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 Salman Rushdie [Inde]

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Chatperlipopette
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MessageSujet: Salman Rushdie [Inde]   Lun 28 Mai 2007 - 22:28



"L'écriture de Salman Rushdie repose sur le mélange d'identités : indien musulman né à Bombay, il a suivi sa famille au Pakistan après la partition de l'Inde. Il a étudié à Cambridge et s'est finalement installé en Angleterre. 'Les Enfants de minuit' (1981) , son premier grand roman, reflète la superposition quasi magique des différents visages du narrateur, faisant écho à la naissance de l'Inde indépendante. Dans un univers de réalisme fantastique, les personnages de Rushdie sont confrontés à la religion, à la mythologie et à la tradition orale. La parution des 'Versets sataniques' en 1989 l'a rendu extrêmement célèbre. Le roman, considéré comme blasphématoire par les musulmans, lui a valu une fatwa de l'ayatollah Khomeini, qui appelait tous les fidèles à l'assassiner. Salman Rushdie dut donc s'enfuir et se cache encore aujourd'hui. Cependant, il continue d'écrire et de publier des romans et des contes pour enfants. En 2005 paraît 'Shalimar le clown'." EVENE

Bibliographie

Citation :
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1975 Grimus
1977 Les enfants de minuit , pages 1 , 2 , 5
1983 La Honte
1987 Le Sourire du Jaguar (essai)
1988 Les versets sataniques , page 1, 5,
1991 Haroun et la mer des Histoires
1992 Patries imaginaires (recueil de critiques)
1994 Est, Ouest (recueil de nouvelles)
1995 Le Dernier Soupir du Maure , pages 1 , 2 ,
2001 La Terre sous ses pieds
2001 Furie , page 2 ,
2002 Franchissez la ligne
2005 Shalimar le Clown , page 1 ,
2008 L'Enchanteresse de Florence , pages 1 , 5, 6
2010 Lukas et le feu de la vie
2012 Joseph Anton , pages 2 , 3 , 4 ,

Citation :
mise à jour le 15/08/2016, page 6





J'ai terminé la lecture de "Shalimar le clown"...un vrai enchantement!

Je n'avais jamais lu de romans de S.Rushdie avant la lecture choisie de « Lire ensemble » pour les mois d'Avril/Mai. J'en avais entendu parler lors de la sortie des « Versets sataniques » et j'avais suivi avec horreur les ennuis sérieux (c'est un euphémisme) qui l'ont longtemps poursuivi!
La couverture est agréable, faisant penser à un bas-relief de temple hindou. La quatrième de couverture est alléchante et invite à une plongée rapide dans la lecture des aventures incroyables des personnages du roman.
L'auteur invite son lecteur à entrer dans une danse tragi-comique où les pirouettes et pieds-de-nez s'enchaînent et se mêlent au rythme échevelé d'une pièce de théâtre.

Le roman-épopée est divisé en cinq parties: India (la fille de l'ambassadeur Max), Boonyi (qui deviendra la maîtresse de Max), Max (l'ambassadeur), Shalimar (ex mari de Boonyi) et Kashmira (le dénouement du roman!). Il est difficile d'en faire un résumé, en dévoilant le moins possible l'intrigue, car à l'image de nombreux romans indiens, « Shalimar le clown » n'est que foisonnement et richesse. L'écriture de Rushdie est très belle, fluide et recelant des non-dits empreints d'humour.
« Shalimar le clown » est un hymne à la tolérance et à la culture hindoue, cette culture plusieurs fois millénaires qui sut s'approprier les différences de chacun des peuples du sous-continent. Les batailles sanglantes d'autrefois s'étaient endormies, étaient oubliées: les villages hindous et musulmans vivaient en harmonie jusqu'au jour où la déferlante religieuse empoisonna l'atmosphère et damna la région du Cachemire. Les apostrophes linguistiques de Rushdie à l'encontre des politiques aussi désastreuses qu'intolérantes (des deux côtés du Cachemire) sont de vrais bijoux stylistiques: les phrases ironiques sur les acronymes utilisés, à l'envi, par l'administration et le politique, les litanies telles que « on se demande pourquoi » à la suite de chaque énumération: « Il y avait six cent mille soldats indiens au Cachemire mais ils n'empêchaient pas le pogrom des pandits, on se demande pourquoi. Trois lakhs et demi d'êtres humains arrivèrent au Jammu en tant que personnes déplacées et pendant de nombreux mois le gouvernement ne leur offrit ni abri ni soutien ni même n'enregistra leurs noms, on se demande pourquoi... » (p 441, 442 et 443); ou les questions qui se succèdent avec une violence en crescendo: « Qui viola encore cette femme? Qui viola encore une fois cette femme? Qui viola cette femme morte? Qui viola encore une fois cette femme morte? » (p 459 et 460). Grâce à ces divers effets de style, Rushdie met en place une ambiance épique, tragique mais aussi comique ce qui enchante la lectrice que je suis.

