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 Gilles Rozier

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topocl
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MessageSujet: Gilles Rozier   Sam 31 Déc 2011 - 16:59

Gilles Rozier



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Il est né en 1963 à La Tronche, Isère, et vit à Paris où , traducteur du yiddish et de l’hébreu, il anime la Maison de la culture yiddish – bibliothèque Medem

Je le laisse nous raconter sa vie:

Citation :


Je suis né près de Grenoble. J'ai habité la région jusqu'à l'âge de dix-sept ans. Une partie importante de ma famille y vit toujours. Les forêts de sapins, les cimes enneigées sont mes paysages originels. Quand je les revois, je ressens un mélange de bien-être et de malaise, c'est comme ça.
J'ai fait mes études à l'Essec, puis je suis parti faire ma coopération à Jérusalem, j'y ai appris l'hébreu, j'ai commencé à y apprendre le yiddish, Jérusalem est devenue un petit coin de moi-même, une ville folle où je me sens follement bien. Je n'y passe pas tant de temps mais quand je m'y retrouve, je vis.
Je me suis passionné pour la langue yiddish, celle de mon grand-père Moyshe assassiné à Auschwitz, de ma grand-mère Yokhved morte à Paris en 1942, de l'oncle Simon, de la tante Suzanne que j'ai bien connus. À présent, je parle yiddish. Je suis titulaire d'un doctorat de littérature yiddish, j'écris même un peu de poésie dans cette langue, et des romans en français, dans lesquels les personnages sont souvent entre deux langues, entre deux identités, entre bien-être et malaise, rarement droits, jamais raides, du moins j'espère. G.R.

Il a écrit :

D'un pays sans amour, Grasset, 2011.

Projections privées, Denoël, Romans français, 2008.

La Promesse d'Oslo, Denoël, 2005.

Fugue à Leipzig : d'un voyage en Allemagne, Denoël, 2005.

Un amour sans résistance, Denoël, 2003.

Moïse fiction, Denoël, 2001.

Par-delà les monts obscurs, Denoël, 1999.
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MessageSujet: Re: Gilles Rozier   Sam 31 Déc 2011 - 17:19



D'un pays sans amour



Gilles Rozier raconte avec passion une extraordinaire aventure, qui, partie du Yiddishland, nous embarque jusqu’en Israêl et suit les Juifs de la Diaspora, à la recherche de vies et de destins perdus.

Le narrateur, Pierre, un jeune homme réservé, est un garçon sans mémoire. Ses parents sont morts avant ses 18 ans, ils n'ont pas eu (ou pas pris) le temps de lui léguer une histoire familiale qui lui donnerait des racines dans la tourmente de sa solitude. Aussi cultive-t-il

Citation :


le goût pour la nostalgie, ce sentiment censé rendre mélancolique mais qui inonde d’un inconfortable bien-être.


Au fil de ses déambulations, il se découvre une grand-mère née en Pologne en 1920, et une passion pour Uri Zvi Grinberg, poète yiddish, qui a écrit ce beau poème déchiré qui donne son titre au livre :

Citation :


Mère, nous arrivons d’un pays sans amour/ D’un pays où Dieu est absent./ Déluge en tête et crépuscule dans le sang.

La terre obscure est une planète aveugle/ Malheur à elle qui s’étend si noire/ sous les pieds et sous les maisons.

Elle ouvrira ses yeux ses lèvres aux clameurs-/ Malheur à moi depuis la Genèse jusqu’à ce jour !/ Et le ciel est mauvais/ si lourd de nuées si mauvais-/ à la lèvre d’un arbre il n’offre point le lait/ de sa poitrine nuageuse. »




Parti à la découverte du poète, il apprend le yiddish, hante une obscure bibliothèque yiddish parisienne., entre en contact avec Sulamita, une « princesse romaine » née à Varsovie, une femme au crépuscule de sa vie, qu’elle a consacrée à réunir témoignages et documents sur le monde de son père, auteur dramatique et photographe juif dans la Varsovie de la première moitié du XXe siècle. Là, enfant, elle jouait par terre au 13 de la rue Tlomackie, siège de l'Union des écrivains juifs, observant ceux-ci, leur jeunesse, leur fougue, leur talent, leurs disputes… Parmi eux, Uri Zvi Grinberg, et ses deux amis, ses deux frères : Peretz Markish et Meleck Rawicz. Elle raconte leur histoire à Pierre, leurs familles dissemblables, religieuses ou intégrées, les bonheurs et les persécutions, les ancêtres décimés, leurs choix, leurs parcours qui les mèneront aux quatre coins du monde juif.

