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 Thomas Heams-Ogus

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kenavo
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MessageSujet: Thomas Heams-Ogus   Dim 3 Oct 2010 - 18:12



Thomas Heams-Ogus a 34 ans. Il est enseignant-chercheur en biologie. Cent Seize Chinois et quelques est son premier roman.




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kenavo
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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Dim 3 Oct 2010 - 18:13


Cent seize chinois et quelques
Citation :
Présentation de l'éditeur
Cela se passe entre 1941 et 1943, dans les Abruzzes. Non loin du Gran Sasso, cette écrasante montagne qui impose sa force tellurique comme une ombre portée sur le temps. Par une de ces décisions absurdes et nocives dont le fascisme est friand, les Chinois de la péninsule ont tous été internés ici et constituent une étrange communauté, dont le mutisme est peut-être la meilleure protection. Ils sont à un moment cent seize, parfois moins, parfois plus. La vie s'écoule, sans but et sans substance. Un jour, les autorités organisent une grande cérémonie, drolatique et insensée, de conversion au catholicisme. Puis le labeur reprend, aux champs ou ailleurs, dans un mélange d'ennui, de désarroi et de fausse résignation, jusqu'au jour où tout bouge et où le groupe se disperse. Est-ce parce qu'ils étaient une masse silencieuse et disciplinée, est-ce parce qu'ils venaient d'ailleurs, de cet Orient lointain, que l'Histoire les a gommés ? L'auteur, en restituant une page oubliée de l'Italie mussolinienne, offre une métaphore de l'exil, de l'immigration et des menaces de l'intolérance.

Thomas Heams-Ogus donne une voix à cette "masse silencieuse" et c'est impressionnant. Autant point de vue son choix de narration que son écriture.
Il ne choisit en fait pas un seul (bien qu'il a cité tous les noms des Chinois à la fin du livre), mais il parle toujours de tout le groupe, ils ne forment qu'un seul.

Le temps pouvait bien tenter de passer, il n'avait pas prise. Il n'était pas le maître. Il ne pouvait rien contre leur stupéfaction et leur détresse d'être là, loin de chez eux par choix ou par contrainte, sans pouvoir résoudre cette contradiction qui était un venin poisseux en chacun: quitter la Chine, s'agripper au lointain pour espérer vivre, prendre un bateau à ses fins, débarquer un jour à Naples, c'était une chose, c'était donner sens à la vie et tracer un axe; mais se retrouver ici dans les Abruzzes, parce que la planète implosait, parce que quelqu'un quelque part avait décidé qu'être Chinois c'était être un ennemi potentiel, cela les dévastait. Le peu de sens qu'avait été, un matin, de prendre un bateau pour l'Europe, d'avoir fermé les yeux pour ne pas voir la dernière pastille de Chine disparaître, tout ce sens, toute cette petite liberté d'homme qui avait consisté à marcher sur ce ponton des départs, toute cette prétention à être un homme n'importe où sur la planète, tout était balayé par ce confinement qui criait sileuncieusement sous le Sasso qu'on était Chinois, qu'on était ferré, qu'on était autre.

Impressionnant ce qu'il fait de cette "parenthèse" dans l'histoire italienne et comment il arrive à retenir son lecteur pendant tout le livre.

J'en ressors éblouie par ce talent pour la langue, enthousiaste d'avoir écouté une nouvelle voix dans la littérature française et fébrile de connaître son prochain livre.


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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Dim 3 Oct 2010 - 18:14




Chercheur d'hommes
Interview de Thomas Heams-Ogus

suite

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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Dim 3 Oct 2010 - 18:50

C'est original comme histoire, et si tu dis que la langue est belle, ça me donne fort envie de l'ajouter à ma LAL.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Dim 3 Oct 2010 - 18:52

J'en ai tellement sousligné.. j'avais envie de recopier les 2/3 du livre Wink
cerclage? même pour plus tarrd?!

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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Dim 3 Oct 2010 - 18:54

Veux bien! Mais assez tard alors. Merci.
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kenavo
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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Dim 3 Oct 2010 - 18:55

C'est noté Very Happy

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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Ven 22 Oct 2010 - 9:49

sur libération, l'auteur lit un extrait de son oeuvre (je n'ai pas encore écouté, je suis au bureau)

http://www.liberation.fr/livres/06012552-cent-seize-chinois-et-quelques-lu-par-thomas-heams-ogus?xtor=EPR-450206
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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Ven 22 Oct 2010 - 10:08

uolav a écrit:
sur libération, l'auteur lit un extrait de son oeuvre (je n'ai pas encore écouté, je suis au bureau)

http://www.liberation.fr/livres/06012552-cent-seize-chinois-et-quelques-lu-par-thomas-heams-ogus?xtor=EPR-450206
merci pour ce lien, il a une voix agréable.. j'espère que tu vas te plaire avec cette lecture Very Happy

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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Mar 26 Oct 2010 - 21:52