Les personnages sont excellement croqués, ils sont dotés d'une vie intérieure foisonnante et très complexe: ils ne sont ni tout à fait blancs ni entièrement noirs, ils ne sont que le produit de leur histoire personnelle et celui de l'Histoire du monde. L'amour liant Boonyi et Shalimar, même s'il est bafoué par Boonyi, est indestructible: même la haine ne l'éteint pas puisque Shalimar ne pourra pas aller jusqu'au bout de son serment d'amour (si Boonyi avait des enfants d'un autre, il la tuerait et tuerait aussi ses enfants): l'a-t-il voulu ou n'a-t-il pas eu le temps de le faire? Se retrouver devant un miroir, reflet de Boonyi lui a-t-il fait prendre conscience qu'il l'aimait au-delà de la haine? J'aime comprendre cela pour la beauté de cette histoire d'amour infiniment tragique!

Shalimar est un clown acrobate qui se déplace en permanence sur le fil invisible de la folie créatrice mais aussi destructrice. Il est un héros au caractère tragiquement entier, sans concession avec le monde: il est le côté obscur de l'âme. Shalimar est un caméléon qui terre son véritable moi et se sauve ainsi, contre toute attente, d'un lavage de cerveau organisé par les talibans de tout poil. Il devient une arme humaine, froide et implacable pour parachever sa vengeance. Mais il rencontre un être qui lui ressemble malgré tout ce qui les sépare...chacun porte au plus profond de lui-même, une part inconsciente de sa culture et cette part s'ouvre souvent au moment où on s'y attend le moins.
Shalimar est la culture traditionnelle du Cachemire supplantée par les réalités médiatiques de l'ère moderne: les spectacles de rue ne résistent pas à l'implantation non seulement de la télévision mais surtout à celle de l'intégrisme religieux. Alors pour survivre, il utilise sa douleur pour se fondre dans la masse délirante des extrémistes religieux.

Max Ophuls (tiens donc, référence culturelle quand tu nous tiens!) est un être trouble jusqu'à en être sublime. Un personnage de cinéma noir et blanc, un héros secret et grand seigneur au charme discret d'aristocrate cultivé et lettré.
Max est l'Occident cultivé malmené par la folie sanglante des années quarante, tissant une toile d'influence à travers le monde et disséminant des bombes à retardement sans vraiment s'en rendre compte. Max est un héros digne des romans de Conrad (un Lord Jim qui s'ignore), de film noir américain digne d'un Humphrey Bogart. Un aventurier comme on n'en fait plus, un aventurier épique au parfum épicé. Il est la vie qui sème la mort sans le savoir, il est le bonheur endeuillé, il est l'Inde qui s'occidentalise sans vouloir perdre son âme.

India, elle, est cette Inde qui s'ignore, cette Inde métissée qui peu à peu retrouvera ses racines, ses vérités en devenant Kashmira, prénom qui lui fut soufflé par sa mère biologique, prénom qui vivait, lové en elle et qui se taisait. India est la folie orgueilleuse des hommes qui se déchirent au nom d'une foi, elle s'enivre de toutes les substances illicites avant d'être enfin sauvée par son père, Max le bien-aimé, le bel aventurier, le chevalier blanc.

