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 Maylis de Kerangal

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topocl
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Mer 4 Mai 2011 - 16:02

Corniche Kennedy


Un petit livre (180 pages) très puissant avec une ambiance extraordinaire, les nerfs à vif dans ce paysage surchauffé des calanques
Un été dans la vie de 3 jeunes marseillais « grillant leurs vacances avec d’autres comme eux », faisant « démonstration d’insolence ». Plutôt braves gamins cependant.
La vie s’organise pour les vacances dans ce groupe d’ados qui aiment la mer, le farniente, les copains, mais aussi les défis : « c’était leur plaisir, impatients qu’ils sont de s’avancer toujours plus vite et plus avant sur le front de la vie ». On traîne au soleil, on lézarde, on échange les cigarettes, on patauge. En surplomb de cette plage sauvage, trois rochers : le premier trois mètres au-dessus de la mer, et un peu plus haut le « Just Do It » 7 mètres et enfin le "Face To Face", 12 mètres. Qui s’en élance monte quelques marches dans la hiérarchie de ce petit groupe d’adolescents bien vivants. D’autant plus que le grand saut est interdit par une municipalité froide et vindicative qui ce méfie de ces jeunes, de ces « p’tits cons ». Un policier quinquagénaire perdu de vodka et de solitude les surveille à la jumelle, tout en attendant un rafiot livreur de drogue qui est annoncé. La chaleur monte d’un cran, les provocations aussi en même temps que le suspense pour nous, et c’est l’affrontement par une nuit orageuse de fin août.

On retrouve le style très riche, les grandes phrases rythmées qui avaient attiré l’attention dans Naissance d’un Pont. Appliqué à cette histoire brève, haletante sur fond d’agressivité urbaine, il fait merveille.
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shanidar
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Jeu 26 Mai 2011 - 10:36

Corniche Kennedy

Je rejoins topocl pour vous vanter les mérites de ce livre incongru, déconcertant, parfaitement maitrisé et jubilatoire. Percutant.

L'écriture d'abord : dense, épaissie, lourde de chaleur, de ces mots qui s'échangent entre ados plein de rages et de rêves, ces ados des cités qui s'agglutinent sur la Plate (cette Corniche Kennedy qui donne son titre au roman) et qui s'exposent aux yeux des riches, ceux qui de leurs belles villas rococos poussent les rideaux pour observer les corps jeunes et fous et rieurs et joueurs. L'opposition est simple, frontale, définitive entre deux univers qui vont finir par se heurter, se blesser, se mesurer l'un à l'autre. D'un côté de jeunes rebelles assoiffés d'absolu, de l'autre une mairie qui s'épuise à juguler les rêves, au milieu (comme un lien fragile) Sylvestre Opéra un flic perdu, happé par le vertige d'une vie passée au bord d'un précipice. Le ton est donné. Le livre est un condensé jubilatoire de petite guérilla urbaine, petite parce qu'il ne s'agit que de sauts dans la mer mais guerre quand même, parce qu'au delà de la conquête d'une corniche se devine le combat entre pauvres et riches, jeunes et vieux, rêves et réserves.

Maylis de Kerangal prend le lecteur par la main pour le conduire sur la corniche et prestement l'approche du gouffre, avec un halètement, un vertige, une question : sautera, sautera pas ? Par la grâce d'un rythme hallucinant, d'une écriture qui ne tombe jamais dans la facilité mais au contraire parvient à une inventivité presque magique (je plains les traducteurs), Maylis de Kerangal nous donne à sentir de l'intérieur la palpitation du coeur, le frôlement des épidermes, les hargnes, les refus, les obstinations d'une jeunesse en mal d'avenir.

Un livre qui brasse plusieurs thèmes : l'adolescence bien sur, la résistance, la politique, le refus d'abdiquer (pour les uns comme pour les autres), l'amitié et l'amour. Kerangal a l'intelligence d'user ces thèmes en les montant, les démontant dans les deux camps, chacun se renvoyant le miroir de sa propre déchéance (une jeunesse et une vieillesse sans lendemain, sans promesse et surtout sans compromis).

