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 Friedrich Nietzsche [Philosophie]

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colimasson
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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Sam 15 Sep 2012 - 15:35

Encore une lecture qui fait du bien :

Le crépuscule des idoles (1888)




Aucun livre de Nietzsche n’est dispensable, mais le lecteur qui cherche à privilégier l’essentiel devrait peut-être commencer par aborder l’auteur avec ce Crépuscule des idoles, condensé de ses idées les plus innovantes et personnelles.


Le livre est séparé en onze parties dont la forme varie souvent. Nietzsche ne laisse pas son lecteur s’amollir dans un seul format de texte, dans un seul genre de prose littéraire. Il privilégie toutefois la forme courte et directe à travers des paragraphes et des chapitres brefs qui donnent au livre une cadence dynamique. Les phrases sont simples, ne s’embarrassent pas de complexités inutiles. Pour qui connaît déjà l’esprit dionysiaque de Nietzsche, on appréciera cette connivence de forme et de fond, et on reconnaîtra la puissance d’un style qui s’accorde à sa théorie de l’Esthétique : « Tout ce qui est bon est léger, tout ce qui est divin court sur des pieds délicats ».


Le premier chapitre du Crépuscule des idoles ouvre le bal avec une succession d’aphorismes et de maximes virulentes, dont certaines sont passées à postérité (« Ce qui ne me tue pas me fortifie »). On assiste là à un déliement de la pensée, comme un coureur de fond délierait ses jambes avant de se lancer dans un effort plus important.
Et en effet, les chapitres suivants offrent au lecteur une consistance plus dense.


Bien que Nietzsche maîtrise avec perfection la légèreté divine de son écriture, ses propos, par leur originalité, leur caractère profondément bouleversant, nécessitent une lecture attentive. Pour peu que l’on ait partagé, sans les avoir auparavant explicités, les pressentiments de Nietzsche, la lecture sera peut-être plus fluide. La lecture antérieure d’autres volumes pourra également faciliter la compréhension.


Nietzsche revient aux sources de la philosophie en abordant la problématique de Socrate. Premier philosophe connu et parvenu jusqu’à nous, il est désigné comme le représentant principal d’une philosophie de la vie malade et dégénérée –le mot de « décadence » est utilisé à plusieurs reprises. De fil en aiguille, Nietzsche remonte le cours de l’Histoire et récolte d’autres preuves de la décadence de l’esprit humain. La morale chrétienne en tête, il désigne comme autres responsables le langage mais aussi Schopenhauer, Wagner, Sénèque, Schiller, Rousseau, Dante, Kant, Victor Hugo, Liszt, George Sand, Mill, Goncourt, Zola… dont il s’amuse à décortiquer les signes d’une pourriture de la pensée dans le neuvième chapitre (Flâneries d’un inactuel). Face à tous ces dégénérés, Nietzsche brandit la grâce divine d’un Dionysos, dont il considère être le dernier disciple.


C’est sur la base de cette opposition que Nietzsche se propose d’élaborer une nouvelle philosophie qui ne se veut ni jugement moral, ni élaboration d’une hiérarchie de valeurs. La raison, qui cherche à rationaliser la vie, à rendre ses instincts froids et fatigués –qui tend, en réalité, à épuiser les élans vitaux- cède la place à une pensée tragique qui accepte les contradictions inhérentes de la condition humaine. La raison même est le signe d’un affaiblissement et d’une décadence. Que dit la morale chrétienne, que dit le pessimisme ? « Ne pas chercher son avantage », « La vie n’a plus aucune valeur »… Ce qui se fait passer pour altruisme, ce qui se donne les apparats de la vertu ne cherche en réalité qu’à dissimuler l’effritement d’une force et d’une vigueur qui peine à retrouver son souffle. La vérité serait : « Je ne sais plus trouver mon avantage », « Je n’ai plus aucune valeur »…


On associe Nietzsche au nihilisme, mais souvent en se trompant sur la définition de ce concept. A la différence de Schopenhauer, qui dresse le constat d’un monde absurde et sans espoir, Nietzsche est nihiliste dans le sens où il abolit la morale chrétienne. Mais il n’en reste pas là : il se propose de dépasser la vision d’un monde absurde en érigeant comme modèle la vitalité de l’homme dont les instincts n’ont pas été bafoués –et on retrouve ici les caractéristiques qui définissent le surhomme.


