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 Zoë Jenny [Suisse]

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eXPie
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MessageSujet: Zoë Jenny [Suisse]   Dim 16 Oct 2011 - 18:23

JENNY Zoë
(16/03/1974 - )


Jenny Zoë est une écrivaine suissesse. Elle est la fille d'un éditeur et d'une peintre. Son premier roman, La Chambre des Pollens (1997), a reçu de très bonnes critiques, et a été - en Suisse - le premier livre le mieux vendu de "tous les temps" , comme on dit pour en imposer. Il a été traduit en 27 langues.
Elle a publié d'autres livres, essentiellement des romans, et en a même écrit un directement en anglais (The Sky is changing). D'ailleurs, elle vit à Londres. Elle a épousé un vétérinaire britanique, a eu une fille (difficilement, pour ceux que ça intéresse), tout ça a été suivi par la presse (je suis tombé sur le Schweizer Illustrierte) et a donné lieu à de jolies photos très émouvantes.
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eXPie
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Dim 16 Oct 2011 - 18:23


La Chambre des pollens (das Blütenstaubzimmer, 1997). 139 pages. Traduit de l'allemand par Nicole Roche. Gallimard.

Il s'agit donc du premier roman de l'auteur dont le frais minois illustre la couverture.

Il commence ainsi :
Citation :
"Lorsque ma mère partit s'installer dans un autre appartement, quelques rues plus loin, je restai chez mon père. La maison où nous habitions sentait la pierre humide. Dans la buanderie se trouvait une presse avec laquelle, tout le jour, mon père imprimait des livres. Quand je rentrais du jardin d'enfants, j'allais toujours le rejoindre dans la buanderie et nous montions ensemble à l'appartement où nous préparions notre déjeuner. Le soir, avant que je ne m'endorme, il dessinait des arabesques dans le noir avec une cigarette allumée. Après m'avoir apporté du lait chaud au miel, il s'asseyait à la table et commençait à écrire. Je m'endormais dans le murmure rythmé de la machine à écrire et si je m'éveillais, je pouvais, par la porte ouverte, voir sa tête, de dos - une claire auréaole de cheveux dans la lumière de la lampe de bureau - et les innombrables mégots de cigarettes qui s'alignaient, l'un à côté de l'autre, sur le bord de la table, pareils à de petits soldats." (page 7).
Ça commence pas mal, le personnage du père a l'air intéressant.
Malheureusement, ça ne va pas durer, on ne verra quasiment plus le père. On va se concentrer sur la mère, qui s'est remariée avec un peintre, et bientôt sur elle toute seule. Elle, et la narratrice, sont hélas deux personnages assez inintéressants.

On passera rapidement sur le "quand à eux" (page 50), et le "qui à fait démolir" (page 77), qui mettent en évidence que la relecture sérieuse, déjà en 1998, ça n'était pas vraiment ça. Moi aussi, je laisse des boulettes dans ce que je tape, mais j'ai une excuse : ce n'est pas mon métier. Dommage, ça pourrait facilement être plus intéressant que ce que je fais.
Mais revenons à nos moutons. Donc, la narratrice va rejoindre sa mère en Italie.
La quatrième de couverture dit :
Citation :
"Aux angoisses de l'enfance succèdent les problèmes d'une jeunesse confrontée au sida, à la drogue, aux rave-parties [sic, en fait, en 2011, ça s'écrit sans trait d'union, je ne sais pas ce qu'il en était en 1998]- et à la solitude [...]
Ce petit roman de formation traite de la relation mère-fille, mais plus encore c'est un réquisitoire de la génération « techno » contre celle des parents soixante-huitards".
Tous ces thèmes sont survolés à très haute altitude. Par exemple, la confrontation au sida se résume à un "« Il faut que tu fasses le test du sida »,", après que notre héroïne a couché un peu hâtivement avec un mec. On aurait mentionné à un moment un mendiant dans la rue, la quatrième de couverture nous aurait peut-être gratifié d'un "confrontée à la misère urbaine".

Tout frise l'insignifiance. Notre héroïne entre dans une "cabine entièrement automatique des toilettes publiques. Je jette une pièce dans la fente et je pénètre dans un local qui brille d'un vif éclat." (page 117). Elle n'arrive plus à en ressortir, il n'y a pas de poignée, ah la la. Trois quarts de page d'émotion intense plus tard, la porte s'est ouverte, c'est incroyable, je n'en pouvais plus d'angoisse. C'est le symbole de quoi ? La jeunesse germanique enfermée dans les toilettes ?

