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 Tahmima Anam [Bangladesh]

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traversay
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MessageSujet: Tahmima Anam [Bangladesh]   Mar 27 Déc 2011 - 12:01



Tahmima Anam est née à Dhaka, en 1975. Elle a grandi entre Paris, New York et Bangkok.
Elle est diplômée de Harvard en Anthropologie sociale.

Son premier livre, The Front Page, publié en 2007, lui vaut The Commonwealth Writers Prize for Best First Book. Il est traduit en 22 langues, dont le français, en 2009, sous le titre : Une vie de choix.

La traduction de son deuxième roman, Un bon musulman, sera disponible chez Actes Sud début janvier 2012.

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traversay
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MessageSujet: Re: Tahmima Anam [Bangladesh]   Mar 27 Déc 2011 - 12:04



Une vie de choix
Pakistan oriental, 1971. Pendant quelques mois, le pays va connaître une période de combats fratricides avant d'accoucher du Bangladesh, désormais séparé du Pakistan. Tahmima Anam, dans Une vie de choix, raconte ces moments historiques à travers les tourments d'une famille, un fils et une fille très engagés pour l'indépendance, et surtout leur mère, figure tutélaire et symbole du courage d'un peuple qui refuse l'oppression. Le roman vaut surtout pour le portrait de cette femme ainsi que pour l'atmosphère délétère de cette année là. La plume de l'auteur est incisive, contemplative à l'occasion, mais sans excès, et captive le lecteur de bout en bout, tout en restant modeste, et parfois presque terne, là où on aurait attendu des morceaux de bravoure flamboyants.
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traversay
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MessageSujet: Re: Tahmima Anam [Bangladesh]   Lun 16 Jan 2012 - 12:13



Un bon musulman
Citation :
Le destin d'un frère et d'une sœur dont les routes divergent après les traumatismes de la guerre d'indépendance, au Bangladesh. Devenue médecin, Maya, qui milite en faveur de l'émancipation des femmes de son pays, ouvre un dispensaire, cependant que son frère adoré, Sohail, se réfugie dans les traditions les plus rigides de la religion musulmane.

Après Une vie de choix, Un bon musulman est le deuxième volet de la trilogie consacrée par Tahmima Anam à l'histoire contemporaine de son pays, Le Bangladesh. Ce roman, bien meilleur que le précédent, est construit à cheval sur deux époques, 1971 : la fin de la guerre de l'indépendance, particulièrement sanglante ; 1984 : le règne de la dictature, alors que les blessures de la guerre sont loin d'être cicatrisées. En marge des événements politiques, Tahmima Anam raconte une autre guerre, psychologique celle-là, entre un frère et une soeur dont les points de vue et les modes de vie vont radicalement s'éloigner. Avec sa plume sensible, imprégnée de sensualité et d'indignation, la romancière bangladaise reconstitue une histoire familiale marquée par le traumatisme des combats et des exactions dont les séquelles influent sur le destin d'hommes et de femmes qui ont vécu l'enfer. Un bon musulman est un puzzle dont toutes les pièces se mettent en place progressivement dans une douceur douloureuse d'où la violence semble capable de resurgir à tout moment et où la culpabilité ronge insidieusement. Bien que placée résolument du côté de son héroïne, Maya, femme progressiste dans une société de plus en plus obscurantiste, Tahmima Anam ne condamne pas, a priori, le personnage de son frère, Sohail, qui trouve dans le fondamentalisme religieux la réponse à ses tourments intimes. Essayer de comprendre plutôt que juger, c'est le propos d'un roman qui s'insinue dans les détails du quotidien, les doutes et les questionnements moraux, au sein d'une grande fresque sociale et historique qui reste toujours à hauteur d'homme (et de femme).
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tom léo
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MessageSujet: Une vie de choix   Mar 10 Juin 2014 - 7:30

Une vie de choix

Original : A golden age (Anglais, 2007 ; je n'ai pas compris l'indication de traversay dans la présentation !?)

CONTENU :
Dhaka, Pakistan de l'Est, la veille de la guerre d'indépendance. Rehana Haque est heureuse : comme chaque année elle célébre le retour de ses enfant Maya et Sohail qu'elle avait perdu temporairement après la mort de son mari (il y a une douzaine d'années). Mais la ville est en ébulition : le leader de l'opposition bengale, Mujib, a bien gagné les elections, mais le gouvernement pakistanais refuse d'accepter le résultat. En Mars sera proclamé l'indépendance et l'armée pakistanaise envahit le pays. Les « anfants » seront engagés à leur façon dans le mouvement estudiantine : chacun a à faire des choix. Et d'abord pour la mère Rehana elle consiste simplement à sauver ses enfants...

