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 Max Blecher [Roumanie]

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bix229
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MessageSujet: Max Blecher [Roumanie]   Jeu 1 Déc 2011 - 15:06



Max Blecher, issu d' une famille juive, est né le 8 septembre 1909 en Moldavie.

Il part à Paris après ses études secondaires pour faire médecine. Mais il est atteint par la maladie de Pott, une forme de tuberculose de la colonne vertébrale, inguérissable à l' époque. "Les deux jambes tordues et paralysées, son corps entier est devenu une mine où s' entrecroisent les galeries creusées par les abcès et les fistules. la majorité de sa vie il va la passer prisonnier d' un bloc de de platre."

"Et pourtant il trouva la force d' écrire. Ses trois livres : Aventures dans li' irréalité immédiate (1936), Coeurs cicatrisés (1937), La Tanière éclairée (posthume) constituent un témoignage d' une effarante lucidité sur cette existence." Son premier livre eut un succès immédiat et enthousiaste, en Roumanie et en Europe.

Il meurt le 31 mai 1938 à 28 ans.

"Le monde a pris connaissance de toute une famille secrète d' écrivains par la révélation posthume par la révélation posthume du génie de Kafka. Grace à lui, une littérature sans retentissment à l' époque où elle fut élaborée, pénètre de nos jours, chargée de significations troublantes, dans la conscience publique. Le Polonais Bruno Schulz, obscur professeur de dessin, tombé sous les balles des S.S. et le Suisse Robert Walser, totalement oublié après la publication de ses romans, nous semblent aujourd' hui des frères spirituels. Pour eux comme pour Blecher, écrire n' était pas faire de l' art, c' était une expérience existentielle douloureuse. Comme lui, ils se sentaient poussés vers un réalisme fantastique qui consistaient à construire des univers terrifiants à l' aide ses succédanés dont la civilsation industrielle moderne innonde l' espace de la vie quotidienne."

Toutes les citations entre guillemets sont de Ovid Crohmalniceano, auteur de la très belle préfance des

Aventures dans l' irréalité immédiate. - Les Lettres Nouvelles/Denoel


Dernière édition par bix229 le Jeu 1 Déc 2011 - 20:29, édité 1 fois
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bix229
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MessageSujet: Max Blecher {Roumanie}   Jeu 1 Déc 2011 - 16:22

AVENTURES DANS L' IRREALITE IMMEDIATE

J' ai un peu hésité avant d' entreprendre la relecture d' un livre que j' avais trouvé très marquant. Mais dès le début, je n' avais plus aucun doute. J' avais affaire à un livre vraiment exceptionnel. Un livre à placer dans la parenté d' auteurs comme Kafka, Walser et peut etre plus encore au polonais Bruno Schulz,. L' auteur des Boutiques de cannelle.

Pour eux, il s' agit de faire part d' une expérience douloureuse, de s' installer dans le malheur, d' accepter que l' univers qui les entoure est agressif. Le livre est autobiuographique et le narrateur est égalment l' auteur. Il es t cloué sur un lit de souffrances et sans espoir de guérison. Pourtant, jamais on entendra Blecher se pliaindre. Ces t comme si, pour lui, le malhueur était une simple donnée de la vie courante.

De fait, la perception qu' il a de la réalité est la vision exacerbée d' un homme condamné à l' immobilité et à la souffrance. Son hypersensibilité se manifeste à travers des "crises" qu' il qualifie "d' étourdissements suaves et terribles."

Pour Blecher, les choses ne sont pas neutres, elle le fascinent et le terrorisent à la fois. Il semble etre plus particulièrment attiré par les objets communs ou abimés, au rebut. Les mannequins de cire (comme Schulz). Par les images du cinéma auquel il ' identifie totalement. Ses impressions sont donc mélangées et contradictoires, alimentées par une imagination où l' imagination où visions et hallucinations sont devenues habituelles.

Dans les chambres fermées, les crises se produisaient plus facilement et plus souvent. D' ahabitude, je ne supportais pas de me trouver seul dans une chambre inconnue. Si j' y étais obligé, au bout de quelques instants je sentais approcher l' étourdissement suave et terrible. La chambre elle-meme s' y préparait : une intimité chaude et acueillante irrdiait des murs, se glissait sur les meubles et les objets. Soudain, la chambre devenait sublime, et je m' y sentais heureux. Mais ce n' était qu' une duperie de la crise, l' une de ses perversités, délicieuse et subtile. Après cet instant de béatitude, tout se renversait et s' embouillait. je regardais, les yeux écarquillés, ce qui m' entourait, et voyais les choses perdre leur sens habituel, vivre d' une vie neuve.

