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 Fouad Laroui [Maroc]

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mimi54
Zen littéraire
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MessageSujet: Fouad Laroui [Maroc]   Lun 24 Oct 2011 - 10:02



Écrivain marocain et économiste vivant à Amsterdam

Né à Oujda (Maroc oriental) en 1958, Fouad Laroui est choisi à 10 ans pour aller au Lycée Clémenceau, le lycée français de Casablanca.

Il a onze ans quand son père disparaît. « Je suis la dernière personne à l'avoir vu. C'était le 17 avril 1969. Il est sorti de la maison pour aller acheter le journal, et nous ne l'avons plus revu. Je n'en ai jamais parlé à personne, puis quand j'ai commencé à écrire, certains de mes personnages disparaissaient… » (extrait d'un entretien avec Christine Rousseau, Le Monde, 12 mars 2004) Son père a disparu dans les geôles de Hassan II.

Il passe ensuite par des grandes écoles françaises (Mines, Ponts et Chaussées). Il en sort ingénieur et se voit confier la direction d’une mine de phosphate. Fouad Laroui avait tout pour devenir un notable marocain et faire fortune comme beaucoup de ses congénères. En 1989, il quitte tout et part pour l’Europe, obtient un doctorat de science économique, enseigne l’économétrie à Amsterdam, puis à York… se partage entre Londres et Paris. En 1996, il publie son premier roman qui le ramène à ses racines marocaines vues avec toute la distance de celui qui a vécu en exil. Devenu homme de lettre, Fouad Laroui est aussi chroniqueur à Jeune-Afrique.

Ses romans écrits en français connaissent un grand succès au Maroc pour sa façon de se moquer des blocages et des pesanteurs de la société marocaine. Il le fait avec humour et sans discours politique trop explicite. Ses œuvres n'ont jamais eu de problème avec la censure, ils figurent généralement parmi les meilleures ventes au Maroc.

« Aujourd’hui, directeur d’un unité de recherche à l’université d’Amsterdam, après avoir vécu et travaillé dans de nombreux pays d’Europe, il est probablement le véritable premier écrivain européen puisqu’il publie aussi bien ses romans en français à Paris que ses poèmes en néerlandais à Amsterdam Tu n’as rien compris à Hassan II est le titre d’une nouvelle qui résume parfaitement le regard que Fouad Laroui porte sur l’humanité… » (Julliard)

« J’écris pour dénoncer des situations qui me choquent. Pour dénicher la bêtise sous toutes ses formes. La méchanceté, la cruauté, le fanatisme, la sottise me révulsent. Je suis en train de compléter une trilogie. Les dents du topographe avait pour thème l’identité. De quel amour blessé parle de tolérance. Le troisième qui vient de paraître sous le titre Méfiez-vous des parachutistes, parle de l’individu. Identité, tolérance, respect de l’individu : voilà trois valeurs qui m’intéressent parce qu’elles sont malmenées ou mal comprises dans nos pays du Maghreb et peut-être aussi ailleurs en Afrique et dans les pays arabe. » (extrait d’un article de Fouad Laroui pour le Magazine littéraire, avril 1999).

Poète, il a composé en neerlandais un recueil (Verbannen woorden) qu'il juge « trop intime » pour être traduit en français.

(Sources: bibliomonde)

Son oeuvre


Les Dents du topographe (Julliard, 1996) -
De quel amour blessé (Julliard, 1998)
Méfiez-vous des parachutistes (Julliard, 1999)
Le Maboul (Julliard, 2000)
La fin tragique de Philomène Tralala (Julliard, 2003)
Tu n'as rien compris à Hassan II (Julliard, 2004)
De l’islamisme. Une réfutation personnelle du totalitarisme religieux (Robert Laffont éditions, Octobre 2006)
L'Oued et le Consul (Julliard 2006)
Le jour où Malika ne s'est pas mariée (Julliard 2009)
Une année chez les Français (Julliard 2010)
La vieille dame du Riad, julliard 2011



La vieille dame du riad -Julliard-250 pages

Citation :
Sur un coup de tête, François et Cécile abandonnent Paris pour aller s’installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu’ils viennent d’acquérir, une très vieille femme semblant installée de toute une éternité. Personne n’est en mesure d’expliquer sa présence. Elle ne dit mot et ne semble pas disposer à quitter les llieux. Que faire ? Petit à petit, la simple présence de cette mystérieuse inconnue oblige le couple de français à revoir toutes leurs certitudes.


