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 Jean Richepin

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Steven
Zen littéraire


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MessageSujet: Jean Richepin   Sam 9 Juil 2011 - 15:38



Citation :
Poète français né à Médéa (aujourd'hui Lemdiyya) en Algérie, le 4 février 1849, et mort à Paris le 12 décembre 1926.

Avant d'être un auteur célèbre, aujourd'hui bien oublié, Jean Richepin fut un "personnage", une tête, et, si l'on peut dire, une "forte gueule" de la bohème parisienne (du quartier Latin à Montmartre), avec son imposante stature, sa moustache agressive et son regard fier. Malgré quelques faiblesses (que l'on retrouve surtout dans ses romans et ses pièces de théâtre), il reste un grand poète et un conteur plaisant dont les oeuvres ne manquent ni de corps ni de saveur.

Sans caricaturer, j'aime le souffle de vie qui transparait dans les poèmes du jeune Richepin. Anar, sans doute. Mais comme beaucoup, il se rangera, au point d'épouser des opinions contraires à tout ce qu'il a longtemps écrit dans ses poèmes.



Il reste néanmoins des ballades, c'est comme ça que j'aime qualifier ses poèmes plein d'humanité et de tendresse pour la faiblesse humaine.

Citation :
La flûte
Je n'étais qu'une plante inutile, un roseau.
Aussi je végétais, si frêle, qu'un oiseau
En se posant sur moi pouvait briser ma vie.
Maintenant je suis flûte et l'on me porte envie.
Car un vieux vagabond, voyant que je pleurais,
Un matin en passant m'arracha du marais,
De mon cœur, qu'il vida, fit un tuyau sonore,
Le mit sécher un an, puis, le perçant encore,
Il y fixa la gamme avec huit trous égaux ;
Et depuis, quand sa lèvre aux souffles musicaux
Éveille les chansons au creux de mon silence,
Je tressaille, je vibre, et la note s'élance ;
Le chapelet des sons va s'égrenant dans l'air ;
On dirait le babil d'une source au flot clair ;
Et dans ce flot chantant qu'un vague écho répète
Je sais noyer le cœur de l'homme et de la bête.


Un site très bien fait sur cet auteur: Jean Richepin

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Dernière édition par Steven le Sam 9 Juil 2011 - 16:35, édité 1 fois
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Steven
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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Sam 9 Juil 2011 - 15:46

Les plus connus de ces poèmes sont :

Citation :
Ballade du Roi des Gueux

Venez à moi, claquepatins,
Loqueteux, joueurs de musettes,
Clampins, loupeurs, voyous, catins,
Et marmousets, et marmousettes,
Tas de traîne-cul-les-housettes,
Race d'indépendants fougueux !
Je suis du pays dont vous êtes :
Le poète est le Roi des Gueux.

Vous que la bise des matins,
Que la pluie aux âpres sagettes,
Que les gendarmes, les mâtins,
Les coups, les fièvres, les disettes
Prennent toujours pour amusettes,
Vous dont l'habit mince et fongueux
Paraît fait de vieilles gazettes,
Le poète est le Roi des Gueux.

Vous que le chaud soleil a teints,
Hurlubiers dont les peau bisettes
Ressemblent à l'or des gratins,
Gouges au front plein de frisettes,
Momignards nus sans chemisettes,
Vieux à l'oeil cave, au nez rugueux,
Au menton en casse-noisettes,
Le poète est le Roi des Gueux.

ENVOI

Ô Gueux, mes sujets, mes sujettes,
Je serai votre maître queux.
Tu vivras, monde qui végètes !
Le poète est le Roi des Gueux.

"Venez à moi, claquepatins,
Loqueteux, joueurs de musettes,
Clampins, loupeurs, voyous, catins,
Et marmousets, et marmousettes,
Tas de traîne-cul-les-housettes,
Race d'indépendants fougueux !
Je suis du pays dont vous êtes :
Le poète est le Roi des Gueux."
Ce premier couplet aime Crions-le ensemble ! Le poète est le roi des gueux !

Et bien sûr, mis en musique par Brassens :

Citation :
Les oiseaux de passage

C'est une cour carrée et qui n'a rien d'étrange :
Sur les flancs, l'écurie et l'étable au toit bas ;
Ici près, la maison ; là-bas, au fond, la grange
Sous son chapeau de chaume et sa jupe en plâtras.

Le bac, où les chevaux au retour viendront boire,
Dans sa berge de bois est immobile et dort.
Tout plaqué de soleil, le purin à l'eau noire
Luit le long du fumier gras et pailleté d'or.