Kashmira est cette Inde qui se reconciliera avec elle-même, une fois la folie passée. Le Cachemire demeure, malgré la partition qui voile des femmes qui ne connaissaient pas de prison, un rêve de tolérance et d'ouverture. Le Cachemire demeure le pays des troupes de clowns qui divertissaient par leurs pitreries et leurs acrobaties les villageois et les princes. Il demeure le pays qui possédait ses artistes culinaires, ceux qui savaient préparer les délicats trente-six plats des fêtes princières et villageoises. Le Cachemire indissociable des abeilles, des femmes et des vergers, de ces douceurs de la vie et de la culture. Un théâtre de rue ruisselant de gouaille et de rires, d'insouciance et de poésie.

Salman Rushdie semble nous dire qu'après l'obscurité et l'obscurantisme, la lumière revient toujours éclairer les survivants et leur donner des raisons de ne cesser d'espérer. L'Histoire est un cycle qui apporte à chaque tour de roue une clé pour comprendre cet étrange animal qu'est l'homme, porteur d'ombre et de lumière.
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Sophie
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Sam 1 Sep 2007 - 3:55

Je ne l'ai jamais lu mais il m'intéresse de plus en plus; j'ai donc acheté un de ses livres, que j'ai à lire.
En fait,a vec cette affaire des Versets sataniques, je le considérais comme une espèce d'écrivain religieux bizarre; en fait ce n'est pas du tout ça!
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Steven
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Ven 26 Oct 2007 - 22:08

J'ai abordé le "Dernier Soupir du Maure" avec la même apréhension que Chatperlipopette : je m'attendais à un discours religieux ou sur la méthode ou... et au lieu de ça, je me suis retrouvé plongé dans un déluge de vie à travers la vie de ce Maure : un homme qui vieillit deux fois plus vite que les autres. Un homme dernier descendant d'une grande famille d'Inde à qui il manque une main...

Maure, le héros, narrateur, né donc doublement handicapé, puisqu'il lui manque une main et qu'il grandit et vieillit deux fois plus vite que la moyenne, nous rapporte, dans une langue haute en couleur et épicée, les portraits, aux défauts cruellement apparents, des membres des trois dernières générations de deux familles qui s'éteindront avec lui.
A travers ses ancètres, on découvre le cheminement de cette famille dont il est l'aboutissement et les parcours atypiques de chacun de ses membres (notamment de sa mère).
Je crois que la désignation de roman picaresque prend pleinement son essence avec Salman Rushdie.
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Ven 26 Oct 2007 - 22:15

Tu viens d'apporter un éclairage bien intéressant sur Rushdie: le côté picaresque!
Je note ce titre que je ne connais pas et à l'occasion, je plongerai mon nez dedans Very Happy
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monilet
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Sam 17 Mai 2008 - 17:29

On m'avait présenté ce livre comme une merveille. je n'ai pas accroché et abandonné en cours de lecture (pourtant j'aime le picaresque, cf Perez-Reverte)
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bulle
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Ven 8 Aoû 2008 - 21:22

Londres -- Les Enfants de minuit, de Salman Rushdie, a été sacré plus grand Booker Prize de tous les temps à l'occasion d'un vote marquant les 40 ans du plus prestigieux prix littéraire britannique. - Juillet 2008

à ajouter dans la LAL .
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Lun 25 Aoû 2008 - 12:41

J'ai tenté "les Versets sataniques". Je ne suis pas parvenue à le terminer car je suis restée dans l'optique d'une fatwa lancée suite à cette publication et je trouvais que certains auteurs avaient poussé plus loin au niveau critique de la religion.
En plus, ce livre m'est apparu plutôt comme un livre d'aventures, avec un côté sexuel assez important et des scènes cocasses.
Je n'ai pas lu le Coran. Alors peut-être que la vision d'un musulman est différente.
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Bellonzo
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Jeu 26 Fév 2009 - 18:36

L'enchanteresse de Florence est un joli roman qui sur une trame historique retrace les ponts entre l'Occident et l'Orient,entre Florence,ses lettrés,ses condottieri et ses voyageurs et l'Inde Moghole.Nanti de rebondissements,de généalogies un peu compliquées,de trahisons et de sortlilèges,le roman de Salman Rushdie est une oeuvre d'érudit,mais d'érudit au pied léger qui n'écarte pas la gaudriole pourvu qu'elle soit satinée ou exotique.Dépaysement garanti avec cet auteur que je n'avais jamais lu.Je vous conseille particulièrement les agapes florentines et leurs mets de choix.Bon appétit.
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Arabella
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Sam 27 Juin 2009 - 13:38