Nietzsche ne fait sombrer ni dans le désespoir, ni dans l’impuissance, ni dans la faiblesse. Sa pensée est surprenante et réjouissante car elle admet que la destruction des carcans de l’homme moderne lui ouvrira les portes d’une liberté revigorante où la santé, la force et la puissance deviendraient enfin des vertus au détriment de l’abnégation, de la soumission et de la maladie des corps déprimés par la morale de type chrétienne.


Ce Crépuscule des idoles est un panacée contre la dépression moderne. Par un retour sur soi, il fait aimer la vigueur des passions et des instincts qui sont toujours bons lorsque la décadence n’est pas encore installée. En se souciant d’abord de soi, l’homme prouvera mieux son amour de la vie qu’en se vautrant dans l’hypocrisie d’un amour d’autrui fondamentalement manipulateur. L’effet que suscite ce court volume est une preuve incontestable de la sincérité du propos de l’auteur : lorsqu’on referme le Crépuscule des idoles, on aimerait aller danser avec Nietzsche, en célébration à la vie toute-puissante.


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colimasson
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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Sam 15 Sep 2012 - 15:43

Un passage qui résume bien l'avis de Nietzsche sur la question de Socrate :

Citation :
« De tout temps les sages ont porté le même jugement sur la vie : elle ne vaut rien… Toujours et partout on a entendu sortir de leur bouche la même parole, -une parole pleine de doute, pleine de mélancolie, pleine de fatigue de la vie, pleine de résistance contre la vie. Socrate lui-même a dit en mourant : « Vivre –c’est être longtemps malade : je dois un coq à Esculape libérateur. » Même Socrate en avait assez. –Qu’est-ce que cela démontre ? Qu’est-ce que cela montre ? […] « Il faut en tous les cas qu’il y ait ici quelque chose de malade », -voilà notre réponse : ces sages parmi les sages de tous les temps, il faudrait d’abord les voir de près ! Peut-être n’étaient-ils plus, tant qu’ils sont, fermes sur leurs jambes, peut-être étaient-ils en retard, chancelants, décadents peut-être ? La sagesse paraissait-elle peut-être sur la terre comme un corbeau, qu’une petite odeur de charogne enthousiaste ?... »


Pourquoi les instincts ne devraient pas être contrôlés en dehors des périodes de décadence :

Citation :
« La plus vive lumière, la raison à tout prix, la vie claire, froide, prudente, consciente, dépourvue d’instincts, en lutte contre les instincts ne fut elle-même qu’une maladie, une nouvelle maladie –et nullement un retour à la « vertu », à la « santé », au bonheur… Être forcé de lutter contre les instincts –c’est là la formule de la décadence : tant que la vie est ascendante, bonheur et instinct sont identiques. »


Certaines pensées de Nietzsche me semblent être annonciatrices de ce qu'on nommera plus tard "résilience" :

Citation :
« L’artiste tragique n’est pas un pessimiste, il dit oui à tout ce qui est problématique et terrible, il est dionysien… »

Et qui ne peut s'effectuer que par un retour sur soi, et non pas la désignation de tiers coupables (qui ressemblerait alors à de la lâcheté ?)

Citation :
« Déjà la plainte, rien que le fait de se plaindre peut donner à la vie un attrait qui la fait supporter : dans toute plainte il y a une dose raffinée de vengeance, on reproche son malaise, dans certains cas même sa bassesse, comme une injustice, comme un privilège inique, à ceux qui se trouvent dans d’autres conditions. […] Que l’on attribue son malaise aux autres ou à soi-même –aux autres le socialiste, à soi-même le chrétien- il n’y a là proprement aucune différence. Dans les deux cas quelqu’un doit être coupable et c’est là ce qu’il y a d’indigne, celui qui souffre prescrit contre sa souffrance le miel de la vengeance. »


Un autre principe de Nietzsche : ne pas confondre cause et conséquence :

