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 Tanizaki Junichirô

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bix229
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Jeu 25 Aoû 2011 - 22:19

Pareil, j' ai l' édition des Presses Orientalistes de France, traduite par René Sieffert.
Ils publiaient peu mais bien les POF.
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bix229
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Mer 9 Mai 2012 - 20:49

Si vous aimez la nostalgies des amours qui ne sont plus, et qu' on fait revivre en buvant du saké avec un ami de rencontre, et en contemplant la lune qui se lève sur la montagne et se reflète dans l' eau de la rivière... (Ouf !)

Aliors vous aimerez beucoup Ashikari. Une coupe dans les roseaux. Très beau !
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Avadoro
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Dim 4 Nov 2012 - 20:22

Quatre soeurs

Une oeuvre magnifique, d'une immense sensibilité dans son évocation du quotidien d'une famille japonaise dans les années 1930. Le poids des normes sociales pèse sur la relation entre les quatre soeurs, et le retard pris dans le mariage de la troisième devient très vite le point d'ancrage des tensions et des incertitudes. Tanizaki parvient à transcender une réflexion, des introspections, et s'attache à saisir les contradictions et les failles de chaque personnage avec une émotion très vive.
Il est souvent question d'un passé révolu alors que les soeurs Makioka contemplent, avec amertume, les signes d'un déclassement par rapport à la génération de leurs parents. C'est une évolution lancinante, qui fait aussi surgir avec beaucoup de force l'éclat d'une émancipation (à travers les choix de la plus jeune soeur). Si le tumulte de la seconde guerre mondiale approche, l'histoire ne reste qu'une toile de fond et l'écriture suit toujours sans relâche l'intime et ses bouleversements. Ce sont des souffrances et des joies, parfois entremêlées, qui forment le ciment d'une cellule familiale....et si les angoisses sont omniprésentes, Tanizaki souligne avec éclat l'intensité décisive des liens relationnels.

Cela a déjà été souligné mais je confirme que la quatrième page de couverture de l'édition Folio est à bannir (j'avais suivi le conseil !). Elle dévoile en effet tout le roman en quelques lignes, d'un ton pénible et monocorde.
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eXPie
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Dim 4 Nov 2012 - 21:29

Avadoro a écrit:
Quatre soeurs

Une oeuvre magnifique, d'une immense sensibilité dans son évocation du quotidien d'une famille japonaise dans les années 1930.
cheers
Oui, c'est un grand et beau roman ! aime
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Lun 5 Nov 2012 - 12:46

Ravie que ce livre t'ait plu Avodaro, ce fut pour moi aussi un grand bonheur de lecture.


Dernière édition par Armor-Argoat le Ven 2 Déc 2016 - 5:20, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Lun 18 Nov 2013 - 17:11


- Le Goût des orties (tade kuu mushi, 1928) Traduit du japonais par Sylvie Regnault-Gatier et Kazuo Anzaï en 1959. L'Imaginaire Gallimard. 277 pages.
La même traduction (à quelques tous petits détails près) est disponible dans La Pléiade.

Le livre commence par un proverbe japonais :
Citation :
"A chacun selon ses goûts,
Certains insectes aiment les orties".
Il ne s'agit pas en fait d'orties, mais de "renouées poivre d'eau" (Tanizaki, La Pléiade, Tome 1, page 1784), mais cela ne sonnait pas très bien. C'est le premier traducteur de l'oeuvre en anglais qui a trouvé une vague ressemblance avec l'ortie, et les autres traducteurs ont repris son idée.
Voici le débutdu roman :
Citation :
"Plusieurs fois, au cours de la matinée, Misako avait demandé à son mari : « Quelles sont vos intentions ? Irez-vous quand même ? » sans en obtenir une réponse tant soit peu précise ; comme elle ne parvenait pas non plus à se décider, midi passa tandis qu'ils traînaient." (page 21).
Dès le début, le lecteur perçoit bien le caractère de Kaname et de sa femme, Misako : ils ne parviennent pas à se décider, ils temporisent.
Vont-ils ou non rejoindre le père de Misako au théâtre de Bentenza pour assister à un spectacle de Bunraku (le théâtre de marionnettes) ?

