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 Stanislas Rodanski

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bix229
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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Mer 5 Fév 2014 - 19:52

Marcellin Hogier nous a laissé un beau cadeau en héritage.

Rodanski reste encore  trop ignoré et édité...
Pourtant, Gallimard édite Je suis parfois cet homme 






Le tribut de la nuit


je n' ai plus d' ombre
je l' ai vendue à la nuit qui prend toute chose
En échange de son secret
Obscurité
Absence de lumière
Néant
Il n' y a plus de corps plus de contours
plus de choses, plus de froid plus de chaleur
Mais les choses de l' esprit sont partout
Elles sont en moi et je les touche
Je suis la nuit je suis les choses
Chacune devenue infinie
Toutes occupant l' espace

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animal
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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Jeu 6 Fév 2014 - 7:32

C'est un recueil de poésie ?

et dire que ça va faire bientôt deux ans que j'avais noté des suggestions (nouvelles !) de Marcelin Hogier... soupir.

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bix229
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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Jeu 6 Fév 2014 - 20:06

animal a écrit:
C'est un recueil de poésie ?

et dire que ça va faire bientôt deux ans que j'avais noté des suggestions (nouvelles !) de Marcelin Hogier... soupir.
Oui, Animal, c' est recueil de poèmes... Mets tes lunettes...!

J' espère que quelqu' un -pourquoi pas toi ?- va en parler bientot !

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animal
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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Jeu 6 Fév 2014 - 20:29

un jour c'est possible bientôt... il faut d'abord que j'arrête de me faire mâchouiller par les calendriers !

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animal
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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Jeu 4 Juin 2015 - 22:28



requiem for me

reprenons la présentation de l'éditeur :

Citation :
«Que l'œuvre de Stanislas Rodanski n'émerge que petit à petit du brouillard, voilà qui n'a rien d'étonnant. Il était, il est dans sa nature de s'accomplir dans cette lente et progressive révélation. Comme si le monde ne pouvait se faire que petit à petit à l'idée que puisse éclairer nos existences un homme aussi en marge de la sienne qu'a pu l'être Rodanski. La publication de Réquiem for me vient combler l'attente de ceux qui l'ont vu annécée, dans la revue Poésie 2000, par Jacques-Elisée Veuillet, dernier détenteur du manuscrit, ami de jeunesse de Rodanski avant de devenir son éditeur chez Deleatur. Puisse-t-elle faire prendre conscience de la nécessité d'une édition "raisonnée" d'un poète d'abord totalement négligé puis trop souvent mythifié au détriment de sa réalité même...»
(Préface, de François-René Simon)

«Je ne parle que d'une aptitude à tout mettre en dentelle, d'une écriture qui retrace le mouvement de la strélitzie.
La mort est dans l'entendement, et personne ne l'entend. C'est le silence du tombeau. C'est le poète. L'esprit est le grand assassin du réel, l'auteur de tout le mal tue l'assassin et se commet: je suis un héros de roman.
Qu'on y prenne garde: je suis un sinistre personnage. Un mauvais sujet littéraire, le public le connaît, il est irrésistible, c'est la nostalgie sexuelle.
Je suis un piège amer au détour du temps. Il est quelqu'un en effet que le romanesque n'a pas fini de jouer, le raté de l'aventure.
Les faits dont s'inspirent les lignes précédentes se situent au début de l'été 1949. Pour bien comprendre le drame en personne, cet énigmatique "concours des circonstances" auquel je pris part alors, il me faut parler d'événements antérieurs ou postérieurs à ma dernière arrestation. J'ai procédé au découpage le plus minutieux de ce roman et tout ce qui est nécessaire à la compréhension d'une partie toujours à jouer est groupé dans le "Requiem for me"... »

éditions des cendres

avec ce genre de texte, la préface ou la présentation du contenu n'est pas toujours un luxe. que l'on connaisse un peu ou pas du tout l'auteur quelques éléments de contexte, surtout biographiques, sont utiles : le parcours mouvementé, les arrestations, les internements, les amitiés, l'écriture et les zones d'ombres.

requiem for me, travail inachevé, est un exercice d'autofiction. "pire" en fait c'est un exercice d'autofiction qu'on pourrait qualifier de concentrique. tout tourne d'un séjour à Megève (Bidonville) et de flirts et d'excès. tout tourne autour de l'auteur et d'un mystère autour duquel on ne cesse de tourner. faute de dénouement il y a indéniablement un nœud.

un coup c'est avant, un coup c'est pendant, toujours c'est vu d'après. c'est exercice de fiction, qui est plus est détective, devient la seule solution pour approcher ou reconstruire une vérité, pas tant des faits que de soi. comme si se remémorer était aussi se réimaginer en permanence à travers une image d'alors et de maintenant mais changeante.

une incarnation en mauvais garçon qui ne jouera que le rôle auquel on l'acculera. on ses "amis" ou des fréquentations, lui se révélant comme un dindon de la farce (amoureuse ?) consentant donc triomphant ?

on se perd vite dans les faux semblants et les demi-mots, sans compter certains écarts et quelques belles tournures (qui peuvent aussi être des emprunts). la part factuelle de la biographie est et reste trouble, l'exercice de style, à peine théorisé, reconnu en fait et mis en pratique. sorte d'incarnation nourrie d'images de fictions, une inévitable posture romanesque, l'introspection apparente est aussi déstabilisante. entre la dissimulation, l'improbable et les fuites il ne subsiste surtout que ce fait, le prisme à travers lequel l'image du personnage est perçue et changeante pour lui d'abord et les autres.

