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 Jacques Abeille

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kenavo
Zen Littéraire


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MessageSujet: Jacques Abeille   Lun 20 Déc 2010 - 10:40



Né en 1942, orphelin en 1944, recueilli par un oncle haut fonctionnaire dont il suit les pérégrinations à travers la France jusqu'à l'été 1959, où il débarque à Bordeaux venant de Guadeloupe.
Découvre le surréalisme et intervient dans la revue La Brèche. Fréquente le peintre érotique Pierre Molinier. Membre du groupe surréaliste bordelais Parapluycha. Etudes supérieures de psychologie, philosophie et littérature ; pour finir professeur agrégé d'arts plastiques. Marié, père de trois enfants. Achève sa carrière dans un lycée de Bordeaux.
Peintre autodidacte.
Poète, romancier et nouvelliste bordelais. Un des derniers représentants du surréalisme en France. Il écrit aussi sous le nom de Bartelby ou de Léo Barthe des romans érotiques

source

INDEX des livres chroniqués   - Bédoulène  -      Cliquez sur les chiffres

Le Cycle des Contrées

1982 Les Jardins statuaires, pages 1
1986 Le Veilleur du Jour, pages 1, 2
2008 Les Voyages du Fils,
2008 Chroniques scandaleuses de Terrèbre, (sous le pseudonyme de Leo Barthe)
2010 Les Mers perdues, dessins de François Schuiten, pages 1
2011 Les Barbares, dessins de François Schuiten,
2012 La Barbarie, dessins de François Schuiten,


arrêté page 1 le 05/02/2016

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Sénèque
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kenavo
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Lun 20 Déc 2010 - 10:41


Les Mers perdues
Citation :
Présentation de l'éditeur
Un milliardaire recrute pour une expédition mystérieuse une jeune géologue, un dessinateur, un écrivain et un guide. Nul ne sait leur destination. Sont-ils en quête d'un trésor ? De rivages ignorés ? Ou d'une aventure plus intérieure ? A l’origine de ce projet, il y a la découverte et l’admiration immédiate de François Schuiten pour Les Jardins statuaires, roman de l’écrivain Jacques Abeille. Fasciné par ce livre, troublé par les résonances qu’il suscite avec son propre travail, François Schuiten a présenté à Jacques Abeille une série de dessins inédits. L'écrivain, à son tour émerveillé par la proximité entre ces dessins et son univers romanesque, a conçu le récit d'une expédition dans des contrées imaginaires, où une nouvelle civilisation se développe autour de statues anciennes et étranges...

Lors de la rentrée j’ai découvert le livre Les jardins statuaires et le sujet m’a intriguée.
Par après j’ai appris concernant la rencontre de Jacques Abeille et François Schuiten et avant d’aborder le roman d’Abeille, je voulais découvrir texte + images.. Et puisque dans ce livre il y a beaucoup plus de texte que d'images, j'ouvre ce fil pour l'auteur.. pour en revenir aussi par après sur ma lecture de Les jardins statuaires

Un monde fascinant.. effrayant.. étrange.. et extra


Une belle rencontre et un texte qui décrit très bien de quoi parle ce livre:



Les territoires imaginaires de Schuiten et Abeille
Le dessinateur bruxellois François Schuiten et l’écrivain bordelais Jacques Abeille ont cosigné « Les mers perdues », aux éditions Attila. Non pas une bande dessinée, mais un carnet de voyage de l’imaginaire, richement illustré. Ils sont venus à la rencontre de leur public dans les locaux de la librairie Mollat, à Bordeaux.

