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 Mia Couto [Mozambique]

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bix229
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MessageSujet: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyLun 25 Oct 2010 - 18:12

Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] A301


Né en 1955 à Beira (Mozambique), Mia Couto est un écrivain d' ascendance portugaise.

De l' Afrique et du Mozambique, il a hérité de ses dons de conteur, d' une fantaisie magique.
Il a revisité l' histoire de son pays avec tendresse et humour.
Et son style est merveilleusement porteur d' une langue métisse, poétique et subtile.

BIBLIOGRAPHIE

- Terre somnambule

- Les Baleines de Quissico

- La Veranda au frangipanier

- Chronique des jours de cendre

- Le Chat et le noir

- Tombe, tombe au fond de l' eau

- Un fleuve appelé temps, une maison appelée terre

- Le Dernier vol du flamant
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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyLun 25 Oct 2010 - 21:33

Merci, Bix !
Dans deux ou trois semaines, j'aurai lu Terra sonâmbula, et je tâcherai de poster une petit critique.
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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyDim 5 Déc 2010 - 16:08

Terre Somnambule (Terra Sonâmbula, 1992). Traduit du portugais en 1994 par Maryvonne Lapouge Pettorelli. Albin Michel.251 pages.

Il y a trois citation en exergue du roman :
Citation :
"On disait de cette terre qu'elle était somnambule. Parce que pendant que les hommes dormaient, la terre s'en allait loin par-delà les temps et les espaces. Les habitants, lorsqu'ils se réveillaient, regardaient le nouveau visage du paysage et ils savaient que la fantaisie du rêve était, cette nuit-là, revenue les visiter.
Croyance des habitants de Matimati.

Ce qui fait se déplacer la route ? C'est le rêve. Aussi longtemps que nous rêverons, la route demeurera vivante. C'est à cela que servent les chemins, à nous faire parents de l'avenir.
Dire de Tuahir.

Il y a trois sortes d'hommes :
Les vivants, les morts, et ceux qui vont par les mers.
PLATON"

Et le roman commence :
Citation :
"La guerre, à cet endroit, avait tué la route. Seules les hyènes se traînaient le long des chemins en fouissant parmi les cendres et la poussière. Le paysage s'était métissé de tristesses jusqu'alors ignorées, dans des couleurs qui prenaient à la gorge. Des couleurs sales, si sales qu'elles en avait oublié toute légèreté, toute envie d'oser un jour battre l'azur de leurs ailes. Le ciel, ici, était devenu improbable. Et les vivants, dans un apprentissage résigné de la mort, s'étaient habitués à vivre à ras du sol.
La route qui s'ouvre à présent sous nos yeux n'en croise aucun autre. [...] Des voitures incendiées, des restes de pillages pourrissent sur ses bords. [...]
Un vieil homme et un enfant cheminent sur la route. Ils vont en titubant comme s'ils ne s'étaient jamais depuis leur naissance qu'employés à marcher. Ils ont l'air, comme arrivés là sans être venus, de se rendre Dieu sait où dans l'espoir d'un autre jour. Ils fuient la guerre, cette guerre qui a contaminé leur pays entier." (page 9).

Qui est ce vieil homme ? Qui est cet enfant ? On en apprendra un peu plus sur eux au cours de ce livre, qui est aussi l'histoire d'une troisième personne, dont le récit est trouvé près d'un car incendié. La route avance pendant la nuit, le décor change sans que le car n'avance.
On est dans le rêvé, le conte, le réel, l'inventé, les morts sont parfois vivants, ça va dans tous les sens : il peut se passer n'importe quoi à n'importe quel moment.
Par exemple, nous sommes avec un jeune homme, Kindzu, dont l'histoire occupe la plus grande partie du roman. Il est dans une barque, sur la mer. Le temps est très mauvais.
Citation :
"Et ma barque ressemblait à un petit cercueil flottant, ballotté sur un rythme funèbre. Tout à coup, un tchoti, un de ces nains, qui descendent des cieux, tomba droit dans mon canot. La barque, sous le choc, fit une légère embardée de révolte et je manquai aller à l'eau. Je regardai le nain et, sceptique, le gardai à l'oeil." (page 73).
Ou encore :
Citation :
"La gamine se souvenait de choses qui n'avaient jamais eu lieu. Mais elle mettait une telle âme à se les rappeler que tout le monde se souvenait avec elle."(page 231).

On peut trouver le style superbe... ou bien assez fatiguant au fur et à mesure que les pages défilent. Mia Couto cherche à étonner, à impressionner.
Citation :
"J'avais laissé le soleil lové dans l'été, sur les terres en friche du temps. Trempé, liquide quasiment, le jour fusait des eaux de l'Indico [L'Océan Indien]. Il se dressa avec la superbe des choses dernières. Tandis que la terre, se souvenant de son lointain accouchement de chair et de lune, se découvrait nue." (pages 123-124)
C'est le premier roman de l'auteur, on sent qu'il veut prouver qu'il a du style.
C'est quand même bien, parfois : "Il regardait Romão comme le maïs regarde le pilon." (page 187).
Il invente parfois des mots, aussi.

