont traduits, de préférence...

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coline
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Sam 20 Oct 2012 - 12:05

colimasson a écrit:
Coline parlait d'Annie Leclerc.
Elle est citée dans l'essai à travers son livre Petits choses :


clic: Annie Leclerc
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Sam 20 Oct 2012 - 15:33

Comme il faut toujours remonter à l' origine de ce qu' on dénonce, à savoir l' enfance.

Elena Gianini Belotti : Du coté des petites filles. - Des femmes Ed. a été publié dans les années 70, mais il reste -malheureusement- actuel. Il analyse "l' influence des conditionnements sociaux sur la formation du role féminin dans la petite enfance."
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Dim 21 Oct 2012 - 22:33

coline a écrit:


clic: Annie Leclerc

Merci Wink

bix229 a écrit:
Comme il faut toujours remonter à l' origine de ce qu' on dénonce, à savoir l' enfance.

Elena Gianini Belotti : Du coté des petites filles. - Des femmes Ed. a été publié dans les années 70, mais il reste -malheureusement- actuel. Il analyse "l' influence des conditionnements sociaux sur la formation du role féminin dans la petite enfance."

Tu l'as lu, Bix ?

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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Lun 22 Oct 2012 - 0:04

Oui, Coli. Mais au delà de 15 ans -et meme bien avant - j' ai la mémoire qui flanche... Restent ll' idée et le souvenir. Disons que si tu as lu d' autres livres sur la question, ça risque de ne pas t' apporter grand chose. Mais il y a tellement de choses qu' on croit évidentes et qui sont démenties tous les jours par la réalité. Je veux parler des allers retours dans l' éducation des filles, puis des femmes. Ce qui me heurte le plus, peut etre actuellement, c' est l' utilisation systématique des femmes dans la pub, les salons, genre automobile où elles servent de gracieuses potiches...
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Lun 22 Oct 2012 - 7:58

Un classique : La domination masculine, de Pierre Bourdieu.

Presque universellement, la domination est impartie aux hommes, presque universellement les systèmes qu’on appelle mythologiques, et qui sont en fait des idéologies justificatrices de la domination masculine, mettent le masculin du bon côté, le féminin du mauvais côté, le masculin du côté du blanc, du soleil, du salut, etc., et le féminin du côté du sombre, des ténèbres, de l’eau noire, etc., et toute notre poésie reste imprégnée de mythologie archaïque, c’est-à-dire masculine. C’est presque universel, et, de ce fait, l’opposition, qui est une opposition historique, construite, paraît naturelle. Une des raisons de sa puissance extraordinaire, c’est qu’elle paraît aller de soi. À la fois au dominant et au dominé.

Rien, rien, rien n'a changé...
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Mar 23 Oct 2012 - 22:08

MezzaVoce a écrit:
Un classique : La domination masculine, de Pierre Bourdieu.


Bien vrai. Je l'avais noté, tu fais bien de me le rappeler.

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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Ven 2 Nov 2012 - 18:59

Reçu dans le cadre d'une Masse Critique sur Babelio :



Génésique - Féminologie III
(2012) d'Antoinette Fouque




Génésique… Quel mot étrange… Pour peu qu’on ne connaisse pas non plus l’auteure de l’ouvrage qui porte ce nom, Antoinette Fouque (ce qui était mon cas), on pourrait difficilement se faire une idée du contenu du livre s’il n’était pas accompagné de la mention suivante : Féminologie III (en quoi consistent la Féminologie I et II ? nous ne le saurons jamais…). Manière d’attirer un public vaste ? Peut-être, mais risque aussi d’attirer des lecteurs qui s’attendent à voir s’élaborer sous leurs yeux les grandes lignes d’une théorie féministe, avec tous les risques et toutes les approximations que cela comporte.


Génésique, Féminologie III n’est pas un livre sur lequel Antoinette Fouque a un jour décidé de plancher dans un objectif précis. Il s’agit plutôt d’un recueil de textes qu’elle a écrits pour différents supports tels le Nouvel Observateur, Elle ( !) ou pour la revue Des femmes en mouvement ; d’extraits d’entretiens échangés par exemple avec Christophe Bourseiller, Coline Serreau (réalisatrice du film Solutions locales pour un désordre global) ou Benoîte Groult ; d’interventions réalisés par Antoinette Fouque elle-même en tant que députée. Tous ces textes sont réunis autour de la question énigmatique de la Génésique –concept qui fera l’objet d’une enquête menée par le lecteur à l’aide des indices que souhaitera bien lui accorder l’auteure.


