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 François Bizot

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mimi54
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MessageSujet: François Bizot   Mer 1 Juin 2011 - 13:09



François Bizot, né à Nancy en 1940, est un anthropologue français, spécialiste du bouddhisme de la péninsule du sud-est asiatique, à l'École française d'Extrême-Orient (EFEO).
l a vécu la guerre civile au Cambodge, pays dont il étudiait les reliques religieuses au début des années 1970. En particulier, il a été détenu en 1971 dans un camp de rééducation khmer rouge, dont il fut l'unique rescapé. Dans ce camp il a été interrogé par Kang Kek Ieu, plus connu sous le surnom de Douch, qui allait, plus tard, devenir le terrifiant et méthodique bourreau de la prison de Tuol Sleng (S-21), ancienne école située à Phnom Penh.

Il a également vécu de l'intérieur l'évacuation de Phnom Penh par les Khmers rouges (du 17 au 30 avril 1975), en tant qu'interprète des étrangers réfugiés en masse dans l'ambassade de France.

Il a relaté ces quelques années et ce parcours dans son livre Le Portail, récompensé par le Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot en 2000 et le Prix des Deux Magots en 2001. Son aventure au Cambodge a aussi inspiré un film, Derrière le portail, de Jean Baronnet (2004).
Autres parutions: le saut du varan; Le chemin de Lanka;Recherches nouvelles sur le Cambodge, Recherches sur le bouddhisme Khmer
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mimi54
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MessageSujet: Re: François Bizot   Jeu 2 Juin 2011 - 23:13

Le portail

La table ronde( 25/08/2000); 298 pages


Citation :
François Bizot, membre de l'École française d'Extrême-Orient, est fait prisonnier au Cambodge par les Khmers rouges, en 1971. Enchaîné, il passe trois mois dans un camp de maquisards. Chaque jour, il est interrogé par l'un des plus grands bourreaux du XXe siècle, futur responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, aujourd'hui jugé pour crimes contre l'humanité : Douch.
Au moment de la chute de Phnom Penh, en 1975, François Bizot est désigné par les Khmers rouges comme l'interprète du Comité de sécurité militaire de la ville chargé des étrangers auprès des autorités françaises. Il est le témoin privilégié d'une des grandes tragédies dont certains intellectuels français ont été les complices.
Pour la première fois, François Bizot raconte sa détention, décrit une révolution méconnue, démonte les mécanismes de l'épouvante et fait tomber le masque du bourreau monstre.
Grâce à une écriture splendide et à un retour tragique sur son passé, l'auteur nous fait pénétrer au cœur du pays khmer, tout en nous dévoilant les terribles contradictions qui – dans les forêts du Cambodge comme ailleurs – habitent l'homme depuis toujours.

« Alors j’ouvrais les yeux dans le noir et sortais m’immerger dans cette parcelle moite d’univers que le destin nous avait attribuée : le périmètre de l’ambassade, enveloppé de ténèbres. »

A lire la 4ème de couverture je m’attendais à un récit choc…C’est le contraire, j’ai lu un texte d’une exquise courtoisie. Mais, ne vous y méprenez pas, François Bizot dit ce qu’il a à dire, sans complaisance ; il a le style plus lyrique, qu’il met au service d’une parfaite connaissance de la région, et de ses us et coutumes.

Ce texte découpé en chapitres de longueur traditionnelle, se compose en réalité de deux parties égales non matérialisées qui représentent les deux " périodes" auxquelles il fait référence.

La première, est relative à sa détention au cours de l’année 1971 dans un camp Khmer. Il y fera la connaissance de celui qui sera jugé quarante années plus tard pour crimes contre l’humanité, Douch. Quelle que soit l’époque, quel que soit les lieux, nous retrouvons la dure réalité des camps, avec ses variantes locales…ici le paludisme, et la cruauté toute particulière des Khmers rouges ; bien curieuse manière d’honorer un idéal démocratique, et d’égalité….
Curieusement, c’est Douch qui se révèle le plus humain. Bizot sera relativement épargné, sans aucun doute parce que français, et parce connaissant parfaitement la culture khmère dont il parle d’ailleurs la langue. C’est dans cette partie du récit, que Bizot, met en évidence la mise en place de l’idéologie révolutionnaire et de ce qui en suivra. C’est avec beaucoup d’intelligence, en mettant à disposition toute ses connaissances de sa culture, qu’il réussit à faire parler Douch, pour ainsi mieux le sonder.
« Ah !, coupa t-il (c’est Douch qui s’exprime), leur duplicité m’insupporte au plus haut point ! La seule façon est de les terroriser, de les isoler, de les affamer. »
Et voilà ce qu’en dit Bizot, qui avait bien cerné la complexité du personnage :
« Or, n’était-ce pas seulement l’homme en lui qui était un danger ? Car je n’avais pas devant moi un monstre abyssal, mais un être humain que la nature avait conditionné pour tuer affilant son intelligence telles les dents du requin ou du loup…quoiqu’en prenant grand soin ne pas lui ôter sa psychologie humaine. »