Cent seize Chinois et quelques est un livre court (125 pages + 2 avec les noms des chinois), mais c'est un livre long à lire. Aucun mot ne doit échapper. L'écriture est intense et on est pris par ce récit.
Je me demande quand même comment un enseignant chercheur en biologie a eu l'idée de raconter l'histoire de ces Chinois déportés par les facistes. Il le fait très bien et nous éclaire sur ce point de l'histoire.
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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Mer 27 Oct 2010 - 8:48

uolav a écrit:
Je me demande quand même comment un enseignant chercheur en biologie a eu l'idée de raconter l'histoire de ces Chinois déportés par les facistes. Il le fait très bien et nous éclaire sur ce point de l'histoire.
oui.. en effet, c'est parfois étonnant le choix des auteurs.. et dans ce cas je trouve que c'est bien fait parce que je ne savais rien sur ce point de l'histoire et c'est quand même très intéressant.. et surtout bien écrit..
Curieuse de voir un deuxième roman de lui Wink

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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Dim 31 Oct 2010 - 21:44

Commentaire chez evene.fr:

Citation :
Entre 1941 et 1943, cent seize Chinois furent internés dans un camp des Abruzzes. Un camp sans barbelés, une « désarmante prison sans grilles, sans geôliers (…) et qui les détruisait pourtant ». Pendant trois ans, ces aventuriers venus de l’autre bout du monde, débarqués dans la péninsule italienne avec leurs projets de vie nouvelle, se sont retrouvés coincés dans l’étau du fascisme mussolinien – leur seul crime était de venir d’un pays ennemi. Masse silencieuse et disciplinée, ces confinés découvrent l’oisiveté contrainte, l’ennui, le désarroi. Ils résistent comme ils peuvent, ils échafaudent des fuites, certains se font baptiser, ils partagent des éclats de vie, fugaces et timides, avec les villageois voisins. L’un d’eux croise la possibilité d’un amour, mais est-ce possible de s’aimer dans ces circonstances absurdes ?

C’est un court récit, traité à la manière d’un roman, ou d’une pièce de théâtre en trois actes. La langue est sèche, tranchante, sans effet. Et vibrante, pourtant : il s’en dégage une voix qui vous entraîne dans l’existence de ces hommes « qui avaient un nom », mais que l’histoire n’a pas retenu. Avec un vocabulaire juste et précis, Thomas Heams-Ogus creuse les failles de cet enfermement, les brèches où l’extraordinaire vient se glisser dans l’ordinaire, un air de musique, des souvenirs, un échange de regard… Le climat de ce texte rappelle ‘Le Désert des Tartares’ de Dino Buzzati ou ‘La Peste’ d’Albert Camus. On y verra une métaphore de l’exil, de l’enfermement, de l’attente, de l’intolérance. « Pourquoi personne n’avait freiné ce crime et sa logistique, n’en avait au moins mesuré l’inutilité totale ? », s’interroge ce jeune auteur prometteur. Peut-être fallait-il la force de la littérature pour la mesurer ?

source

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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Mer 17 Nov 2010 - 18:11

J'ai lu ce livre en moins de deux heures. La lecture doit être continue. La mienne a été coupée et ça m'a embêtée.

Mon avis :

Après s'être occupée des opposants politiques, des Juifs et des Tziganes, l'Italie de Mussolini décide de se soucier de la centaine de Chinois installés sur son territoire. Venus d'un Orient au parfum d'exotisme, ils se sont installés dans différentes villes et vivent du commerce. L'Italie fasciste décide de les interner presque sans raison.

"Ils ne menaçaient personne mais ils étaient les ressortissants d'une puissance ennemie, une de plus." (p.14)

En 1941, ils sont 116 à intégrer un camp dans les Abruzzes, au pied d'une montagne imposante, le Gran Sasso. Leur camp n'a pas de barreaux, il s'agit en fait d'un monastère. Les gardiens sont plutôt conciliants. Les internés occupent leurs journées en travaillant pour le compte de paysans des environs. Et le temps s'écoule, étés brûlants, hivers rudes, jusqu'à l'automne 1943.

Ce roman, le premier de Thomas Heams-Ogus, révèle un épisode méconnu de l'histoire italienne et de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il est la preuve qu'on n'a jamais fini d'apprendre l'Histoire. L'auteur, enseignant-chercheur en biologie âgé de 34 ans, livre un roman maîtrisé, à l'écriture rythmée malgré une narration très descriptive. Un court roman (124 p.) dont le rythme, le ton assez froid, le regard extérieur porté sur les internés m'ont fait pensé à "Quand l'empereur était un dieu" de Julie Otsuka. Ce roman rend hommage à ces oubliés de l'Histoire, leurs noms sont d'ailleurs mentionnés à la fin du livre.
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MessageSujet: Re: Thomas Heams-Ogus   Mer 17 Nov 2010 - 18:31

Merci pour ton avis, cet auteur va sortir de la section "à découvrir" Very Happy

Anna a écrit:
Un court roman (124 p.) dont le rythme, le ton assez froid, le regard extérieur porté sur les internés m'ont fait pensé à "Quand l'empereur était un dieu" de Julie Otsuka. Ce roman rend hommage à ces oubliés de l'Histoire, leurs noms sont d'ailleurs mentionnés à la fin du livre.
le fil de Otsuka est ici
et cela devrait plaire à Nezumi que tu le compare avec ce livre et lui donner encore plus envie de lire celui de Heams-Ogus Wink

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