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 László Krasznahorkai [Hongrie]

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MessageSujet: László Krasznahorkai [Hongrie]   Ven 3 Juin 2011 - 20:43


Né en 1954, László Krasznahorkai est l’un des écrivains hongrois contemporains les plus importants, auteur d’une dizaine de livres, romans, nouvelles et essais. Il poursuit un projet littéraire ambitieux, totalisant, qui culmine dans son roman Háború és háború, Guerre et guerre que les éditions Cambourakis traduiront prochainement . Son style est caractérisé par une prose étirée, enveloppante, parfois labyrinthique, d’une extrême acuité.

Traduite dans une dizaine de langues, son œuvre a été plusieurs fois primée, dans son pays et à l’étranger : il a notamment reçu le prix Kossuth, la plus haute distinction littéraire en Hongrie, en 2004. Seuls deux de ses romans ont été publiés en France, aux éditions Gallimard : Le Tango de Satan, en 2000, et La Mélancolie de la résistance en 2006.

source : cambourakis.com

Et cet homme est vraiment impressionnant, pas qu'il écrase par son savoir ou des manières vives voire intrusives mais parce que l'écouter sans comprendre (sauf si on comprend le hongrois) donne le sourire, que son calme vivant et sa parole longue retiennent, arrêtent sans brutalité. J'ai du dire sur un autre fil, peut-être d'une autre façon, qu'il pourrait être le même dans une autre époque, pas tout à fait un magicien, une personne avec plusieurs horizons et attentives à ceux-ci, avec qui l'ailleurs est un peu ici et là-bas... pourtant quelque chose de terrible, de froid passe dans ses mots et les extraits lus pendant la soirée à la librairie, de quoi faire naitre un peu de peur mais ravivant l'attention à une qualité subtile intrinsèque. Qui s'approche en partie d'un sens de la beauté. Je retiendrais beaucoup cette manière longue de parler, de pouvoir dire une chose avec l'espace nécessaire pour la former et la laisser voir presque un peu avant que ce ne soit une histoire. Très fort souvenir. Et re-coup de chapeau à la traductrice qui a su rendre naturellement ce qui n'est pas si simple.

pour aller un peu plus loin je vous propose une interview : litteraturehongroise.fr



Tango de Satan

éditeur a écrit:
Ce roman nous transporte dans la grande plaine hongroise balayée par le vent et l'incessante pluie d'automne. Dans une ferme collective démantelée et livrée à l'abandon, quelques habitants végètent, s'épiant et complotant les uns contre les autres, lorsqu'une rumeur annonce le retour de deux autres personnages que l'on croyait morts. Cette nouvelle bouleverse ces êtres en manque de perspective. Certains y voient l'arrivée d'un messie, d'autres redoutent celle de Satan... Farce noire teintée d'ironie, ce roman, conçu comme un tango où les danseurs viendraient les uns après les autres sur la piste de danse, nous plonge dans un voyage poétique peuplé de solitude et de mélancolie, une quête de vérité emplie d'humanité sur la place de notre existence face au Temps.
Tango de Satan fut salué par la critique hongroise et allemande et donna naissance à un film culte, portant le même titre, réalisé par Béla Tarr.
Un livre à la fois étrange, noir, et beau. Avec une qualité de Livre, le mélange de l'histoire, de la narration et de l'écriture. L'exploitation est moderne, c'est vrai et ça a un sens (lire l'interview plus haut) mais ce n'est pas que ça, on lit un livre, dans ce moment. Une atmosphère lourde et constante, un peu surréaliste, parfois burlesque... qui pousserait au mal, allez savoir. ça m'a rappelé cette singularité d'une atmosphère à la Woyzeck. C'est horriblement juste et intuitif et pourtant cela continu, non sans attente, vers autre chose d'incertain. L'attente, la potentialité, le changement sont présents comme rarement dans la distance et cette oscillation qui peut rendre possible... et on se laisse guider, les choses sont... et c'est à l'écrire que je comprends mieux la remarque sur une écriture qui exprime toujours la distance juste, ou présente.

Dans le monde étriqué et délétère de cette exploitation ou de la ville proche, dans les champs, la brume et les ruines autre chose coexiste. Les portraits désabusés, moqueurs, sont acides et déchirants en fin de compte car si rien en fin de compte ou personne ne semble pouvoir réellement racheter qui que ce soit (une lueur quand même dans ces présages incertains), il y a un mal en amont, qui abime les êtres. Et c'est profondément humain en ayant l'air juste alors que l'immédiateté est absente. Et ce n'est pas un regard de l'écrivain que l'on admire mais les personnages que l'ont ressent.