Et le passage chez le coiffeur, c'est long, presque aussi long et ennuyeux qu'en vrai. Sauf que là, je pouvais mettre la musique que je voulais pour accompagner ma lecture (chez mon coiffeur, c'est NRJ, mais ça n'intéresse personne... moi aussi, je peux donner dans l'insignifiant).

Pourquoi ce roman, beaucoup trop long pour ce qu'il a à dire (quasiment rien), a-t-il connu un tel succès (au moins critique) ? Est-ce que l'âge de l'auteur (23 ans à l'époque), et le fait qu'elle n'est pas exactement moche, et la fille d'un éditeur, ont pu jouer ? Mais ce serait voir le mal là où il n'est peut-être pas. Ou alors, peut-être était-ce un livre qui a pu plaire dans l'instant, 1997-1998, et dont déjà l'intérêt s'est évaporé.
Ou encore, j'ai mauvais goût. C'est possible.
Je ne sais pas.

On peut lire, sur swissinfo.ch que
swissinfo a écrit:
"Sa prose a été louée pour ses images précises et détaillées et son style a été comparé à ceux de Plath et Hemingway. Le Neue Zürcher Zeitung a mis Jenny à côté de Friedrich Dürrenmatt et Max Frisch comme les trois plus importants auteurs suisses lus en Allemagne".
Les bras m'en tombent.
Peut-être les livres suivants de Jenny sont-ils vraiment bien, eux ? Ou alors le critique du Neue Zürcher Zeitung n'a jamais lu Dürrenmatt ? Ou encore c'était de l'humour ?


Dernière édition par eXPie le Dim 16 Oct 2011 - 19:22, édité 1 fois
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Bédoulène
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Dim 16 Oct 2011 - 18:52

après ton commentaire, pas trop envie de noter ce livre..................................attendre peut-être un autre avis !

Il n'y a vraiment rien à garder ?

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bix229
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Dim 16 Oct 2011 - 19:10

J' attendrai donc qu' elle ait muri ! Quoi que ... Je suis comme Expie, j' aurais réagi comme lui...
Aller voir de plus près !
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eXPie
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Dim 16 Oct 2011 - 19:17

Son dernier bouquin, en anglais, parle apparemment des attentats à Londres. Peut-être est-il meilleur ? (ça fait un peu sujet dans le vent, mais qui sait ?)

Peut-être les germanophones du forum l'ont-ils lus en vo, ou bien ont un avis plus pertinent que le mien ? Parce que la comparaison avec Dürrenmatt et Frisch, quand même...

Bédoulène a écrit:
Il n'y a vraiment rien à garder ?
Le style n'est pas moche, mais il y a tellement rien (pour moi) que ça ne suffit vraiment pas...
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Arabella
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Dim 16 Oct 2011 - 19:41

Les frais minois sur les couvertures, cela peut être un sacré piège. dentsblanches

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La meilleure façon de résister à la tentation c'est d'y céder. (Oscar Wilde)
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eXPie
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Dim 16 Oct 2011 - 19:52

Arabella a écrit:
Les frais minois sur les couvertures, cela peut être un sacré piège. dentsblanches

rire
A ma décharge, je voulais l'emprunter avant d'avoir vu la couverture, pardon, le frais minois. C'était censé être un bon livre... jypeurien
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kenavo
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Lun 17 Oct 2011 - 8:33

eXPie a écrit:
Uu alors le critique du Neue Zürcher Zeitung n'a jamais lu Dürrenmatt ? Ou encore c'était de l'humour ?
en principe la Neue Zürcher Zeitung est un plutôt un garant de qualité, tout comme Die Zeit en Allemagne
ce sont souvent mes deux références pour les critiques littéraires

eXPie a écrit:
Peut-être les germanophones du forum l'ont-ils lus en vo, ou bien ont un avis plus pertinent que le mien ? Parce que la comparaison avec Dürrenmatt et Frisch, quand même...
non, jamais lu cette auteure.. un nom que j'ai croisé, mais dont les livres ne me parlaient pas..
mais même sans l'avoir lu, la comparaison avec Dürrenmatt et Frisch semble en effet ne pas tenir le coup
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Lun 17 Oct 2011 - 12:06

Je n'ai pas lu ce roman mais une nouvelle, l’"Été de Sophie", qui était plutôt light aussi.

