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 Agata Tuszynska [Pologne]

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traversay
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MessageSujet: Agata Tuszynska [Pologne]   Mar 25 Jan 2011 - 13:49



Agata Tuszyńska, née le 25 mai 1957 à Varsovie, est une femme de lettres polonaise.

Biographie
Elle est la fille d'un journaliste sportif pour la radio et d'une Juive qui a réchappé au ghetto de Varsovie. Elle raconte l'histoire de sa famille maternelle dans son livre Histoire familiale de la peur.
Elle est diplômée de l'Académie de théâtre Alexandre Zelwerowicz. Elle a écrit plusieurs biographies d'artistes polonaises et un livre sur la ville de Łęczyca.
Elle enseigne le journalisme littéraire à l'Université Jagellonne de Cracovie.

Source : Wikipédia


Après ses études à l'Ecole supérieure d'art dramatique de Varsovie, sa ville natale, Agata Tuszynska se lance dans le journalisme. Elle obtient plusieurs prix dont celui du PEN Club polonais. En 1994, elle publie une biographie consacrée au prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer. Son oeuvre est "une exploration de l'histoire juive polonaise, complexe et douloureuse". Son dernier ouvrage, un document-fiction consacré à Wiera Gran, très controversé, a provoqué une véritable polémique.

Bibliographie française :

Les disciples de Schulz, 2001
Singer, paysages de la mémoire, 2002
Une histoire familiale de la peur, 2006
Exercices de la perte, 2009
Wiera Gran, l'accusée, 2011


Dernière édition par animal le Ven 16 Oct 2015 - 18:30, édité 1 fois (Raison : compilation de présentations)
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traversay
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MessageSujet: Re: Agata Tuszynska [Pologne]   Mar 25 Jan 2011 - 14:05

Chanteuse célébrée, comparée à Marlene Dietrich, Wiera Gran, star du ghetto fut, après la guerre, soupçonnée d'avoir collaboré. Le livre que lui consacre Agata Tuszynska, a provoqué des réactions violentes en Pologne. Il vient de paraître chez Grasset. Extraits d'une interview de la romancière réalisée par Didier Jacob et parue sur le site du Nouvel Obs.

Comment avez vous découvert l'existence de Wiera Gran?
C'était à Paris, dans les années 90. J'avais entendu parler dans un salon polonais d'une certaine chanteuse qui avait collaboré avec les Allemands. Le premier mot, à son sujet, c'était «collabo» plutôt que «chanteuse», ou les deux inséparablement liés. Je me suis dit que c'était peut-être un sujet pour moi. Mais j'étais en train d'écrire un autre livre, je voyageais en Israël, à New York, je n'avais pas le temps. Plus de dix ans après, me trouvant à nouveau à Paris, je me suis dit que c'était peut-être le moment de tenter de l'approcher. Je l'ai appelée. Elle a pris l'écouteur et elle n'a rien dit. J'entendais juste son souffle. Je me suis présentée. Et j'ai compris alors qu'elle voulait me parler à tout prix, parce qu'elle était très solitaire et que personne n'avait encore écouté son histoire. Mais, en même temps, elle ne voulait pas me recevoir chez elle. Elle avait peur que des gens viennent, lui prennent tout. Elle disait «eux». Elle était terrorisée par «eux». On a parlé longtemps au téléphone, quand j'étais à Paris mais aussi à Toronto ou à Varsovie. Elle s'exprimait dans un parfait polonais, elle parlait bien le russe et le français. Mais ça n'avançait pas. Donc je lui ai proposé de la rencontrer devant chez elle, sur le paillasson. Elle a ri, et elle a accepté. On a passé plusieurs semaines à parler ainsi, devant sa porte. Un jour elle m'a laissée rentrer chez elle. Il faisait très noir à l'intérieur. Un amoncellement de papiers partout. On était dans une cachette du ghetto de Varsovie.