« Tout est parti d’un roman. Un roman maudit, qui n’a jamais réellement trouvé ses lecteurs. J’ai eu la surprise de constater qu’il était devenu culte, adoré par une nouvelle génération de lecteurs. Et ce malgré mes subjonctifs… » Jacques Abeille parle lentement, composant ses phrases avec la même minutie que celles qu’il couche depuis plusieurs décennies sur le papier. Les mots sont matériaux, son propos architecture, mécanique qu’il met au service de l’imaginaire et du rêve. Face à lui, le dessinateur belge François Schuiten sourit. Le créateur graphique du cycle des « Cités obscures », chef-d’œuvre de la bande dessinée, a trouvé dans l’écrivain presque septuagénaire une forme d’alter ego littéraire. Chaque échange trahit leur complicité. Les deux hommes ne se sont pas rencontrés. Ils se sont trouvés.
Leurs chemins ont convergé sur un projet éditorial. Un désir de couverture. D’un nouvel écrin, une nouvelle identité visuelle offerte aux « Jardins statuaires », roman écrit par Jacques Abeille dans les années 80. Un texte fondateur à l’aura sulfureuse de roman maudit, dont l’échec public est encore ressenti par son auteur comme une brûlure, une « expérience douloureuse et humiliante. » L’homme se dit qu’il a été le jeu des circonstances. Qu’il a peut-être manqué de chance. Ou qu’il n’a pas su trouver le public de l’époque. De ce public prisonnier d’une littérature française qui nie volontiers la pertinence de l’imaginaire au profit d’une « exigence de vraisemblance. » Un diktat dont se joue ce plasticien amoureux des mots, artiste nourri par le surréalisme tout autant que par les œuvres de Jules Verne.

Entre écriture et dessin, « un travail frère »
Les éditions Attila ont repris le flambeau, séduites par le verbe du Bordelais, avec pour volonté de remettre en lumière cette exploration sensible d’un univers fantastique, carnet d’impressions d’un voyageur découvrant une contrée mystérieuse où l’on cultive… des statues, au cœur de propriétés où la pierre pousse en permanence. Un récit au cœur duquel l’étrange se fait medium, prétexte à un regard critique sur le monde, au-delà du jeu des apparences. Soucieux de (re)donner toutes ces chances à ce qui est devenu, avec les années, le texte fondateur d’un vaste « Cycle des contrées », l’éditeur est allé frapper à la porte de François Schuiten.

Il n’y a ni hasard ni coïncidence, mais l’intuition d’un éditeur devenu évidence pour les auteurs. Une belle convergence de deux univers en coexistence. « Jacques ne savait pas que l’éditeur m’avait contacté, explique le dessinateur bruxellois avec un sourire malicieux. J’avais déjà réalisé une couverture d’un livre de Jacques Abeille il y a 25 ans. Mais je ne connaissais pas ce livre. Sa lecture a été un émerveillement. Il y a tout ce que j’aime, tout ce que je recherche dans cette histoire. C’est un travail frère. Nous sommes nés dans le même bain. Il travaille la même matière que moi. J’ai souhaité prolonger l’exploration de cet univers là ! »

Leur collaboration sur « Les mers perdues » ? Un jeu, une joute d’intelligences, un fruit au goût d’inattendu. Le désir de se rencontrr s’est rapidement imposé. Un rendez-vous est calé en terre bruxelloise, dans l’atelier du créateur surdoué des « Murailles de Samaris » de « La Tour » et de « L’archiviste ». Jacques Abeille y découvre l’imaginaire d’un auteur hanté par l’architecture, que les exégètes n’hésitent pas à comparer au Piranèse, quand lui revendique principalement l’utopie des Lumières. François Schuiten lui présente son travail. L’écrivain a la surprise d’y voir la concrétisation de ses propres visions. Les planches ne sont pas celles des « Cités obscures », mais des dessins réalisés dans le cadre d’un projet de jeu vidéo qui a tourné court. La proximité est telle que Jacques Abeille ne peut résister.
« Je sentais la tonalité d’un livre… »

François Schuiten s’en étonne encore rétrospectivement. Le courant est immédiatement passé entre les deux hommes. Créativité et générosité ont présidé à cette alchimie. « Jacques a pris cela comme un jeu, poursuit François Schuiten. Il s’est mis dans une situation invraisemblable, entreprenant d’écrire une histoire sur mesure, réalisée à partir de mes dessins. » L’homme de lettres avoue volontiers avoir été dépassé par sa propre intuition. « Lorsque j’ai vu ces dessins, j’ai compris que je devais faire quelque chose », sourit-il. Un besoin impérieux auquel il a volontiers cédé. En rédigeant des courriers imaginaires. « Je souhaitais le mettre dans la position du visiteur de son univers. Je pensais le surprendre, en lui écrivant régulièrement, une lettre toutes les huit ou dix jours. Je me suis laissé piéger. Le timbre de la narration m’a ramené dans mon propre univers. Je sentais intuitivement la tonalité d’un livre. »