Une vielle porte d’un bleu Majorelle bien connu à Marrakech en guise de couverture est une invitation au voyage, et il ne m’a pas fallu longtemps pour pousser la porte et rentrer !!!
Plusieurs sentiments se succèderont durant la lecture de ce roman ; lecture rapide, tant l’écriture est limpide, et le rythme soutenu.
Le début m’a amusée, la première partie est truffée d’humour et de clichés, certes assez visibles, mais pas poussées à l’extrême pour en devenir méchant (selon moi, en tout cas.).Je me suis plu à lire et à observer d’un œil distancié ce couple de parisiens un peu utopistes bien décidé à tout plaquer pour un riad à Marrakech ; non ce n’est pas celui dont tout le monde parle …
L’irruption de la vieille dame m’a quelque peu laissée perplexe ; tout cela me parait bien peu crédible. Mais bon, continuons.
La seconde partie, L’histoire de Tayeb, arrive une peu rapidement. Bien sur, si l’auteur, tout à coup se met à nous parler de l’histoire du Maroc au travers de Tayeb, c’est qu’il a peut être ses raisons ; que ce Tayeb va peut-être expliquer la présence de cette vieille dame dont personne ne veut. Si plusieurs séjours au Maroc ne m’avaient pas laissé de bonnes bases historiques, j’aurais trouvé cette partie un peu indigeste, et surtout inutile.
Bien entendu, tout cela a un sens. En tout cas, j’ai fini par y donner un sens, le mien, en tout cas. Si tout cela en effet peut paraître improbable, et en tout cas, il faut surtout y voir une fable dans laquelle finalement, chacun fait un chemin vers la culture de l’autre.
Bien que cela n’aura pas pour un impact durable, j’ai apprécié l’évolution de ce couple partie en conquête, et qui d’une certaine façon va se remettre en question, et remettre en question ses choix de vie.
Un court roman qui convient parfaitement à une vilaine journée d’automne, pour faire rentrer chez soi un peu tout l’exotisme du grand sud marocain ; et c’est déjà pas si mal.

lu dernièrement je n'ai pas pensé à ouvrir le fil



Dernière édition par mimi54 le Dim 30 Oct 2011 - 19:24, édité 1 fois
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Astazie
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MessageSujet: Re: Fouad Laroui [Maroc]   Lun 24 Oct 2011 - 12:13

La vieille dame du riad

Fouad Laroui nous conte une histoire" tragicomique", qui cache une période historique du Maroc; la guerre du Rif.
Un couple de parisiens, Cécile et François, désireux de s'installer dans ce pays où`tant de "célébrités" françaises ont une résidence secondaire, décident de partir acheter une riad à Marrakech.
Après quelques péripéties, ils dénichent enfin leur riad. dans lequel se trouve un merveilleux et « gigantesque bigaradier en fleurs », ce qui fait leurs délices, et dans une chambre une vieille femme silencieuse, noire et chenue,

" Un grand cri qui venait de la pièce du fond " fit sursauter François. " c'était la voix de Cécile , sa femme en sortait à reculons, les yeux écarquillés, la bouche ouverte;"
- "un intrus"
- " une vieille femme "


ce qu’ils apprécient moins. Incapables de se débarrasser de leur visiteuse qu’elle soit apparition ou squatteuse, ils se résolvent à s’atteler à la mission que Mansour, leur voisin, un professeur d’université, croit l’avoir entendu leur confier : « ces chrétiens sont venus me ramener mon fils Tayeb ».

Ils vont être confrontés pendant un an, malgré eux à l'histoire de Tayeb, jeune marocain parti à la guerre et non revenu dans son pays.

Fouad Laroui , dans cette deuxième partie nous rappelle « La conquête du Maroc ne s’achève qu’au milieu des années 30. La résistance à la colonisation a fait, depuis 1902, trente-huit mille morts français, plus que n’en fera la guerre d’Algérie entre 1954 et 1962 (trente-trois mille). »

Ces français décident de rentrer en France, avant ils feront de ce riad, un Musée des tirailleurs marocains .Ils commencent seulement à se passionner pour ce pays, sa culture . Ils prennent conscience que les " intrus" c'était eux et non la vieille dame.

Fouad Laroui dénonce cette actuelle invasion économique de l'immobilier, sans aucun intérêt pour le pays. Il ne cesse d'interroger la société marocaine et dénonce les travers de celle-ci en recourant au rire et à l'humour pour mieux dire de la complexité de ce pays.