Citation :
« […] ma raison rétablie affirme : « Lorsqu’un peuple périt, dégénère physiologiquement, les vices et le luxe (c’est-à-dire le besoin d’excitants toujours plus forts et toujours plus fréquents, tels que connaissent toutes les natures épuisées) en sont la conséquence. Ce jeune homme pâlit et se fane avant le temps. Ses amis disent : telle ou telle maladie en est la cause. Je réponds : le fait d’être tombé malade, de ne pas avoir pu résister à la maladie est déjà la conséquence d’une vie appauvrie, d’un épuisement héréditaire. Les lecteurs de journaux disent : un parti se ruine avec telle ou telle faute. Ma politique supérieure répond ; un parti qui fait telle ou telle faute est à bout –il ne possède plus sa sureté d’instinct. Toute faute, d’une façon ou d’une autre, est la conséquence d’une dégénérescence de l’instinct, d’une désagrégation de la volonté : par là on définit presque ce qui est mauvais. »

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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Sam 15 Sep 2012 - 15:45

Un peu plus léger et "mondain" : ce que Nietzsche pense de certains de ses confrères :

Citation :
« SAINTE-BEUVE. – Il n’a rien qui soit de l’homme ; il est plein de petite haine contre tous les esprits virils. Il erre çà et là, raffiné, curieux, ennuyé, aux écoutes, -un être féminin au fond, avec des vengeances de femme et des sensualités de femme. »


Citation :
« GEORGE SAND. – […] Je ne puis supporter ce style de tapisserie, tout aussi peu que l’ambition populacière qui aspire aux sentiments généreux. Ce qui reste cependant de pire, c’est la coquetterie féminine avec des virilités, avec des manières de gamins mal élevés. […] Et avec combien de suffisance elle devait être couchée là, cette terrible vache à écrire qui avait quelque chose d’allemand, dans le plus mauvais sens du mot, comme Rousseau lui-même, son maître, ce qui certainement n’était possible que lorsque le goût français allait à la dérive ! »


Pamphlet le plus virulent lorsque Nietzsche s'attaque à Wagner, qu'il avait pourtant follement adoré :

Citation :
« Ce n’est pas avec la musique que Wagner a conquis les jeunes gens, c’est avec l’ « idée » : -c’est la richesse en énigmes de son art, son jeu de cache-cache entre cent symboles, la polychromie de son idéal qui amena et attira ces jeunes gens à Wagner ; c’est le génie nuageux de Wagner, sa manière de saisir, de glisser, de frôler dans les airs, d’être à la fois partout et nulle part, exactement le même procédé qu’employa Hegel pour séduire et pour attirer son époque ! –Au milieu de la multiplicité, de la plénitude et de l’arbitraire de Wagner ces jeunes gens se croient justifiés devant eux-mêmes, -ils se croient « sauvés »-. »


Citation :
« L’adhésion à Wagner se paye cher. J’observe les jeunes gens qui furent longtemps exposés à son infection. L’action la plus immédiate qu’il exerce, action relativement innocente, c’est son influence sur le goût. Wagner agit comme l’absorption continue de boissons alcooliques. Il émousse, il empâte l’estomac. Effet spécifique : dégénérescence du sentiment rythmique. Le wagnérien finit par appeler rythmique ce que moi-même, avec un proverbe grec, j’appelle « remuer le marais ». »


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bix229
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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Sam 15 Sep 2012 - 15:55

Ce qu' il dit de G. Sand et de Sainte Beuve est bien senti... Sauf la comparaison de Sainte Beuve aux femmes. Mais, Il ne faut pas oublier que Nietzsche a connu de grands problèmes avec les femmes. A commencer par sa propre soeur qui le tyrannisait et qui après sa mort essaya de le "vendre" aux nazis. Et puis Lou André Salomé, incroyable personnage romanesque et féministe qui connaissait Freud, Rainer Maria Rilke et faisait tourner les hommes en bourrique, à commencer par Nietzche.