L’idée principale est la suivante : la femme doit se réinvestir de sa fonction de procréatrice –individu doté de la capacité non-universelle d’accueillir en soi un futur individu, de le mettre au monde et de l’élever. L’oubli de cette capacité fondamentale, le fait que la grossesse soit souvent considérée comme un défaut nuisant aux fonctions professionnelles et retirant la femme du milieu actif et productif, aliène la femme à elle-même et la prive d’un rapport plus authentique qu’elle pourrait mettre en place avec les autres femmes dans cette reconnaissance du partage d’une capacité fondamentale –ce qu’Antoinette Fouque nomme « homosexuation ». A défaut de se reconnaître dotées d’une compétence particulière, les femmes oublient qu’elles sont nécessaires à la survie de l’humanité et acceptent la domination masculine. Elles se mettent elles aussi à considérer que la grossesse est une période de mise à l’écart, et occultent les pouvoirs fantastiques d’altruisme et de mise à l’écoute qu’elles développent à l’occasion de ce processus.


« J’ai parié sur la libération par une gestation porteuse d’identité, donc de libération de l’aliénation symbolique à la structure phallocentrique. Tout ce que disent les femmes enceintes aujourd’hui va dans ce sens : affirmation de leur désir matriciel, procréatif et créatif, qui n’exclut pas leur pulsion d’ambition. »



Pour Antoinette Fouque, de nombreux enjeux sont attachés à cette redéfinition des priorités. Tout d’abord se pose la question de la pertinence des notions de « père » et de « mère », dans des processus de mise au monde à la fois biologique, lors de la parturition, mais aussi de mise au monde sociale et intellectuelle (comme Giovanni Papini l’a écrit : « Il existe donc, pour chaque homme, trois naissances qu’il faut tenir séparées : la naissance pour la mère ; la naissance pour le monde et la naissance pour nous-mêmes »). Les notions législatives de « mère biologique » et de « mère porteuse » ne trouvent plus de sens lorsqu’on considère la génésique. Mais ce sont là des particularités locales à gérer.


D’une manière plus générale, Antoinette Fouque parie sur la remise en question de la structure phallocentrique pour libérer le monde des souffrances que lui infligent le capitalisme ou les totalitarismes politiques, associés à une manière de penser individualiste et donc essentiellement masculine. Pour Antoinette Fouque, en effet, l’altruisme et la capacité d’écoute sont des capacités majoritairement féminines qui découlent de l’évènement –passé, présent ou futur- de la grossesse.


« L’économie du profit et de la capitalisation est une économie de gaspillage, masculine. On sème à tout vent du sperme, qui se perd à chaque éjaculation. On le gaspille comme on gaspille les ressources. »


La définition de cette génésique est intéressante car elle propose une vision du monde différente de celle qu’on nous propose habituellement. On ressent parfois certains extrémismes, notamment lorsque Antoinette Fouque établit une distinction trop restrictive hommes / femmes –mais on comprend qu’elle se place à distance et qu’elle effectue un tracé global d’une pensée qu’elle considère, de toute manière, à l’échelle mondiale.
Un autre problème vient de l’écriture. En effet, Antoinette Fouque (peut-être parce qu’elle a fréquenté Lacan trop longtemps ?) s’exprime souvent avec des notions qui lui sont propres –le terme de « génésique » est un exemple parmi d’autres- mais qu’elle ne juge pas forcément nécessaire de définir, laissant patauger son lecteur dans des tentatives peut-être ratées d’interprétation. Ses théories traitent également beaucoup avec le symbolisme, tentant de cette façon de pallier à l’obscurantisme de ses propos, mais risquant de faire plonger ses théories dans un versant mystique qui pourrait avoir le désavantage de lui ôter une certaine part de crédibilité.


Dernier risque pour la route ? Celui de décevoir les plus ardents féministes. On découvrira, au fil des entretiens d’Antoinette Fouque, que l’auteure ne désire se rattacher à aucun mouvement idéologique. Cette absence d’engagement, qui s’accompagne d’un esprit critique lucide et ouvert, est tout à l’avantage d’Antoinette Fouque, mais peut-être surprenant pour des lecteurs que le terme de Féminologie indiqué sur la couverture de l’ouvrage avaient peut-être pu attirer. Quoiqu’il en soit, l’auteure se justifie très clairement sur cette prise de distance, et achève de convaincre sur l’engagement personnel qu’elle investit à propos de la Génésique.