Le jeu s’est poursuivi à deux. Jacques Abeille décrivant les planches de François Schuiten sous forme d’un récit d’exploration. François Schuiten sortant de ses cartons de nouvelles créations nourissant en retour l’imaginaire de Jacques Abeille. Entre l’écrivain amoureux des images et le graphiste virtuose des architectures impossible, l’émulation se fait vibrante. « Le livre a commencé à prendre corps. Il nous a fallu poser les choses, mettre tout cela en forme, trouver un équilibre pour le livre. L’éditeur a fait un travail extraordinaire. François nous a ouvert ses carnets de croquis pour nous permettre d’aller au bout de ce rêve. » Les deux hommes parlent avec passion. Du rapport du mot à l’image, de l’apport de la bande dessinée, de leur vocabulaire commun… « Les mers perdues » est là pour témoigner de la fécondité de leur échange. Du plaisir d’une rencontre. Chacun avouant s’être complètement abandonné dans l’aventure. A l’image de l’explorateur sans nom des « Mers perdues » découvrant un univers vide d’hommes et de sens, qui abandonne ses certitudes pour se fondre dans un univers de légende, cités peuplées de statues monumentales, à la recherche d’une signification qui l’effraie tout autant qu’il le fascine.


source

Le fil de François Schuiten est ici

Les jardins statuaires est sur ma PAL miammiam

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bix229
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Lun 20 Déc 2010 - 14:38

Je me souviens avoir parlé -en bien- des jardins statuaires lors de sa parution.
Ce livre semble etre une sorte d' objet étrange à cause de l' oubli qu' il a connu, puis de sa
réapparition presque miraculeuse avec un illustrateur qui a apporté un éclairage nouveau...
J' attends les imprssions de ceux qui le liront...
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kenavo
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Lun 20 Déc 2010 - 15:46

bix229 a écrit:
puis de sa réapparition presque miraculeuse avec un illustrateur qui a apporté un éclairage nouveau...
l'illustrateur n'a pas apporté un éclairage nouveau, la maison d'édition, Attila, a demandé à François Schuiten d'illustrer la couverture d'une nouvelle impression qu'ils avaient prévue.. et c'est à ce moment que Schuiten a lu ce livre et était tellement fasciné que Les Mers perdues se sont fait par après, texte et images créés au fur et à mesure lors de ces mois derniers..

Et puisque cette histoire reprend aussi en quelque sorte les éléments des jardins statuaires, je suis déjà un peu dans l'atmosphère de son texte..
c'est étrange, mais beau.. c'est surréaliste et il ne faut pas demander des questions, mais on peut se laisser emporter par cette écriture qui est très belle..

je suis curieuse comment cela va fonctionner pour moi en tant que roman.. pas trop partante pour des mondes à la Merwyn Peake et Buzzatti (des noms avec lesquels on met en relation Jacques Abeille).. mais certainement pour Gracq (autre nom qui apparait toujours).. donc, je ne demande qu'à découvrir miammiam

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bix229
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Lun 20 Déc 2010 - 16:03

Si le mot éclaiairage ne convient pas, c' est quand meme un autre livre que que ce produit d' une collaboration entre un auteur et un illustrateur..
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kenavo
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Lun 20 Déc 2010 - 16:10

bix229 a écrit:
Si le mot éclaiairage ne convient pas, c' est quand meme un autre livre que que ce produit d' une collaboration entre un auteur et un illustrateur..
mais on parle de DEUX livres différents!
Les jardins statuaires est paru en août 2010 en réimpression comme il l'avait écrit dans le temps, simplement avec une nouvelle couverture.. et cette couverture a été faite par François Schuiten qui a eu un grand coup de coeur en lisant ce livre pour en faire UNE image - celle de la couverture..
à partir de là les deux artistes: auteur/illustrateur se sont réunis pour faire ce nouveau livre: Les mers perdues

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bix229
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Lun 20 Déc 2010 - 17:41

D' accord !
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Sam 12 Fév 2011 - 21:54

