
Parfum de livres…parfum d’ailleurs
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animal Sale Panda

Messages: 15996 Inscription le: 12/05/2007 Age: 31 Localisation: Tours
 | Sujet: Upton Sinclair Lun 4 Juin 2007 - 21:02 | |
|  | Citation: | | Upton Beall Sinclair, écrivain américain (20 septembre 1878 - 25 novembre 1968) fut un écrivain prolifique (plus de 90 ouvrages). Adepte de plusieurs genres, il fut un des promoteurs du socialisme aux États-Unis. Il gagna une renommée particulière avec son roman La Jungle (1905), qui décrivait l'abattage des bêtes et le conditionnement de la viande. La réaction du public aux pratiques ainsi dénoncée conduisit au Meat Inspection Act de la même année. Il fait partie des journalistes et écrivains engagés dans la dénonciation des inégalités de l'Amérique du début du siècle, regroupés par Theodore Roosevelt sous le nom de Muckrakers, « fouille-merde ». |
| Citation: | Les parents de Sinclair étaient des notables issus du Sud des États-Unis. La famille de son père se flattait d'une tradition de service dans la marine remontant jusqu'à la Guerre d'indépendance américaine. Son grand-père, le commodore Arthur Sinclair avait ainsi servi dans la guerre de 1812 dans l'United States Navy (marine américaine) avant de démissionner pour rejoindre les rangs de la Confédération lors de la Guerre de Sécession.
Upton Sinclair naquit cependant à Baltimore, Maryland, l'engagement de sa famille aux côtés de la Confédération ayant pesé sur la fortune familiale. Upton Sinclair vécut ainsi une enfance mêlant richesse et pauvreté. Son père était alcoolique et sa famille proche était pauvre, mais le jeune Upton faisait de longs séjours à New York dans une branche aisée de la famille de sa mère. Cette expérience des deux extrêmes de la société américaine le poussa sans doute vers le socialisme. |
http://fr.wikipedia.org/wiki/Upton_Sinclair
La Jungle Le destin d'une famille d'immigrants lituaniens travaillant dans l'industrie de la viande à Chicago au tout début du XXème siècle. Centré sur le personnage de Jurgis : homme droit, puissant et travailleur. Un roman "social" où l'on passe d'un "rêve américain" teinté de quelques désillusions au(x) drame(s), à la fuite puis à la prise de conscience politique.
C'est très très dur : ça nous parle directement de cette famille vivant dans une pauvreté qui oscille entre le difficile et l'impossible... conditions de vie... je me retiens pour ne pas dévoiler quelque moment dur du livre mais... horrible. Une grande partie de ce livre c'est la descente dans l'horrible, une extrême bonne volonté et un extrême courage anéantis.
Les trois premiers quarts du bouquin c'est un peu comme du Zola (pour ce dont je me souviens des quelques Zola lus il y a... ). C'est l'histoire de cette famille et l'histoire d'un système (et de gens) qui abuse de ces familles, à travers le logement : ce qui mêle escroquerie et conditions de vie "criminelles"... L'emploi : le chantage et l'exploitation par les géants de la viande...
En cadeau une titanesque description du système industriel des abattoirs, une petite part de fascination et de magie pour des prouesses quelques peu morbides... et un cauchemar sanitaire sans nom...
la fin du livre tourne à la démonstration politique, quand ce héros de Jurgis, ou ce qu'il en reste, fréquente les meetings et rencontre des orateurs... une rupture très nette dans le récit, c'est une proposition de solution par rapport à tout ce qui peut être présenté dans la première partie, c'est intéressant... très appuyé va-t-on dire.
J'ai trouvé ça assez fort, très prenant, très poignant, beaucoup d'humanité (et d'inhumanité) brute dans ces pages, le pire étant probablement que la façon dont les atrocités arrivent fait que ça ne semble pas "rajouter pour le plaisir"... ça fait froid dans le dos du début à la fin cette histoire là.
Concernant la viande, je n'ai plus toucher une "boite de singe" depuis et je me souviens de cette lecture à chaque fois que je passe au supermarché...
un livre qui a semble-t-il fait bouger les choses pour l'hygiène et le droit du travail...
je le déconseille fortement aux âmes sensibles... |
|  | | coline Parfum livresque