Bref, un roman trop chargé, lorgnant vers la littérature sud-américaine tendance Cent Ans de Solitude, qui part dans tous les sens, et dans lequel on risque de finir par se désintéresser des personnages. Mia Couto a du talent, c'est évident, mais cela le serait encore plus s'il ne cherchait pas à le prouver aussi ostensiblement.
Sans doute ses livres suivants, ou ses nouvelles, sont-ils plus réussis : généralement les auteurs, avec les années, finissent par mettre la pédale douce sur l'épate stylistique et les histoires qui vont dans tous les sens.
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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyDim 5 Déc 2010 - 16:42

Je n' ai rien senti d' ostensible dans La véranda aux frangipaniers (son 3e livre, en tout cas le 3e traduit en français).
Le style est maitrisé, poétique, ma non troppo, et l' influence africaine réussie.

J' espère qu' il y aura d' autres lectures prochainement...
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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyDim 5 Déc 2010 - 17:03

bix229 a écrit:
Je n' ai rien senti d' ostensible dans La véranda aux frangipaniers (son 3e livre, en tout cas le 3e traduit en français).
Le style est maitrisé, poétique, ma non troppo, et l' influence africaine réussie.

J' espère qu' il y aura d' autres lectures prochainement...

Il l'a écrit 4 ans après...
J'essaierai un recueil de nouvelles dans pas trop longtemps, je suis curieux de voir ce que ça peut donner.
Terre Somnambule, j'ai eu l'impression qu'il tombait un peu dans le travers de certains premiers romans, où le romancier en met trop. Plus tard, il parvient à un équilibre (ou bien il n'a plus rien à dire).
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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyDim 5 Déc 2010 - 17:07

eXPie a écrit:

J'essaierai un recueil de nouvelles dans pas trop longtemps, je suis curieux de voir ce que ça peut donner.
Terre Somnambule, j'ai eu l'impression qu'il tombait un peu dans le travers de certains premiers romans, où le romancier en met trop. Plus tard, il parvient à un équilibre (ou bien il n'a plus rien à dire).

Alors celui-ci est à éviter pour commencer. Je vais attendre ta prochaine lecture pour voir si je me décide à le découvrir.

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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyLun 22 Aoû 2011 - 20:02

L' ACCORDEUR DE SILENCES. - Ed. Métailié



L' envoutement est immédiat. Personnages ferrugineux, découpés au scalpel. Décor apocalyptique,

surgi de la paranoia humaine. Mainmise du surnaturel, issu de la peur et du désir...
Féérique et terrifiante, la nature est une pelote de lignes de fuite que Mia Couto (né au Mozambique)


demele au fil de scènes brèves, éblouissantes comme des songes...

La langue de Mia Couto est sèche et cristallien. D' une pure splendeur.



Marine Landrot, Télérama, n° 3214
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traversay
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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyMar 13 Sep 2011 - 20:42

Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] Arton26335-8402e

L'accordeur de silences
Citation :
" La première fois que j’ai vu une femme j’avais onze ans et je me suis trouvé soudainement si désarmé que j’ai fondu en larmes. Je vivais dans un désert habité uniquement par cinq hommes. Mon père avait donné un nom à ce coin perdu : Jésusalem. C’était cette terre-là où Jésus devrait se décrucifier. Et point, final. Mon vieux, Silvestre Vitalício, nous avait expliqué que c’en était fini du monde et que nous étions les derniers survivants. Après l’horizon ne figuraient plus que des territoires sans vie qu’il appelait vaguement "l’Autre-Côté". " Dans la réserve de chasse isolée, au coeur d’un Mozambique dévasté par les guerres, le monde de Mwanito, l’accordeur de silences, né pour se taire, va voler en éclats avec l’arrivée d’une femme inconnue qui mettra Silvestre, le maître de ce monde désolé, en face de sa culpabilité.