Vous pensez qu'elle vous a caché des choses?
Elle m'a dit, je crois, tout ce qu'elle voulait transmettre. C'était sa vérité, bien sûr. Elle a lutté, depuis 45, contre les rumeurs et les accusations. Plus de soixante ans! Toute une vie de combat désespéré. Elle était très malheureuse. Elle était détruite par la vie. Les gens. Les hommes. Les juifs.

Ce qui ressort du livre, c'est qu'il est impossible de savoir la vérité. Est-ce que ce n'était pas très frustrant pour vous, de ne pas avoir finalement de certitude sur ce qu'ont fait les uns et les autres?
Pendant quatre ans, j'ai cherché la vérité. Mais je suis parvenue à la conclusion qu'elle était impossible à connaître. On ne peut pas savoir ce qui s'est passé dans le ghetto entre elle et Szpilman. On ne peut pas savoir quel a été son degré de collaboration. On ne peut pas savoir si, pour survivre, elle en a fait plus que les autres, comme de coucher avec les Allemands, de trahir les juifs. Je ne pense pas qu'elle l'ait fait, mais je n'en ai pas la preuve. Et surtout, je pense que ce n'est pas à nous, soixante-dix ans après, de juger ces gens-là. Ils ont fait tout ce qu'ils ont pu pour vivre. Qu'aurions-nous fait, nous, à leur place?

Quel a été l'écho du livre en Pologne?
Il est sorti le 5 octobre. C'est un énorme succès. Beaucoup de presse. Certains adorent le livre. Les juifs pensent que ce n'est pas très bien pour eux. La famille de Szpilman est très hostile.

Oui, parce que, dans le livre, vous laissez entendre que Szpilman a empêché Wiera de continuer sa carrière de chanteuse après la guerre. Et Wiera elle-même l'accuse d'avoir été, dans le ghetto, un bourreau, et non pas le héros filmé par Polanski.
Szpilman était très présent dans les souvenirs, dans la mémoire de Wiera. Même dans son appartement. Elle avait écrit ces mots sur le mur. Est-ce qu'il fallait que j'efface ça de mon livre, comme Szpilman a effacé Wiera de ses mémoires?

Ce qu'on pourrait vous reprocher, à la limite, c'est de laisser entendre, sans apporter de preuve, que Szpilman n'a pas été celui qu'on croyait. Et de diffuser au fond une rumeur à son sujet semblable à celles dont Wiera a été la victime.
J'ai appelé le fils de Szpilman qui m'attaque aujourd'hui. Je l'ai appelé il y a trois ans, avant d'écrire le livre. Il m'a dit qu'il allait ruiner ma carrière si je poursuivais mon entreprise. C'était impossible de parler avec lui. Ca aurait été pourtant plus facile.

Et Polanski, vous avez eu des contacts avec lui?
Je lui ai envoyé une lettre. Il m'a répondu qu'il n'avait rien à dire sur ce sujet. Je pense que je sais pourquoi. Parce qu'il a basé son film sur le livre de Szpilman, et dans le livre de Szpilman, Wiera n'existe pas. J'aime beaucoup son film. Mais quand je l'ai regardé avec Wiera, j'ai eu mal au cœur. La scène au café, avec le pianiste. Elle avait disparu. Ils ont passé un an et demi ensemble, dans le ghetto. Elle cherchait son image, elle ne se voyait pas.



Je ne sais pas trop quoi penser de tout cela. Ce qui est sûr, c'est que je vais lire le livre.
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Avadoro
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MessageSujet: Re: Agata Tuszynska [Pologne]   Mar 25 Jan 2011 - 21:34

Un livre qui me tente aussi beaucoup...l'intention de Tuszynska ayant été, du moins de son point de vue, de laisser libre cours à la parole de Wiera Gran, jusque dans ses (possibles) incohérences et délires de persécution. Dans ses conditions, le contenu est forcément provocant et délicat à appréhender. Je vais essayer de découvrir cela en février.
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traversay
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MessageSujet: Re: Agata Tuszynska [Pologne]   Sam 12 Fév 2011 - 16:36