La seconde partie fait référence à une période plus tardive, 1975, marquant si je peux dire le début de la fin. Les Khmères rouges ont investi la capitale, les réfugiés arrivent en masse vers l’ambassade où Bizot est interprète. Il lutte jusqu’aux dernières limites pour faire évacuer un maximum. Tout se joue au niveau du portail au-delà duquel l’extraterritorialité est de plus en plus bafouée. Le portail c’est la frontière. C’est une vie de reclus, dans une ville en état de siège, où bientôt commencera un génocide, dont hélas personne ne pale plus guère de nos jours…
Avec habileté, Bizot travaille au service des français, qui pour beaucoup d’entre eux ont aussi des attaches très fortes au Cambodge. Il fera aussi son possible pour extraire les cambodgiens qui se retrouvent seuls. Tout son amour pour ce pays, et sa culture séculaire émane de ce livre. C’est un déchirement pour lui de partir, de ne pouvoir sauver ses travaux effectuer à l’Ecole d’extrême –orient, et d’assister impuissant à cette descente aux enfers dont le pays mettra des décennies à se relever.

« Telle une âme libérée – pour la seconde fois – par le juge des morts, je sortis de l’enfer cambodgien, en passant le pont des transmigrations. »
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mimi54
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MessageSujet: Re: François Bizot   Mar 10 Avr 2012 - 18:16

Le silence du bourreau


Flammarion, 21/09/2012
245 pages
4ème de couverture :
Citation :
1971. L'ethnologue français François Bizot est arrêté au Cambodge par les Khmers rouges : détenu pendant trois mois et condamné à mort, il est libéré grâce à l'intervention de son geôlier, un jeune révolutionnaire idéaliste du nom de Douch. 1988. En visitant l'ancien centre de torture de S21, Bizot découvre que son "libérateur" est responsable de la mort de milliers de personnes. 2003. Bizot revoit Douch pour la première fois. Un étrange dialogue se poursuit au-delà de leur rencontre, où Douch s'expose avec une sincérité déroutante. 2009. Au procès des Khmers rouges, dont Douch est à ce jour l'unique accusé, Bizot est le seul témoin convoqué par la Chambre. Dans une déposition bouleversante, dédiée à la mémoire de ses compagnons disparus, il expose la tragique interrogation qui est au centre de sa vie, comment reconnaître les crimes des bourreaux dans toute leur dimension sans mettre en cause l'homme lui-même ? Comment faire face à Douch sans nous regarder dans le miroir ? Le silence du bourreau retrace les différentes étapes du dévoilement intérieur, douloureux, jamais achevé, par lequel une innocence est perdue pour toujours. Ce récit personnel, d'une intensité égale à celle du Portail, rejoint la collection très limitée des oeuvres écrites face à l'extrême, et qui nous permettent, dans la lucidité et la terreur, d'instruire cet éternel dossier que Romain Gary appelait "l'Affaire Homme".

Citation :
« Derrière le masque du monstre il faut s’efforcer de voir l’être humain. »
Ayant lu l’été dernier Le portail, et l’ayant apprécié, j’avais naturellement envie de m’intéresser d’un peu plus près à ce qu’avait à nous dire François Bizot à ce même sujet.
Si le portail relatait son vécu au Cambodge, ici, nous sommes dans le registre de la réflexion, du questionnement.
Il y a eu quelque chose de dérangeant à lire ce livre, pour l’ambiguïté qui ressort des propos de son auteur.
François Bizot, qui fut retenu au Cambodge, quelques moins en 1979, et libéré sous "l’influence favorable" de celui qui fut jugé, il y a peu pour actes de torture et de barbarie, et considéré comme responsable de milliers de mort. Douch a été le bourreau, mais aussi celui qui l’a libéré. Si l’auteur peut faire preuve d’empathie, il ‘y a aucun dédouanement de sa part.
Comment faire la part des choses ? Comment devient-on une figure du mal absolu alors qu’on a été un homme lettré, éduqué ?
Il est difficile à entendre qu’un homme puisse être ni tout à fait bon, ni tout à fait mauvais. Il est difficile à concevoir qu’en chaque bourreau, persiste une part d’humanité.
C’est à cela que François Bizot s’attèle dans cet ouvrage, fort bien écrit et documenté. Sa réflexion s’articule autour de 5 chapitres repentant chacun une période historique déterminante. La lecture n’en est pas aisée ; j’ose dire que ce n’est pas un ouvrage grand public, et qu’il est préférable d’en avoir lu auparavant le Portail pour bien s’imprégner de ce dont il est question.


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MessageSujet: François Bizot   Lun 21 Jan 2013 - 8:40

J'avais lu "le Portail " pas spécialement réjouissant, mais très intéressant.

François Bizot a vécu une expérience extrêmement traumatisante...j'essaierai peut-être "le chant du bourreau " si je le trouve à la bibliothèque...quand on pense que Douch qui décidait de la mort d'un homme aussi facilement qu'on écrase un moustique était, si je me souviens bien, un prof de maths....ça fait peur affraid
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