A priori, ces vieilleries traditionnelles n'intéressent ni Kaname ni Misako.
Citation :
"- Alors il va falloir se mettre sur les nattes ? Quel ennui. Après, j'aurai certainement mal aux genoux.
- C'est inévitable dans les lieux que fréquentent les esthètes de la vieille garde. Ton père n'était pas comme cela autrefois. Il fut un temps où il aimait le cinéma. Mais avec l'âge, ses manies deviennent de plus en plus prononcées. J'ai lu quelque part que les vieux noceurs prennent goût aux antiquités, sur le tard. Manier les objets de la cérémonie du thé, les rouleaux de peinture ou de calligraphie, leur fournirait un exutoire pour la libido.
- Mon père n'a renoncé à rien. O-hisa l'accompagne toujours.
- C'est une manifestation de son goût pour les antiquités. Elle serait tout à fait à sa place dans un musée de poupées." (page 27)
Autant Kaname est une femme moderne, autant son père, veuf, donne à sa protégée O-hisa, une très jeune femme, une éducation japonaise classique.
Finalement, le couple décide d'aller au spectacle, et Misako aide son mari à s'habiller.
Citation :
"Qui penserait, à nous voir, se dit-il, que nous ne sommes pas un vrai couple ? Les deux domestiques même ne soupçonnaient rien." (page 28).
En effet, il ne se passe plus rien entre eux depuis bien longtemps ; Misako a un amant (qu'elle aurait été voir s'ils n'étaient pas allé au théâtre), ce qu'elle ne cache pas à son mari. Elle compte même divorcer pour vivre avec lui. Kaname n'y voit pas d'inconvénient. Ah, si, les divorces pouvaient être aussi faciles que chez les occidentaux...
Toutefois, leur petit garçon semble se douter que quelque chose se trame.

Les relations entre le mari et la femme, leurs discussions, leurs atermoiements, tout cela est très amusant. Ils s'entendent bien, même s'ils ne s'aiment pas.
On va donc assister à une pièce de bunraku.



La description du spectacle, la comparaison entre les marionnettes européennes et japonaises sont intéressantes. Kaname, contre toute attente, est pris par le spectacle.
Il s'interroge sur la supériorité du théâtre de marionnettes par rapport à une pièce de théâtre avec de vrais acteurs :
Citation :
"Quand Baiko ou Fukusuke jouent, quelle que soit l'excellence de leur jeu, on se dit toujours, « c'est Baiko » ou « c'est Fukusuke ». Ici, Koharu n'était rien d'autre que Koharu. Peut-être lui manquait-il l'expression du visage ? Mais on peut supposer que les geishas et les beautés d'autrefois devaient être des femmes très réservées qui n'extériorisaient pas leurs sentiments comme le font des acteurs sur scène. Koharu, vivant il y a deux siècles, avait probablement été une femme-poupée ?
De toute façon la Koharu dont rêvent les amateurs de théâtre classique n'est ni celle de Baiko ni celle de Fukusuke, c'est l'image de cette poupée ; ce serait plutôt un défaut si elle exprimait une personnalité plus marquée." (page 51).
On pourrait penser que certains animés japonais actuels ont aussi ce type de supériorité sur un film avec de vrais acteurs.
Mais que reproche Kaname à sa femme ?
Citation :
"Les héroïnes de Saikaku, de Chikamatsu sont de douces et touchantes créatures toujours prêtes à s'effondrer en pleurs aux pieds de leur mari ou de leur amant ; ce ne sont pas des femmes devant lesquelles un homme ploie le genou. Voilà pourquoi Kaname préférait au kabuki les films de Hollywood. Malgré sa vulgarité, le monde du cinéma américain, inlassable créateur de beautés nouvelles, voué à plaire au femmes, se rapprochait un peu de son rêve." (pages 67-68)
Et, plus loin :
Citation :
"Pour Kaname, la femme devait être déesse ou jouet. Le tort de la sienne, à ses yeux, était de ne rentrer ni dans l'une ni dans l'autre catégorie. S'il n'avait pas épousé Misako, il aurait pu en faire un jouet ; l'ayant épousée, il ne s'y intéressait plus.
« Je t'aurai du moins respectée à tel point que n'ayant pu t'aimer, je ne t'ai jamais traitée comme un jouet », lui dit-il le même soir." (pages 145-146).

