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 Angela Carter

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Orientale
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MessageSujet: Angela Carter   Jeu 14 Oct 2010 - 12:29


Angela Carter (By Jeff VanderMeer)
(8 mai 1940 – 16 février 1992)
Romancière et journaliste anglaise, connue pour ses œuvres de réalisme magique féministe et de science-fiction postmoderne.

Biographie
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Oeuvres

Romans
Shadow Dance, 1966 (La Danse des ombres, Christian Bourgois 1998)
republié sous le titre Honeybuzzard
The Magic Toyshop, 1967 (Le Magasin de jouets magique, Christian Bourgois 1999)
Several Perceptions, 1968 (Le Théâtre des perceptions, Christian Bourgois 10/18)
Heroes and Villains, 1969
Love, 1971 (Love, Christian Bourgois 1997)
The Infernal Desire Machines of Doctor Hoffman, 1972
republié en 1977 sous le titre The War of Dreams
The Passion of New Eve, 1977 (La Passion de l'Ève nouvelle, Seuil 1982)
Nights at the Circus, 1984 (Des nuits au cirque, Seuil 1988) (James Tait Black Memorial Prize)
Wise Children, 1991 (Bien malin qui connaît son père, Christian Bourgois 1997)

Nouvelles
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Essais
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Citation :
Morte prématurément (1940-1992) à l'âge de 51 ans, elle laisse une oeuvre romanesque très importante et variée, qui a suscité, depuis la disparition de l'auteur, l'enthousiasme grandissant des lecteurs et des chercheurs - elle est maintenant plus populaire que Virginia Woolf !
Citation :
« Trop libres pour être admises de son vivant, les voix de la romancière anglaise nous parviennent enfin. En échos sauvages et ironiques. Comment penser et se penser, aujourd'hui, quand on est une femme, prisonnière d'archétypes fallacieux. Pour répondre, Angela Carter a exploré tous les chemins, cherché toutes les voix, de styles ...»

Je vois qu'il y a des oeuvre d'A. Carter traduits en francais - La compagnie des loups, La Passion de l'Eve nouvelle, La danse des ombres, Des Nuits au cirque, Vénus noire.

En bulgare, recemment paru, il n'y a que "The Infernal Desire Machines of Doctor Hoffman - une grotesque fantastique pour ceux qui aimet le baroque dans la litetrature.
Un jour, dans la Ville, tout le publis du spectacle de "La flute enchante" est transforme en paons. C'est ainsi qu'est declenche la guerre du diabolique docteur Hoffman conte la realite-meme. Le jene Desiderio fait parti d'un tout petit nombre d'individus qui ont garde leur raison, car (encore bizarre) - aux miracles, aux fantomes et aux hallucinations, il fait face par un ennui non feint. Mais lorsqu'on le charge de la mission secrete de trouver et liquider docteur Hoffman, il accepte parce dans son reve, est est tombee amoureux de la fascinente fille du docteur.
Voila que Desiderio part a l'aventure, une aventure ou il se heurte a ses envies rejetees, dans un monde vertigineux qu'Angela Carter deploie avec l'envergure de freud, l'elegance de Nabolov, le paroxysme de Sade.

Je ne connaissais pas Angela Carter, mais maintenant je mourrai moins bete apres avoir appris que c'est grande dame de la littérature britannique qui a su porter un regard neuf et extremement novateur sur la littérature et sur ses contes et legendes fondateurs.


Pour encore vous (NOUS) donner envie de lire A. C. qui m'a vraiment emballee:

Le recueil de nouvelles La compagnie des loups qui nous intéresse ici est certainement l'un des ouvrages qui synthétise le plus les obsessions de l'auteure, à savoir l'irrationnel et l'érotisme, et c'est au travers d'une série de réécritures des contes de fées de notre enfance qu'Angela Carter va mettre en scène un renversement des valeurs patriarcales, voire phallocratiques, qui régissent habituellement ces récits dans lesquels la femme se trouve irrémédiablement prisonnière de son rôle préconçu.
Ses héroïnes nous sont toutes bien connues : le petit Chaperon Rouge aux prises avec le loup, La Belle et sa rencontre avec la Bête ou encore la jeune épouse trop curieuse de Barbe Bleue.
Angela Carter va en effet reprendre ces grandes figures littéraires et renverser totalement les postulats originels des contes merveilleux en y affirmant désormais la prédominance de la sexualité et de la femme et en affermissant ainsi la position de supériorité, ou du moins de pouvoir, de ces héroïnes désormais bien loin de leurs coutumières positions de victimes offensées.
Ces récits initiatiques adoptent donc nouvellement le regard de la femme et à l'image du Petit Chaperon Rouge de ces nouvelles, elles sauront cette fois trouver leurs propres armes pour adoucir et conquérir l'homme et l'animal. D'ailleurs, à la lecture des deux nouvelles fantastiques réécrivant ce célèbre conte, ancrées dans un monde peuplé de loups-garous et de sorcières, nous comprenons bien vite toute l'ambiguïté des rapports existants depuis toujours entre la fillette et l'animal et le doute est maintenant clairement semé quant à savoir lequel des deux est le plus séducteur...