Les frontières entre le réel et l' imaginaires sont pour kui fragiles et meme entre la vie et le néant. Contrairment à ce qu' il pense, l' exttraordinaire précision de qu' il perçoit et qu' il décrit, qu' il répète avec insistance, finit pas s' imposer à nous de façon troublante. Comme une sorte de contre monde saisissant qu' il décrit en tant que témoin plus que d' acteur.

J' arrivais là haut un peu étourdi par la chaleur du jour. L' abandon des chambres désertes achevait de me troubler complètment.. C' était comme si je vivais dans u monde depuis longtemps connu, dont le souvenir se serait effacé. Je sentais mon corps curieusment léger, détaché.

Je me souviens d' avoir eu enfant, au cours d' une grae maladie, des visions saisissantes, la plupart du temps effrayantes... Des personnages nés de la fièvre et qui devenaient sorcières, femmes courbées sous le poids de fagots, monstres cauchemardesques...

Les etres malades ont une appréhension particulière des choses. Non pas plus vraie, mais autre. Plus aigue, exacerbée par la fièvre el la souffrance. Je me souviens avoir lu que Proust -en pensant à lui-meme- écrivait que ces écrivains malades possédaient intrinsèquement quelque chose en plus par rapport aux écrivains en bonne santé. Et il citait Baudelaire en l' opposant à Hugo.

Dans certaines profondeurs de l' ame, les mots n' ont plus cours. J' essaie de décrire mes crises vec exactitude et je ne trouve que des images. La parole magique qui pourrait les exprimer devrait tirer sa vertu de sentiments vécus, surgir tel le produit de leur distillation : un parfum nouveau aux extraits savamment dosés.

Ce livre, il faudrait le citer en entier, tellement il est unique, bouleversant et d' une nouvauté éternelle et radicale.
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bix229
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MessageSujet: Re: Max Blecher [Roumanie]   Jeu 1 Déc 2011 - 17:26

J' espère que vous trouverez le livre de Blecher dans votre sabot de Noel. Mais je crois que vous aurez du mal en ce qui concerne la traduction française, par ailleurs remarquable. Peut etre en allemand ou en anglais.
OU alors j' écrirais au centenaire Maurice Nadeau pour qu' il se transforme en Père Noel et réédite le livre qu' il avait fat connaitre en France.
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Dreep
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MessageSujet: Re: Max Blecher [Roumanie]   Mer 21 Oct 2015 - 14:12

Bix229 a écrit:
Ce livre, il faudrait le citer en entier, tellement il est unique, bouleversant et d' une nouvauté éternelle et radicale.

Tu as raison, et à la réflexion, je crois que la lecture de Coeurs cicatrisés a légèrement amoindrit l'effet que m'avait fait Aventures dans l'irréalité immédiate, au départ. C'est curieux, j'avais justement l'intention de lire Le sanatorium au croque-mort (sans penser à l'affiliation possible avec Max Blecher) et Robert Walser est dans mes prévisions de lectures depuis un moment. Beaucoup de lectures se recoupent.

Je n'ai pas tellement pensé à Kafka (La Métamorphose était évoqué dans une critique de Aventures dans l'irréalité immédiate, or ce n'est pas le Kafka que j'ai préféré, loin de là) Mais Proust, oui.

Il y a peu de participation au fil, depuis 2011 affraid

Bon alors je me joins à toi pour hurler aux parfumés qu'il faut lire ce livre, Aventures dans l'irréalité immédiates ! rire

_________________
"Un instant, Ulrich hésita. Il était sans aucun doute un homme croyant, mais qui ne croyait à rien ; sa dévotion la plus totale à la science n'était même pas parvenue à lui faire oublier que la beauté et bonté des hommes proviennent de ce qu'ils croient, et non point de ce qu'ils savent." L'homme sans qualités, Robert Musil

Un long week-end avec Marcel Proust (Ronald Frame)
Le roman d'un enfant - Prime jeunesse (Pierre Loti)
La Trêve (Primo Levi)
Les Brigands (Friedrich von Schiller)
Les Fleurs du Mal (Charles Baudelaire) (relecture)
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colimasson
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MessageSujet: Re: Max Blecher [Roumanie]   Mer 21 Oct 2015 - 22:45

Dreep a écrit:


Bon alors je me joins à toi pour hurler aux parfumés qu'il faut lire ce livre, Aventures dans l'irréalité immédiates ! rire

Je l'ai noté à ma liste. Le coup du sanatorium doit être pas mal aussi...

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J’ai presque vingt ans ! Me voici à la fin de ma vie, et je n’ai rien accompli !
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