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 Mark Behr [Afrique du Sud]

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mimi54
Zen littéraire
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MessageSujet: Mark Behr [Afrique du Sud]   Sam 10 Juil 2010 - 20:58



Citation :
Mark Behr (1963- ) est un écrivain Sud-Africain en langue afrikaans.
Il est né à Mbuyu près d'Arusha, Tanganika (aujourd'hui en Tanzanie), où ses parents possédaient une ferme.
Suite à la nationalisation des terres appartenant aux fermiers blancs, la famille Behr émigra en Afrique du Sud, près de Durban.
Il étudie les sciences politiques à l'université de Stellenbosch. Il est professeur adjoint en littérature à l'université de Santa Fe au Nouveau-Mexique.
Source Wikipedia



L’odeur des pommes

Citation :
1973, Marnus a dix ans. Il vit au Cap et rêve d'être un jour aussi fort que son père, le plus jeune général de l'armée sud-africaine. Ce dernier reçoit souvent la visite de militaires, venus soutenir le régime de l'Apartheid. Cette fois, il s'agit d'un général chilien, l'énigmatique M Smith. L'arrivée de cet étranger menace l'équilibre de la famille. Marnus est le témoin de ces bouleversements mais ce n'est que bien plus tard qu'il comprendra la portée cruelle de ce qu'il a vu et de ce qu'il a tu, complice malgré lui. Un premier roman bouleversant. Le portrait d'une famille et d'une société dévastées.


Et bien il ne faisait pas bon vivre en Afrique du Sud lorsqu’on n’appartenait pas à la classe dirigeante ; autrement dit, lorsqu’on n’était pas blanc. Il y a à peine dix ans que cette nation a repris sa place parmi les autres nations en acceptant, enfin, que tous les hommes soient égaux.

Marnus est un petit garçon intelligent, et a de bons résultats à l’école. Il a une sœur, Isle, musicienne, et un copain d’enfance, Frikkie avec lequel il passe le plus clair de son temps. Il vit dans une famille de la bonne bourgeoisie Sud-africaine : Papa est général de l’Armée Nationale, maman musicienne émérite, a, comme il est d’usage dans ce milieu, laissé de côté toutes ambitions professionnelles pour s’occuper de sa famille.

Le narrateur de ce récit c’est Marnus ; l’action se situe principalement dans son enfance, et accessoirement une quinzaine d’année plus tard (dont le texte est en italique) , alors qu’il est à son tour militaire, et qu’il est au front.

Marnus est ainsi conditionné depuis étant tout petit « Maman a dit », « Papa dit que », « le général a dit ».Toute la l’expression de ce gamin passe par l’avis de ceux qui l’entoure et dont il digère les propos sans jamais se rebeller ni se s’interroger. Sa sœur, sera beaucoup plus critique, et saura par petites touches distiller (à petites doses) ses révoltes.
La vie de la famille, se trouvera bouleversée par l’arrivée, en secret d’un haut militaire Chilien, qui sera « Mr Smith ».Les dégâts seront considérables. Marnus n’aura pas le courage de se révolter, de parler.

Dans ce récit, l’auteur dresse une satyre sans concession sur la société Sud-Africaine, à 3 niveaux : les blancs, les noirs qui ne sont rien, et les « coloured » mélange de deux (terme que je n’aime pas mais qui traduit ma compréhension du livre) qui sont encore moins que rien. C’est tout dire.
Pour preuve : « C’est une honte qu’une petite fille aussi adorable ait à vivre dans ce quartier infâme à côté des couloureds » p 92

La famille du petit garçon, bien que très au fait de son appartenance, est décrite comme humainement acceptable. Elle traite mieux ses domestiques, tente d’aider quand elle le peut.
Le petit garçon sera confronté à l’Apartheid au sein de sa cellule familiale, surtout en contact avec le mystérieux ami de son père.

Par exemple : « Le sang qui est resté en Afrique, est le sang des noirs les plus stupides-raison pour laquelle on ne peut trouver un noir bien éduqué » p 106.

Seuls, dans ce récit, les propos attribuer à Marnus, devenu homme, m’ont déstabilisée dans ma lecture. Je ne trouve pas qu’ils aient apportés un plus à la lecture, si ce n’est pour situer un pays en perpétuel conflit contre ses voisins.

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traversay
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MessageSujet: Re: Mark Behr [Afrique du Sud]   Sam 13 Avr 2013 - 12:21



Les rois du Paradis
Citation :
Lorsque Michiel Steyn revient en Afrique du Sud pour l’enterrement de sa mère, il a passé plus de la moitié de sa vie à l’étranger : à Londres, en Australie, aux îles Salomon, à San Francisco surtout, où il enseigne l’anglais à des étudiants étrangers. Pourtant, malgré ces quinze années d’absence, Michiel n’a pas oublié ce qui l’a poussé à fuir la ferme familiale Le Paradis.