Loin de l'endroit humide où gît la couche grasse,
Au milieu de la cour, où le crottin plus sec
Riche de grains d'avoine en poussière s'entasse,
La poule l'éparpille à coups d'ongle et de bec.

Plus haut, entre les deux brancards d'une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d'aise, assoupi,
Hérissé, l'œil mi-clos recouvert par la crête,
Ainsi qu'une couveuse en boule est accroupi.

Des canards hébétés voguent, l'oeil en extase.
On dirait des rêveurs, quand, soudain s'arrêtant,
Pour chercher leur pâture au plus vert de la vase
Ils crèvent d'un plongeon les moires de l'étang.

Sur le faîte du toit, dont les grises ardoises
Montrent dans le soleil leurs écailles d'argent,
Des pigeons violets aux reflets de turquoises
De roucoulements sourds gonflent leur col changeant.

Leur ventre bien lustré, dont la plume est plus sombre,
Fait tantôt de l'ébène et tantôt de l'émail,
Et leurs pattes, qui sont rouges parmi cette ombre,
Semblent sur du velours des branches de corail.

Au bout du clos, bien loin, on voit paître les oies,
Et vaguer les dindons noirs comme des huissiers.
Oh ! qui pourra chanter vos bonheurs et vos joies,
Rentiers, faiseurs de lards, philistins, épiciers ?

Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu'avril bourgeonne
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents.
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ca lui suffit, il sait que l'amour n'a qu'un temps.

Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : " C'est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j'ai fait mon devoir. "

Elle a fait son devoir ! C'est à dire que oncque
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Elle ne sentit pas lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil,
pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume
Et mourir au matin sur le coeur du soleil.

Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
Toujours pour ces gens-là cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec, et n'eut jamais envie
Ou de n'en plus avoir ou bien d'en avoir deux.

Aussi, comme leur vie est douce, bonne et grasse !
Qu'ils sont patriarcaux, béats, vermillonnés,
Cinq pour cent ! Quel bonheur de dormir dans sa crasse,
De ne pas voir plus loin que le bout de son nez !

N'avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !

Oh ! les gens bienheureux !... Tout à coup, dans l'espace,
Si haut qu'il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Les pigeons, le bec droit, poussent un cri de flûte
Qui brise les soupirs de leur col redressé,
Et sautent dans le vide avec une culbute.
Les dindons d'une voix tremblotante ont gloussé.

Les poules picorant ont relevé la tête.
Le coq, droit sur l'ergot, les deux ailes pendant,
Clignant de l'œil en l'air et secouant la crête,
Vers les hauts pèlerins pousse un appel strident.

Qu'est-ce que vous avez, bourgeois ? soyez donc calmes.
Pourquoi les appeler, sot ? Ils n'entendront pas.
Et d'ailleurs, eux qui vont vers le pays des palmes,
Crois-tu que ton fumier ait pour eux des appas ?

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L'air qu'ils boivent feraient éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d'atteindre sa chimère,
Plus d'un, l'aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout les fils de la chimère,
Des assoiffés d'azur, des poètes, des fous.

Ils sont maigres, meurtris, las, harassés. Qu'importe !
Là-haut chante pour eux un mystère profond.
A l'haleine du vent inconnu qui les porte
Ils ont ouvert sans peur leurs deux ailes. Ils vont.

La bise contre leur poitrail siffle avec rage.
L'averse les inonde et pèse sur leur dos.
Eux, dévorent l'abîme et chevauchent l'orage.
Ils vont, loin de la terre, au dessus des badauds.

Ils vont, par l'étendue ample, rois de l'espace.
Là-bas, ils trouveront de l'amour, du nouveau.
Là-bas, un bon soleil chauffera leur carcasse
Et fera se gonfler leur cœur et leur cerveau.

Là-bas, c'est le pays de l'étrange et du rêve,
C'est l'horizon perdu par delà les sommets,
C'est le bleu paradis, c'est la lointaine grève
Où votre espoir banal n'abordera jamais.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux.
Et le peu qui viendra d'eux à vous, c'est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.

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Steven
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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Sam 9 Juil 2011 - 17:44

Ce que dit la pluie

M'a dit la pluie : Écoute
Ce que chante ma goutte,
Ma goutte au chant perlé.
Et la goutte qui chante
M'a dis ce chant perlé :
Je ne suis pas méchante,
Je fais mûrir le blé.