REMARQUES :
Dans le prologue qui se joue en 1959 nous lisons ce qui caracterise Rehana Haque, la mère « courage » qui est au centre de ce roman historique : elle avait été heureuse dans sa vie de couple avec son mari Iqbal. Mais celui-ci est mort jeune la laissant seule. Et elle n'avait pas la force de se battre contre l'intervention de son beau-frère et sa femme Parveen sans enfants, qui prenaient les deux enfants sous leur houlette, les prenant dans le Pakistan (de l'Ouest). Prétextant vouloir aidé la pauvre Rehana, sans moyens... Seulement avec un immense effort (et ce chapitre nous sera raconté dans les détails plus tard dans le livre), Rehana regagne une base de securité et peut reprendre ses enfants. Et cela fait dix ans en 1971 qu'ils seront de retour. Pas d'étonnement qu'elle entretient avec eux une relation profondement maternelle, protectrice, cajolante.

Après ce prologue les chapitres suivant sont nommés selon le mois de l'année 1971, encore sous-divisés en petites paragraphes d'une à quatre pages environ. Assez chronologique, mais avec des retours en arrière qui éclairent certaines épisodes de la vie de Rehana.

Maintenant alors ses enfant ont 19 et 17 ans et sont engagés à leur façon dans le conflit naissant : les élections ne seront pas reconnues et le gagnant Mujib ne sera pas nommé premier ministre. Le Bengale, ou l'aile orientale du Pakistan était resté sous contrôle des Pakistanais : transfers d'argent et de bien à l'Ouest, imposition de la langue Ourdou partout... Dans ce climat la fille Maya est engagée comme « freedom fighter », comattante pour la liberté, mue par une conviction communiste. Sohail paraît d'abord un peu plus distancié, mais plus tard, avec le début du conflit, il va aller dans la résistance armée. Rehana, avec des origines ourdous, hésite pendant un temps : ce qu'elle cherche c'est avant tout la sécurité de ses enfants. Mais elle aussi sera impliquée de plus en plus, doit faire une choix.

L'action connaîtra des tours et détours, mais en générale on pourrait dire que la grande Histoire est racontée ici sous l'angle d'un destin d'une famille et ses voisins, quelques amis. Les événements historiques sont très présents, mais décrits dans ce cadre familiale et environnant (un petit panorama de la societé), ils nous parlent directement, pas juste à travers des chiffres anonymes.
S'y ajoute des éléments romantiques sans l'eau de rose : le « destin » et l'horreur de la guerre sont et restent présents. En passant nous apprenons beaucoup sur le pays, les événements historiques, l'Islam, la dictature, les refugiés..., et finalement aussi, clin d'oeil, sur la cuisine excellente de ce pays !

Le roman se meut entre des valeurs modernes et traditionels (par exemple sur le rôle de la femme qui se développe avec leur implication et engagement dans le conflit?!). Certaines choses devraient pas étonner le lecteur averti de se trouver face à une autre culture. Mais le roman me paraît authentique. L'auteur prend clairement position : la « responsabilité, voir culpabilité » est donnée assez clairement à des envahisseurs aggressifs et cruels. Ainsi les Pakistani ne s'en sortent pas bien dans ce livre. Envers des attitudes nationalistes et pathétiques des propres lignes, l'auteur n'a pas de complexe. Pour nous « post-nationaliste » (???) plus difficile à avaler ?

Cette prise de position claire pourrait venir certainement de l'origine de Tahmima Anam dont les parents étaient eux-mêmes des « freedom fighters », des combattants pour la liberté. Aussi pour son travail de master ou doctorat, elle a été présente au Bangladesh pour y mener d'innombrables entretiens avec des gens impliqués

« I realized I don’t have a choice. »
« Of course you have a choice. You always have a choice. »


Très bon livre qui nous présente ce grand pays dans le temps de la recherche d'indépendance. Il est bon de savoir pour nous autres bibliophiles, qu'en plus il s'agit d'un des pays avec le plus grand nombre de publication, livres, surtout poèsie, dans le monde... On en trouve quelques clin d'oeil ici ou là dans le livre.
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MessageSujet: Re: Tahmima Anam [Bangladesh]   Mar 10 Juin 2014 - 13:30

Ah, contente de lire que cet ouvrage t'a plu. On en apprend en effet beaucoup sur l'indépendance de ça pays, mais vu par le biais d'une famille "comme les autres", ce qui n'en est que plus intéressant. Je comprends tes réticences concernant le traitement "partial" de l'auteur. En même temps, ce point de vue semble être très partagé par ses compatriotes, et il semble  normal que le sentiment d'injustice de la population se retrouve encore dans la littérature.
Si tu regardes un peu sur le net, la violence et les mesures sanglantes prises à l'encontre des civils (notamment des hindous et des intellectuels) est sans cesse dénoncée. Cette guerre occasionna quand même l'exil en Inde de 10 millions de personnes, ça laisse des traces.

