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 Simon Liberati

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Aeriale
Léoparde domestiquée
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MessageSujet: Simon Liberati   Mar 18 Oct 2011 - 14:20



Citation :
Simon Liberati est né en 1960 à Paris.

Après des études de grammaire latine à la Sorbonne, Simon Libérati devient journaliste dans des magazines de mode et notamment à FHM.
Il publie un premier roman Anthologie des apparitions 3 sur le thème de l'adolescence en 2004, puis Nada exist en 2007 dans lequel il brosse le portrait d'un photographe de mode qui passe des paillettes et de la célébrité à la dérive.
Son troisième ouvrage intitulé L’hyper Justine est un roman « sadien » (le titre renvoie de façon dévoyée au roman du marquis de Sade Justine ou les Malheurs de la vertu) qui mêle escroc, prostituée et création cinématographique. Il a été couronné par le Prix de Flore 2009 présidé par Frédéric Beigbeder, ami de l'auteur

Wikipedia


Jane Mansfield 1967



Citation :
La vie est une immense cascade. Je voudrais rester figée au sommet




Ce récit est un peu spécial, autant vous prévenir de suite.Dès les premières phrases on sait que l'auteur ne nous épargnera pas, procédant comme un enquêteur forcené et soucieux des détails (jusqu'à la fascination morbide diront certains) on est un peu assommé par cet acharnement à nous révéler le maximum sans rien omettre (l'état de la route, celle des victimes, les chairs les tôles et le reste) Un peu plus intéressé par les flash back concernant la vie tourmentée,  parsemée de nombreux amants, enfants, chihuahuas, perruques, mais aussi d'ascension et décadence, De tout cela on retiendra surtout le portrait en creux d'une icone programmée, lancée par la Fox comme pendant à Marilyn, une femme objet luttant avec rage pour sauver un ego malmené et qui finira danseuse dans un vulgaire cabaret de routiers, avant son accident mortel. Bourrée de drogues et d'amphétamines.

C'est triste comme peut l'être la fin d'un monde, on voit percer la chute d'un système basé sur l'apparence, le rêve ou le scandale. Jayne Mansfield était l'un des derniers monstres qu' Hollywood, mis à mal par un nouveau cinéma d'auteurs sur le modèle européen, ait engendré puis rejeté, et Simon Libérati rend ici une sorte d'hommage. La réflexion vaut pour ce qu'elle est, en demi teintes, sousjacente et mélancolique. Dommage qu'il n'ait pas poussé plus loin au lieu de se complaire dans cette débauche de précisions dont on aurait pu se  passer et qu'on oubliera bien vite.  Ca se lit entre curiosité et nostagie, sans doute plus pour les amoureux du 7ème art. Pas impérissable.
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traversay
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Sam 10 Déc 2011 - 16:32

Aeriale a écrit:


Jayne Mansfield 1967

Bien d'accord avec Aeriale. Pas fameux, ce bouquin.

115-45-95, 163. Les trois premiers chiffres correspondent aux mensurations de Jayne Mansfield, le dernier à son QI. A celle que "les hommes avaient du mal à regarder dans les yeux' (sic), Simon Liberati consacre un court récit qui, comme son titre l'indique, évoque principalement les derniers mois de sa vie et, avec une minutie maniaque, les circonstances de son fatal accident, cervelle éparpillée et chihahuas miraculés, compris. Vomie par Hollywood après avoir été portée aux nues (dans tous les sens du terme), l'existence de cette Marilyn du pauvre, est une symphonie en rose et noir, particulièrement pathétique. Dans Jayne Mansfield 1967, Liberati se réclame de Truman Capote (on est loin de De sang froid, cependant) et de Kenneth Anger (là, d'accord). Le livre est ultra documenté, c'est un fait, et ressemble plus à un reportage, souvent crapoteux, qu'à un véritable roman. C'est un livre cruel, à l'humour douteux - "Rita Hayworth entre Ali Khan et Alzheimer" -, qui peut fasciner par sa description scrupuleuse d'une autre Amérique, vulgaire et grotesque. Les cinéphiles préféreront revoir la Jayne Mansfield 1956 dans La blonde et moi de Frank Tashlin.
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Sorcière
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Sam 5 Sep 2015 - 0:03

J’ai tout récemment terminé Eva, le roman qu’il a écrit au sujet de son épouse, Eva Ionesco.
Superbe, une vraie révélation pour moi. Je ne connaissais pas cet auteur, et je n’ai qu’une hâte : lire son Anthologie des apparitions.