Ne sois pas triste mine
J'en veux à la famine.
Si tu tiens à ta chair,
Bénis l'eau qui t'ennuie
Et qui glace ta chair ;
Car c'est grâce à la pluie
Que le pain n'est pas cher.

Le ciel toujours superbe
Serait la soif à l'herbe
Et la mort aux épis.
Quand la moisson est rare
Et le blé sans épis,
La paysan avare
Te dit : Crève, eh ! tant pis !

Mais quand avril se brouille,
Que son ciel est de rouille,
Et qu'il pleut comme il faut,
Le paysan bonasse
Dit à sa femme : il faut,
Lui remplir sa besace,
Lui remplir jusqu'en haut.

M'a dit la pluie : Écoute
Ce que chante ma goutte,
Ma goutte au chant perlé.
Et la goutte qui chante
M'a dit ce chant perlé
Je ne suis pas méchante,
Je fais mûrir le blé.

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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Mar 27 Déc 2011 - 8:36

Hier et aujourd'hui la végétation a enfilé ses habits d'hiver. Premières gelées de cet hiver.

Citation :


Première gelée

Voici venir l'Hiver, tueur des pauvres gens.

Ainsi qu'un dur baron précédé de sergents,
Il fait, pour l'annoncer, courir le long des rues
La gelée aux doigts blancs et les bises bourrues.
On entend haleter le souffle des gamins
Qui se sauvent, collant leurs lèvres à leurs mains,
Et tapent fortement du pied la terre sèche.
Le chien, sans rien flairer, file ainsi qu'une flèche.
Les messieurs en chapeau, raides et boutonnés,
Font le dos rond, et dans leur col plongent leur nez.
Les femmes, comme des coureurs dans la carrière,
Ont la gorge en avant, les coudes en arrière,
Les reins cambrés. Leur pas, d'un mouvement coquin,
Fait onduler sur leur croupe leur troussequin.

Oh ! comme c'est joli, la première gelée !
La vitre, par le froid du dehors flagellée,
Étincelle, au dedans, de cristaux délicats,
Et papillotte sous la nacre des micas
Dont le dessin fleurit en volutes d'acanthe.
Les arbres sont vêtus d'une faille craquante.
Le ciel a la pâleur fine des vieux argents.

Voici venir l'Hiver, tueur des pauvres gens.

Voici venir l'Hiver dans son manteau de glace.
Place au Roi qui s'avance en grondant, place, place !
Et la bise, à grands coups de fouet sur les mollets,
Fait courir le gamin. Le vent dans les collets
Des messieurs boutonnés fourre des cents d'épingles.
Les chiens au bout du dos semblent traîner des tringles.
Et les femmes, sentant des petits doigts fripons
Grimper sournoisement sous leurs derniers jupons,
Se cognent les genoux pour mieux serrer les cuisses.
Les maisons dans le ciel fument comme des Suisses.
Près des chenets joyeux les messieurs en chapeau
Vont s'asseoir ; la chaleur leur détendra la peau.
Les femmes, relevant leurs jupes à mi-jambe,
Pour garantir leur teint de la bûche qui flambe
Étendront leurs deux mains longues aux doigts rosés,
Qu'un tendre amant fera mollir sous les baisers.
Heureux ceux-là qu'attend la bonne chambre chaude !
Mais le gamin qui court, mais le vieux chien qui rôde,
Mais les gueux, les petits, le tas des indigents...

Voici venir l'Hiver, tueur des pauvres gens.

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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Ven 1 Nov 2013 - 18:14

Jean Richepin en effet est quelque peu oublié. C'est peut-être dommage.
Merci Steven pour ce florilège.
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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Dim 10 Mai 2015 - 8:58

Truandailles

publié par Le Vampire actif

Plusieurs choses dans le livre à commencer par une partie introductive qui donne des repères biographiques et donne l'axe de lecture choisi pour le livres : l'argot, avec ce que ça implique de social et de liberté de ton.

On a aussi un petit glossaire pour clôturer l'ensemble et qui sert un peu mais pas tant que ça à la lecture des Truandailles du titre, à savoir une vingtaine de nouvelles qui sont des portraits riches en anecdotes marquantes de personnages hors-normes : forains (avec lesquels a pu traîner l'auteur), mendiants,... des histoires comme il se doit pas toutes politiquement correctes et pas forcément rigolotes. Pour la forme en tout cas elles sont du genre bien arrangées avec des chutes efficaces voire cassantes !