Elle l'a apparemment écrite directement en anglais, on peut la lire ICI.
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rivela
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Lun 17 Oct 2011 - 19:40

eXPie a écrit:

Peut-être les livres suivants de Jenny sont-ils vraiment bien, eux ? Ou alors le critique du Neue Zürcher Zeitung n'a jamais lu Dürrenmatt ? Ou encore c'était de l'humour ?

Alors si le premier roman fut bien accueilli par la critique, après ça se gâte.

Citation :
«Le roman de Zoë Jenny est raté, tellement raté que l'on se demande s'il aurait dû être mis sur le marché sous cette forme-là.» A bon éditeur, salut! Décochée par l'un des piliers de la critique littéraire alémanique et publiée dans la très respectable NZZ, la pique est assassine. Pourtant, tant de hargne aurait pu prêter à sourire si, au fil des jours qui ont suivi la parution du second opus de Zoë Jenny, une certaine unanimité ne s'était fait jour dans la presse d'outre-Sarine: non, décidément, on est bien déçu en pays helvétique du nouveau roman de cet auteur que l'on croyait pourtant prodige.

Héhé ! Je n'ai jamais lu Zoé Jenny, je ne vais pas commencer aujourd'hui.
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eXPie
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MessageSujet: Re: Zoë Jenny [Suisse]   Lun 17 Oct 2011 - 20:54

rivela a écrit:
eXPie a écrit:

Peut-être les livres suivants de Jenny sont-ils vraiment bien, eux ? Ou alors le critique du Neue Zürcher Zeitung n'a jamais lu Dürrenmatt ? Ou encore c'était de l'humour ?

Alors si le premier roman fut bien accueilli par la critique, après ça se gâte.

Citation :
«Le roman de Zoë Jenny est raté, tellement raté que l'on se demande s'il aurait dû être mis sur le marché sous cette forme-là.» A bon éditeur, salut! Décochée par l'un des piliers de la critique littéraire alémanique et publiée dans la très respectable NZZ, la pique est assassine. Pourtant, tant de hargne aurait pu prêter à sourire si, au fil des jours qui ont suivi la parution du second opus de Zoë Jenny, une certaine unanimité ne s'était fait jour dans la presse d'outre-Sarine: non, décidément, on est bien déçu en pays helvétique du nouveau roman de cet auteur que l'on croyait pourtant prodige.

Héhé ! Je n'ai jamais lu Zoé Jenny, je ne vais pas commencer aujourd'hui.

Ah, merci Rivela, je n'avais pas vu ces réactions.
Ca parle de son second roman, j'ai vu l'article en entier, ici
C'est étonnant, car ce qui lui est reproché dans son deuxième livre, "Pas de motivation psychologique des événements décrits, pas d'ambivalence, pas de tentatives d'expliquer les gouffres.", ce sont déjà des reproches qu'on peut lui faire pour son premier (pour sa défense, elle dit, Zoë, qu'elle a condensé, épuré, que c'est presque de la poésie...). Pour son premier livre, il a dû y avoir un phénomène de cécité collective, quelque chose comme ça.
Mais c'est vrai que pour un auteur, le deuxième livre n'est pas facile : si on refait la même chose, on se fait critiquer, et si on fait trop différent, les gens sont déroutés.

J'ai bien aimé : "On attendait donc un vrai roman sur la jeunesse d'aujourd'hui, une réflexion approfondie qui nous ferait comprendre les contemporains de Zoë Jenny, des éléments autobiographiques retravaillés avec art, des personnages construits et crédibles, et voilà que la jeune femme s'inspire des musiques et du cinéma de son temps pour rédiger un long poème façon zapping et graffiti sur la solitude et l'incapacité à communiquer".
Là, c'est très réussi. L'incapacité à communiquer, ça a commencé avec les critiques et les lecteurs ! rire

Enfin, il faudra vraiment une suuuuper bonne critique d'un de ses bouquins pour me faire revenir à elle. Et pour commencer, que ses autres livres soient traduits.
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