Messages: 24751 Inscription le: 01/02/2007 Localisation: Moulins- Nord Auvergne
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Lun 4 Juin 2007 - 21:28 | |
| | animal a écrit: | | je le déconseille fortement aux âmes sensibles... |
coline, âme sensible, s'abstiendra... :) |
|  | | guillaume Posteur en quête

Messages: 56 Inscription le: 16/05/2007 Age: 34
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Lun 4 Juin 2007 - 21:47 | |
| Je ne connais pas du tout cet auteur... Mais tu en parles bien, au moins tu annonces carrément la couleur... |
|  | | guillaume Posteur en quête

Messages: 56 Inscription le: 16/05/2007 Age: 34
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Lun 4 Juin 2007 - 21:51 | |
| Je crois que je le retiens ce livre, j'irai voir à quoi ça ressemble. |
|  | | animal Sale Panda

Messages: 15996 Inscription le: 12/05/2007 Age: 31 Localisation: Tours
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Lun 4 Juin 2007 - 21:55 | |
| je suis tombé dessus par hasard (les à côtés amazon...) quand j'ai commandé The Road To Wigan Pier d'Orwell... encore une phase "tiens si je lisais des trucs rigolos pour me remonter le moral".
Je n'en avais jamais entendu parler... c'est vraiment sombre/cruel/... réaliste ? avant d'être démonstratif, c'est du moins comme ça que je l'ai ressenti. |
|  | | domreader Sage de la littérature

Messages: 1990 Inscription le: 19/06/2007 Age: 53 Localisation: Ile de France
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Mer 11 Juil 2007 - 18:13 | |
| J'ai été moi aussi frappée par ce livre Animal, très réaliste sur les conditions de vie effroyables des immigrants dans l'Amérique du début du siècle dernier, là plus particulièrement à Chicago, autour des abattoirs. Pour avoir lu d'autres livres sur le même sujet, beaucoup d'immigrants étaient à peu près logés à la même enseigne. Quelques uns réussissaient, beaucoup menaient une existence misérable, quelques autres rentraient même au pays....(Angela's Ashes / Frank McCourt). |
|  | | Le Bibliomane Zen littéraire