Mia Couto, bien que né au Mozambique, est souvent comparé aux stylistes latino-américains, adeptes du célèbre "réalisme magique." Vrai, mais incomplet, tant la part africaine de l'écrivain est présente dans ses romans. L'accordeur des silences témoigne ainsi de ce suave mélange, avec, en arrière-plan, les guerres qui se sont succédé dans le malheureux pays de l'auteur. Appelez cela réalisme tragique, fable magique ou de toute autre manière, l'écriture de Couto résiste aux étiquettes et se déploie dans une langue poétique, d'une inventivité permanente. Il arrive parfois qu'un excès de baroque nous éloigne un peu du livre, mais Couto sait aussi se montrer tranchant (hum) et dire la réalité dans sa crudité la plus nue. Bienvenue donc à Jésusalem, dernier refuge d'un père monstrueux qui tyrannise ses deux fils, en leur interdisant de franchir les limites d'un domaine qui est tout ce qu'il reste, après la prétendue fin du monde. La folie rôde dans L'accordeur des silences, au gré des lubies d'un homme qui règne sur une micro-société aux règles infrangibles. Seule une femme pourra incurver la courbe du temps. Un beau roman d'une âpreté contenue, d'une douleur domestiquée, qui se décante au fil des pages.
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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyMer 27 Fév 2013 - 15:44

Mia COUTO : LES BALEINES DE QUISSICO. - 10/18

"Nous allumons des passions dans le sillage de notre coeur. Ce que nous aimons est toujours une pluie, entre le vol du nuage et la prison de la mare. Nous sommes finalement des chasseurs qui lançons sur nous-memes nos propres sagaies.
Avec chaque lancer qui atteint au but s' en va également un peu du lanceur."


Avec La Véranda au frangipanier, j' avais effleuré l' oeuvre de Mia Couto et découvert un auteur sensible qui allait m' accompagner désormais.
Impression confirmée avec Les Baleines de Quissico. Un auteur qui évolue et progresse. Dans ce recueil de nouvelles, celles de 1986 sont excellentes. Celles de 1990 et 1991 sont magnifiques.

Mia Couto
donne la parole à ceux qui ne l' ont pas et leur invente une vie de légende. Mais ces histoires seraient tristes à pleurer si l' auteur n' avait pas pour ces pauvres bougres une compréhension et une tendresse infinies.
Et puis, il est ausi un magicien du verbe. Il a le don de transcender la réalité la plus sordide, en inventant au passsage des néologismes comme son compère en langue portugaise, Joao Guimaraes
Rosa, le brésilien.

"La vieille femme était assise immobile sur la natte. Sa fortune était éparpillée sur le sol : des écuelles et des paniers, un pilon. Autour c' était le rien, le vent lui-meme était seul." P 9

"J' ai tué ma femme, c' est ce qu' on dit. Dans la vie réelle, j' en ai tué une qui n' existait pas. C ' était un oiseau. Que j' ai laché quand je me suis aperçu qu' elle n' avait pas de voix, qu' elle mourait sans se paindre. Quel animal, traversant, muet, l' intervalle de son corps, est-il sorti d' elle ?" P. 48

"Incomplets, nous sommes, ensevelis, nous terminons. Mieux vaut etre une plante. Je vais apprendre à etre un arbre... Pourquoi les sorcières ne cherchent-elles pas à etre des plantes, quiètes et vertes ? Je n' aurais pas eu besoin alors de tuer Carlota. Je l' aurai déplantée, c' est tout, sans crime ni faute." P 52

Et, j' allais oublier ! Couto, quand il le veut, a aussi un humour irrésistible !

Deux ou trois histoires pour voir ? Allez !
Luis et Anibal ont survécu à une inondation, mais quand ils rentrent au village, les bureaucrates locaux leur conteste le droit d' etre en vie ! Ils détestent compter ...

"Jusqu' au jour où une commission après trois jours de délibération annonçait solennellement qu' ils peuvent etre considérés comme population existante."

MAIS, l' orateur ajoute :

"Qu' ils se gardent bien de se retirer du village ou de la vie, ou d' aller savoir quel autre endroit. Nous appliquons une politique de clémence, mais nous ne pourrons en faire autant la prochaine fois."

Il y a aussi l' histoire ,tragique du pecheur qui était tellement pauvre qu' il n' avait meme pas de quoi garnir son hameçon. Et comme il était encore plus affamé que misérable, il s' arracha un oeil pour appater. Il attrapa un gros poisson, le fit cuire et le mangea immédiatement.
Après une nouvelle et longue attente, il était encore plus affamé. Alors il s' arracha l' autre oeil et attrapa un poisson énorme, comme il n' en avait jamais imaginé de tel. Mais il était aveugle.

Et puis, il y a Maria Caramel. Rosa Caramel n' était pas son nom. Mais elle était bossue et contrefaite.
Et elle n' avais ni parents ni bien. Alors une identité, pensez ! Juste un surnom...
Personne ne s' interessait à elle, et elle était sans amour. Et aucun ne se souvenait l' avoir vue manger.

"Elle devint soeur des pierres, à force d' y prendre appui."

Dans ses errances, elle s' adressait à des statues, leur tranférant ses propres misères et frustrations. Comme dans le nombre, il y avait un héros national, on jugea qu' elle était insultante à son égard et on l' emprisonna.
On finit par la libérer. Un jour, elle assista à un enterrement et jeta ses pauvres guenilles dans la fosse.
Le reste est légende. Un homme bouleversé par cette histoire, se présenta à elle comme le fiancé qu' elle n' avait jamais eu.