Wiera Gran, l'accusée

Café Sztuka, 1941, à l'entrée du ghetto de Varsovie. C'est là que chante chaque soir Wiera Gran, accompagnée d'un certain Wladyslaw Szpilman, personnage magnifié par le film de Polanski, Le pianiste. Wiera Gran, étoile juive, devra se justifier devant un tribunal de son comportement et de ses relations avec la police juive du ghetto et les nazis, dès la fin de la guerre. Elle sera finalement acquittée, mais pas lavée de tous soupçons, à jamais marquée par cette période noire. Le livre que lui consacre Agata Tuszynska n'est pas une biographie au sens strict, il est basé sur les entretiens qu'elle a obtenu de la chanteuse déchue, au soir de sa vie, dans son petit appartement parisien, à demi-folle et atteinte du délire de la persécution. L'auteure a rencontré de nombreux témoins de l'époque, lu tous les documents existants. Oui, ou non, Wiera Gran a t-elle collaboré avec les gestapistes ou a t-elle été victime d'une véritable cabale ? Agata Tuszynka sans trancher clairement semble pencher pour la thèse de son héroïne. Que de zones d'ombre, pourtant, que de contradictions dans les dires des uns et des autres ! Ce livre met mal à l'aise, pas pour ce qu'il raconte, mais pour ce qu'il laisse entendre. Szpilman, devenu une véritable icône en Pologne, ne parle pas de Wiera Gran dans ses mémoires ; elle est également absente du film de Polanski. Etrange. De là à l'accuser, comme le fait la chanteuse, d'avoir lui, été un temps membre de la police juive du ghetto ... Ce qui est gênant, c'est que Tuszynska, sans l'ombre d'une preuve, laisse planer le doute. Et n'est pas loin de donner raison à Wiera Gran. Ces allusions et interprétations sont un scandale pour le fils de Szpilman, qui a menacé l'éditeur polonais du livre pour "calomnies et mensonges." Tout dans ce "document fiction" est sujet à caution. Agata Tuszynska pose de nombreuses questions, sans jamais répondre à aucune. Elle ne détient pratiquement aucune certitude historique mais ne peut s'empêcher, dans un exercice souvent narcissique, où elle s'arroge en juge, d'échafauder des hypothèses. D'une manière qu'on a le droit de juger plus ou moins honnête. 70 ans après les faits, les principaux acteurs, Gran et Szpilman notamment, sont morts. Et bien des mystères demeurent. La vie de Wiera Gran après la guerre, son statut de juive errante, de chanteuse itinérante qui se produisit à Paris, Caracas, Tel Aviv ..., toujours poursuivie par les soupçons et la "calomnie" n'occupent qu'une partie infime du livre. Visiblement, Agata Tuszynska a cherché avant tout la polémique, à défaut de la vérité, puisque celle-ci reste introuvable. Son livre sent le soufre et ce n'est pas la plus agréable des odeurs.
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Anna
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MessageSujet: Re: Agata Tuszynska [Pologne]   Mer 6 Avr 2011 - 16:40

J'ai eu des avis négatifs sur "Wiera Gran, l'accusée". J'ai lu un autre de ses livres, "Une histoire familiale de la peur" qui vient de paraître en poche. Comme ses autres livres, ce n'est pas un roman. Ici, il s'agit de l'histoire de sa famille.


A 19 ans, Agata Tuszynska découvre la vérité sur le passé de sa mère. Elle est juive, a survécu à la Shoah et a tout fait pour que sa fille unique ne vive jamais ce qu'elle a vécu. Elle s'est mariée avec un Polonais, a eu une petite fille blonde comme les blés. Rien ne devait faire renaître le passé mais ce dernier n'est jamais enfoui très profondément.

Dans ce récit, Agata Tuszynska commence par raconter l'histoire du couple de ses parents puis celle de sa famille paternelle. Mais la plus grande partie du livre est consacrée à sa famille maternelle, une famille juive ancrée en Pologne depuis quelques générations.

