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 Nâzim Hikmet

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bix229
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MessageSujet: Re: Nâzim Hikmet    Ven 8 Aoû 2014 - 18:34

LA VILE, LE SOIR ET TOI






Vous ètes toutes nues dans mes bras
la ville, la nuit et toi
votre clarté illumine mon visage
et puis le parfum de vos cheveux.
A qui ce  coeur qui bat
au dessus du murmure de nos souffles palpitants
est-ce ta voix, celle de la ville, celle de la nuit
ou bien la mienne ?
Où finit la nuit, et où commence la ville ?
Où finit la ville, où commences-tu toi
où est ma fin, où est mon commencement ?

Nazim Hikmet, opus cit., juillet  1 959

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pia
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MessageSujet: Re: Nâzim Hikmet    Sam 9 Aoû 2014 - 17:02

Que c'est beau. Je ne m'y connais pas du tout en poésie, je n'en lis pas (je sais, ce n'est pas bien) mais à chaque fois que je lis quelque chose de lui, je me dis que je pourrais aimer la poésie.

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Celui qui veut imiter la démarche de l'autre ne fait que perdre la sienne. Proverbe Persan
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bix229
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MessageSujet: Re: Nâzim Hikmet    Ven 20 Fév 2015 - 18:52

QUATRAIN


Comme le grain sur la terre j' ai répandu mes morts
certains reposent à Odessa, certains à Istanbul, à
Prague d' autres encore,
le pays que je préfère est la terre entière
quand viendra mon tour recouvrez-moi de la terre entière

1958

Il neige dans la nuit.

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colimasson
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MessageSujet: Re: Nâzim Hikmet    Lun 23 Fév 2015 - 20:47

Doux Hikmet content

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Nâzim Hikmet    Mar 31 Mai 2016 - 10:01

Nâzim Hikmet n'est pas si facile d'accès en librairie. J'ai fini par le retrouver à la librairie Port de tête qui contient la meilleure variété en ce qui concerne l'offre de titres poétiques. Il y en a aussi ailleurs, mais Port de tête n'est pas battable à Montréal si vous cherchez un titre...

J'ai eu le même réflexe que toi, Bix, en ce qui concerne «La ville, le soir et toi». Il s'agit d'une belle poésie concise. J'ai passé mon temps à lire quelques poésies de différents auteurs ce soir. J'ai parcouru l'intégralité des coups de coeur poétiques. J'ai vu les affinités qui s'y sont développées entre les participant-e-s. Je trouve quand même dommage que ce ne soit pas toi qui ait ouvert le fil sur Hikmet, mais Constance a eu l'élégance de le faire...

Je constate surtout deux poèmes, soit «Sur l'étonnement» et «Le dernier autobus». J'imagine que ça doit sonner un peu Marilyn Monroe, mais j'arrête mon choix sur «Le dernier autobus» :

Nâzim Hikmet, Il neige dans la nuit et autres poèmes, 2014 (1999), Paris : Gallimard, coll. «NRF Poésie», p. 136-138. a écrit:
«Le dernier autobus»

Minuit. Le dernier autobus.
Le contrôleur m'a tendu le ticket.
Ce qui m'attend à la maison
ce n'est ni une mauvaise nouvelle,
ni un festin au raki.
C'est la séparation qui m'attend.
Je m'en vais vers la séparation sans peur
et sans tristesse.
La grande nuit s'est approchée tout près de moi
je puis contempler le monde, calme
et sans agitation.
Désormais la fourberie de l'ami ne me surprend plus,
ni le couteau dont il me frappe quand
il me tend la main
Désormais, rien à faire : l'ennemi n'arrive plus à me
provoquer.
Je suis passé par la forêt des idoles
en les abattant à la hache,
comme elles s'écroulaient facilement.
J'ai jaugé à nouveau toutes mes convictions,
et par bonheur, la plupart en sortirent indemnes;

// p. 136

Jamais je ne fus aussi resplendissant
et jamais aussi libre.
La grande nuit s'est approchée tout près de moi.
Et déjà je puis contempler le monde, calme,
et sans agitation.
Je redresse la tête au-dessus de l'ouvrage, je regarde :
Soudain m'apparaît du passé
un mot,
un parfum,
un geste de la main.
Le mot est amical,
agréable le parfum,
et le signe de la main est celui de ma bien-aimée.
Désormais il ne m'attriste plus
l'appel du souvenir.
Je ne me plains pas des souvenirs.
Je ne me plains d'ailleurs de rien.
Même pas de mon coeur
qui sans cesse me fait mal
comme une énorme dent.
La grande nuit s'est approchée tout près de moi.
Ni la morgue du paysan
ni l'obséquiosité de son secrétaire
ne me touchent désormais.
De la tête aux pieds je me lave
de grandes jattées de lumière.
Je puis regarder le soleil
sans en être ébloui
C'est bien dommage peut-être :
le plus beau des mensonges peut-être
ne peut plus m'abuser.
Désormais la parole ne me soûle plus,

// p. 137

ni celle des autres, ni la mienne.
Et voilà, ma bien-aimée,
La mort s'est approchée tout près de moi.
Le monde est plus beau que jamais.
Le monde était mon linge,
mes vêtements.
Voilà que je commence à me dévêtir.
J'étais la fenêtre d'un train.
Maintenant je suis une gare.
J'étais l'intérieur de la maison.
À présent, je suis sa porte sans serrure.
Plus que jamais j'aime les hôtes.
La chaleur est plus jaune que jamais,
la neige est plus propre que jamais.

// p. 138

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De Gaulle, citant Nietzsche

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bix229
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MessageSujet: Re: Nâzim Hikmet    Mar 31 Mai 2016 - 16:04

Difficile à trouver Nazim Hikmet ?
Ne me dis pas que la remarquable collection de poche Poésie/Gallimard est introuvable. Ce serait une grosse lacune !

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Nâzim Hikmet    Mar 31 Mai 2016 - 18:23

On a tendance à commander ce qui se vend dans les librairies. Le reste, ben que les lecteurs le commandent... sourire J'ai visité plusieurs librairies avant de le trouver.

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jack-hubert bukowski
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MessageSujet: Re: Nâzim Hikmet    Mar 27 Sep 2016 - 7:53

J'en prendrai un autre de Nazim Hikmet. Il s'agit de «Sur l'étonnement» :

Citation :
«Sur l'étonnement»

Je peux aimer
et comment
exige de moi tout ce que tu voudras
ma vie, mes yeux

Je peux me fâcher
ma bouche n’écumera pas
mais la colère du chameau n’est rien à côté de la
   mienne
                                      ma colère, non ma haine

Je peux comprendre
très souvent à vue de nez
c’est-à-dire percevant l’odeur de ce qui est le plus
   lointain, le plus obscur
et je peux me battre
pour tout ce que je trouve vrai, juste, beau
et pour tout le monde
mon âge et mon image n’y peuvent rien
mais voyez-vous depuis longtemps j’oublie de m’étonner
l’étonnement aux yeux ronds, grands ouverts, éperdu-
ment jeune
                                        m’a abandonné
                                                              Dommage.


                                                         Février 1963

Nâzim Hikmet, Il neige dans la nuit, 2014 (1999), Paris : Gallimard, coll. «NRF Poésie», p. 238-239.

Reproduit sur le lien suivant : http://untempsdepoete.over-blog.com/2014/12/sur-l-etonnement-de-nazim-hikmet.html

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