Et une lecture évidente dans son apparence, sans contrainte, seulement un frisson. Il y a quelque chose à lire. J'aime bien dire que quelque chose est intéressant mais ici ça aurait l'air trop banal.

et quand je lis :

Cela fait des années que j’aurais aimé écrire un livre dans lequel ne figure aucun être humain. Eh bien, le voilà. Je le décris avec bonheur au moyen de termes banals

Alors j'ai très envie de lire, vous n'avez jamais eu cette envie de lire quelque chose sans être humain ?


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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Dim 5 Juin 2011 - 20:40

et le début (déjà posté mais en espérant faire baver ceux qui l'auraient raté) :


Citation :
Un matin, à la fin du mois d'octobre, peu avant que les premières gouttes des longues et impitoyables pluies d'automne commencent à tomber sur le sol craquelé, à l'ouest de l'exploitation (et qu'une mer de boue putride rende les chemins vicinaux impraticables et la ville inaccessible jusqu'aux premières gelées), Futaki fut réveillé par le son des cloches. A environ quatre kilomètres au sud-ouest, près du hameau d'Hochmeiss, se trouvait bien une chapelle isolée, mais il n'y avait pas de cloche et le clocher lui-même s'était effondré pendant la guerre, quant à la ville, elle était trop éloignée pour que ses bruits s'égarent jusqu'ici. D'autre part, ce carillon, cette volée de voix triomphales ne semblaient pas éloignés, au contraire, c'était comme si le vent les avait détournés ("Quelque part près du moulin...") pour les déposer ici. Il s'accouda sur l'oreiller afin de regarder par la minuscule lucarne de la cuisine mais, derrière la vitre à moitié embuée, l'exploitation, noyée dans le bleu de l'aurore et dans l'écho mourant du carillon, restait muette et immobile : en face, les maisons dispersées ne laissaient filtrer qu'une seule lueur, à travers les rideaux de la fenêtre du docteur, mais simplement parce que celui-ci ne pouvait - depuis déjà de nombreuses années - dormir dans l'obscurité. Il retint sa respiration pour qu'aucun son ne s'échappe, ne se perde emporté par le flux et reflux du carillon, car il voulait savoir la vérité ("Futaki, tu n'es pas bien réveillé...") et pour cela chaque son, même le plus isolé, lui était nécessaire. De sa légendaire démarche feutrée de chat, il boitilla sur le carrelage glacé de la cuisine ("Personne n'est donc réveillé? Personne n'entend? Personne à part moi ?"), ouvrit la fenêtre et se pencha dehors. L'air humide et glacial lui fouetta le visage, il dut un instant fermer les yeux; le chant du coq, les aboiements dans le lointain, les violentes bourrasques de vent qui s'étaient levées quelques minutes auparavant s'étaient mués en un profond silence, il avait beau prêter l'oreille, il n'entendait que les battements sourds de son cœur, comme si tout cela n'avait été que le jeu de son imagination, un songe, comme si ("... quelqu'un essaierait-il de me faire peur ?"). Avec tristesse il observa le ciel sombre et menaçant, les vestiges desséchés de l'été infesté de sauterelles, et brusquement, à travers les feuillages d'un même acacia, il vit défiler tour à tour le printemps, l'été, l'automne et l'hiver, comme s'il venait de percevoir la pitrerie du temps qui, dans l'immuable sphère d'éternité, nous fait croire, en donnant l'illusion d'une route droite qui traverserait le chaos du désordre et en créant la hauteur, à l'inéluctabilité de la folie..., puis il se vit sur la croix du berceau et du cercueil, convulse de douleur, avant qu'un jugement sèchement prononcé ne le livre, dépouillé (sans grade ni titre), aux mains des laveurs de cadavres, aux rires bruyants des équarrisseurs à l'ouvrage, pour qu'il prenne sans indulgence la mesure des réalités humaines sans qu'aucun sentier ne puisse le ramener en arrière, pour qu'il comprenne qu'il s'est engagé dans une partie avec des cartes truquées, une partie jouée à l'avance et qui le dépouillera de son ultime atout, l'espoir de se sentir un jour chez lui. Il tourna la tête vers le quartier est de la coopérative, là où les bâtiments autrefois surpeuplés et bruyants tombaient désormais en ruine, contempla avec amertume les premiers rayons rouges du soleil tuméfié alors qu'ils transperçaient les solives d'une ferme délabrée au toit dégarni. "Je dois me décider une bonne fois pour toute. Je dois partir d'ici." Il se blottit à nouveau sous la chaude couverture, posa la tête sur son bras mais ne put fermer l'œil; ses hallucinations auditives le faisaient encore frémir, mais plus encore ce soudain silence, cette inquiétante absence de bruit, car désormais, il le sentait, tout pouvait arriver. Mais rien ne bougea, lui même resta immobile dans le lit jusqu'au moment où les objets silencieux qui l'entouraient ...