Messages: 3126 Inscription le: 21/02/2007 Age: 46 Localisation: Bretagne
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Mer 17 Déc 2008 - 16:41 | |
| "La Jungle"
En ces premières années du XXe siècle, Jurgis et sa famille quittent leur Lituanie natale afin de traverser l'Atlantique et de trouver au bout du voyage un monde meilleur. L' Amérique, cette terre promise leur offrira la liberté, le travail et, au bout du compte, la fortune.
Quand ils arrivent quelques mois plus tard à Chicago, tout semble leur sourire. Du travail, il y en a, et à profusion, dans ces immenses abattoirs qui s'étendent à perte de vue en périphérie de la ville.
Lorsqu'ils visitent pour la première fois cet immense complexe industriel, Jurgis et ses compagnons ne peuvent qu'être émerveillés par l'organisation et l'efficacité de ces exploitations où « tous les ans huit à dix millions d'animaux vivants étaient transformés ici en denrées comestibles. » Pour ces gens qui débarquent tout juste de leurs forêts lituaniennes, cette industrie dans laquelle sont transformés chaque jour « dix mille bovins, autant de cochons et cinq mille moutons » ne peut qu'être le symbole de la modernité et de l'opulence qui règnent dans ce pays.
Très rapidement, Jurgis et les autres membres de sa famille sont embauchés à différents postes au sein de cette industrie et, désormais pourvus d'un salaire, peuvent envisager d'acquérir un foyer et d'en devenir les propriétaires.
Mais la dure réalité va très rapidement s'imposer et le beau rêve de liberté va voler en éclats. Les salaires que chacun rapporte à la maison (même les enfants) suffisent à peine à couvrir les traites de la maison et à permettre à la famille de pourvoir à ses besoins alimentaires. Les cadences exigées dans les ateliers sont infernales, le temps de travail auquel sont assujettis les ouvriers les contraint à s'échiner six jours sur sept par des températures glaciales ou des chaleurs torrides. Les mesures d'hygiène et de sécurité sont quasiment inexistantes et il n'est pas rare qu'un ouvrier tombe dans un malaxeur et se trouve transformé en corned beef. Les contremaîtres s'adonnent à la corruption et exigent de l'argent – quand il ne s'agit pas de faveurs sexuelles – pour faire embaucher ou pour préserver l'emploi d'un ou d'une ouvrière. Aux périodes de travail infernales succèdent de longues plages de chômage sans aucune indemnité dues aux aléas de l'offre et de la demande des industries alimentaires. Chaque collègue de travail, chaque demandeur d'emploi est un ennemi potentiel, susceptible de voler la place d'un autre parce que plus résistant, plus rapide, moins réfractaire ou mieux vu des contremaîtres.
C'est dans cette jungle que vont tenter de survivre Jurgis et sa famille, une jungle où les prédateurs sont partout et où la vie humaine n'est pas mieux considérée que celles de ces milliers d'animaux sacrifiés quotidiennement.
Chronique d'une descente aux Enfers, « La jungle » est un roman coup-de-poing, un réquisitoire contre les conditions inhumaines endurées par les classes ouvrières. Roman, mais aussi reportage, car pour écrire ce livre, Upton Sinclair s'est introduit dans les abattoirs de Chicago et a vécu sept semaines avec les ouvriers de ces industries, recueillant leurs témoignages et leurs révoltes. La sortie de cet ouvrage fit tant de bruit à cette époque que son auteur fut invité en 1906 à la Maison-Blanche par le président Théodore Roosevelt. On parla (déjà!) de moraliser le capitalisme, ce qui, on le voit bien encore aujourd'hui, ne fut et n'est encore qu'un voeu pieux. On stigmatisa, comme aujourd'hui, les « excès » du capitalisme sans pour autant remettre à plat le système lui-même, les dirigeants de l'exécutif étant, comme aujourd'hui encore, les obligés, voire les complices des grands groupes industriels.
On pourrait penser que ce livre est le reflet d'une époque révolue. Il n'en est rien. Malheureusement, les thèmes abordés sont toujours d'actualité : chantage à l'emploi, corruption à tous les étages de la société, pollution, malbouffe, enrichissement scandaleux du patronat exploitant la misère des classes laborieuses, compétition entre les membres de ces classes ouvrières afin de mieux juguler leurs désirs d'émancipation, surendettement, crédits immobiliers « bidons », etc... En ce début du XXIe siècle où rien ne semble avoir changé depuis l'époque ici évoquée, il est utile de lire ou de relire des ouvrages tels que « La jungle » d'Upton Sinclair. |
|  | | animal Sale Panda

Messages: 15996 Inscription le: 12/05/2007 Age: 31 Localisation: Tours
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Mer 17 Déc 2008 - 21:34 | |
| Me doutais bien que tu ne serais pas déçu par ta lecture et j'attendais tes impressions avec impatience.
La transformation du personnage de Jurgis est elle aussi effrayante... c'est homme qui est aussi un symbole de ce qu'on peut apporter, de ce qu'on doit apporter en "bon travailleur"... broyé, dégouté le bonhomme.... cette histoire et son monde sont effrayants... Presque le meilleur des hommes épuisé et retourné... pour aboutir à bien pire que le néant. |
|  | | topocl Sage de la littérature