Que retient-on de cet ouvrage ? Outre la théorie principale de la Génésique –porteuse d’idées intéressantes et originales-, on verra se dessiner en filigrane le parcours d’une femme qui a su défendre ses idées au sein de plusieurs mouvements, du groupe Psychanalyse et Politique au groupe d’édition Des femmes, dans lequel est d’ailleurs publié le présent ouvrage. Si tout semble limpide lorsqu’on lit Antoinette Fouque, reste encore à savoir de quelle manière elle compte remettre en question la structure phallocentrique qui régit selon elle notre société… Le rassemblement des femmes dans la poursuite d’une collaboration idéologique sera-t-elle suffisante ? Pour l’auteure, il s’agit en tout cas de la première étape du cheminement qu’il est nécessaire de conduire. Et sans doute n’a-t-elle pas tort… Si les hommes ne souhaitent pas accorder de crédit au travail effectué par les femmes –travail de mise au monde, travail d’éducation, travail de création-, alors les femmes doivent prendre conscience qu’il leur revient de pallier à cette ingratitude et de s’autoriser enfin à se reconnaître à leur juste valeur.


Des exemples de la position critique d'Antoinette Fouque vis-à-vis du féminisme :
Citation :

« Je pense que là où il y a Idéologie, il y a Image, et ce que le Féminisme proposait c’était, contre une image, une autre. Et il y a quelque chose, tant qu’il y a un lieu de cette femme que je suis ou que je ne suis pas encore, qui ne sera peut-être jamais, il y a quelque chose qui refusait les images, quelles qu’elles soient. Il faudrait faire une lecture de tous les textes féministes, pour voir quelles sont les nouvelles images proposées et savoir si beaucoup de femmes souhaitent changer d’image en quelque sorte. »

Citation :
« Il me semble qu’il y a un danger dans le Féminisme : la libération des femmes y deviendrait la libéralisation des femmes, à un niveau infiniment plus abstrait, idéologique, symbolique. »


Un exemple du langage très imagé employé. Malgré quelques excès, les idées méritent d'être considérées dans toute leur ampleur:
Citation :


« Il y a l’eau qui va manquer, l’air qui est pollué, le feu qui dévaste et la terre qui se dessèche… et il y a le cinquième élément de l’écologie humaine, qui est la chair, premier contenant de l’humain. On voit l’épuisement des ressources naturelles, mais on ne voit pas l’épuisement des corps des femmes. Pourtant, il faudrait comprendre ce que l’accablement de ces corps de ces femmes pauvres, dénutries, malmenées, entraîne de carences physiques, de malformations physiques, pour les générations futures… Nous sommes en train de développer une humanité malade, parce que ces femmes ne sont pas considérées pour ce qu’elles sont, les gestatrices de l’espèce en devenir. »

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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Dim 22 Juin 2014 - 17:10

Salut !

J'ai La condition féminine à travers les âges de Monique A. PIETTRE que je n'ai pas encore lu. Je l'ai acheté à un bouquiniste sur les quais de Paris. :p

Colimasson tu m'as donné envie de lire Beauté Fatale ! Very Happy La mère de mon copain m'enjoint à lire des magazines "féminins" ce que j'ai toujours trouvé ridicule un magazine pour les "filles". Quoi qu'il en soit à une occasion j'ai commencé à lire un "Elle" à elle et .. J'ai trouvé ça assez pathétique. Les articles sont autour d'actualité peu pertinentes .. Du style info de bas étage pour bonne ménagère modèle. Et les titres chocs "Quelle est la couleur tendance de l'été ?" suivi d'un petit rire mièvre implicite bien sur !
En soit chacune aime ce qui lui plait mais le magazine est tourné de manière à dire c'est CA que veulent les femmes, ou tenez on vous dit comment est la femme moderne, faites des bons gateaux en maillot de bain ! Enfin bon ce magazine m'a laissé un goût amer.
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   Dim 22 Juin 2014 - 19:43

Nan mais les magazines féminins actuellement (sauf exception) c'est juste de l'anti-féminisme, hein...
Soit belle après un régime, fait bien les gâteaux et le choses qui font plaisir au mâle dominant, réfléchir ça donne des rides alors la ramène pas...


T'as bien raison de ne pas les lire, continue ! (et envoie bouler la belle-doche, namého...  Suspect )
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MessageSujet: Re: féminisme et littérature   

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