Un très bon livre, très vivant, souvent drôle, très tanizakien (les rapports occident/japon, mais aussi le thème de la domination, les rapports tordus dans le couple...). C'est la première oeuvre de Tanizaki dont il n'ait pas « honte » (nous dit la notice de la version Pléiade). Avec le recul que l'on peut avoir sur l'oeuvre de Tanizaki (et surtout du fait du fameux Eloge de l'Ombre), peut-être met-on trop en avant, dans le Goût des orties, les rapports entre la modernité occidentale et les valeurs traditionnelles japonaises (qui seraient préférées). C'est ce qu'explique Jacqueline Pigeot, dans sa très intéressante note, exemples à l'appui.
"Tel serait, selon nous, le thème du Goût des orties : la vie est un « jeu de rôles », rôles imposés, parfois acceptés, parfois refusés. Il faut un apprentissage pour découvrir la réalité des êtres. Si le théâtre de poupées occupe dans Le Goût des orties une place centrale, c'est parce que le bunraku pouvait exercer à cet égard une fonction initiatrice, qu'aucun autre « art traditionnel » n'était capable d'assumer, ni l'arrangement des fleurs, ni la « cérémonie de thé », ni même le nô ou le kabuki. Les poupées y figurent comme image d'une certaine condition humaine.
Le mot paraîtra bien lourd s'agissant de Tanizaki, qui n'a rien d'un moraliste, surtout dans ce roman si vif et humoristique. Mais il est indéniable que le thème de l'incommunicabilité des êtres, de la difficulté à percer leur secret, est omniprésent dans son oeuvre.
" (Tanizaki, La Pléiade, tome I, Notes de Jacqueline Pigeot, pages 1783-1784).
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Lun 18 Nov 2013 - 17:56

Ah je suis contente de lire qu'il t'a plu. Ce petit livre m'a fait passer un excellent moment ; j'ai beaucoup apprécié, entre autres, ses dialogues savoureux.
D'après ce que j'ai pu lire, Le goût des orties comporte de nombreux aspects autobiographiques. Tanizaki, lui aussi, fut un dandy totalement happé par la civilisation occidentale, avant de se passionner pour les traditions ancestrales de son pays. Et les rapports du couple sont apparemment proches de ceux que l'auteur eût lui-même avec son épouse. (et l'amant de celle-ci).
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colimasson
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Dim 21 Déc 2014 - 16:49

La Confession impudique (1956)




C’est dans une compétition effrénée de confessions impudiques que l’on finit par trouver que plus aucune ne l’est. Certes, la Confession impudique a été publiée il y a plus d’un demi-siècle, mais ce n’est peut-être pas son âge qui rend cette œuvre obsolète mais la nuance qui différencie la pudeur japonaise de la pudeur occidentale.


Ici, le moteur du plaisir charnel est défini en creux, par le manque et l’impossibilité d’assouvir ce qu’on imagine être le comble du plaisir. L’éducation ne semble pas donner la possibilité aux individus de se révéler dans le plaisir charnel. L’ignorance est à son comble et si Tanizaki fait s’interroger naïvement son personnage féminin  (« Je ne connais pas d’autres hommes que mon mari, mais je me demande si tous les hommes sont aussi importuns ? Est-ce la coutume chez eux de se montrer aussi ennuyeusement collants pour se livrer à toutes sortes de jeux inutiles ? »), on finit par penser fermement que Tanizaki lui-même semble dépassé par les questions qui l’assaillent à propos du désir féminin. Les jeux auxquels se livrent les personnages s’avèrent rapidement fatigants et décevants dans leur quête d’une jouissance convenable qui permettrait de respecter la pudeur inculquée tout en s’octroyant un peu de joie personnelle.