source http://bd-livres.psychovision.net
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Jeu 14 Oct 2010 - 12:44

Merci pour l'ouverture de ce fil Orientale, en espérant qu'il incitera les parfumés à découvrir ce magnifique auteur, dont j'ai dévoré presque toutes les oeuvres d'un trait il y a une quinzaine d'années. coeur

Citation :
Margaret Atwood la décrit ainsi dans la notice nécrologique de l' Observer : "Elle était tout sauf sectaire. Rien, pour elle, n'avait de couleur tranchée : elle voulair savoir tout sur tout le monde, chaque endroit et chaque mot. Elle savourait la vie et le langage passionnément, et se délectait de la diversité."

Je ne savais pas qu'Atwood avait dit cela d'elle, mais elle et Carter partagent plus d'un point commun. Une écriture haute en couleurs, une façon d'explorer les zones sombres de l'esprit, de parler de l'enfance, de la sensualité et de la cruauté... Mais le réalisme magique gothique de Carter, ses contes de fées réinventés, ses fables baroques et féministes, sont tout à fait particuliers et originaux.


Orientale a écrit:
Pour encore vous (NOUS) donner envie de lire A. C. qui m'a vraiment emballee:

A.C, excellent! Laughing
Espérons qu'elle remplacera avantageusement BC sur le forum.
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IzaBzh
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Jeu 14 Oct 2010 - 14:12

Cette citation de Margaret Atwood me donne envie de la découvrir, merci Orientale sourire Je viens de la rajouter dans ma Montagne A Lire (ce n'est plus une pile depuis belle lurette).
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shanidar
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Ven 5 Nov 2010 - 10:34



comment vous dire : cessez immédiatement de lire ce post et courrez chez votre libraire vous procurer ce livre ? Si vous aimez les écritures qui remuent, les aventures saugrenues, les familles déglinguées et la verve british, vous serez comblé.

Drôle, presque méchant, lucide, hilarant, le livre d'Angela Carter est totalement déjanté, irrévérencieux et cette femme est capable de dire "bite, couilles et nichons" en vous donnant l'impression de déclamer du Shakespeare... Ici pas de politiquement correct mais du sexe et du music hall, de la farce et du Shakespeare, Hollywood et les ladies, de la soupe au chou et du champagne, car Angela Carter n'a peur d'aucun grand-écart et son récit balance sans cesse entre une vulgarité sordide et la folle passion du spectacle.

Dora Chance, ancienne danseuse de music-hall, décide de raconter sa vie, celle de sa soeur jumelle Nora, celle de toute sa famille et quelle famille ! Nées d'une relation illégitime, les jumelles voient de loin évoluer la famille légitime, composée d'une effarante communauté de jumeaux (les pères, les soeurs, les cousines, les neveux...), tous voués au théâtre shakespearien mais sombrant lentement dans les affres de la télévision entre spots publicitaires et animations de jeux télés... Dynamitant les codes narratifs, prenant toutes les libertés de langage avec ses personnages, inventant tout un tas de péripéties toutes plus ardentes les unes que les autres, Angela Carter plonge son lecteur dans une folle équipée qui le conduira des bas-fonds londoniens à Hollywood, en passant par des manoirs campagnards et incendiés, des haines farouches, des amours incestueuses, gloire et beauté, les feux de l'amour, certes, mais version anglaise, énorme !

La bibine coule à flots, le gin donne du goût à la cup of tea, la grand-mère végétarienne et naturiste élève les jumelles comme s'il s'agissait de ses propres filles (?), le faux tonton pourrait être le vrai père, l'ancienne belle-mère devenue vieille et grabataire ressemble presque à l'enfant, le prêtre procrée (des jumeaux évidemment), l'inceste se répand, Dora prend la place de Nora pour connaitre les premiers émois de l'amour, encore un peu de champagne ?? ah quelle famille !