Son oeuvre à elle est originale et mérite d' etre découverte.
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colimasson
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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Sam 15 Sep 2012 - 19:13

bix229 a écrit:
Ce qu' il dit de G. Sand et de Sainte Beuve est bien senti... Sauf la comparaison de Sainte Beuve aux femmes. Mais, Il ne faut pas oublier que Nietzsche a connu de grands problèmes avec les femmes. A commencer par sa propre soeur qui le tyrannisait et qui après sa mort essaya de le "vendre" aux nazis. Et puis Lou André Salomé, incroyable personnage romanesque et féministe qui connaissait Freud, Rainer Maria Rilke et faisait tourner les hommes en bourrique, à commencer par Nietzche.

Oui, ceci explique cela, donc.

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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Lun 10 Déc 2012 - 14:53

Le Gai savoir (1887)




Un des livres les plus tonitruants de Nietzsche ! Le Gai Savoir marque une forme de renaissance à la vie et s’inscrit en tant que tel dans l’existence de l’auteur. Après avoir été totalement abattu par affres de la maladie et de la souffrance, après avoir écrit, dans une lettre à Overbeck : « Je ne comprends plus du tout à quoi bon je devrais vivre, ne fût-ce que six mois de plus [...] », Nietzsche connaît une rémission qui le fait passer des bas-fonds au faîte de l’énergie et du dynamisme. Modèle du maniaco-dépressif ? On lit alors des pensées situées à l’antithèse de ses écrits les plus désespérés, condamnant les volontés de vivre affaiblies en même temps que le pessimisme à la Schopenhauer ou le romantisme à la Wagner.


« Vivre –cela veut dire : rejeter sans cesse loin de soi quelque chose qui tend à mourir ; vivre –cela veut dire : être cruel et inexorable pour tout ce qui en nous n’est que faible et vieilli, et pas seulement en nous. »


Les exhortations à la vie sont virulentes et révèlent peut-être le regard d’un homme qui souhaite faire une croix sur un passé de souffrance. Ce qui semble s’écouler de la plume de Nietzsche, avec toutes les apparences d’une certitude inébranlable, n’est peut-être qu’une forme d’auto-persuasion d’autant plus affirmée qu’elle se sait bancale ? car quelle virulence Nietzsche emploie-t-il à condamner tous les instincts contraires à cette redécouverte de la vie dans toute sa puissance, alors même qu’il appelle au mépris des formes les plus affaiblies de l’existence. Il n’empêche, ces passages enflammés transcrivent une vitalité indéniable, qui stupéfie et qui véhicule un courage et une force bien réels –si tant est qu’ils prennent leur source dans une origine moins stable.


Ce sentiment d’être doté d’une énergie presque infinie enjoint Nietzsche à se séparer du commun des mortels, à ceux qu’il appelle, avec un mépris affiché et assumé : le « troupeau ». Ce qui le différencie semble se situer au niveau de la morale : une fois encore, avoir atteint des sommets de désespoir a fait rejaillir chez Nietzsche une vision du monde qui dépasse les exigences habituelles. Il ne voit plus que l’inanité d’une foule de « travestis » qui se réunit sur scène pour jouer une pièce d’un romantisme graveleux.


« Nous aussi nous fréquentons des « personnes », nous aussi nous revêtons modestement le vêtement sous lequel (et comme quoi) on nous connaît, estime, recherche, et ainsi vêtus nous nous rendons en société, c’est-à-dire parmi des travestis qui ne veulent pas qu’on les dise tels : nous aussi nous agissons en masques avisés et coupons court à toute curiosité qui ne se bornerait pas à notre « travestissement ». »


Et là où certains se perdent derrière leurs travestissements, Nietzsche et les autres « hommes supérieurs », sans être dupes de leur obligation à céder eux aussi à ce procédé, se contentent d’y voir une obligation sociale qui n’efface en rien la véritable personnalité de celui qui se pare pour les mondanités.


Superficialité, superficialité… à bannir, tout comme Nietzsche condamne la « profondeur » creuse des hommes de science de son siècle. A s’échiner à dévoiler une vérité qui abolirait toutes les autres, l’humanité risquerait de tomber dans un nouveau fanatisme –après celui qu’a pu engendrer, par exemple, le christianisme. Ces professeurs d’une foi nouvelle s’accapareraient une image de profondeur qu’ils ne méritent pas –en contre-exemple, Nietzsche cite les grecs antiques, véritables défricheurs des abysses qui ne livraient leurs découvertes qu’après être remontés à la surface des choses.