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Dim 5 Juin 2011 - 20:54

Mais que vont faire ces objets silencieux?? alien

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Mar 12 Juil 2011 - 19:48

Tango de Satan


Dans une ferme collective en cours de démantèlement dans la plaine hongroise, une poignée de personnes tente de s’accrocher, de survivre, tout en rêvant à une impossible évasion, à une autre vie, à un ailleurs meilleur. Tout en observant ses voisins, en tentant de les abuser pour se sortir du guêpier dans lequel ils sont plongés jusqu’au cou. L’annonce de l’arrivée de deux personnages que l’on croyait morts, réveille les espoirs de tous, prêts à confier tous leurs économies et rêves à Irimias, personnage trouble au verbe facile, et à la promesse large. Et ses discours ne vont pas décevoir les attentes placées en lui….

Laszlo Krasznahorkai a une superbe écriture, un souffle, une respiration de la phrase maîtrisée à la perfection, qui embarque le lecteur, le porte, sans possibilité de fuite. La galerie des personnages, mi-réalistes, mi fantastiques est magistrale, même si pas complètement originale en fin de compte. Le monde en décomposition est somptueux, on a la sensation de pouvoir toucher les décors, tellement ils sont finement rendus. Du grand art maîtrisé, un grand plaisir de lecture.

Même si malgré tout l’art de l’auteur, un petit quelque chose d’attendu quand même dans cet univers, dans ces personnages (prêts à signer n'importe quoi à un sauveur de pacotille, à n'importe que charlatan suite à l'effondrement de leur monde) , et une fin un tout petit peu moins à la hauteur que ce qui précède. Mais ce sont de toutes petites réserves, et je vais continuer à me plonger dans les livres de l’auteur, enfin ceux qui sont disponibles, ce qui ne fait pas grand-chose malheureusement, parce qu’incontestablement il a un talent fou et rare.

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Mar 12 Juil 2011 - 20:29

la fin ou la toute fin ? (j'aime bien la toute fin). Enfin voilà un avis qui fait plaisir à lire (j'étais impatient mais confiant)... pas grand chose de traduit dans les étagères c'est une raison de plus pour le lire ? un espoir d'en lire plus un jour ?

ce qui est presque dépaysant aussi pour un contemporain (... ?) c'est l'absence d'autofiction, l'histoire complètement placée en marge et très cohérente, homogène.

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Mar 12 Juil 2011 - 20:49

Tu as raison, le dernier chapitre est très jouissif, c'est plutôt ce qui précède, la fin des autres personnages, leur dissolution en quelque sorte que j'ai trouvé un peu décevante, facile peut être.

En français, trois autres livres sont accessibles, et un pas traduit ici vient de sortir en polonais, cela m'en fait donc encore 4.

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Ven 30 Sep 2011 - 21:24


Au nord par une montagne. Au sud par un lac. À l’ouest par des chemins. À l’est par un cours d’eau.

quatrième de couverture a écrit:
Conte philosophique, méditation esthétique, ce court roman met en scène le cheminement d’un mystérieux personnage, le petit fils du prince Genji, en quête d’un jardin secret, incarnation suprême de la beauté. Un brillant et très libre hommage à la culture japonaise par un des plus grand écrivains hongrois contemporain.