On est emporté par cette épopée, l’œil à la fois amer et chaleureux de Sulamita, la passion commune du jeune homme de la vie femme. Gilles Rozier, formidable conteur, nous livre un regard sur l'histoire qui n'exclue pas le romanesque, son livre a un souffle qui palpite, nous fait partager mille vies d’ autrefois et d’aujourd'hui. Il mêle habilement la fiction aux faits réels, comblant les trous, reconstituant des vies qui ont frémi d’enthousiasme pour la littérature, la révolte et de peur devant l’oppression. Il enrichit son texte de citations de poèmes de ces jeunes gens, des poèmes terrifiants qui disent la souffrance millénaire d’un peuple, dans une langue qui est en train de se perdre. Des lettres et des descriptions de photos viennent enrichir son récit, notamment la fameuse photo à laquelle il est afit is souvent allusion, où on retrouve les trois poètes, réunis à Varsovie en 1922 avant d’être séparés par leurs destins.



D’un pays sans amour est un roman, d'ailleurs il se dit « comme un roman », tout en nous parlant des plus grandes tragédies du XXe siècle, du peuple juif, de la littérature vécue comme un engagement.
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MessageSujet: Re: Gilles Rozier   Sam 31 Déc 2011 - 17:27

Citation :


La Torah a été révélée aux hommes du Sinaï, dit-on, mais que saisissons-nous de la loi de Moïse rapportée après ses 40 jours de jeûne au sommet de la montagne ? Très vite, on ne l’a plus comprise. Les hommes se sont mis à la commenter, et ils ne sont pas tombés d'accord. Leurs divergences sesont transmises oralement de génération en génération, c’est ainsi qu'est né le Talmud . Vous n'êtes rien d'autre qu'un rabbin du Talmud. Vous vous penchez sur ce groupe d'hommes et de femmes qui, à Varsovie entre les 2 guerres, ont fait preuve d'une créativité littéraire inouïe. Vous parvenez à apprendre suffisamment leur langue pour déchiffrer leurs textes mais tout à coup, vous levez le nez de vos livres et vous dites : que puis-je comprendre de ces gens, quelques décennies plus tard ? Pourquoi écrivaient-ils plutôt que de gagner honorablement leur vie ? Pourquoi certains sont-ils restés à Varsovie jusqu'à la catastrophe alors qu’ils publiaient dans leurs revues les oeuvres les plus prémonitoires de celle-ci ? Leur poésie était truffée de charniers, de massacres, de persécutions mais il continuaient à aller faire leurs courses au marché. Un poète peut-il décrire ce qui va se produire et être c point aveuglé par sa création qu’il en oublie de s'enfuir à toutes jambes ?

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MessageSujet: Re: Gilles Rozier   Mer 4 Jan 2012 - 10:22


Par-delà les monts obscurs.


Un excellent début sur la mort du père, l’accompagner malgré les silences qui ont régné entre lui et ses filles pendant leur vie, l’espoir déçu que des secrets seront révélés et des explications données sur ce lit de mort. Puis débarrasser l’appartement, le lieu où on a vécu, trouver un carnet secret enfoui… et qui n’est pas resté là par hasard.
Et puis on verse dans la psychogénéalogie de bazar, l’amour bafoué du père pour son frère expliquant la haine – amour des deux filles (mais pas la froideur de la mère…), tout cela sur fond d’immigration (d’ Allemagne en France avant la guerre, de France en Israël après).


Tout cela un peu lourd, une émotion qui ne passe pas, une psychologie superficielle et démonstrative, un thème qui aurait mérité au moins 300 pages.