« Que seule une interprétation du monde soit légitime, où vous autres subsistiez légitimement, où l’on ne puisse explorer et continuer de travailler scientifiquement que dans votre sens (-vous voulez dire somme toute mécanicistement ?) et qui n’admette autre chose que compter, calculer, peser, voir et saisir, voilà qui n’est que balourdise et naïveté, quand ce ne serait pas de l’aliénation, du crétinisme. »


Peu à peu se révèle le concept de Gai Savoir situé à la fois au-delà des pensées moralisantes et avilissantes du « troupeau » mais aussi au-delà des airs empruntés et tortueux des hommes de science « spécialisés » à la vision du monde réductrice. Le Gai Savoir s’abreuve plutôt à la Vie et aux grands espaces et s’amuse des tragédies qui parsèment les existences de ses sujets –ridicules à l’égard de la Vie dans l’absolu. Pour un savoir virevoltant et redevenu léger après avoir connu la profondeur, Nietzsche propose des formes brèves et clinquantes (« Plaisanterie, ruse et vengeance ») et des poèmes qui le surprennent lui-même (« Chanson du prince hors-la-loi ») :


« Toi, poète ? Toi, un poète ?
As-tu donc la tête dérangée ?
« Mon cher Monsieur, vous êtes un poète »
Dit l’oiseau Pic, hochant l’épaule. »



Et au-delà de Nietzsche et de son Gai Savoir, que peut-on espérer trouver ? Cette question, l’auteur ne semble pas se l’être posée et cette négligence est surprenante au regard d’un homme qui vilipende les certitudes du « troupeau ». Sa vision du monde est supérieure en ce qu’elle exalte la puissance de vie –il faut donc supposer que cette puissance est accompagnée d’un jugement de valeur, et veiller à ce que ce jugement ne soit pas l’initiateur d’une nouvelle morale- et qu’elle autorise l’expression des sentiments égoïstes : la fierté, la puissance, la combattivité qui, s’ils nuisent parfois à autrui, constituent un moteur essentiel pour l’individu pris en lui-même.


Plus que dans ses autres livres Nietzsche ne s’expose ici à ses propres contradictions. On pourrait essayer de les critiquer, mais à quoi bon ? Quel serait l’intérêt de remettre en question des convictions qui sont nées d’une rémission –brève- de la dépression et qui sont, avant toute chose, une déclaration d’amour adressée à la vie et à l’espoir d’un avenir plus léger ?

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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Lun 10 Déc 2012 - 15:02

Toujours aussi habitée et captivante Colimasson. Si je ne réagis pas toujours à tes posts je te lis! Very Happy

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Mar 11 Déc 2012 - 22:41

Merci Marko ! Je savoure toujours autant les textes de Nietzsche... ils transmettent une telle force de vie ! même s'ils ont leurs défauts, ils s'effacent devant cette qualité indéniable...

Et je le trouve drôle, dans sa manière provocatrice de revendiquer sa misanthropie. En exemple cet extrait :
Citation :


L’art de fréquenter les gens repose essentiellement sur l’habileté (qui suppose un long exercice) d’accepter de prendre un repas dont la préparation culinaire n’inspire pas confiance. A supposer que l’on vienne à table avec une faim de loup, tout se passe sans heurt (« la plus mauvaise compagnie te permet de sentir » -comme dit Méphistophélès) ; mais cette faim de loup on ne l’a jamais au moment voulu ! Hélas, que nos semblables sont difficiles à digérer ! Premier principe : comme lors d’un malheur, y aller de tout son courage, se servir résolument, s’admirer soi-même, mâcher sa répugnance, ravaler son dégoût. Deuxième principe : « améliorer » son semblable, au besoin par quelque éloge propre à le faire suer de bonheur à son propre sujet : ou bien tirer par le bout l’une de ses qualités bonnes ou « intéressantes » jusqu’à sortir sa vertu tout entière pour envelopper son semblable dans les plus de cette dernière. Troisième principe : Autohypnotisation. Fixer l’objet de sa fréquentation comme un bouton de verre jusqu’à faire cesser toute sensation de plaisir ou de déplaisir ; on s’endort imperceptiblement, se raidit, et l’on acquiert du maintien : moyen domestique pratiqué dans la vie conjugale et dans l’amitié, dûment éprouvé, apprécié comme indispensable, mais qui n’a pas encore trouvé sa définition scientifique. Son nom vulgaire est –patience.