C'est vrai que la couverture des Jardins Statuaires est très belle, j'ai cherché tout de suite de qui était l'illustration et j'ai fait une recherche sur Schuiten.
L'écriture est très agréable, mais il faut pas mal de concentration pour suivre le récit, qui comporte pas mal de descriptions sur les usages des domaines. Pour l'instant, j'avance tout doucement, et j'aime bien cet univers. Very Happy
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kenavo
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Sam 12 Fév 2011 - 21:58

krys a écrit:
L'écriture est très agréable, mais il faut pas mal de concentration pour suivre le récit, qui comporte pas mal de descriptions sur les usages des domaines. Pour l'instant, j'avance tout doucement, et j'aime bien cet univers. Very Happy
ah.. tu me donnes envie de m'y mettre à mon tour.. mais je sais que je vais devoir lui réserver un peu de temps et concentration.. donc, j'attends le moment opportun..
mais c'est certain que j'ai toujours des images de ce roman-images des deux en tête.. j'ai hâte de découvrir ce roman Very Happy

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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Lun 14 Fév 2011 - 22:26

Les jardins statuaires


Un voyageur découvre un pays inconnu, où les habitants, des jardiniers pour la majorité, paisibles et accueillants, cultivent des statues. Intrigué par ce mode de vie, le voyageur accepte de se laisser guider à travers les diverses exploitations qui forment le pays. Il découvre tout un monde ritualisé, extrêmement codifié, où toute la vie se concentre autour des statues, qui donnent à la vie tout son sens. Certains habitants, comme le gérant de l’hôtel, cependant, laissent entendre que tout n’est pas si parfait dans cette organisation. Le voyageur se lance alors vers des contrées plus lointaines, à la recherche de ce qui ont fui leur domaine pour se regrouper en bandes de pillards. Le monde des domaines va-t-il être menacé par ces rebelles ?
Voilà un récit bien étrange, qui mène dans un univers onirique où poussent des statues, toutes différentes et chargées de sens, imprégnées de la terre dans laquelle elles ont germé ainsi que de l’ambiance qui règne sur le domaine. Certaines sont particulièrement remarquables, celles qui représentent les « ancêtres » ; et d’ailleurs il existe un véritable culte autour des jardiniers dont les statues ont pris l’apparence. Le vocabulaire est riche, les phrases très ciselées, demandent parfois une certaine concentration pour en saisir tout le sens. Et les descriptions quasi historiques des rites funéraires (même s’ils prennent tout leur sens à la fin du livre) sont un peu longues. J’ai néanmoins énormément apprécié ce roman, avec sa petite touche humoristique finale…
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Arabella
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Sam 11 Juin 2011 - 20:07

Les jardins statuaires


Un étrange univers, dans lequel les statues poussent comme des plantes. Et comme les plantes, elles ont besoin de jardiniers pour veiller à leur développement. Ces jardiniers travaillent au sein de domaines, sortes de familles, dans lequel les hommes sont complètement séparés des femmes. Un voyageur visite ces univers, et nous le fait découvrir en même temps qu’il le découvre. Il apprend qu’aux confins de ce monde, dans la steppe, des Barbares dont certain ont été des jardiniers voudraient bien détruire l’univers des domaines et des jardiniers. Le voyageur veut les rencontrer aussi, et voir ce qui se prépare.

Un livre assez inclassable, de la Fantasy si on s’en tient au contenu, mais par un auteur qui est en dehors de ce type de littérature, et qui n’utilise pas les thèmes et les schémas de ce genre littéraire. L’écriture est très soignée, poétique, très sensuelle. Un étrange objet donc, dans lequel il est difficile de ne pas embarquer, même si à certains moments le charme agit moins. Il n’y a pas beaucoup d’action à proprement parlé, cela reste souvent assez descriptif, et le narrateur semble comme extérieur, au monde dans lequel il évolue, comme même d’une certaine façon à lui-même. Nous ne savons pas d’où il vient, quel son monde à lui, et qu’est-ce qu’il fait chez les jardiniers. Et à un certain moment cela a crée une frustration chez moi, ce non personnage, prêt à accepter tout ce qui arrive. Mais dans l’ensemble, un roman prenant et surprenant.