Messages: 1530 Inscription le: 12/02/2011 Age: 52 Localisation: loire
 | Sujet: PETROLE! Ven 18 Fév 2011 - 17:26 | |
| PETROLE !
J’ai lu Pétrole! de Upton Sinclair qui est sorti récemment en poche . C’est un gros livre de 700 pages, qui est paru en 1927 et a fait l’objet d’une adaptation au cinéma il y a quelques années par Paul Thomas Anderson sous le titre There will be blood. Si on retrouve bien l’ambiance, certaines situations et personnages dans le film, l’esprit est totalement différent et l’esprit militant de Sinclair n’y apparaissait pas de la même façon
Le livre se déroule de 1913 à 1924 en Californie du Sud. C’est l’occasion d’évoquer le milieu des magnats du pétrole, ces capitalistes richissimes et sans scrupules. On y parle aussi du milieu prolétarien, des divers partis de gauche, des actions qu’ils ont désespérément menées face au mépris et l’intransigeance de leurs patrons. Au passage on passe aussi dans le milieu du cinéma hollywoodien et d’un mysticisme protestant qui profitait de l’inculture des masses populaires.
Quand l’histoire commence, Jim Arnold Ross, ancien muletier, s’est hissé a la force des poignets parmi les magnats du pétrole. C’est un homme que rien n’arrête, sûr de lui, prêt à tout, compromission et corruption comprises, dur avec son personnel, mais juste : implacable, mais pas le pire parmi ces exploitants pétroliers. Il a tout investi sur son fils Bunny, 13 ans, qui est le vrai héros de cette histoire. Tous deux s’aiment passionnément, partagent tout : l’amour du pétrole et de l’argent (et des plaisirs qu’il dispense), de la vie au grand air. Leur confiance réciproque est inattaquable. Bunny est un garçon vif, intelligent, ouvert à tout , que tout le mode adore ; il est fondamentalement bon et moral.
« Bunny ne pouvait pas arriver à comprendre – il n’y arriverait jamais de toute sa vie - comment les gens pouvaient ne pas s’intéresser aux autres gens. »
Tout ceci fait sa force : il s ‘entend avec tout le monde , se lie d’amitié avec des employés de son père . Et cette différence entre eux séduit son père qui le regarde d’un œil amusé et tendre, et pense qu’il ira loin. Inversement Bunny, qui croit naïvement que tout le monde est bon comme lui, voue une adoration à ce père fabuleux. Dès les premières lignes du livre, caractères et relation intime, cette envie commune de tout dévorer dans un paysage américain grandiose, sont superbement campés en un paragraphe :
«La route filait, lisse, lette, quatre mètres trente de large exactement, les bords coupés comme au ciseau, ruban de ciment gris déroulé à travers la vallée par une main géante. Le sol ondulait en longues vagues : une lente montée puis un plongeon soudain. Vous grimpiez et passiez en trombe la crête, mais vous étiez sans crainte, car vous saviez que le ruban magique serait là, libre de tout achoppement, vierge de toute bosse ou crevasse, attendant le passage des roues aux caoutchoucs gonflés tournant sept fois à la seconde. Sur les côtés déferlait en sifflant l’âpre vent du matin, orage de mouvements qui vibrait et grondait en des harmoniques aux incessantes variations. Mais vous vous pelotonniez confortablement derrière un pare-brise incliné qui dérivait la tornade par dessus votre tête. Quelquefois il vous plaisait de lever votre main pour sentir le choc glacial ; quelque fois vous risquiez un œil par le côté du pare-brise afin que l’ouragan vous frappe au front et vous ébouriffe les cheveux. Mais, la plupart du temps, vous demeuriez assis, muet et digne, car c’était ainsi que faisait Papa, et les manières de Papa constituaient l’éthique de l’automobiliste. »
Mais ses qualités sont aussi la faiblesse de Bunny, qui ne veut faire de peine à personne et va longtemps galérer avant de se rendre compte que c’est impossible et faire des choix nouveaux. Toute la première partie du livre on voit cette relation passionnelle, l’œil amusé du père et aussi le questionnement qui se fait peu à peu en Bunny quand il constate que son père agit mal. Ses amis ouvriers le convertissent peu à peu à leur cause.
« Ce qui avait été malfaisant devenait soudain héroïque, alors que ce qui avait été respectable apparaissait tout à coup comme stupide »
Après cette rupture, il continue à s’entendre à merveille avec son père, car leur amour commun est leur grande richesse, et voulant le rendre meilleur essaye vainement de le convertir un tant soit peu à ses idées. Il continue à profiter des plaisirs liés à l’argent, mais plus le temps passe, plus il réfléchit, se positionne, utilise son argent dans le sens de la solidarité et de la cause ouvrière. Ses yeux s’ouvrent aux idées modernes, et il est heureux de le voir se tenir à ses objectifs de droiture et de moralité, ce qu’il fera magnifiquement, malgré toutes les difficultés que cela implique, sans jamais rompre avec les siens. Sa naïveté initiale en prend un sacré coup, il souffre des choix à faire, mais il tient bon..
Roman social et roman d’apprentissage, mais aussi roman d’aventure, Pétrole est un livre qui apprend beaucoup, mais qui sait aussi émouvoir, les personnages sont très attachants et complexes, extrêmement bien campés dans un style très vivant, comme si l’auteur vous racontait l’histoire en direct. Le ton est celui d’une ironie tendre et détachée, qui cache une espérance désepérée.
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|  | | topocl Sage de la littérature