!

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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Dim 16 Déc 2012 - 15:32

Et ce passage d'une force vitale exceptionnelle justifie à lui seul l'existence du Gai Savoir.


Citation :
Tout ce livre n’est en effet rien qu’un besoin de jouir après une longue période de privation et d’impuissance, le tressaillement de joie des forces récupérées, de la foi nouvellement éveillée en un lendemain et un surlendemain, le sentiment et le pressentiment soudains de l’avenir, des nouvelles aventures, de mers à nouveau ouvertes, de buts à nouveau permis, à nouveau dignes de foi. Et que de choses n’ai-je pas derrière moi désormais ! Ce morceau de désert, d’épuisement, d’incroyance, de gel en pleine jeunesse, cette sénilité intercalée au mauvais endroit, cette tyrannie de la fierté, qui refusait les conclusions de la douleur –or les conclusions sont des consolations- cet isolement radical comme défense désespérée contre une misanthropie d’une lucidité morbide, cette restriction foncière à l’amertume, à l’âpreté, à l’aspect blessant de la connaissance ainsi que le prescrivait le dégoût peu à peu développé à la faveur d’une imprudente diète spirituelle, vraie gâterie de l’esprit –on nomme cela du romantisme- ô qui donc pourrait jamais éprouver cela ! Mais celui qui le pourrait voudra sans doute me pardonner davantage qu’un peu de folie, d’exubérance, de « gai savoir » -par exemple une poignée de chants, dans lesquels un poète se moque de tous les poètes de façon malaisément pardonnable. Ah ce n’est pas seulement envers les poètes et leurs beaux « sentiments lyriques » que ce ressuscité se sent l’envie d’exercer sa malice : qui sait quel genre de victime il choisira, quel monstre de sujet parodique l’excitera sous peu ? Incipit tragedia –est-il écrit à la fin de ce livre d’une inquiétante désinvolture : qu’on y prenne garde ! Quelque chose d’essentiellement sinistre et méchant se prépare : Incipit parodia, cela ne fait aucun doute.



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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Ven 28 Juin 2013 - 12:56

Par-delà le bien et le mal (1886)




Si le Zarathoustra de Nietzsche vous parut être un homme admirable, vous découvrirez Par-delà le bien et le mal comme la source théorique de l’application de sa ligne de conduite.


Zarathoustra, on s’en souvient, vivait loin des hommes, retiré dans la montagne, au milieu d’une nature indocile et souvent peu confortable mais qui savait par ailleurs procurer l’extase de la puissance et qui permettait à la force vitale du presque-surhomme de se délier avec panache. Cette vie solitaire (qui n’est pas solitude) aura permis à Zarathoustra de prendre du recul sur les jugements émis par les hommes depuis des millénaires, et qui continuent encore à circuler aujourd’hui alors que la réflexion devrait conduire à cette évidence absolue : ils ne contribuent pas à élever l’homme et lui font perdre l’équilibre lorsqu’il s’essaie à avancer sur la « corde tendue entre l’animal et le Surhomme », la « corde tendue au-dessus d’un abîme ». Encore un bouquin de misanthrope ? Pas vraiment puisque Nietzsche mena une vie très mondaine, au moins jusqu’à ses quarante ans, fréquentant les meilleurs salons de Bâle. La philosophie de Nietzsche n’est donc pas une pure œuvre spéculative. Elle résulte d’une expérience réelle de la vie sociale, dans ce qu’elle a de pire et de meilleur, nourrie ensuite d’une solitude brusque et forcée qui, dans le contraste, permit certainement à Nietzsche d’élaborer les réflexions qu’on lui connaît.