L'enchanteresse de Florence


Nous commençons par un voyage. Celui d'un homme qui se fait appeler Mogor dell'Amor ou encore Niccolo Vespucci. Le but, est la cour du grand Moghol, Akbar. Nous sommes au XVI siècle et le monde est encore vaste, et rempli de mystères. Niccolo n'hésite pas sur les méthodes qui doivent lui permettre d'arriver à son but, il vole, et usurpe le titre d'ambassadeur de la reine d'Angleterre pour approcher le monarque, à qui il veut raconter une curieuse histoire. Celle d'une princesse, tante d'Akbar qui a aussi beaucoup voyagé, jusqu'à Florence.

Au début totalement incrédule, Akbar découvre qu'une femme de sa famille dont il n'a jamais entendu parlé a réellement existé. Elle devient la princesse caché, qui suscite les rêves, attise les convoitises. Le peinte chargé de fixer son histoire avec son pinceau disparaît dans un de ses tableaux pour la rejoindre. Akbar lui-même qui aime plus les femmes qu'il imagine que celles qui peuplent son harem, succombe à son charme. La vie chatoyante de l'enchanteresse se déroule sous nos yeux, mais certaines choses devraient mieux rester dans l'ombre.

Un très beau livre, qui prend un peu l'aspect d'un conte, avec des récits enchâssés les uns dans les autres, où on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui est rêve, le rêve étant parfois plus solide que le réel. Entre l'orient et l'occident, un récit fastueux et magique se déroule, dans lequel rien n'est complètement vrai ni complètement faux, ni complètement certain. Un joli voyage dans le temps, l'espace et l'imaginaire.

_________________
La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Mar 13 Oct 2009 - 22:13

"Aux dernières lueurs du jour finissant, le lac miroitant qui s'étendait près du palais semblait se transformer en une mer d'or liquide. Un voyageur qui serait passé par là au coucher du soleil _ et celui précisément qui arrivait en ce moment même sur le chemin longeant le lac _ aurait pu croire qu'il s'approchait du trône d'un monarque si fabuleusement riche qu'il pouvait se permettre de déverser dans un immense cratère une partie de ses trésors afin de plonger ses hôtes dans la stupeur et l'émerveillement. Et ce lac, pourtant très étendu, n'était sans doute qu'une goutte provenant d'une mer de richesses bien plus vaste, si vaste que le voyageur était à mille lieues de pouvoir imaginer l'étendue de l'océan originel. Et aucun soldat ne montait la garde sur les rives de ses eaux dorées : le roi était donc si généreux qu'il autorisait tous ses sujets et peut-être même étrangers et visiteurs comme le voyageur ici présent à puiser librement dans les fabuleuses ressources du lac ? Ce devait être un prince considérable, un véritable Prêtre Jean dont le royaume perdu, paradis enchanté et légendaire, renfermait d'incroyables merveilles. Peut-être, se disait le voyageur, la fontaine de jouvence se trouvait-elle derrière ces murs, et la légendaire entrée du paradis était-elle toute proche ? Mais le soleil plongea sous la ligne d'horizon, l'or disparut de la surface de l'eau et sombra dans les profondeurs. Sirènes et serpents veilleraient sur lui jusqu'au retour de l'aube. D'ici là le seul trésor disponible n'était plus que l'eau elle-même, et ce cadeau, le voyageur assoiffé l'accepta avec reconnaissance."

Ainsi commence L'Enchanteresse de Florence. Récit foisonnant, entre roman picaresque et conte, il envoûte son lecteur, qui se laisse porter à travers le temps et l'espace entre Orient et Occident.
A Florence, à Istanbul ou à Fatehpur Sikri, l'étonnante et éphémère capitale de grès rouge d'Akbar, rêve et réalité se confondent ; les étoffes chatoient, les savants se querellent, les éléphants barrissent dans la fureur des batailles, les amours se nouent et se dénouent. Tout un monde de couleurs, d'odeurs et de filtres magiques, violent, sensuel et mystérieux.
Bellonzo et Arabella ont superbement parlé de ce livre, aussi je n'en ajouterai pas plus.