« Mon mari parut arriver, comme d’habitude, au comble du plaisir, mais moi, comme d’habitude aussi, je restai insatisfaite. […] Mon mari reste confus de l’insuffisance de ses forces et s’en excuse chaque fois. Il me reproche d’être trop froide à son égard. Il veut dire que je suis, selon ses propres paroles, d’une endurance incomparable et d’une vigueur maladive dans ce domaine, mais ma manière d’opérer est trop routinière, trop traditionnelle, trop formaliste, dépourvue de variété. Pour les choses courantes de la vie je suis passive, pleine de retenue ; là seulement je suis exigeante, mais pourtant depuis vingt ans je ne sors pas de la même méthode et dans la même attitude. »


Ni distrayante ni excitante, la Confession impudique présente des personnages qui semblent au comble de la névrose, malades de leurs désirs inassouvis et incapables de les surmonter. Monomaniaques, cette Confession les décrit comme des êtres qui ne vivent plus que pour leurs jeux destructeurs. On peut les appréhender comme un exemple des ambivalences provoquées par une éducation sexuelle trop rigoureuse (voire une absence d’éducation sexuelle) ou –ce serait alors un corolaire réinvesti de sens- comme un exemple de dimensions du plaisir qui ne sont pas accessibles à ceux qui ont la permission d’assouvir tous leurs désirs dans des délais trop raisonnables.




Point de vue féminin :
Citation :
"C'est ainsi; cependant, une femme ne doit jamais montrer de passion ; à l'égard de son mari, elle ne doit pas prendre d'initiative ; voilà ce que m'ont enseigné mes parents attachés à l'esprit de jadis. Je ne dirai pas que je suis incapable de passion, mais, dans mon cas, cette passion est d'un caractère intérieur, profondément caché; elle ne s'irradie pas à l'extérieur. Si on la force à s’extérioriser, à l'instant elle s'éteint."


Point de vue masculin:
Citation :
« En regardant s’éloigner la silhouette de ma femme, mes yeux étaient fascinés par la beauté de la courbe aperçue entre le bas de la jupe et les chevilles et je pensais à la nuit qui allait venir. »


*Photo : François Kollar et sa femme Fernande, 1930

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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Dim 21 Déc 2014 - 19:48

J'ai un ressenti à l'opposé du tien, concernant ce roman. Je l'ai trouvé particulièrement trouble et malsain.

Je ne te rejoins absolument pas sur ceci :
Citation :
les personnages s’avèrent rapidement fatigants et décevants dans leur quête d’une jouissance convenable qui permettrait de respecter la pudeur inculquée
Sur le fil LC Japon, tu écrivais également ceci :
Citation :
La pudeur est un titre qui sied bien à cette histoire... l'érotisme suprême, c'est le dévoilement de la pudeur. Chez nous, ce seraient à peine des jeux d'enfants...

Si le jeu entre les parents restait sur le plan de journaux intimes destinés à être lus tout gardant l'apparence du secret, je te suivrais.
Mais je suis étonnée que tu compares leur relation à des "jeux d'enfants". Car ces jeux les entraînent de plus en plus loin… Tout de même... Chaque soir, à la faveur d'un évanouissement fort opportun au moment du bain, Madame se retrouve nue dans les bras du fiancé de sa fille, fiancé qu'elle convoite d'ailleurs allègrement. Et la fille elle-même, dépossédée de son fiancé, se retrouve peu à peu impliquée dans le jeu sexuel de ses parents.

Je n'en dirai pas plus pour ne pas nuire à la lecture des parfumés qui seraient intéressés par ce livre (et parce que j'ai aussi un peu oublié), mais, selon moi, on  quitte alors ce qui ne pourrait que le jeu sensuel et libertin d'un couple en mal de renouveau, pour entrer dans des zones d'ombres beaucoup plus glauques.
Je te rejoins certes sur le rôle culpabilisant joué par une éducation où le plaisir et le désir ne peuvent se dire. Mais je ne pense pas du tout que l'auteur ait voulu rendre ce livre excitant, ou même simplement distrayant.
Pour moi, tout est dans le profond malaise qui s'instaure peu à peu, quand le jeu sensuel glisse peu à peu vers la perversion des âmes. Quand le libertinage se transforme en une obsession qui se nourrit d'elle-même et ronge peu à peu tout ce qui était autour, toutes les conventions, toutes les pudeurs, jusqu'aux relations familiales. Ainsi la mère, probablement insatisfaite du rôle que la société lui impose, se sert de sa sexualité pour régler ses comptes, avec son mari comme avec sa progéniture…