Et puis un style maison, peaufiné, fracassé, ahuri, brisé, plein de poussée et de détente, d'envolée et d'écueils à l'exact image de ces corps adolescents se jetant dans la mer...

Très fort. Très intense. Un livre qui s'ouvre, ne se lâche plus. Sautera ou sautera pas ?

Extrait : "Le petit en slip noir ouvre la marche, clope calée dans sa bouche de treize ans -bouche de gosse usée déjà, aphteuse et corrompue, gâtée par le shit, la colle, les tabacs les plus sales, noircies par les sodas discount et tous les sucres dégueulés au fond des caddies le premier jour du mois, bouche oubliée des services sociaux de la ville, passée au travers des scrutations blouses blanches et bouts de doigts glacés, aucune hygiène ce gosse, c'est la cata, que font les parents, pas vu un gramme de fluor, connait pas la brosse à dents, pas beaucoup bu non plus de bobol de lait blanc avec Nesquik en option déposé par maman -encore une cuillère mon ange ? -, jamais prisé une salade, oublié la tomate et la pomme depuis qu'elle sèche la cantine cette bouche, depuis qu'elle dévore le midi son Big Mac de seigneur, festin gras doré dégoulinant de sauce, rien de meilleur au monde c'est le kif total, on en a plein la bouche : jamais vu de sirop contre la toux mais du sperme peut-être, voilà, sinon aucun baiser encore hormis ceux d'une voisine plus jeune et maintenue doigts écartés en pince sur la nuque, c'est juste pour voir lui murmure-t-il, pour goûter comment ça fait quand une langue tendre et fraîche traîne à l'intérieur, caressante, juste pour le plaisir, pour se décoller un peu de toute cette misère, de tout ce merdier, un décollement de racines, voilà, un baiser c'est un décollement de racines, et il se fait attendre, alors à peine ouverte elle en dit long, cette bouche, et sa langue trop bien pendue fait illusion quand elle ne lâche aucun mot, aucun, qui puisse charrier sa vie -, serviette autour des épaules, démarches disproportionnée avec roulement d'épaules et pointes de pied ouvertes, mascotte porte-flingue de service, il est très excité, se retourne à plusieurs reprises pour voir ceux qui suivent : ils sont quelques uns de la Plate, sept ou huit -Loubna s'est ravisée, a quitté ses copines pour assister à la punition, tournicote entre ses doigts une longue mèche de cheveux oxygénés -, la voleuse, et enfin Eddy qui ferme la marche. Ils vont vite, avancent sans rien dire, une charge électrique, un flux tendu."

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Steven
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Dim 28 Aoû 2011 - 16:01

Un petit mot rapide sur Naissance d'un pont. Outre que le sujet ne m'inspirait pas trop, la forme ne m'a pas éblouit. Phrase interminable, ou l'absence de sujet devient un style ; rythme saccadé qui se veut donnant du rythme mais qui m'a parut étouffant ; passage du présent au passé, sans raison objective. Après le départ (les 50 premières pages qui m'ont asséché) la construction du pont m'a tari complètement. Une erreur pour moi que d'être entré dans ce livre.

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domreader
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Jeu 3 Nov 2011 - 20:16

Naissance d'un Pont

Le thème du livre me plaisait, et d'ailleurs les détails techniques ne m'ont pas rebutée, loin de là, je crois même que c'est à peu près la seule chose qui m'ait plu dans ce livre. J'ai fini le livre, parce qu'il se lit vite, un roman à lire dans le train. Mais elle écrit un peu à coups de sabre la dame, elle ne donne pas dans la subtilité. Les personnages sont grossièrement taillés, presque des clichés d'eux mêmes, le déroulement du chantier va de pair. Quand au style, c'est du lourd, de celui qui veut qu'on le remarque, qu'on en dise 'quel style, c'est époustouflant !'

Exemples:

'Cinq mille pieds. Pister à présent le cours du fleuve qui vertèbre l'espace, l'articule, y fraye un souffle, un mouvement qui le doue de vie. Trois mille pieds. Observer souverain les variations chromatiques de la rivière - rouge brique argileux le long des berges, foncé brun puis violacé sur le médian du lit, ombres turquoises en bord de mangroves et langues blanches dans le creux des méandres - incision de couleur au sein de cet espace clavé en noir et blanc. Deux mille pieds. A toute allure scanner le sol qui se complique, il y a du tirage en bas, ça guerroie, ça disjoncte: topographie de l'affrontement et tension du relief...'