L’affrontement des forces majeures du Bien et du Mal n’existe pas de manière absolue, et c’est peut-être bien leur avantage. Elles se dispersent sournoisement et il s’agit de les traquer avec attention, ce que fait Nietzsche en s’aventurant dans les domaines des valeurs, des vérités et du pouvoir. Ici, on les appelle péché ou vertu, honte ou pudeur, crime ou charité ; ailleurs on les appelle ignorance ou savoir ; là on les appelle obéissance ou autorité. Mais qui a défini ces normes ? Quelles ont été les motivations de ceux qui les ont choisies ? Avant de cheminer Par-delà le bien et le mal, Nietzsche remonte à leurs sources et voit la dualité émerger avant même la naissance du christianisme, lorsque la morale des esclaves exigeait des conditions de vie plus douces, ralentissant ainsi le développement des hommes puissants –ce qu’on appellerait aujourd’hui « nivellement par le bas » ? Plus de pitié, plus de compassion ; Nietzsche avait pourtant essayé d’en faire preuve après avoir lu les exhortations encourageantes du Monde comme volonté et comme représentation de Schopenhauer, et il avait misé sur l’aptitude de l’ « art total » pour y parvenir –mais cette volonté se solda par un échec retentissant lors du Festival de Bayreuth. Nietzsche y perdit toute sa confiance, beaucoup de force, et le goût de vivre lui vint presque à disparaître. Est-il vraiment audacieux de détruire la force vitale des derniers hommes puissants (mais toutefois pas assez pour résister à la contagion néfaste des autres), de les sacrifier dans la tentative de sauver des hommes faibles que rien ne semble pouvoir élever ?


« Plus un homme représente un type d’espèce supérieur, plus ses chances de réussite deviennent minimes : le hasard, la loi du non-sens dans l’économie humaine, apparaît le plus terrible dans les ravages qu’il exerce sur les hommes supérieurs, dont les conditions vitales subtiles et multiples sont difficiles à évaluer. »


Peut-être, en réalité, Nietzsche n’est-il pas si puissant qu’il veut bien le faire croire, et sans doute porte-t-il à bout des réflexions pour tenter malgré tout de s’en convaincre. Pour ma part, peu m’importe que Nietzche soit ou non le prototype le plus avancé du Surhomme. Il s’est peut-être laissé abattre par sa déception, mais il a su la surmonter seul, il a su la magnifier par ses réflexions, sans ne jamais perdre la sensibilité qui fut pourtant cause de son malheur. Et c’est parce que son œuvre reste toujours sensible, profondément personnelle et authentique, qu’elle charme d’emblée. Pourtant, Nietzsche ne veut embobiner aucun lecteur, qui précise, avec son humour caractéristique : « Mais il ne faut pas avoir trop raison, si l’on veut avoir les rieurs de son côté ; un petit soupçon de tort peut être un indice de bon goût ». Ainsi, à mi-chemin entre le système et l’aphorisme, Nietzsche sépare son livre en chapitres distincts, composé de réflexions plus ou moins longues qui pourront former dans un cas des chapitres, dans l’autre des maximes, passant par le spectre de toutes les formes intermédiaires et s’essayant même à la poésie.


Par-delà le bien et le mal est un livre gai et chantant qui ressemble à un hymne pour la liberté. L’immoralisme de Nietzsche n’est pas une absence de règles ni de lois, comme ce serait le cas dans un système anarchique –c’est un moralisme personnel, fondé sur la certitude que, les cieux étant désormais vides de tout Dieu, il faut les repeupler par soi-même. Nietzsche dépasse son inspirateur Schopenhauer, ce pessimiste qui ne proposait aucune solution, en exhortant l’homme à rechercher en lui ses propres valeurs et ses sincères aspirations. Il rejoint parfois Spinoza en faisant de la recherche un moteur essentiel du développement de l’humanité et un réconfort contre les bassesses de l’existence, mais il se montre moins extrême et plus sceptique lorsqu’il prévient déjà l’orgueil de ceux qui croiront avoir trouvé LA vérité alors qu’il ne s’agirait en fait que de LEUR vérité, ajoutant à l’Ethique spinoziste la souplesse qui lui manquait peut-être. Enfin, Nietzsche se fait précurseur de l’existentialisme sartrien lorsqu’il dénonce et moque l’hypocrisie des bonnes manières qui, non contentes de berner les autres, aliènent également celui qui en fait preuve par pure convention :