Dernière édition par mimi54 le Lun 24 Oct 2011 - 12:16, édité 1 fois (Raison : rappel du titre, pour savoir que quoi on parle)
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topocl
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MessageSujet: Re: Fouad Laroui [Maroc]   Dim 30 Oct 2011 - 10:43

La vieille dame du Riad
Désolée, Asrazie, je n'ai pas aimé ce livre .
L'idée était alléchante pourtant, possiblement intelligente et poétique. Un couple de jeunes Français décide, sans motivation profonde, d’acheter un riad à Marrakech. Dans une chambre au fond de celui-ci, ils découvrent une vieille femme, le fantôme d’une servante de la famille qui a habité ici et leur transmet l'histoire d’un des fils, Tayeb, qui a lutté pour l’indépendance du Maroc, puis s’est engagé dans les troupes françaises pendant la guerre de 40 et en est mort en l'absence de toute dignité et reconnaissance. Cette découverte les amène à tisser des liens plus profonds avec leur pays d'adoption, établir un musée des tirailleurs marocains, puis finalement rentrer en France

Livre très disparate. La première partie se veut piquante, drôle : nous découvrons ce couple de jeunes bobos parisiens insouciants, qui décide un beau jour de tout lâcher, et partir pour le Maroc, dont ils ne connaissent rien que des clichés vraiment basiques-racistes, n'ayant jamais même fait attention au fait que des marocains vivaient dans leur entourage, attirés par le fait qu’une certaine jet-set y prend ses vacances (super-motivation). Ainsi : ils se demandent s'il existe au Maroc des agents immobiliers, des marchés au puces…, ils sont incapables de prononcer et retenir le nom du marocain Hmoudane, ils comprennent de travers tout ce que leur disent les Marocains sous prétexte qu'ils ont un accent (d’où des gags lourds et répétitifs comme le professeur Tournesol avec Tintin ). J'aurais souhaité une plus grande finesse pour nous expliquer que ces occidentaux arrivent au Maroc comme en pays conquis, ils n'avaient pas besoin d’être aussi ploucs.

Ensuite, Laroui leur assène, (et à nous par la même occasion) 100 pages sur l'histoire du Maroc pendant la première partie du XXe siècle, et je dirais 100 pages c’est trop peu (avec des raccourcis tels qu'il est parfois difficile de suivre) ou c'est trop (car en fait on s'ennuie plutôt). Enfin, ils ont bien compris la leçon, deviennent responsables, incollables sur la question, ne méprisent plus les Marocains, et laissent généreusement à titre de compensation un musée historique dans leur Riad. Et puis c'est fini, ils rentrent chez eux, fiers de leur prise de conscience.

Je comprends bien le choix fait par Laroui d’attirer par un aspect léger- rigolo, un public qui n'aurait pas abordé autrement ces questions historiques et politiques, et c'est plutôt louable. Cependant, après ce début qui m'a paru vraiment futile, les explications historiques ne sont pas toujours très claires, et l'esprit général est vraiment trop caricatural. Il y a cependant des choses intéressantes, par exemple le fait que Tayeb, bâtard né d’une berbère, élevé au foyer d'une arabe par une servante africaine, représente toutes les tribus du Maroc ; la description d'un colon français à la fois odieux et fascinant ; de l'arrachement qu’a constitué l'arrivée des occidentaux dans ce pays si fier…

Je ne reviendrai pas vers Laroui.
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mimi54
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MessageSujet: Re: Fouad Laroui [Maroc]   Dim 30 Oct 2011 - 10:47

Je suis assez d'accord avec toi Topocl, ce livre ne m'a pas laissé un souvenir impérissable.
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Astazie
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MessageSujet: Re: Fouad Laroui [Maroc]   Dim 30 Oct 2011 - 19:23

Je suis d'accord avec vous, ce n'est pas le meilleur de Laroui .

Si mes souvenirs sont bons, j'ai dû attribué la note de 2,5/5, à ce livre.

Tu avais le choix, Topoci avec d'autres livres proposés.
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topocl
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MessageSujet: Re: Fouad Laroui [Maroc]   Dim 30 Oct 2011 - 21:21

Aucun problème Astazie, quans je choisis des livres moi-même aussi cela arrive (finalement assez souvent) que ça ne me plaise pas.
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