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 Adelbert von Chamisso

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eXPie
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MessageSujet: Adelbert von Chamisso   Dim 30 Oct 2011 - 23:17



(Ante, près de Châlons-en-Champagne, France, 30/01/1781 - Berlin, 21/08/1838)

Louis Charles Adélaïde de Chamissot de Boncourt est né au Château de Boncourt à Ante en 1781. Il est issu d'une vieille noblesse lorraine.
En 1790, sa famille fuit la France pour échapper à la Révolution Française - et à la Terreur - , et finit par s'installer à Berlin.
En 1796, il devient page de la reine Frédérique de Hesse-Darmstadt.
En 1798, il s'engage dans l'armée prussienne et devient lieutenant en 1801. Il prend alors le prénom d'Adelbert.
Sa famille a le droit de retourner en France, mais il préfère rester en Allemagne. Il apprend le grec et le latin à l'armée.
Son appartenance à deux patries n'est pas facile. Il quitte l'armée en 1808 et retourne en France en 1810. Il rencontre Madame De Staël, qu'il suivra en Suisse.
Il demeurera avec elle jusqu'en 1812. Puis, de retour à Berlin, il étudie la médecine et les sciences naturelles, surtout la botanique. De 1815 à 1818, il participe à une expédition qui le fait parcourir les mers du Sud (il publiera son journal de voyage en 1821). A son retour, il devient directeur du Jardin Botanique de Berlin.

Il se marie à une jeune fille de 17 ans, a sept fils, publie une étude de botanique, une grammaire hawaïenne, des poèmes (son recueil "L'Amour et la Vie d'un femme", Frauenliebe und Leben, a été mis en musique par Robert Schumann) et surtout écrit, après une discussion avec Friedrich de La Motte-Fouqué (le fameux auteur d'Ondine), le texte qui allait le rendre célèbre : L'étrange histoire de Peter Schlemihl (1814).
Il a également traduit en allemand de nombreuses oeuvres françaises.

Sa femme décède en 1837, il est brisé. Il meurt l'année suivante.

Il a laissé son nom (chamisso) à des plantes tropicales, un crabe et une île.

Un prix qui porte son nom a été créé en 1985, récompensant les écrivains d'expression allemande dont l'allemand n'est pas la langue maternelle.

"Je suis Français en Allemagne et Allemand en France, catholique chez les protestants, protestant chez les catholiques, philosophe chez les gens religieux et cagot chez les gens sans préjugés, homme du monde chez les savants et pédant dans le monde, jacobin chez les aristocrates et, chez les démocrates, un noble, un homme de l'ancien régime ; je suis un étranger partout. Je voudrais trop étreindre, tout m'échappe, je suis malheureux." a écrit Chamisso.


Dernière édition par eXPie le Lun 24 Sep 2012 - 19:47, édité 2 fois
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eXPie
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MessageSujet: Re: Adelbert von Chamisso   Dim 30 Oct 2011 - 23:18


Peter Schlemihl photographié dans la taverne de Faust, à Leipzig, le 10/07/2011.

L'Etrange histoire de Peter Schlemihl (Peter Schlemihls Wundersame Geschichte, 1814). Traduit en 1934 par Albert Lortholary. Traduction révisée par Bernard Lotholary. Folio, 99 pages.

Citation :
"Après une traversée heureuse, mais que je trouvai très fatigante, nous atteignîmes enfin le port. Dès que le canot m'eut mis à terre, je me chargeai moi-même de mon petit bagage et, me frayant un chemin à travers la foule grouillante, j'entrai dans la première maison de modeste apparence où je vis pendre une enseigne." (page 9).
Notre héros, Peter Schlemihl, se fait indiquer où habite M. Thomas John : il loge dans une "grande maison neuve en marbre rouge et blanc, avec beaucoup de colonnes." (page 9).
Il s'y rend avec une lettre de recommandation.
Citation :
"La porte s'ouvrit soudain. Dans le vestibule, j'eus à subir un interrogatoire ; après quoi le concierge me fit annoncer et j'eus l'honneur d'être appelé dans le parc où M. John se promenait en compagnie d'un petit nombre de personnes. Je reconnus aussitôt mon homme à sa corpulence épanouie et satisfaite." (page 10).
Peter se joint au petit groupe, et remarque un homme mystérieux,"silencieux, mince, maigre, assez long et d'un certain âge." (page 11).
John veut voir au loin.
Citation :
"« Une lunette » cria John, et avant même que les valets apparus à cet appel se fussent mis en mouvement, l'homme gris, s'inclinant avec modestie, avait mis la main dans sa poche, en avait retiré une belle lunette de Dollond et l'avait remise à M. John." (page 12).