Je ne saurais trop te conseiller la lecture du second opus, Un bon musulman.  On retrouve les mêmes personnages, quelques années plus tard. Tous ont évolué, de façon parfois très surprenante. Et tous tentent de faire avec la nouvelle donne politique et son instabilité. Certains se sont assagis ou ont baissé les bras, d'autres continuent la lutte, mais différemment, et d'autres, enfin, ont basculé dans une religiosité extrême.
J'avais trouvé ce roman plus sensible, plus abouti. Il m'avait passionnée de bout en bout.

PS : Il est en effet fort dommage que très peu d'auteurs du bengale soient traduits. Hormis Tagore et quelques auteurs de langue bengali traduits chez connaissance de l'orient, la moisson est bien maigre. Pourtant, ce pays semble très riche, j'avais également lu un ouvrage (hélas je ne me souviens plus lequel) qui faisait référence aux nombreux auteurs de grand talent méconnus hors des frontières. (et taclait au passage Tahmina Anam, qui rencontrerait le succès grâce à la puissance de son papa, rédacteur en chef d'un des journaux les plus importants du pays. Passage que j'avais trouvé assez médisant, ayant moi-même apprécié les écrits de la dame. Wink )


Dernière édition par Armor-Argoat le Dim 25 Jan 2015 - 0:39, édité 1 fois
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tom léo
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MessageSujet: Re: Tahmima Anam [Bangladesh]   Mar 10 Juin 2014 - 14:12

C'est beau qu'on partage une même apréciation positive de ce livre!

Invité a écrit:
Je comprends tes réticences concernant le traitement "partial" de l'auteur. En même temps, ce point de vue semble être très partagé par ses compatriotes, et il semble  normal que le sentiment d'injustice de la population se retrouve encore dans la littérature.
Si tu regardes un peu sur le net, la violence et les mesures sanglantes prises à l'encontre des civils (notamment des hindous et des intellectuels) est sans cesse dénoncée. Cette guerre occasionna quand même l'exil en Inde de 10 millions de personnes, ça laisse des traces.

Oui, j'en suis très conscient du nombre de victimes innocentes coté Bangladesh. Les Pakistani étaient d'une virulence, d'une cruauté incroyable. Je ne l'ai pas seulement lu, mais entendu par des gens du coin... Comme toujours - et le livre en fait un écho - aussi des femmes ont souffert ..., puis la torture. C'est inexcusable.
(Comment ne pas commencer la prochaine phrase avec "mais"???) Comme Allemand on est devenu (au moins dans ma génération?) assez suspect pour toutes formes d'exaltation de son propre pays. Les exclamations de telle sorte me sont étrangères. Mais ceci est avant tout MON problème, et peut-être pas le problème d'une fausse nationalisme chez l'auteur.
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MessageSujet: Re: Tahmima Anam [Bangladesh]   Mar 10 Juin 2014 - 15:01

Je comprends tout à fait ce que tu veux dire. En même temps, chez nous, le temps a fait son oeuvre. Il n'y a qu'à voir à quel point les relations entre français et allemands ont évolué en l'espace d'une génération. Le travail des historiens a également permis de relativiser les choses, de les comprendre dans leur complexité.
Les gouvernements ont un rôle à jouer aussi, suivant qu'ils suivent une ligne de propagande nationaliste et populiste ou s'engagent dans la voie de la réconciliation…

Les conséquences de la guerre d'indépendance du Bangladeh, selon Amnesty International, sont "la mort d'environ un million de civils, 200 000 viols et le déplacement en Inde de 8 à 10 millions de réfugiés."

Cette guerre datant seulement de 1972, je pense aussi que c'est encore trop "frais" dans les mémoires pour remettre vraiment les choses en perspective. D'autant plus qu'on ne demande pas à un auteur de faire preuve de l'objectivité d'un historien.
Ce serait intéressant également de chercher quels sont les soldats pakistanais qui ont été envoyés au Bangladesh, s'ils ont été choisi parmi les plus durs et nationalistes. (je me pose notamment la question car les hindous ont été particulièrement persécutés)

C'est vraiment intéressant en tout cas, de voir qu'en tant qu'Allemand, cet aspect du roman t'a beaucoup plus marqué que moi. Je pense que je relirais certains passages différemment si je le reprenais aujourd'hui, à l'aune de ton commentaire. Wink
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