Eva Ionesco, en revanche, je connaissais : surtout à travers les clichés de sa mère, l’artiste Irina Ionesco, qui, alors qu’elle était enfant, l’avait, entre autres choses, photographiée nue, dans des poses parfois hypersexuées, ou l’avait fait tourner dans un film pornographique : j’utilise ici un lexique ambigu, imprécis, ‘fait poser nue’, ‘fait tourner dans un porno’ ; c’est volontaire. Simon Libérati peint un portrait époustouflant de subtilité de la relation qui liait Eva à sa mère, si bien que je serais bien à mal, au final, d’expliciter ici toutes les nuances de notions de ‘corruption’ et de ‘perversion’ qui sont utilisées, plus que celle de ‘coercition’.

Ca, c’est le background : Eva, c’est surtout l’histoire de trois ‘ères’ dans deux vies liées :
La première - période de la rencontre entre Eva Ionesco et Simon Liberati ; dans un Paris troublé par l’alcool, la coke, l’héroïne, ils sont obnubilés par leurs arts respectifs : ils se croisent de manière lointaine, presque sans parole. Pour Liberati, cependant, c’est le début d’une fascination qu’il ne parviendra pas immédiatement à identifier pour le personnage d’Eva, pour la femme qu’est Eva.
Puis – ces deux personnages s’éloignent et tout à la fois construisent ce qui, plus tard, leur permettra de vivre ensemble ; durant cette période, le mythe d'Eva se développe pour Libérati : il écrit Anthologie des apparitions, qui tout à la fois reprend et compose le personnage d’Eva.
Enfin – les retrouvailles entre ces deux personnages, et l’acceptation, pour deux solitaires, du fait de ne plus pouvoir être l’un sans l’autre.
Et ces trois récits sont mêlés, interagissent dans l’espèce de bouillon du temps quantique qu’est ce roman. Tout se construit, tout prend sens.

Le portrait d’Eva est sublime, servi par une cruauté attendrie, aimante, qui ne ménage pas Liberati non plus. Comme dans les photos (malgré tout non dénuées de beauté) d’Irina Ionesco, le décor un peu kitschouille magnifie la figure d’Eva. Pour les photos, c’étaient des crânes en plastique, des voilettes et des meubles à frange, facon vieux film de vampires ; ici, c’est le Paris déglingué et superbe des addicts ou des artistes, un Paris de fleurs du mal. Par certains aspects, Eva m’a rappelé le roman de Patti Smith Just Kids, dans lequel New York, la ville indifférente, faisait briller d’un éclat particulier le visage des jeunes artistes crève-la-faim.
Eva va aussi très loin dans la réflexion sur le rôle d’écrivain, en l’enrichissant d’idées sur le rôle moins décrit de personage. Qui est Eva ? Eva l’humaine, l’auteure, qui se regarde dans le miroir, ou Eva, le personnage en italiques comme un titre de roman, le personnage créé par elle, par sa mère, qui la regarde depuis le miroir, depuis les photographies ? Simon Liberati lui-même, personnage affecté du poète, personnage de son propre livre, n’échappe pas à cette dissociation.

J’ai lu vos critiques de Jane Mansfield ; il y a bien, dans Eva, un élément de cette ‘minutie maniaque’, de ce voyeurisme : Simon Liberati ne se cache pas de sa fascination pour le passé de son épouse. Car après tout, Eva serait-elle Eva sans Eva ? S’il n’y avait pas eu les photos, le traumatisme, l’abus de drogue et l’errance ? Ce voyeurisme me semble aussi nuancé, contrairement sans doute à Jane Mansfield, par une réelle intimité avec celle qui est vue.


Dernière édition par Sorcière le Sam 5 Sep 2015 - 0:06, édité 1 fois
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Marko
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Sam 5 Sep 2015 - 0:05

Il me tentait et ton commentaire va me décider à le découvrir.

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"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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Sorcière
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Sam 5 Sep 2015 - 0:06

Cool, mission accomplie ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Sam 5 Sep 2015 - 8:43

Lu et entendu pas mal de choses sur le dernier Liberati : il fait polémique ... et une de ses prestation chez Ruquier n'y est sûrement pas pour rien ...
Au final, ton commentaire est ce que j'ai entendu de plus construit et de plus intéressant sur le sujet.
Donc merci !
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Sam 5 Sep 2015 - 15:06

Merci Sorcière !
Oui je l'avais noté mais après son passage dans l'émission 28 minutes , je reste plutôt réservée : je l'ai trouvé antipathique et son côté "dandy sur le retour "m'a agacée ...bien que , ma foi , c'est un "beau mec" ! Cool
Lisez , lisez .........Je vais attendre vos réactions ! Wink

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Sorcière
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Sam 5 Sep 2015 - 16:33

Je n’avais vu aucun de ses passages à la télé. Je viens de regarder une interview au sujet d’Eva. C’est sûr… il écrit mieux qu’il ne parle ! Ca m’aurait peut-être rebuté, oui.