L'histoire de la famille maternelle de l'auteur reflète bien le cheminement des Juifs polonais. Ce récit fait partie d'un vaste ensemble d'évènements, de publications qui mettent la Pologne d'aujourd'hui face à un passé que la Pologne d'après-guerre a voulu gommer : les traces de la présence juive.

Avant la guerre, la communauté juive représentait un monde diversifié : il y avait des religieux et des moins religieux, des assimilés qui se considéraient avant tout comme Polonais, des riches, des pauvres.... Dans la famille de l'auteur, la diversité est également de mise. Seule la guerre va les mettre tous dans le même panier.

Pendant la guerre, le grand-père d'Agata est prisonnier de guerre. Officier, il a participé aux combats en 1939 et a été fait prisonnier. Il est le seul de la famille à pas vivre les privations et les humiliations imposées aux Juifs. A Varsovie, la famille s'installe dans le ghetto. Dela et Halina, la mère et la grand-mère de l'auteur, s'en échappent et vivent cachées chez des Polonais jusqu'en 1944, année de la disparition de Dela.

Après la guerre, plusieurs membres de la famille s'inscrivent auprès des organisations juives mais ne disent jamais au grand jour qu'ils le sont. Halina est désormais élevée par son père qui s'est remarié. Elle fait des études de journaliste et rencontre son futur mari. Halina veut oublier ses racines, refuse que sa fille connaisse les mêmes peurs qu'elle. Et lorsqu'Agata se lance dans sa quête du passé familial, se déplace sur les lieux de vie de la famille disparue, elle se rend vite compte que l'antisémitisme n'est pas mort. Il y avait d'ailleurs eu une poussée d'antisémitisme en 1968 poussant quelques uns des derniers Juifs du pays à prendre le chemin de l'exil.
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topocl
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MessageSujet: Re: Agata Tuszynska [Pologne]   Mer 27 Avr 2011 - 15:01

Wiera Gran l’Accusée

Je suis d’accord, Traversay, certainement un livre très ambigu…

Le sujet en soit est passionnant. Sous un régime d’exception comme le régime nazi, et en particulier dans le contexte spécifique des ghettos juifs, jusqu’où avait –on le droit d’aller pour sauver sa peau ou celle des siens ? En quoi qui que ce soit est il en droit d’avoir un jugement là-dessus, que ce soit dans l’immédiat après-guerre entre les protagonistes , ou plus tard alors même que son procès avait disculpé Wiera Gran ? Quels sont les mécanismes qui font qu’elle a été harcelée toute sa vie par cette culpabilité prétendue, alors même que la justice l’avait disculpée ? Qu’est ce qui est bien, ou juste, de l’oubli, du pardon ou de l’absence de pardon, de la vengeance même ?

Ces questions sans réponses sont l’une des trames du livre d’Agata Tuszynska. Elle adopte résolument l’idée qu’en l’absence de preuve on ne peut retenir la culpabilité de Wiera Gran, elle est farouchement de son côté de bout en bout, et nous présente les choses de façon à ce qu’on soit censé adhérer à cette thèse. Ce qui gêne un peu c’est qu’on ne sent pas du tout le personnage : il y a une histoire qui s’écrit, mais il est difficile de dire vraiment quel était son caractère, quelles sympathies ou antipathies elle pouvait générer, elle n’a pas d’épaisseur , on s’en tient aux faits. C’est d’autant plus difficilement compréhensible que l’auteur s’est entretenu pendant d’es années avec son « héroïne ». Et par ailleurs on sent bien tout au fil du livre que des choses ne sont pas dites par celle-ci (oubliées, distordues par la mémoire ou volontairement cachées ?) Quand Agata Tuszynska la connaît elle est atteinte d’un syndrome de persécution avancé (croit qu’elle est sur écoute, filmée, empoisonnée) qui altère sa lucidité, ce qui achève de détruire sa crédibilité. Ceci est d’ailleurs particulièrement bien rendu par le style de certains chapitres où A Tuszynska rapporte les propos de Wiera Gran, le style est alors très haché, incohérent, précipité, ce qui ne facilite pas toujours la lecture.