Ce n'est certainement pas le livre de Tanizaki que je préfère, je l'ai toujours dit, je l'aime bien plus dans des oeuvres comme Quatre soeurs ou Le goût des orties, où il délaisse ce côté malsain.
Mais ce livre m'a marquée, et m'a laissé un durable sentiment de malaise. Tanizaki reste dans la suggestion, dans le non-dit. Il n'a pas besoin de cette surenchères de descriptions crues que l'on peut rencontrer aujourd'hui. Je n'ai pourtant pas trouvé que son ouvrage s'en trouvait amoindri.
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Jeu 25 Déc 2014 - 21:18

Alors c'est peut-être l'écriture qui est naïve ? jemetate
J'avais déjà dû te l'écrire aussi mais le résumé que tu fais de leur histoire est beaucoup plus frappant et déstabilisant que l'histoire telle que racontée par Tanizaki. Alors, est-ce aussi, peut-être, un travers de la traduction ?

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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Ven 4 Sep 2015 - 21:06

Svastika:

C'est fluide, voire sobre comme écriture, ça se lit très bien.
Une histoire passionnelle, qui n'en finit plus de se complexifier, pour tourner à l'embrouillamini général. On ne sait plus vraiment qui manipule qui.

eXPie a écrit:

En conclusion : un très bon roman, tout de même un petit cran en dessous d'un Amour insensé, du fait de sa structure un peu forcée. Pour être très provocateur, voire sacrilège, je ferai une comparaison avec Bound, le film des Frères Wachowski : rebondissements un peu trop fréquents, mécanique trop bien huilée, volonté délibérée de choquer... bref un poil trop de roublardise, l'auteur jongle avec ses balles multicolores et semble nous dire : "regardez comme je suis fort". Mais c'est vrai qu'il l'est !

C'est mon premier de l'auteur, donc je n'ai pas de point de comparaison, mais je te rejoins assez sur ta conclusion. Un très bon roman, mais je trouve qu'il a trop usé de rebondissements, c'en devient lassant à la longue, et la dernière partie a été un peu pénible de ce point de vue.
Je reste quand même impressionné qu'il ait publié ça au Japon en 1928! C'est drôlement pervers, et ça va loin dans la manipulation.

Les divergences d'opinions entre Armor et Coli à propos de La confession impudique m'intriguent, d'autant plus que j'ai le roman... innocent

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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Ven 4 Sep 2015 - 22:19

Ben alors dépêche-toi, tu sais ce qui te reste à faire !

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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Ven 4 Sep 2015 - 22:27

colimasson a écrit:
Ben alors dépêche-toi, tu sais ce qui te reste à faire !

Tout à fait ! Dépêchons !
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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Sam 5 Sep 2015 - 11:16

Comme disait Boileau, je vais me hâter lentement! zen

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MessageSujet: Re: Tanizaki Junichirô    Mer 9 Sep 2015 - 20:14

La clef, ou La confession impudique:

Alors, alors...

Une agréable lecture pour ma part. Enfin, agréable dans le sens où je l'ai lue rapidement sans temps morts, en appréciant la plume et l'atmosphère. Je trouve l'idée de cette conversation via journaux intimes interposés très intéressante, et bien menée. Comme dans Svastika, on se demande qui manipule qui (ce Tanizaki ne serait pas un peu tordu dans son genre? rire ), et le sexe est omniprésent. Sauf qu'ici, il le mentionne moins directement, on est davantage dans la suggestion et l'érotisme.

Je peux comprendre que les pudibonderies peuvent passer pour des "jeux d'enfants" ou pour des comportements très datés, pourtant je ne l'ai pas ressenti ainsi. Je crois qu'il faut être un peu sensibilisé au Japon et à ses moeurs différentes des nôtres, pour appréhender cette différence culturelle. Quoiqu'il en soit, il y a quand même matière entre le fétichisme délirant du mari, la femme de plus en plus vicieuse au fil du récit, et la fille au milieu (qui pour moi, est de loin la plus malsaine).

Ce roman m'a fait penser à Roth, avec le thème du déclin physique et sexuel, cette obsession du désir charnel lancinante des personnages, et un style très agréable (mais en beaucoup plus pervers que Roth).

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