Légitime ou illégitime, Carter nous invite à une réflexion incandescente sur la paternité, sur la famille quand elle n'a plus ni queue ni tête, quand les enfants ne sont que le résultat (souvent double) de la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule, car la famille n'est au fond pas tant celle des gènes que celle qui vous choisit...

Très moderne, cette farce bourrée d'inventions est délectable comme un gros gateau d'anniversaire qui finit écraser contre un arbre, comme une soirée shakespearienne qui finit dans les cendres, comme un séjour à Hollywood s'achevant par trois mariages avortés...

Eblouissant !

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MessageSujet: Re: Angela Carter   Ven 5 Nov 2010 - 11:11

Merci Shanidar pour ce commentaire enthousiaste, contente de voir que tu as été séduite par Angela Carter! cheers
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darkanny
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Ven 5 Nov 2010 - 18:38

Merci Shanidar pour avoir encore suscité des envies , des projets de lecture insensés qu'on ne pourra forcément pas mener à bout , merci merci et encore merci pour tout.
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Ven 5 Nov 2010 - 19:35

Tu devrais y jeter un oeil, je pense que ça te plairait.
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darkanny
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Ven 5 Nov 2010 - 19:37

Oh j'en suis persuadée , j'ai vu qu'elle figurait dans les rayons de ma bibliothèque héhé
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Queenie
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Sam 6 Nov 2010 - 9:39

Oh, mais ça donne terriblement envie tout ça ! Noté !

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shanidar
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Sam 6 Nov 2010 - 17:35

je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un court extrait. Dora décrit sa grand-mère légitime, femme qu'elle n'a jamais connue et qui était comédienne :

" Elle n'avait rien de la jument de brasseur édouardienne; elle était menue avec des yeux énormes. Un vrai feu follet. D'un seul sanglot, elle vous brisait le coeur, mais son fils, notre oncle Perry, affirmait qu'il lui arrivait d'être prise d'un fou rire au beau milieu d'une scène capitale, la scène de la cassette, ou celle du somnambulisme, et la voilà pliée en deux, il fallait que tous les autres se précipitent pour lui faire écran. Tout le temps ses cheveux se dénouaient, ils lui dégringolaient dans le dos, avec les épingles qui sautaient dans tous les sens, les bas qui lui tombaient sur les talons, quand ce n'était pas son jupon qu'elle perdait au beau milieu de la rue, ou sa culotte. Elle était à la fois merveilleuse et impossible." (...)
"Lewis Carroll l'a vit et lui envoya un exemplaire dédicacé d'Alice, il l'invita à prendre le thé et réussit à lui faire ôter sa robe tout de suite après les petits gâteaux pour la photographier dans le plus simple appareil mais elle refusa d'imiter ce que montraient des vases grecs, c'est du moins ce qu'elle a toujours prétendu. Or voici l'évidence du contraire. Vous voyez ? Il a intitulé cela Le Lutin. Je l'ai acheté à une vente chez Christie's, ça m'a coûté la peau des fesses. Impossible d'y résister. Il n'y a pas beaucoup de gens qui peuvent se vanter de posséder la photographie de leur grand-mère en train de poser dans le porno enfantin."

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colimasson
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Dim 7 Nov 2010 - 11:49

Tout cela me tente beaucoup ! Je note ! Merci de m'avoir fait découvrir Angela Carter ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Ven 7 Jan 2011 - 13:54

Malgré les excellentes critiques, j'ai lu "Bien malin qui connaît son père" avec quelque méfiance, l'univers dans lequel il se déroule n'étant pas vraiment ma tasse de thé. Mais je ne regrette pas !
Ce livre est pétillant d'amour de la vie, d'enthousiasme, et ce qui ne gâte rien est bourré d'humour. Les vieilles soeurs Chance ne sont certes pas des femmes respectables, mais elles ont largement de quoi raconter. Les personnages sont effectivement attachants, de plus en plus en progressant dans le livre, et comptent parmi eux un bon nombre d'excentriques.
Seul bémol : je trouvais qu'il manquait un arbre généalogique avec lequel il aurait été plus facile de se repérer dans toute cette famille foisonnante et leurs relations. Mais en arrivant à la fin du bouquin, j'en ai trouvé un et j'ai compris pourquoi il ne figurait pas au début, c'est qu'il y a des révélations...

Et pour la peine, j'ai rajouté "La compagnie des loups" à ma LAL swing
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Lun 3 Sep 2012 - 16:40

Pour revenir sur La compagnie des loups...