Enfin il faut reconnaître que le récit n‘est pas particulièrement bien construit, des faits et propos sont posés côte à côte sans toujours de cohérence ou d’analyse, le texte a souvent un côté pas très fini.

J’aborde enfin le côté un peu scandale avec lequel il arrive en France, puisque le fils du fameux pianiste Szpilman (rendu célèbre par le film de Polanski) s’est déchaîné contre ce livre . En fait tout ce qui est dit sur Szpilman est en effet négatif, mais il me semble que la plupart des affirmations sont suivies de points d’interrogation. Je comprend cependant que cela ait gêné le fils de ce véritable héros international dont on détruit l’image (il a d’ailleurs l’air assez chatouilleux, ou ce sujet est particulièrement brûlant, car ce n’est pas la première fois qu’il se rebelle à propos d’écrits sur son père) Ce qui me gêne est que j’ai l’impression que l’auteure se conduit un peu vis à vis de Szpilman de la même façon que tous ces gens à qui elle reproche d’avoir harcelé Wiera Gran pendat des années sans preuve ; pour le moins gênant.

Pour conclure, Wiera Gran emmène son mystère avec elle à sa mort en 2007. c’est assez intéressant du point de vue de la réflexion historique d’écrire sur quelqu’un dont on sait pertinemment qu’on ne saura jamais tout sur elle. D’accepter les limites de la recherche historique. Mais peut-être fallait il être plus claire sur le sujet. Plus cultiver le doute et accepter de rester dans ce doute. Il y a quelques diversions inutiles, mais pas mal d’informations intéressantes, et matière à réflexion. A lire donc , à condition de ne pas laisser son esprit critique au vestiaire…
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MessageSujet: Re: Agata Tuszynska [Pologne]   Dim 11 Oct 2015 - 6:34


La fiancée de Bruno Schulz
Citation :
Présentation de l'éditeur
« Józefina Szelińska, dite Juna, fut entre 1933 et 1937 la fiancée de Bruno Schulz, peintre et écrivain de génie, âme tourmentée, assassiné en 1942 dans sa ville natale de Drohobycz, en Pologne.
Elle fut sa compagne et sa muse. Mais Bruno Schulz était incapable d’aimer, sinon de vivre. Accaparé par sa seule véritable passion – son œuvre –, il devait inexorablement s’éloigner de Juna, et du monde.
Elle ne l’oublia jamais, et continua de vivre avec son fantôme jusqu’à sa propre disparition, en 1991. De cette histoire, elle ne dit rien, à personne, pendant près d’un demi-siècle. Après-guerre, à la rubrique “état-civil” des formulaires, elle écrivait : “seule”. Voilà pour les faits. Tout le reste n’est que le jeu de l’histoire, de la mémoire et de l’imagination. » – A. T.

Ceux qui connaissent un peu mes prédilections de lecture, savent que je suis toujours partante quand il s’agit d’une biographie romancée.
Ce livre ne pouvait donc pas m’échapper.
Il y a maintenant déjà plusieurs jours que j’ai terminé cette lecture et je ne sais toujours pas ce que je pourrais en dire.

Je déteste dire que je n’ai pas aimé, surtout que ce n’est pas tout à fait le cas, il y a beaucoup de bonnes choses dans ce roman. Mais je ne peux pas nier que je me suis ennuyée par moment… et cela ne peut donc pas aboutir dans un commentaire enthousiaste.

La raison principale pour mon avis mitigé résulte certainement du fait que je ne peux pas suivre le raisonnement de cette Juna. Elle « abandonne » en quelque sorte sa propre vie à cause de son amour/adoration pour Bruno Schulz. Après qu’ils se sont séparés et même après sa mort, elle ne réussit pas tout à fait de mener SA vie… et ça, je n’arrive pas à comprendre.