Messages: 1530 Inscription le: 12/02/2011 Age: 52 Localisation: loire
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Jeu 22 Sep 2011 - 16:50 | |
| La jungle Plus que l'histoire d'une famille lituanienne qui émigre aux États-Unis au début du XXe siècle, La jungle est l'histoire d'un jeune Lituanien qui émigre avec sa famille. La nuance est de taille car, si chacun des membres de la famille va apporter sa contribution au niveau financier, seul Jurgis que l’on suit de la première à la dernière page, a réellement intéressé Upton Sinclair qui en a fait un personnage vraiment creusé, analysé, qui a une épaisseur. Si on est ému par les difficultés des autres membres de la famille, on n'y est pas attaché car Upton Sinclair daigne à peine le décrire et les faire exister. Il y a deux façons de lire ce livre, soit comme un roman, soit comme réquisitoire Un roman : comment un jeune Lituanien droit, courageux, déterminé, responsable, arrive à Chicago pour trouver du travail, enthousiaste au début, puis tombant de Charybde en Scylla, perd toute vitalité, toute dignité, sombre dans le vice et l'alcool, finit par ne se soucier que de lui-même, alors même qu’il n’est plus qu’une loque, pour être finalement sauvé par l'illumination de la parole socialiste. Même si tout cela correspond très certainement à une réalité du monde du travail de l'époque(on a en effet lu de nombreux romans et récits parlant de ces drames de l’émigration), et dans une moindre mesure d'aujourd'hui, on a quand même un peu l'impression que Upton Sinclair s'est fait une liste de toutes les situations dramatiques, macabres, dégradantes, sans en oublier une, auxquelles il pouvait confronter son héros. Cependant, on souffre avec lui, on se désole de sa déchéance, on se réjouit de son retour parmi les hommes. Un réquisitoire : Upton Sinclair a fait un travail de documentation extrêmement poussé et l'on n’ignore plus rien du monde du travail de cette époque, des procédés utilisés dans les abattoirs (technique, hygiène, recrutement), des terribles corruptions qui se développent comme une pieuvre dans le monde du travail comme dans le monde de la politique et de la justice, du maillage fin scrupuleusement établi pour enfermer le prolétariat dans sa misère et son inculture, afin d'en mieux abuser ensuite. C'est parfaitement détaillé, cela fournit des détails très intéressant sans être rebutant On regrette parfois (cela reste roman) que Upton Sinclair explique trop plutôt que de donner à voir. J'ai été gênée par les 40 dernières pages, exposant à travers des discours divers d'hommes politiques le projet socialiste de l'époque d'une façon quand même bien lourde et pesante qui frise le prosélytisme. Il n'en demeure pas moins que ces 550 pages sont le reflet dramatique et passionnant d'une époque, pleines d'enseignement et qu’il serait bien léger de détourner les yeux d'un livre qui a marqué son époque et permis des avancées dans le domaine du respect de l'homme et des réglementations sanitaires. |
|  | | animal Sale Panda

Messages: 15996 Inscription le: 12/05/2007 Age: 31 Localisation: Tours
 | Sujet: Re: Upton Sinclair Jeu 22 Sep 2011 - 19:50 | |
| la logique très expliquée d'économie (à travers un mélange dette/service) sur les travailleurs s'est installée comme un point de repère. ça reste d'ailleurs d'une actualité ébouriffante.
et puis l'effondrement de Jurgis restera toujours une grande question. |
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