On reste sur sa faim avec en même temps un espèce d’impression d'indigestion. Dommage.
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MessageSujet: Re: Gilles Rozier   Mer 4 Jan 2012 - 10:34

Moïse fiction

Un agréable récit, superbement écrit,ou Moïse, à la veille de sa mort, nous raconte sa vie, ses errances, ses choix. Nous fait part de ses hésitations, de ses questionnements. Un être humain comme un autre, fragilisé par le secret de ses origines, écartelée entre 2 cultures, qui, ici, n'est pas assujetti à Dieu mais porté par l'humanité et l’insoumission, le désir de sauver son peuple d'un assujettissement infâme. Il se rend vite compte que ceux que son courage et sa force ont permis de sauver de l'esclavage sont plus sensibles au langage du pouvoir et de l'argent, qu'au message d'amour qu'il a voulu leur apporter. Il fait le choix de le leur imposer par des lois austères, exigeantes. Il meurt à 120 ans, sans savoir où ces lois les mèneront, quel sera le destin de ce peuple qu'il confie aux mains de Joshua en qui ils sent une foi en l'homme égale à la sienne.
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MessageSujet: Re: Gilles Rozier   Mer 4 Jan 2012 - 10:55

Quel est ton préféré pour l'instant? Histoire de commencer par le meilleur (même si ça reste subjectif).

_________________
"Ceux qui croient posséder une clef transforment le monde en serrures. Ils s'excitent, ils interprètent les textes, les films, les gens. Ils colonisent la vie des autres. Les déchiffreurs devraient se calmer, juste décrire, tenter de voir, plutôt que de projeter du sens et de s'approprier l'obscur, plutôt que d'imposer la violence blafarde de l'univers. Dire comment, pas pourquoi."
Francois Noudelmann (Tombeaux: d'après La Mer de la Fertilité de Mishima).
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MessageSujet: Re: Gilles Rozier   Mer 4 Jan 2012 - 11:25

Mon préféré est sans conteste D'un pays sans amour, que je place dans les excellents livres 2011. Très personnel , un style assez envoutant, et en même temps instructif, on est emporté dans cette tourmente des juifs de l'ESt de la première moitié du 20ème siècle, thème qui m'est cher.


Ensuite Moïse fiction est interessant, bien écrit, un plutot bon livre.

Quant à Par delà les monts obscures, très court, décevant.
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MessageSujet: Re: Gilles Rozier   Ven 19 Juil 2013 - 17:55

Un amour sans résistance

Honnêtement, je suis d'une indifférence totale pour ce livre.
Comme je l'ai lu, c’est l’ histoire d'un professeur d'allemand, pendant la guerre, qui était plutôt plus perturbé de voir que des livres étaient brûlés plutôt que des hommes torturés ou déportés. Il n'a pas voulu se mouiller, jusqu'au jour où il cache dans sa cave un jeune juif. Non pas  parce que c'est juste, mais parce qu'il en est amoureux, et qu'il veut pouvoir vivre sa passion tranquillement, l'imposer à cet homme en quelque sorte. C'est un homme en retrait, en creux, totalement centré sur lui-même et ses livres, qui néglige son épouse d’une façon difficilement crédible. Un personnage lymphatique, cynique, complètement antipathique, mais cela sans aucun brio.
C'est correctement écrit mais sans plus,  ça ne passionne pas, cela donne comme des relents de malaise.

Histoire de me faire une idée, je lis ensuite le 4e de couverture et je découvre que le sexe du narrateur est mystérieux. Je réfléchis : oui cela pourrait aussi être l'histoire d'une femme, puisque le conjoint s'appelle Claude, et que c’est assez astucieusement écrit pour qu'il n'y ait pas de participes passés ou d'adjectifs à accorder : une femme qui se paierait un homme dans sa cave, pourquoi pas.

Seulement voilà, si tant est qu’il y ait eu une ambiguïté grammaticale (je n'ai pas vérifié par le détail), à aucun moment il ne m'est venu à l'esprit que le personnage puisse être une femme, je n'y ai pas pensé une seconde, et même rétrospectivement, cela ne marche pas. Dommage, l'idée avait de quoi intéresser.

C'est bête, j'ai l'impression d'avoir commencé par le meilleur, D'un pays sans amour, que j'avais vraiment beaucoup aimé, et d'être déçue à chaque fois. Là, je crois que je vais arrêter.
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