Je trouve que non seulement le style est forcé, presque pompier, mais en plus on dirait la description d'une photo de Yann Arthus Bertrand.

Lors de l'aterrissage de l'avion toujours:

Plus tard, à l'instant pile où le ventre de l'avion caressa la surface des eaux précédant l'asphalte de la piste, Diderot trembla violemment, des spasmes rapides coururent sous sa peau, il secoua la tête. On obliqua vers lui des yeux inquiets ou agacés. C'était comme de voir un lourd cheval s'ébrouer au fond de son box, et fouir la paille d'un sabot réclamant le dehors, la prairie et la lumière, mais en vérité c'était seulement un frémissement de joie et de terreur.'

Même remarque que précédemment avec, en plus, une jolie comparaison toute en subtilité.

Autre détail, le nom des personnages : Georges Diderot, Buddy Loo (si, si, je vous assure comme les WC), Soren Cry qui est décrit comme 'un chat mal aimé venant d'une terre vrillée par la misère' j'adore le 'vrillée' , Shakira Ourga (on dirait un nom d'entraîneuse ukrainienne topless ), mais le meilleur c'est... Summer Diamantis, celle qui est préposée à la production du béton -incroyable mais vrai pour le paradoxe. C'est du lourd, du pesant assumé, et cela tout le long du livre. C'était les vacances, je l'ai lu rapidement, mais je n'aurais pas tenu 100 pages de plus.

Maylis de Kérangal n'est sans doute pas un auteur avec qui je passerai plus de temps, comme le dit kenavo au sujet d'autres auteurs 'je crois que ce n'est pas un auteur pour moi'.

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krys
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Jeu 3 Nov 2011 - 20:43

mdr2
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eXPie
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Jeu 3 Nov 2011 - 21:22

domreader a écrit:
C'est du lourd, du pesant assumé, et cela tout le long du livre. C'était les vacances, je l'ai lu rapidement, mais je n'aurais pas tenu 100 pages de plus.

Maylis de Kérangal n'est sans doute pas un auteur avec qui je passerai plus de temps, comme le dit kenavo au sujet d'autres auteurs 'je crois que ce n'est pas un auteur pour moi'.

Merci pour ce beau commentaire qui fait gagner du temps, Dom ! Ca a beau se lire vite, il y a d'autres livres qui se lisent vite également et qui m'ont l'air plus intéressant...
Il y a apparemment encore pas mal d'auteurs qui croient qu'en faire des tonnes, ça donne de la littérature...
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shanidar
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Jeu 3 Nov 2011 - 21:36

eXPie a écrit:
domreader a écrit:
C'est du lourd, du pesant assumé, et cela tout le long du livre. C'était les vacances, je l'ai lu rapidement, mais je n'aurais pas tenu 100 pages de plus.

Maylis de Kérangal n'est sans doute pas un auteur avec qui je passerai plus de temps, comme le dit kenavo au sujet d'autres auteurs 'je crois que ce n'est pas un auteur pour moi'.

Merci pour ce beau commentaire qui fait gagner du temps, Dom ! Ca a beau se lire vite, il y a d'autres livres qui se lisent vite également et qui m'ont l'air plus intéressant...
Il y a apparemment encore pas mal d'auteurs qui croient qu'en faire des tonnes, ça donne de la littérature...

eXPie ne te prive pas de la lecture de Corniche kennedy, il semble que Naissance d'un pont fasse l'unanimité sur des avis plus que mitigés, quant à en faire des tonnes, quand on sait que dans un roman publié aujourd'hui, un auteur utilise en moyenne 300 mots de vocabulaire, il me parait dommage de passer à côté de Kerangal sous prétexte de stylisme. Corniche kennedy vaut largement le temps passé à le lire ! Wink

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kenavo
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Ven 4 Nov 2011 - 8:33

domreader a écrit:
comme le dit kenavo au sujet d'autres auteurs 'je crois que ce n'est pas un auteur pour moi'.
et heureusement il y en a.. imagine, si on les aimait tous Very Happy

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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Ven 4 Nov 2011 - 10:15

eXPie a écrit:
domreader a écrit:
C'est du lourd, du pesant assumé, et cela tout le long du livre. C'était les vacances, je l'ai lu rapidement, mais je n'aurais pas tenu 100 pages de plus.