C’est au cours de la dernière décennie de la période Tokugawa qu’il lut pour la première fois le célèbre livre illustré Cent beaux jardins, l’ouvrage était tombé par hasard entre ses mains, il l’avait feuilleté et fut immédiatement captivé, et si les quatre-vingt-neuf premiers dessins étaient extrêmement intéressants, il fut complètement fasciné par le centième, le « jardin caché », il regarda le dessin, lut la description, et l’ensemble, dessin et description, prit instantanément corps dans son imagination, et à partir de cet instant, il lui fut impossible de s’en libérer, à partir de cet instant, le « jardin caché » ne relâcha plus son emprise sur lui, il ne put le chasser de son esprit, il le voyait en permanence, sans pouvoir en appréhender la réalité, et, quoi de plus naturel, il éprouva au bout d’un certain temps le désir de le voir…
source : cambourakis.com

Un livre qui présente bien et se fait attrayant avec sa police de caractère épaisse et bien lisible, le texte organisé en courts chapitres numérotés en romain et commençant à II. On a rapidement le goût de l'épure qui va aller avec le contexte extrême oriental et plus particulièrement japonais, quelque chose d'attendu. Attendu qui est là mais se complexifie rapidement sans ôter au texte sa fluidité, celle d'une sorte de rêve en plein soleil très précis, très net. Incroyablement net.

Se déroule un étonnant mélange, et incontournable, de cette précision très poussée dans laquelle des énumérations séquentielles forcent l'esprit, et d'un jeu de miroir et de paysage complexe et particulièrement cohérent. Comme une estampe, ou le jardin qui habite le livre et ce prince qui n'en finit de le chercher. L'épure esthético-philosophique est poussée jusqu'au bout et reprend la patience qui n'a pas de temps et qui est celle d'une attention particulière.

Et quand les formes se figent... le décor est troublé par des impulsions très terre à terre. On pourrait dire que László Krasznahorkai a écrit un passionnant système monde mais alors passionnant ne voudrait rien dire. Il le conte autant qu'il le dit et c'est identique. C'est une vision complète avec ses angles et ses horreurs, une vision avec la beauté et l'attention. Une sublime expression d'un écart esthétique, une perception de la pensée au sens le plus large. ce recul sur la beauté...

C'est une espèce rare de prodige naturel qui est offert dans ce livre. J'ai retrouvé les qualités du Tango de Satan appliquées légèrement autrement et en rien affaiblies à travers une écriture plus légère, qui se joue encore avec facilité du réel trop réel.

Le contenu est de ceux qui apportent, qui donnent autre chose (aller, pour le rapport à la pensée et l'image orientale je place la révélation au même niveau que celle provoquée par ma lecture de la tentation de l'occident, et en un sens il va plus loin. avec un naturel étrange je l'associe dans ma confiance à ... des auteurs comme Blanchot ou Ramuz). Et c'est tellement bien écrit, ça semble si facile. ah ! un chef d'oeuvre ? peut-être, là encore ça ne voudrait rien dire. C'est un auteur très estimable.

je vous renvoie plus a propos à l'interview déjà proposée : litteraturehongroise.fr

vous pouvez-lire les deux premiers chapitres sur le site de l'éditeur (voir plus haut).

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Ven 30 Sep 2011 - 21:59

Ma prochaine lecture sera La mélancolie de la résistance du Monsieur, dont on m'a dit le plus grand bien. miammiam

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Ven 30 Sep 2011 - 22:02

Je retiens de ton commentaire surtout patience et passionnant
la patience, je ne l'ai probablement pas eu et ne trouvant rien de passionnant, ce livre n'a pas eu la chance lors d'une première tentative.. mais je n'abandonne pas si facilement.. je vais le reprendre à un autre moment plus propice

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Ven 30 Sep 2011 - 22:15

à moi aussi ! ce qui est diablement fabuleux c'est de voir sa qualité (pas au sens quantitatif) aussi présente avec une écriture qui endosse le costume de l'épure. Et un tel rapport à l'esthétique signifie tellement... ! c'est comme cette manière de parler sans âge. ce bonhomme écrit un texte sans âge avec un distributeur automatique (quelque part dans le texte) ! ça serait du vice si ça n'apparaissait pas aussi simple.

Il ne faut pas s'y tromper on va pouvoir aller chercher à discuter sur des points de détails, éventuels ou improbables imperfections dues à des choix (qui ne peuvent résulté de la traduction), mais c'est ça aussi la force ou la beauté de quelque chose de si signifiant, c'est la liberté prise d'exprimer.

je l'ai lu fatigué, de façon hachée, j'ai même coupé certains de ces chapitres les plus longs, 10 pages ? on n'a seulement peur de perdre une miette de cette construction si particulière (proche du tango de satan) tout en sachant presque immédiatement que cette peur n'a pas de sens, elle fait elle aussi parti de ce texte, de ce livre.

c'est dans les limites de l'humanité mais quoi après ? c'est là. et on peut le lire, être saisi et alerté autant qu'émerveillé.