Voici une petite mosaïque que je me suis amusée à composer à partir des images et sensations que cette lecture a provoquées en moi.
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Eve Lyne
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Mar 13 Oct 2009 - 23:19

Vous me semblez enchantés par l'enchanteresse. Quelqu'un a-t-il tenté Les fameux versets en laissant tomber cette lecture et a-t-il succombé par contre au charme du dernier roman ? Je ne voudrais pas me relancer dans la lecture d'un auteur qui m'a un peu barbée. N'étant pas de culture musulmane je m'étais dit à l'époque que ça avait dû jouer et que je passais certainement à côté de nombreux passages, n'y voyant pas la portée que l'auteur avait voulu leur donner.

Enchantez-moi donc les parfumés et je plongerai dans ce roman où seul le mot Florence m'incite à penser que je ne devrais pas laisser ce livre fermé trop longtemps. Wink
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shanidar
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Mar 18 Mai 2010 - 9:13

Les enfants de minuit

Une fable.
Un conte.
Une épopée...
Impossible de résumer un tel roman, qui brasse toute l'Histoire de la partition de l'Inde et de la création du Pakistan et l'histoire d'une famille indienne, celle de Saleem Sinai, le héros qui fait parti de cette extraordinaire confrérie des enfants de minuit.
Les enfants de minuit sont nés le 15 août 1947, à l'heure exacte où l'Inde accède à l'indépendance et tous ces enfants (mille, bien sûr) ont tous un don particulier, un pouvoir magique qui les rend unique.
Le roman s'ouvre par l'histoire des grands-parents du narrateur (l'histoire d'un drap troué et d'un grand nez...) puis celle de ses parents, qui ne sont pas vraiment ses parents puisqu'une nourrice révolutionnaire a interchangé les bébés à la maternité ! Et il ne s'agit que de la partie emmergée de l'incroyable roman de Rushdie.
Non seulement ce livre est un régal littéraire, un incroyable imbroglio de mondes, d'histoires, de vies, de folies et de destins, mais il est aussi incroyablement drôle, prophétique, politiquement engagé, virevoltant, époustouflant, poétique et attachant.
Tous les personnages sont croqués comme des bonbons, des sucres candi, des loukoums, mis en valeur ou détestables, touchants ou faméliques, éprouvant ou émouvant, aucun ne laisse indifférent, tous participent à la fraicheur de ce roman qui ressemble plus à une épopée grandiose de l'Inde qu'à un livre politique.
Et puis surtout, ce livre m'a permis d'accéder aux mythologies indiennes, au mode de vie des musulmans dans un pays d'obédience hindoue, de découvrir les manières de manger, de rire, de voir de ces hommes et ces femmes vivants dans l'un des pays les plus sauvages et le plus civilisé du monde.
L'excentricité de Rushdie, son humour, ses envolées, ses tours et ses détours font de la lecture Des Enfants de minuit un véritable régal, mais également une réflexion profonde sur la religion, sur les liens familiaux, sur l'appartenance à une terre. A la fois ludique et engagé, ce livre est un monde à lui seul, un monde fabuleux.

_________________
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Camille19
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Mar 18 Mai 2010 - 16:14

Merci pour ce magnifique commentaire shanidar. Ca fait longtemps que j'ai envie de découvrir cet auteur, car je n'ai jamais rien lu de lui, et les Enfants de minuit sont dans ma PAL depuis Noël, offert par une tante bien inspirée Grâce à ton commentaire, je crois que mon livre va faire un bond vers le haut de ma PAL !!
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eXPie
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Mar 18 Mai 2010 - 16:33

Et Rushdie a travaillé sur l'adaptation cinéma des Enfants de Minuit, qui sera réalisé par Deepa Mehta. Voir par exemple ici (article en anglais).
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Marko
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MessageSujet: Re: Salman Rushdie [Inde]   Mar 18 Mai 2010 - 18:05

eXPie a écrit:
Et Rushdie a travaillé sur l'adaptation cinéma des Enfants de Minuit, qui sera réalisé par Deepa Mehta.

Quelle bonne nouvelle!

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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