Ensuite et ce n'est pas un petit morceau, on se prépare aux "pièces supprimées" de La chanson des gueux (conservées et revenues par la Belgique) qui lui valurent quelques problèmes avec la censure. Pour se préparer on en revient à l'argot avec déjà des extraits de Victor Hugo et Eugène Sue et si après on a un extrait suffisant des Mystères de Paris on en a un copieux des Misérables et un autre qui est un développement de Victor Hugo sur l'argot justement.

Puis les chansons/poèmes supprimés qui ont leur charme mais, je si dans l'ensemble ça m'a intéressé malgré la qualité réelle des Truandailles je n'ai pas vibré non plus plus que ça. Par contre les deux larges morceaux de Hugo ça m'a plus titiller, ça fait envie même. Dans une moindre mesure la partie essai qui toute solide qu'elle soit a comme un étrange parfum de naïveté ?

Ne boudons quand même pas le plaisir il y a de bien bonnes tournures qui font mouche dans ce livre... (extraits, p'tet ultérieurement).

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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Dim 10 Mai 2015 - 9:18

animal a écrit:
Truandailles
Ne boudons quand même pas le plaisir il y a de bien bonnes tournures qui font mouche dans ce livre... (extraits, p'tet ultérieurement).

Qu'est-ce que c'est que ce "peut-être" ? Tu nous mets l'eau à la bouche et l'on doit rester sur sa faim ? Des extraits, des extraits !

De toutes façons, ça m'a donné envie de réécouter à l'envie l'une de mes chansons préférées. Les voisins en deviendront fous (de rage ou d'amour pour le texte ou/et la musique ?... à voir.)
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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Dim 10 Mai 2015 - 13:35

allons-y alors...

Citation :
- Ce qu'il y a de sûr et certain, raconta-t-il plus tard, c'est qu'avec ça je tenais mon larbonchem à la traîne, obligé de décaniller de sa turne, et en redingue. Dame ! Pour aller voir le curieux, et vacation payée, on sort, on peut pas faire autrement ; surtout un sinve comm' celui-là ! Et on met e qu'on a de plus urf. Or, lui, y a pas d'erreur, il n'y a qu'deux costumes : en bras d'limace ou en rédingue. Donc il ne pouvait s'esbigner qu'en rédingue.
Et Polyte y tenait, à ce que Leroy-Mezodenc fût en rédingue ! Car, ainsi qu'on va le voir, le mauvais bougre avait tout combiné, tout deviné, jusqu'à l'imbroglio qui devait... Mais ne lui coupons pas ses effets, et suivons le fil de l'histoire !


Citation :
Mais voilà ! Dans cet infernal Paris, grouillante cohue de concurrences qui s'entre-dévorent, la renommée ne vient aux filles, comme aux artistes la gloire, qu'en leur arrière-saison. Elles ressemblent par là aux pierres précieuses, dont les plus célèbres sont celles qui ont été le plus souvent montées.
Et c'est pourquoi battait obscurément son quart inutile, sous l'âpre brise de décembre, sans un sou dans sa poche, malgré sa tête de bacchante et son corps de déesse et la splendeur épanouie de ses vingt-trois ans, cette grande Fanny qui devait être plus tard une des plus brillantes et des plus riches étoiles de la galanterie parisienne.
Cependant l'heure suprême s'était écoulée. Plus un seul passant ! La rue était décidément vide, morne et morte. On n'y entendait plus que les sifflements entrecoupés de rafales. On n'y voyait plus vivre que les flammes des réverbères, tremblotantes, effarées, pareilles à des papillons agonisants. Allons, il n'y avait qu'à rentrer, et rentrer bredouille !
Soudain, au prochain carrefour, là-bas, sur la chaussée, la grande Fanny aperçut une forme humaine. Cela faisait halte, semblait hésiter, chercher son chemin. C'était enveloppé dans un vêtement qui pendait presque jusqu'à terre. C'était tout menu, tout gringalet, quelqu'un de très petit, à coup sûr.
- Peut-être un bosco, pensa la fille. Ils aiment les grandes femmes, ceux-là !

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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Dim 10 Mai 2015 - 20:05

chouette l'argot ! merci Animal !

(s'esbigner se dit couramment en Provence)

Exini ta chanson préférée ? (si tu veux bien) sourire

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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Dim 10 Mai 2015 - 20:35

Contribution à ma façon :


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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Dim 10 Mai 2015 - 21:53

C'est une de mes chanson préférées, mais ce n'est pas la seule  sourire . Un post antérieur d'Harelde indique le poème juste avant, et a recopié la totalité des vers.

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MessageSujet: Re: Jean Richepin   Aujourd'hui à 19:53

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