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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Ven 16 Sep 2011 - 17:47

J'ai lu cet été Le veilleur du jour. Ce livre fait partie du cycle de Terrèbre, dont Les jardins statuaires étaient le premier opus. Ce deuxième tome se passe toujours dans le même univers, mais à un autre endroit, et plus exactement dans les environs, et surtout dans le ville même de Terrèbre. Le personnage principal, Barthélemy Lécriveur a perdu la mémoire il y a quelques années, il ne souvient que de son séjours chez les Bûcherons, une population rude, dont il est juste sûr de ne pas être originaire. Il arrive à Terrèbre, cherche du travail, a une aventure avec la servante de l'auberge dans laquelle il est installé, et par son entremise trouve un emploi étrange de veilleur du jour dans un bâtiment bizarre, qui très vite le fascine et dont il perce peu à peu les mystères.

J'avoue avoir été déçue par ce livre, qui est très en deçà des Jardins statuaires. L'intrigue est inconsistante, les personnages pas très intéressants, et il manque ce qui faisait le charme des Jardins, la descriptions d'un monde étrange, merveilleux et poétique. L'écriture de Jacques Abeille en devient ampoulée voire prétentieuse appliquée à ce récit sans grand intérêt. Je ne sais pas si j'ai encore très envie de persister dans la lecture des autres volumes du cycle, qui vient de s'enrichir d'un cinquième tome, Les Barbares.

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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Sam 17 Sep 2011 - 12:29

dommage !
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Arabella
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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Sam 17 Sep 2011 - 15:20

Oui, Krys, cela a été une vraie déception pour moi après Les jardins statuaires.

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MessageSujet: Re: Jacques Abeille   Mar 19 Jan 2016 - 12:18

Je rappelle rapidement (et avec les quelques éléments glanés sur le net) l'histoire des Jardins statuaires, livre maudit.

A la fin des années 70, Abeille confie son manuscrit à Julien Gracq qui décide de l'envoyer à son éditeur José Corti, mais le pli se perd et le manuscrit disparait. Heureusement, un autre exemplaire est dans les mains de Bernard Noël qui est alors directeur d'une collection chez Flammarion. Le livre va être édité... oui mais... l'impression tarde, Noël est remercié, lorsque le livre est enfin prêt (mais pas dans son intégralité) l'entrepôt part en fumée... (1982). Il faudra alors attendre 2004 pour que le livre paraisse chez Joëlle Losfeld puis il est réédité par les éditions Attila accompagné de dessins de Schuiten. La légende des Jardins statuaires est en marche...

Les jardins statuaires

Etrange roman que celui-là, roman dont l'écriture atteint parfois une sorte d'apogée vaporeuse, irrésistible et poétique alors même que la langue, toujours noble, presque hiératique étouffe dans l'œuf tout lyrisme romantique. L'étrangeté ressentie par l'étranger trouve sa forme dans cette mise à distance du style, sorte de cage imaginaire de laquelle, le lecteur ébranlé, regarderait les statues, les jardins, les hommes qui y vivent, les femmes qui s'y cachent du bout d'une lorgnette fragile et floue.

Et cette distance, cette étrangeté de l'étranger racontant son voyage empêche le lecteur de plonger totalement, d'adhérer passionnément au récit, jusqu'à ce qu'un petit déclic se fasse et emporte l'esprit. Ce récit qui se déploie en larges cercles concentriques, comme si nous suivions les circonvolutions éphémères d'un gros caillou jeté dans l'eau calme d'une mare revient lentement sur ses pas jusqu'à nous conduire vers un gouffre dont le fond nous aspire.

Et cette fragilité du roman, cette manière discrète d'y avancer, ce repli permanent, cette attention douce portée à l'autre est sans doute le gage le plus réel, le plus fort de ce que pourrait être à la fois le 'travail' d'un ethnologue, d'un chercheur, d'un voyageur et d'un ami. Le long et rafraichissant récit d'un être en terre étrangère, narre les modes de vie, la relation des hommes à la terre, les conditions des femmes (archères, lingères, amoureuses), la masse croissante des statues, les domaines en perdition, les steppes et leurs barbares. Un monde en soi. Un monde absolument fascinant.

Tant de beautés et d'inventions dites dans une langue détachée, loin de l'emportement chamanique qui ruinerait le propos, mais mesurée, cadencée, ostensiblement travaillée et distante, laisse au lecteur la place et le temps de rêver, de goûter, de humer, de caresser les efflorescences satinées de ces si belles statues et d'arpenter un à un les territoires denses et silencieux du peuple statuaire.

Un enchantement.

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Jacques Abeille
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