malgré cela et le fait qu'il s'agisse d'un texte (à mettre au pluriel ?) inachevé, il y a l'élan et la phrase un art et une manière de décortiquer, de dissocier aussi. et dans cette drôle de posture morbide et mortifère d'après-guerre il ne faut pas oublier toute une jeunesse, celle d'un homme qui n'a pas trente ans et revient sur lui-même mais de très loin à peine deux trois ans après des événements difficiles à (s')expliquer.

là il y a un drôle d'effet de perspective, une distance par la force du texte qui est renforcée par les deux lettres plus lucides ou posées, moins fictionnelles, qui complètent ce petit bouquin.

il y a au moins une "histoire de fou", comme on dirait aujourd'hui, dans cette approche de soi. si l'impression de glissement de la réalité qui m'a beaucoup marqué dans une précédente lecture est moins vif ici, si le texte est moins évident d'approche, s'il s'agit probablement plus d'un moyen d'approfondissement pour le lecteur, l'air de rien, dans le fond le doute persiste.

le sentiment d'un flux allumé dans les deux sens et en permanence entre soi et la fiction, le romanesque, ce qui se cache derrière ou tout simplement dans les images et les mots. ça marche rarement dans les deux sens en même temps mais c'est possible, et un peu inquiétant.

il restera à trouver quelques courts extraits ou phrases qui font mouche.

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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Sam 6 Juin 2015 - 21:35

Tu en as quelques-uns de ces extraits qui font mouche ? c'est intrigant.

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Sam 6 Juin 2015 - 21:52

C' est mieux qu' intrigant, c' est une découverte ! Et d' ailleurs, Marcelin Hogier en avait  parlé, Constance aussi, je pense...

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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Sam 6 Juin 2015 - 23:05

extraits donc :

Citation :
Aller au bout de la pièce en question est une raison d'agir suffisante. Il n'est pas fait qui ne soit chargé de sens depuis qu'un surprenant pouvoir, une influence a décidé de moi. Ma vie contient ce secret exceptionnel, que des personnes puissantes se sont chargées de me faire jouer un rôle important sans se faire connaître et sans que je sache tout à fait pourquoi. En un sens, tout ce à quoi ma nature aventureuse aspirait est comblé par ce choix. Mais il me faut fixer le motif de cette existence pour comprendre mieux l'insaisissable besoin qu'on a de moi.
Je pense de préférence à travers ce récit qui se défend de toute affabulation grossière, puisqu'il me faut constamment avoir ces lignes sous la main et garder en ces textes le talisman de l'aventure. C'est aussi pourquoi je m'en réfère électivement à l'imaginaire à partir de faits concrets susceptibles d'engendrer une diversité de vues. Bien moins que l'évasif, il faut voir l'ellipse expressive de ce mémoire. Mon sort est aux mains d'inconnus, mais dans cette situation fausse je suis le seul à choisir ma liberté parce que l'action qui en découle m'appartient, ainsi que de me prononcer.


Citation :
Il fait un temps splendide et angoissant. L'air est si pur à Bidonville que je sens, dans cette atmosphère limpide où tant de ma vie s'est passée à ne rien faire, en apparence, les gens de ma connaissance revêtir la densité qui nous rend si attrayants.


Citation :
J'ai l'air de raconter une histoire de fous que des ivrognes ont jouée. Prendrais-je la peine de couper l'action l'action de pareilles dissertations si tout cela n'était ? Il paraît invraisemblable de jouer toute sa vie, de réduire l'univers à un jeu de mots, le monde à sa plus simple expression sous forme de plaisanterie. Pourtant c'est ainsi.
Où passe le temps ? C'est le théâtre des vacances, voué au culte de l'évasion manquée. Faire arriver quelque chose en est le secret, n'importe quoi, mais qu'il vienne... Le temps dont on s'éprenne. Mais je veux garder à mon âme traîtresse ses dernières chances.
La roue de Fortune tourne, c'est l'existence...

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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Mar 17 Mai 2016 - 23:16

Je me suis enfin procuré Je suis parfois cet homme, et dans l' ensemble, c' est mieux et autre chose que les extraits que j' avais lus.
En fait, sauf quand la raison vacille et flotte, il y  a chez lui des trouvailles poétiques géniales et qu' on ne trouve que chez des esprits felés comme
Artaud, Van Gogh,et quelques autres.
Peut etre le seul ou le plus authentique des surréalistes...
J' y reviendrai...



Je suis seul
Et j’aime la nuit d’être moi
Les lointains de mes sens
Ont une saveur d’aube ignorée des dieux
Au bout de mes bras
J’ai deux mains ouvertes
Au bout de l’inquiétude d’être au monde
J’ai la certitude d’être au regard des amis
Savez-vous bien ?
Nous sommes à fleur d’eau
À bout de bras levés sur notre aide
La main haute le visage ouvert l’oeil sec
Nous bâtissons une plage mouvante
Sur l’écume silencieuse de la marée humaine
Il y a aussi ces petits bars troublants
Et le songe cultivé de fil en aiguille
Il y a ces petites jeunes filles
Et ces grands yeux de larmes ouverts sur nos secrets
Il y a nos habitudes insolites
Et ce langage facile à parler juste
Et il y a surtout le hasard docile  à réveiller
Des merveilles familières.

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MessageSujet: Re: Stanislas Rodanski   Mar 17 Mai 2016 - 23:36

Stanislas Rodanski, Photomaton, 22 décembre 1948

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