Quant à la polémique par rapport aux procès familiaux… eh bien, honnêtement, je ne suis pas certaine de ce que j’en pense : je n’ai pas assez de notions de psychologie (et probablement, la psychologie n’a pas assez de notions d’elle-même) pour déterminer quel impact ce genre de divulgation d’éléments de la vie privée peut avoir sur une personne. Je n’ai pas non plus assez de notions de droit pour savoir ce qu’il est légalement possible de faire…

Cependant, qualifier Eva de ‘livre de commande’, d’argument au procès fait à Irina Ionesco : non ! Si c’était le cas, Liberati aurait drôlement mal fait son boulot, parce qu’il lui faudrait alors clairement placer Eva en victime, chose qu’il ne fait pas. Il décrit d’ailleurs sa propre fascination ambiguë pour les fameuses photos, et ne franchit pas le pas de les qualifier de pédopornographie (le mot est présent, mais dans la bouche des autres). Il y a même une scène dans laquelle il décrit la joie d’Eva, lorsque la destruction de certaines photos est ordonnée, comme cruelle et triomphante : lui-même semble le regretter.

De toute façon, ça ne change rien au fait que j’ai adoré le livre !

Je viens de prêter le bouquin à quelqu’un, mais si ça vous intéresse, je mettrai des extraits lorsque je l’aurai récupéré.
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Dim 6 Sep 2015 - 11:15

L'interview que j'avais en tête concernait son livre précédent Jayne Mansfield 1967 ...

Vu comme il tanguait pour arriver sur le plateau, cet interview était sûrement sous influence ...
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Sorcière
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Dim 6 Sep 2015 - 15:12

Merci beaucoup pour la vidéo !
Ho, ça va ! Rien à côté de Bukowski chez Pivot !  rire

La critique formulée par la dame aux cheveux courts est assez intéressante, de même que la réponse de Liberati (qui est peut-être défensive, mais franchement ça se comprend). Ca me donne plutôt envie de lire le bouquin, en fait.
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GrandGousierGuerin
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Dim 6 Sep 2015 - 17:00

Sorcière a écrit:
Merci beaucoup pour la vidéo !
Ho, ça va ! Rien à côté de Bukowski chez Pivot !  rire

Bukowski est même devenu la référence dans le genre, non ? laugh
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MessageSujet: Re: Simon Liberati   Jeu 5 Mai 2016 - 17:24

-Eva-



J'avais déjà entendu parler de cette histoire, à l'époque où le film Little princess etait sorti. L'histoire très glauque de cette petite fille photographiée par sa mère dès son plus jeune age, dans des poses de plus en plus équivoques, flirtant avec le porno. Le témoignage triste d'une enfant projetée très tôt dans un monde d'adultes et dont on aurait pillé toute l'innocence.

Simon Liberati, tombée amoureux de cette Eva adulte, nous entraîne dans cette période punk des années 70 que lui même connut et où il croisa par hasard cette poupée offerte aux fantasmes d'hommes mûrs. Il  va nous en faire un portrait passionné, dérangeant et sans concession. Ce n'est pas totalement inintéressant, assez bien écrit, et les références au passé nous éclairent sur tout un univers étrange, fait de solitude, d'errances et de rejets. Ces deux là étaient surement faits pour se trouver et unir leur désespérance, et tant mieux si elles ont pu les apaiser ensemble. Mais être prise au piège de leurs névroses, et cela dans une écriture certes sincère mais souvent pontifiante, chargée de citations obscures et pas toujours indispensables, a fini par me lasser, voire m'agacer. Je n'ai pas fini la trentaine de pages qui me restaient, la fin est parait il superbe...Mais tant pis. Certaines histoires d'amour sont difficiles à partager, surtout quand il s'agit de personnes focalisées sur elles mêmes, obligées de s'accrocher à leur ego pour s'en sortir, et qui nous contraignent à une position de voyeur dont on n'a pas forcément envie. Désolée mais je suis beaucoup moins emballée que Sorcière.

.
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