On réclame des tapis turcs... qu'à cela ne tienne !
Citation :
"Ce désir n'était pas exprimé que déjà l'homme à l'habit gris avait la main dans la poche et d'un air de modestie, d'humilité même, se mettait en devoir d'en tirer un riche tapis turc broché d'or. Les serviteurs le reçurent comme si la chose allait de soi, et le déroulèrent à l'endroit désiré." (page 13).
On est quasiment chez Tex Avery, avec ses personnages qui vont parfois jusqu'à sortir un piano à queue de leur poche... sauf qu'ici ce n'est pas exactement comique. Cela sentirait plutôt le soufre !
L'homme en gris va faire encore mieux...
Un peu plus tard, il s'adresse à notre héros.
Citation :
"Après un court silence il reprit la parole : « Pendant le court moment que j'ai eu le bonheur de passer près de vous, j'ai plusieurs fois - permettez-moi de vous le dire, monsieur - réellement contemplé avec une indicible admiration l'ombre si belle, si belle que vous projetez au soleil, avec une sorte de noble dédain, sans y faire attention - oui, cette ombre superbe que voilà à vos pieds. Pardonnez-moi une proposition téméraire sans doute. Répugneriez-vous beaucoup à me céder cette ombre ? »" (page 16)
Tout se monnaye en ce bas monde et, bien sûr, Peter Schlemihl va céder à la tentation (il n'y aurait pas d'histoire sinon).
Citation :
"Il topa, s'agenouilla aussitôt devant moi, et, sous mes yeux, avec une merveilleuse adresse, détacha délicatement mon ombre du gazon, la roula, la plia et enfin la mit dans sa poche. Il se releva, s'inclina une fois de plus devant moi, puis revint vers le bouquet de roses. Je crus alors l'entendre rire doucement à part lui." (page 18).

L'histoire est racontée par Peter Schlemihl lui-même à l'auteur ("Oh ! mon bon Chamisso, [...]", page 43). Malgré cela, on sent bien sûr que Peter Schlemihl, c'est en fait l'auteur, et que l'ombre est une métaphore de ce quelque chose qui fait que Chamisso n'est à sa place nulle part.

C'est un texte de facture classique, très bien mené, avec tous les rebondissements qu'il faut. L'histoire bifurque toutefois d'une manière un peu tirée par les cheveux, vers la fin, et laisse une impression légèrement bancale et curieuse faite de nostalgie triste, en grande partie à cause de ce qui survient après la curieuse bifurcation.

Un très bon conte, un classique.


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Arabella
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MessageSujet: Re: Adelbert von Chamisso   Lun 31 Oct 2011 - 8:11

Comme tu dis, un joli conte. Et puis l'histoire de l'homme sans ombre est devenue archétypale.

_________________
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kenavo
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MessageSujet: Re: Adelbert von Chamisso   Dim 5 Juin 2016 - 16:48

je voulais lui ouvrir un fil... mais il y a -presque- tout sur Parfum Wink
mais, je l'aurais mis chez les auteurs français... de naissance Français... et il a quand même gardé sa nationalité bien qu'il a vécu et écrit par la suite en allemand... mais bon, pas important pour ce qui en est de ce livre:

/
Peter Schlemihls wundersame Geschichte /
L'étrange histoire de Peter Schlemihl ou l’homme qui a vendu son ombre

Citation :
Présentation de l’éditeur
Est-il si important d'avoir une ombre ? Le jeune Peter Schlemihl, désargenté, n'hésite pas à vendre la sienne à un singulier personnage en habit gris en échange d'une bourse magique inépuisable.
Tout à son nouveau statut d'homme fortuné, l'ingénu ne tarde pas à se rendre compte qu'il a scellé un pacte avec le Diable.
Vendre son âme au Diable... un des thèmes fondateurs du romantisme allemand, à découvrir dans ce texte pétillant d'une étonnante modernité.

En effet, qu’est-ce que cela vaut qu’une ombre ? Est-ce vraiment important ?

Au premier degré, on a tendance à dire non… mais quand on suit la vie de ce pauvre Peter Schlemihl, il s’avère que c’est n’est pas si évident de vivre sans…

Bien sûr il s’agit d’un conte et comme dans tout conte qui se respecte, cette ombre est symbole pour autre chose que ce ‘tas noir’ qu’on projette dès qu’il y a une source de lumière autour de nous.

J’ai beaucoup aimé, surtout quand on considère la date de création de ce texte. Il n’a pas pris une ride… et tout comme l’éditeur le dit, vendre son âme reste toujours un sujet d’actualité et le sort de Peter Schlemihl peut servir de « leçon » (il ne s’agit en aucun cas d’un conte qui lève l’index moralisateur!).



Notre hébergeur n’autorise pas qu’on poste des films en entier, même s’ils sont courts, mais en 2004, Georges Schwizgebel a adapté le roman dans son court-métrage d'animation L'Homme sans ombre.
Si on lance une recherche sur YouTube avec « l’homme sans ombre » ou « Georges Schwizgebel », on tombe dessus.

Je recommande fortement après la lecture, c’est sublime drunken

_________________
La vie, ce n'est pas d'attendre que l'orage passe,
c'est d'apprendre à danser sous la pluie.


Sénèque
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