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Mar 11 Oct 2011 - 18:20

La mélancolie de la résistance


Le livre s’ouvre sur une sorte de prélude : le voyage de Mme Pfaum, une paisible retraitée qui revient chez elle après un petit séjour dans sa famille. Et ce qui devrait être une petite routine confortable, s’avère presque un passage de film d’horreur. C’est que le monde est en train de changer, de se désagréger, et que d’inquiétants individus semblent prendre possession des lieux, les trains ne sont plus sûrs, et ne respectent certainement plus les horaires. Quand à la ville d’étranges et effrayants phénomènes s’y produisent : les ordures s’accumulent, les rues ne sont plus éclairées, la température est bien trop froide pour la saison, le château d’eau s’effondre sans raison. Une catastrophe semble planer sur la ville. Et dans la deuxième partie du roman nous voyons tous les signes maléfiques converger vers un cirque à l’unique attraction, une monstrueuse baleine. Cela semble être le foyer, la source, de toutes les perturbations qui s’accumulent sur la ville. L’observateur privilégié de ce qui arrive est Valuska, le fils de Mme Pfaum, un étrange personnage vivant dans son monde, et qui passe son temps à parcourir la ville. La catastrophe semble imminente, les habitants se terrent chez eux en espérant échapper à la violence qui couve, et certains espèrent tirer profit des tragiques événements annoncés.

J’ai été vraiment impressionnée par ce roman, maîtrisé de bout en bout, et d’une très grande richesse. László Krasznahorkai joue sur plusieurs registres, la terreur, le grotesque, l’ironie. Son univers est à la fois d’une très grande précision, plein de détails (les réserves alimentaires de Mme Pfaum par exemple) et en même temps fantastique, il arrive à se mettre fans la petite fente, le petit interstice dans lequel le réel déraille, se change en autre chose. Tout en restant reconnaissable, ce qui rend la transformation d’autant plus effrayante. Une vision noire et nihiliste du monde, mais non dépourvue d’un certain humour.

Il ne me reste plus qu'à visionner le filme que Bela Tarr a tiré du roman : Les harmonies Werckmeister.

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Sam 15 Oct 2011 - 13:38

impatient de le lire à mon tour, et impatient de voir Satantango du réalisateur (il va me falloir poser une journée de congé pour ça je crois). Apparemment c'est encore une tranquillité inquiète voire erronée. Pour mes deux lectures je reste très friand de la construction, une sorte de boucle qui ne revient pas tout à fait au point de départ et avec un monde en chemin.

mais pour la lecture il ne faut pas abuser des bonnes choses (rares en français) et je vais attendre...

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Sam 15 Oct 2011 - 13:50

Je comprends bien que tu veilles économiser un peu, comme ça tu c'est que tu as en réserve. J'ai trouvé ce deuxième encore meilleur que Tango de Satan. Pour ce film, j'attends les vacances de Noël, mais Les harmonies Werckmeister c'est beaucoup plus court.

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Sam 15 Oct 2011 - 14:19

Pour info le dernier film de Bela Tarr "Le cheval de Turin", qui a reçu le lion d'argent a Venise, a ete écrit par Laszlo Krasznahorkai. Une collaboration toujours tres étroite. Le sujet est intéressant:

Synopsis : A Turin, en 1889, Nietzsche enlaça un cheval d'attelage épuisé puis perdit la raison. Quelque part, dans la campagne : un fermier, sa fille, une charrette et le vieux cheval. Dehors le vent se lève. (allocine)

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MessageSujet: Re: László Krasznahorkai [Hongrie]   Sam 15 Oct 2011 - 15:41

Marko a écrit:


Synopsis : A Turin, en 1889, Nietzsche enlaça un cheval d'attelage épuisé puis perdit la raison. Quelque part, dans la campagne : un fermier, sa fille, une charrette et le vieux cheval. Dehors le vent se lève. (allocine)

J'imagine très bien le film dentsblanches

La sortie est prévue pour quand ?

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