Maylis de Kérangal n'est sans doute pas un auteur avec qui je passerai plus de temps, comme le dit kenavo au sujet d'autres auteurs 'je crois que ce n'est pas un auteur pour moi'.

Merci pour ce beau commentaire qui fait gagner du temps, Dom ! Ca a beau se lire vite, il y a d'autres livres qui se lisent vite également et qui m'ont l'air plus intéressant...
Il y a apparemment encore pas mal d'auteurs qui croient qu'en faire des tonnes, ça donne de la littérature...
Mince alors.
On m'avait fait l'article de ce bouquin. Un ami digne de confiance me l'a recommandé. Je l'avais même mis sur ma LAL.
Suis moins chaud d'un coup d'un seul.
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Ven 4 Nov 2011 - 16:40

Harelde a écrit:
eXPie a écrit:
domreader a écrit:
C'est du lourd, du pesant assumé, et cela tout le long du livre. C'était les vacances, je l'ai lu rapidement, mais je n'aurais pas tenu 100 pages de plus.

Maylis de Kérangal n'est sans doute pas un auteur avec qui je passerai plus de temps, comme le dit kenavo au sujet d'autres auteurs 'je crois que ce n'est pas un auteur pour moi'.

Merci pour ce beau commentaire qui fait gagner du temps, Dom ! Ca a beau se lire vite, il y a d'autres livres qui se lisent vite également et qui m'ont l'air plus intéressant...
Il y a apparemment encore pas mal d'auteurs qui croient qu'en faire des tonnes, ça donne de la littérature...
Mince alors.
On m'avait fait l'article de ce bouquin. Un ami digne de confiance me l'a recommandé. Je l'avais même mis sur ma LAL.
Suis moins chaud d'un coup d'un seul.

Si tu le prends à la bibli, tu verras bien, soit tu accroches, ou pas - tu n'auras rien perdu. Pas mal d'autres membres ont bien aimé ce livre, dont shanidar, avec qui je partage plutôt les avis d'habitude, donc tu peux tenter le coup plutôt que de passer à côté d'un bon moment de lecture.

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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Ven 4 Nov 2011 - 16:45

Me donne bien envie cette auteure. Dés que j'ai des sous en plus de ceux que m'a conseillé animal j'essaierais un de ses livres.
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Ven 4 Nov 2011 - 16:59

Alors commence par "Corniche Kennedy" qui est mille fois plus intéressant que "Naissance d'un pont".
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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Ven 4 Nov 2011 - 16:59

Je tenterai également.
Mais avec un bouquin de la médiathèque.
Wink

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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Dim 6 Nov 2011 - 10:41

domreader a écrit:
Harelde a écrit:
eXPie a écrit:
domreader a écrit:
C'est du lourd, du pesant assumé, et cela tout le long du livre. C'était les vacances, je l'ai lu rapidement, mais je n'aurais pas tenu 100 pages de plus.

Maylis de Kérangal n'est sans doute pas un auteur avec qui je passerai plus de temps, comme le dit kenavo au sujet d'autres auteurs 'je crois que ce n'est pas un auteur pour moi'.

Merci pour ce beau commentaire qui fait gagner du temps, Dom ! Ca a beau se lire vite, il y a d'autres livres qui se lisent vite également et qui m'ont l'air plus intéressant...
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On m'avait fait l'article de ce bouquin. Un ami digne de confiance me l'a recommandé. Je l'avais même mis sur ma LAL.
Suis moins chaud d'un coup d'un seul.