Ainsi ma réticence n’a rien à voir avec l’écriture ou le travail fait par l’auteur, au contraire. De ce côté je dirais qu’on peut beaucoup apprécier son roman. En tout cas j’ai beaucoup appris concernant la vie de Bruno Schulz, elle m’a donné envie de le découvrir enfin (après des années que son livre se trouvait déjà sur ma PAL) et ce sont aussi ces parties qui étaient pour moi les plus vives à lire.


C’est une photographie qu’il a prise. C’est moi, « Juna ». De longs cheveux noirs comme du charbon, tirés en arrières. Une robe de soie noire à bretelles. Un fin collier de perles. Et sur la bretelle droite, une grande rose sensuelle, entrouverte. Mais avant tout un large décolleté et les épaules nues. C’est lui m’a installée, qui m’a fait poser ainsi. Il m’a demandé de découvrir mes jambes. Un instant, pour la photo. Il m’a fait étirer les bras dans un geste ample. Je m’ouvre… Je montre plus que mes bas, je vais plus loin que d’habitude, plus loin que ce que ma mère m’a appris, plus loin qu’il ne sied.
(Je ne savais pas encore que je paierais un jour cette frivolité.)
Le canapé évoque un trône, et moi une souveraine. Je regarde comme je n’avais jamais regardé personne auparavant. Séduisante, attirante. Mais également sûre de moi, voire un peu sévère. Somme si j’allais réprimander des sujets…
Je ne sais pas si c’est à cause de lui que j’ai cette allure. Mais c’est lui qui a mis en scène cette prise de vue. C’est ainsi qu’il m’a créée. Etait-ce donc à lui que je voulais plaire alors ? Les yeux sous les paupières légèrement closes semblent sûrs de la réponse.
Il n’a reproduit cette image dans aucun de ses dessins. Il n’a jamais fait d’esquisse de mon abandon. Ni de mon désir.




J’aime beaucoup cette photo de Bruno. Assis sur les escaliers devant chez lui. Ici il est comme je le connaissais. Plein d’infimes contradictions sensibles. Calme mais intriguant, un stylo à la main. Il a un stylo à la main. Il a un sourire délicat, un peu mystérieux, un regard annonciateur d’un nouveau récit ? Il pose légèrement un cahier ouvert sur ses genoux. Il écrit, dessine ? Il porte élégamment son costume gris du dimanche et une cravate. Tout en étant décontracté, comme à la maison, Il ne porte pas de chaussures mais des pantoufles, les fameuses « savates » que toute la famille Schulz portait en trainant les pieds et qui avaient le don de m’énerver et parfois me faisaient horreur. Il s’agissait peut-être d’une photographie pour un article sur la star de la littérature polonaise de Drohobycz dont on comptait couper la partie inférieure ?

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MessageSujet: Re: Agata Tuszynska [Pologne]   Dim 11 Oct 2015 - 8:48

Alors tu n'as pas aimé car tu n'as pas pu t'identifier au personnage ? Moi c'est sur l'écriture que j'ai quelques craintes, le côté trop journalistique....

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MessageSujet: Re: Agata Tuszynska [Pologne]   Dim 11 Oct 2015 - 9:07

Arabella a écrit:
Alors tu n'as pas aimé car tu n'as pas pu t'identifier au personnage ?
disons que je n’ai pas toujours besoin de m’identifier à un des personnages d’un livre… mais ici il y a vraiment ce dévouement totale qui m’a retenu de m’enthousiasmer à fond…

Arabella a écrit:
Moi c'est sur l'écriture que j'ai quelques craintes, le côté trop journalistique....
point de vue l’écriture, je trouvais plein de bons aspects, à part qu’elle aurait peut-être mieux fait de réduire son récit de plusieurs pages… le thème de cet amour/ce dévouement/la façon de se consacrer de la renommée de Bruno Schulz devient redondant… et du coup un peu ennuyeuse…

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