Ils sont tous là, si familiers... et pourtant étrangement pervertis. Barbe-Bleue, le petit Chaperon rouge, la Belle et la Bête, le loup-garou, Blanche-Neige... chargés de violence et d'un érotisme gothique, parés d'une morale différente et d'une beauté nouvelle. Attention, les loups sont parmi nous, mais aussi en nous, prêts à bondir...

C'est un recueil de nouvelles, ou plutôt de contes, ces contes anciens mille fois entendus ou lus, subtilement réécrits par une plume tour à tour flamboyante, ironique, érotique, cruelle...

Citation :
Ses livres nous bousculent, ébranlent les monuments, démolissant les temples et défiant les gardiens de la morale. (Salman Rushdie)
Citation :
Son livre le plus beau, peut-être, La Compagnie des loups (The Bloody Chamber, 1979) mettait en scène les fantasmes de cruauté dans la relation amoureuse, qu'analysait l'essai. Ces contes de fées revus et corrigés, depuis Barbe-Bleue jusqu'au Petit Chaperon rouge, subvertissaient la morale habituelle de façon subtile et donnaient droit de cité, comme on l'a dit, à une perversité aux formes multiples, au sadisme, à la difformité physique, à toutes les monstruosités.
Ainsi Angela Carter utilisait-elle les formes les plus anciennes et les genres les plus divers, unissant dans ses romans des images venues du romantisme noir ou du roman gothique aux schémas de la science-fiction et de l'utopie, pour élaborer le projet d'un autre monde et la conception d'une femme nouvelle. On attribua le comique robuste et l'humour à la fois caustique et cynique de son dernier livre, Wise Children, à ses racines anglaises et, plus précisément, à son appartenance londonienne. Son audace, son imagination, son irrévérence envers toutes les formes de pouvoir établi sont les traits que l'on a souligné après sa mort prématurée, en regrettant cette voix qui non seulement exprima le travail souterrain d'une époque, mais contribua, au dire de beaucoup, à « donner une nouvelle identité à l'Angleterre postimpériale, hypocrite et fossilisée ». (Christine Jordis pour l'Encyclopaedia universalis)

Extrait de la nouvelle éponyme, La compagnie des loups, réécriture du Petit chaperon rouge :
« Elle prendra sa tête redoutable et la posera sur son giron et cueillera les poux dans son pelage et peut-être même les portera-t-elle à sa bouche pour les manger, comme il le lui enjoindra, comme elle l'eût fait en une sauvage cérémonie nuptiale. (…) Voyez ! Elle dort à poings fermés dans le lit de grand-mère, entre les pattes du tendre loup. »

Extrait du Cabinet sanglant, réécriture de Barbe-Bleue :
« Son cadeau de mariage refermé autour de ma gorge. Un tour ce cou de rubis de cinq centimètres de large, semblable à quelque gorge tranchée extraordinairement précieuse.
(...) Je le vis qui m'observait dans les miroirs dorés de l’œil appréciateur du connaisseur examinant un pur-sang, voire de la ménagère au marché, les pièces de viande à l'étal. Je ne lui avais jamais vu, ou du moins n'y avais pas pris garde, ce regard auparavant, dans sa pure avarice charnelle ; et qu'amplifiait encore étrangement le monocle logé dans son orbite gauche. Quand je vis qu'il me regardait avec concupiscence, je baissai les yeux mais, en détournant de lui mon regard, j'aperçus, j'aperçus mon propre reflet dans la glace. Et je me vis, soudain, telle qu'il me voyait, mon pâle visage, cette manière qu'avaient les muscles de mon cou de saillir comme un fin treillis. Je vis combien ce cruel collier me seyait. Et pour la première fois de mon existence innocente et confinée, je perçus en moi-même des possibilités de dépravation qui me coupèrent le souffle.
Le lendemain, nous étions mariés. »
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Lun 3 Sep 2012 - 16:53

Le film de Neil Jordan montrait bien ce côté psychanalyse des contes de fées comme métaphore du passage de la puberté. Mais il a un peu vieillli! Il faudra que je lise le roman dont parlait Shanidar sur la page précédente.


_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Angela Carter   Jeu 3 Sep 2015 - 22:38

Tiens, ça me tente une lecture de cette auteur. Déjà, j'adore le style British et ce côté déjanté cité plus hait m'attire. J'ai trouvé 3 titres à la bibliothèque : Le théâtre des perceptions - Love et Bien malin qui connait son père.
Qui connait ? Lequel me conseilleriez-vous ?
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