"Et ils s' en allèrent tous les deux dans la nuit."

Ces mots ont pour moi la saveur des contes qu' on me lisait enfant. La meme force incantatoire, productrice d' images encore plus que de mots.
C' est bien de cela qu' il s' agit, Couto suggère encore plus qu' il dit. Telle est la poésie et la magie de la poésie quand elle nous touche.
Mais, tirez un fil, et l' histoire se détricote, le mirage s' évanouit, le reve s' étiole et l' enfant cesse d' écouter...

Et donc, assez de citations, lisez le livre !


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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyLun 4 Mar 2013 - 9:38

bix229 a écrit:
Il y a aussi l' histoire ,tragique du pecheur qui était tellement pauvre qu' il n' avait meme pas de quoi garnir son hameçon. Et comme il était encore plus affamé que misérable, il s' arracha un oeil pour appater. Il attrapa un gros poisson, le fit cuire et le mangea immédiatement.
Après une nouvelle et longue attente, il était encore plus affamé. Alors il s' arracha l' autre oeil et attrapa un poisson énorme, comme il n' en avait jamais imaginé de tel. Mais il était aveugle.
Heureusement qu'on ne m'a pas lu ce genre de contes quand j'étais enfant, j'aurais eu bien du mal à trouver le sommeil ! Razz

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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyLun 4 Mar 2013 - 15:09

Détrompe toi, Kannskia, les enfants adorent les contes cruels. Pense aux histoires d' enfants abandonnés (Le Petit Poucet), ou exposés au froid et au gel (La petite fille aux allumettes), aux histoires d' ogres, de dragons et de sorcières... Ces histoires sont initiatiques et c' est le but des contes d' enfants. Et je pense que les enfants savent faire la part des choses. Ils aiment à la fois avoir peur et etre consolés, soit par le conte, soit par celle ou celui qui les raconte.
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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyLun 14 Avr 2014 - 19:41

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L'accordeur de silences

Un père Silvestre emmène, après la mort mystérieuse de sa femme, ses enfants dans un coin reculé du Mozambique, qu’il appelle Jérusalem, où ils s’enterre, entrainant ses enfants avec lui. Le monde n’existe plus, Il n’y a plus de où, le mot femme est interdit, ils sont les derniers survivants . Il s’érige en Dieu, rebaptise tout le monde et érige des règles aussi étranges que despotiques. Le petit frère qui n’a jamais connu autre chose ne peut rêver d’un ailleurs et aide son père à faire taire son angoisse dans le silence. Le grand frère qui a quelques réminiscences du passé est le plus réfractaire et tente de se révolter contre le régime de son père.

Leur oncle est le seul qui apporte un peu de réalité et de nouvelles du monde extérieur.

Un jour une femme en quête s’immisce dans leur vie, trouve ce qu’elle était venue chercher et chamboule tout leur petit monde qui prendra un autre tournant grâce ou à cause d’elle.
On est en colère contre ce père qui entraine sa famille dans son délire égoïste pour supporter sa propre peine. Dans sa folie provoquée par ce deuil qui refuse de se faire et qui laisse ses enfants isolés et sans avenir. En même temps on comprend que c’est peut-être une manière pour lui (qui ne peut plus supporter ce qui est arrivé) de se protéger et de protéger sa famille, contre le monde extérieur qui fait mal, contre la guerre qui encercle leur petite île protégée.

J’ai beaucoup aimé (malgré les scènes avec l’ânesse qui vont contre toutes mes convictions). C’est merveilleux, Emouvant et singulier.

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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyLun 14 Avr 2014 - 20:49

Merci pour tes impressions, Pia ! Malgré l' anesse... S' agirait-il de bougrerie ?  Shocked

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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyMar 15 Avr 2014 - 8:11

ton résumé me plait bien Pia. Je note mais je sens aussi que le problème avec l'ânesse va me perturber, mettre en colère ??

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MessageSujet: Re: Mia Couto [Mozambique]   Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] EmptyMar 15 Avr 2014 - 19:15

bix229 a écrit:
Merci pour tes impressions, Pia ! Malgré l' anesse... S' agirait-il de bougrerie ?  Shocked

Oui il s´agit de bougreries.  Mia Couto - Mia Couto [Mozambique] 519158 La pauvre anesse, quel destin!

Bédoulène a écrit:
ton résumé me plait bien Pia. Je note  mais je sens aussi que le problème avec l'ânesse va me perturber, mettre en colère ??

Heureusement Bédoulène, c´est une toute petite partie du bouquin. Mais je voulais tout de même le signaler. ça me  colere 

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