« Sa complaisance habituelle envers toute chose, tout évènement, l’hospitalité sereine et impartiale qu’il met à accueillir tout ce qui l’attaque, sa bienveillante indifférence, sa dangereuse insouciance du oui et du non, hélas ! toutes ces vertus, il a souvent à s’en repentir et, comme homme surtout, il devient trop aisément le caput mortuum de ces vertus. Réclame-t-on de lui de l’amour et de la haine –j’entends de l’amour et de la haine comme les comprennent Dieu, la femme et la bête-, il fera ce qui est dans son pouvoir et donnera ce qu’il peut. Mais on ne s’étonnera pas si ce n’est pas grand-chose, -s’il se montre justement ici faux, fragile, mou et incertain. »


Parce que la philosophie de Nietzsche semble plus légère, sensible et émotive que celle de la plupart des autres « philosophes », on lui a souvent reproché de n’avoir qu’un charme captieux. Ce serait là n’avoir pas réussi à surmonter cette certaine forme de moralité qui oppose la raison à l’émotion car –à bien y réfléchir- quel mal (ou quel bien) y a-t-il à se laisser persuader plutôt qu’à se laisser convaincre ?



Gustave Moreau, Oedipe et le Sphinx



« Toute tentative d’aller au fond des choses, d’éclaircir les mystères est déjà une violence, une volonté de faire souffrir, la volonté essentielle de l’esprit qui tend toujours vers l’apparence et le superficiel –dans toute volonté de connaître, il y a une goutte de cruauté. »


Spéciale dédi pour Eglantine Wink

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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Ven 28 Juin 2013 - 13:35

Commandé "Par delà le bien et le mal ! Merci Coli !bisous

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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Sam 29 Juin 2013 - 0:30

Quelle grâce dans l'évocation et légèreté dans l'explication. bonjour
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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Dim 30 Juin 2013 - 13:15

Pourquoi les éditeurs traduisent-ils Jenseits von Gut und Böse par Par-delà le Bien et le Mal, et non Par-delà Bien et Mal ?
Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a là un beau contre-sens... bounce 
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MessageSujet: Re: Friedrich Nietzsche [Philosophie]   Dim 30 Juin 2013 - 20:21

églantine a écrit:
Commandé "Par delà le bien et le mal ! Merci Coli !bisous

Que la lecture te soit agréable... et surtout enrichissante !

Sullien a écrit:
Pourquoi les éditeurs traduisent-ils Jenseits von Gut und Böse par Par-delà le Bien et le Mal, et non Par-delà Bien et Mal ?
Je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y a là un beau contre-sens... bounce 

Oui ça ressemble à un contre-sens mais je pense que c'est une simple question de lisibilité... pour ne pas choquer l'oeil du lecteur avant qu'il n'ait lu le livre... ?

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MessageSujet: Naumbourg (Saale)   Dim 3 Nov 2013 - 18:57

Naumbourg, au bord de la Saale, est une petite ville moyenâgeuse connue pour sa magnifique cathédrale. [Hier j'ai eu la chance de visiter la cathédrale et la ville, de goûter aux produits du vignoble de Saale-Unstrut et d’assister à une représentation remarquable au théâtre de Naumbourg.]


Friedrich Nietzsche a vécu de longues années dans cette petite ville de Saxe-Anhalt. Depuis 1850, suite à la mort du père, la famille de Nietzsche a déménagé à Naumbourg et le jeune Friedrich y est resté jusqu'au moment de partir comme étudiant pour Bonn. Tout au long de sa vie Nietzsche revenait à Naumbourg pour visiter sa famille et finalement pour y vivre, malade, sur la fin de sa vie.


En 2008 un monument en honneur du philosophe fut dévoilé en plein centre ville sur le Holzmarkt, une sculpture en bronze de Heinrich Appel, montrant Nietzsche assis en dialogue avec colimasson, en jeune fille sûre d’elle et questionnant le philosophe sur son œuvre. Sa curiosité fait plaisir à voir (et à lire).

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