Si tu le prends à la bibli, tu verras bien, soit tu accroches, ou pas - tu n'auras rien perdu. Pas mal d'autres membres ont bien aimé ce livre, dont shanidar, avec qui je partage plutôt les avis d'habitude, donc tu peux tenter le coup plutôt que de passer à côté d'un bon moment de lecture.

non je n'ai pas lu Naissance d'un pont (je soulignais d'ailleurs qu'il n'avait pas fait l'unanimité) en revanche je recommande Corniche Kennedy. Je pense qu'il devrait convenir à Harelde, avec un style qu'il faut aller chercher et une histoire rondement menée !

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MessageSujet: Re: Maylis de Kerangal   Dim 15 Jan 2012 - 10:34


Tangente vers l'Est
Citation :
Présentation de l'éditeur
Dès l’ouverture de ce bref roman, on prend le train en marche, en l’occurrence le Transsibérien, déjà loin de Moscou, à mi-chemin de l’Asie. Le long du corridor, se presse une foule de passagers de 3e classe bardés de bagages, d’où se détache une horde de jeunes hommes en tenue camouflage agglutinés dans la fumée de cigarettes, que le sergent Letchov conduit à leur caserne d’affectation en Sibérie. Parmi eux, Aliocha, grand et massif, âgé de vingt ans mais encore puceau, et comme désarmé face aux premiers bizutages qui font partie du rituel de ces transports de conscrits. Il préfère s’isoler, lui qui n’a pas su trouver le moyen d’éviter le service militaire, qui n’attend rien de bon de cette vie soldatesque et sent la menace de cette destination hors limite. A l’écart, il commence à échafauder les moyens de fausser compagnie à son régiment. Mais comment se faire la belle à coup sûr ? Profiter d’un arrêt à la prochaine gare pour se fondre dans la foule et disparaître. A priori, il a tout à craindre de son sergent, mais aussi des deux provodnitsa, ces hôtesses de wagons, en charge de la maintenance des lieux et de la surveillance du moindre déplacement des voyageurs. Une première tentative échoue. Aussitôt repéré, il remonte dans le train. Sa fébrilité suspecte a dû le trahir. Occasion manquée donc, mais sur le quai, Aliocha a croisé une jeune Occidentale qui va bientôt s’émouvoir de son sort : Hélène, une Française de 35 ans, montée en gare de Krasnoïarsk. Elle vient de quitter son amant Anton, un Russe rencontré à Paris et récemment revenu au pays gérer un énorme barrage, un homme qu’elle a suivi par amour près du fleuve du même nom. Malgré les barrières du langage, Aliocha et Hélène vont se comprendre à mi-mots. Toute une nuit, au gré d’un roulis engourdissant, ils vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du train. Les voilà condamnés à suivre un chemin parallèle, chacun selon sa logique propre et incommunicable, à fuir vers l’Est et son terminus océanique, Vladivostok. Une histoire fragile et fulgurante dans une langue sensuelle et fougueuse, laissant à nu des êtres pris dans la rhapsodie d’un voyage qui s’invente à contre-courant.


On peut lire au début du livre:

Tangente vers l'est est la reprise infidèle d'une fiction radiophonique intitulée Lignes de fuite, écrite pour France Culture et diffusée sur les ondes en août 2010 - réalisée par Cédric Aussir avec les comédiens Julie Pouillon et Sergeï Vladimirov. Elle est née d'un voyage dans le Transsibérien entre Novossibirsk et Vladivostok, effectué dans le cadre de l'Année France-Russie, en juin 2010.

Bien contente que Maylis de Kerangal s'est décidée de reprendre cette fiction radiophonique pour l'offrir à ses lecteurs en tant que livre.

C'est un joli voyage qui dépayse au plus beau lors des quelques 124 pages.

Aussi bien l'atmosphère de ce mytheux Transsibérien est palpable que la relation qui va s'installer entre ces deux "fugitifs".

Et même si on ne va l'appercevoir qu'à travers les vitres d'un train, la nature y joue aussi son rôle. Compliments au talent de l'auteur pour nous faire 'voir' les paysages que ce train parcours.

Bien plus qu'un simple "exercise de style", je suis d'autant plus certaine de vouloir suivre cette auteure!

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Maylis de Kerangal
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