Les premières pages sont déroutantes : nous sommes dans la tête de Michiel Steyn et nous allons suivre le fil de ses pensées sur près de 400 pages, glissant d'une ligne à l'autre du présent (l'enterrement de sa mère et le retour en Afrique du Sud post-Apartheid), au passé récent (dans ses conversations avec son psychanalyste, dans sa relation avec son compagnon à San Francisco) et plus lointain (depuis l'enfance dans la ferme familiale). Les rois du Paradis (la majuscule a son importance) est un roman puzzle dans lequel il fait bon se caler, une fois assimilés le style délié de Mark Behr et la construction gigogne de son livre. Le nombre de thèmes brassés par l'auteur est impressionnant : l'intime se mêlant au politique et au social. Le racisme ordinaire, l'homosexualité honnie dans l'Afrique du Sud des années 80, les ravages du sida en sont quelques uns. Mais Behr parle avant tout de nostalgie, cette vénéneuse drogue, de lâcheté, de rédemption et de pardon. Et comment vivre avec sa propre culpabilité, affronter les fantômes de la mémoire, panser les blessures infligées aux autres sans se faire trop d'illusions : le mal est fait et la réparation trop tardive. Enfin, faire le deuil des défunts (une mère, un frère) sans pouvoir se débarrasser des souvenirs. Bref, affronter le regard de ceux que vous avez trahis et continuer tant bien que mal. Mark Behr use de toute sa palette : les scènes s'enchaînent, brutales, délicates ou élégiaques. Le puzzle mental de son héros s'assemble peu à peu. On ne sait s'il aura gagné en sérénité mais il aura eu le courage de ne pas fuir ses démons, le temps d'un bref retour au pays natal. Les rois du Paradis est un livre complexe comme l'âme humaine, lucide, étouffant et finalement apaisé. Magistral de sensibilité.


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Avadoro
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MessageSujet: Re: Mark Behr [Afrique du Sud]   Dim 15 Déc 2013 - 13:27

Les rois du Paradis

Un roman tumultueux et passionnant dans la confrontation de Michiel Steyn à son passé et à son héritage familial. Le deuil de la mère libère un torrent d'émotions mêlant histoire individuelle et collective : ce sont les scènes du présent qui m'ont le plus convaincu, par l'éclat et la douleur de la redéfinition d'un lien déchiré, par les échanges et les silences nés de toutes les blessures accumulées.
J'ai cependant regretté une trame à mon sens trop fournie dans son ambition : les décalages temporels sont justifiés mais le poids du discours thérapeutique freine une spontanéité. L'impact des traumatismes entremêlés devient plus faible quand ils s'additionnent au profit d'un discours oscillant entre culpabilité et renoncement. L'omniprésence du contexte international est aussi frustrante à l'image d'un final en queue de poisson. Je préfère retenir la richesse expressive d'une sensibilité tournée vers l'avenir, vers un apaisement même incertain.
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Avadoro
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MessageSujet: Re: Mark Behr [Afrique du Sud]   Sam 22 Mar 2014 - 13:41

L'odeur des pommes

Mark Behr décrit avec beaucoup de force, par une perspective d'enfant, la rigidité étouffante d'un enfermement. C'est la vision d'une société afrikaner repliée sur elle-même, où l'Apartheid est une toile de fond étrangement invisible dont l'âpre violence ressurgit au travers des drames du quotidien. Le récit est très efficace (moins décousu que Les rois du paradis même si le contexte historique n'est plus comparable) dans sa rigueur décrivant le mécanisme d'un conditionnement.
Le jeune Marnus contemple l'incompréhension, un malaise omniprésent derrière l'illusion d'un équilibre inatteignable. Il est poussé à reproduire des attitudes, des comportements tout en s'aveuglant face à une souffrance qu'il ne peut comprendre.
Les passages décalés dans le temps, même s'ils semblent moins convaincants sur un plan littéraire, dévoilent la répétition d'un environnement militaire et le symbole d'une destruction. L'odeur des pommes laisse ainsi l'impression amère du gâchis et de la perte.
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simla
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MessageSujet: Mark Behr   Mar 30 Sep 2014 - 6:06

L'odeur des pommes

Un roman qui m'a laissée perplexe....un jeune garçon, 10 ans, qui vit au Cap dans un pays où sévit l'apartheid décrié et boycotté par la quasi totalité des pays démocratiques, dans une famille très aisée, un père général de l'armée sud-africaine, une mère ancienne chanteuse lyrique, une soeur tout aussi douée...raconte le quotidien de leur vie, les contraintes de leur éducation, son admiration sans bornes pour son père...

Je dois dire que la quatrième de couverture résume l'histoire d'une façon il me semble inexacte...à moins que je n'ai rien compris intense reflexion

Au récit du quotidien de cette famille un peu perturbée par l'arrivée d'un invité chilien, un haut gradé, se mêle celui d'un jeune capitaine ( Marcus devenu grand) qui fait la guerre en Angola....

Ce récit décalé dans le temps .....n'ajoute rien à l'histoire.

Les prises de position du père dominateur contre les gens de couleur sont, évidemment, convenues, rien de nouveau....

Par contre, les agissements du père envers le copain de Marcus...et peut-être même d'Ilse, la soeur de Marcus m'ont paru complètement hors sujet...et très peu vraisemblables...quoique.....c'est le genre de choses qui arrive trop fréquemment, bien sûr, mais en l'occurrence ça ne cadre pas avec le déroulement de l'histoire ni la personnalité du père.

En fait, ça m'a laissé une espèce de malaise...un peu bizarre cette histoire. Je n'ai pas trop aimé.
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