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 [BD] Blutch

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colimasson
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MessageSujet: [BD] Blutch   Sam 7 Jan 2012 - 12:09

Christian Blutch (1967- )


Citation :
Blutch est né à Strasbourg le 27 décembre 1967. Après les Arts déco, il débute dans Fluide Glacial avec la ferme intention de ne pas en rester là. Il glisse ses premiers péchés de jeunesse dans Fluide Glacial, et y fait ses armes avec Waldo's Bar et Blotch. En parallèle, il multiplie les expériences narratives à l'Association et chez Cornélius. Avec Péplum, Blutch s'essaie à l'adaptation très libre du Satiricon de Pétrone, chef-d'oeuvre antique de la littérature homosexuelle. Cet album marque un véritable tournant dans le parcours de Blutch tant son style véritablement expressionniste colle au réalisme parfois dérangeant de nos sociétés contemporaines. Dans Vitesse moderne, il aborde sous une forme semi-onirique les fantasmes de ses semblables avec un brin de cynisme. Son humour corrosif, travaillé à l'école des éditions Audie s'accorde parfaitement à celui des duettistes Sfar/Trondheim, scénaristes de la série-fleuve Donjon. Avec Mon fils le tueur, Blutch signe un album à l'égal des cafés de ses premiers dessins : noir, serré et saupoudré d'un zeste de folie douce !
Source : ICI

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MessageSujet: Re: [BD] Blutch   Sam 7 Jan 2012 - 12:10

Pour en finir avec le cinéma (2011) de Blutch


On pense se retrouver avec un livre qui démonte le cinéma et qui crache sur ses plus vilains défauts, et voilà qu’on se retrouve au contraire à lire une ode d’amour au cinéma ! Si Blutch a envie d’en finir avec le cinéma, ce n’est pas par aversion pour cet art mais par excès d’amour et de passion, emportement qui le pousse parfois jusqu’au dégoût et qui exaspère au plus haut point son entourage…

Imprégné de cinéma jusqu’au plus profond de lui-même, Blutch aimerait en finir pour retrouver ce qui serait sa véritable personnalité si elle n’était pas recouverte du fard de la comédie et de la tragédie. Toutefois, on doute que Blutch ne reste encore lui-même s’il ne possède plus cette passion qui vire parfois à la folie. Dans un dialogue qui tend très souvent au monologue parfois un peu autiste, Blutch flotte dans un autre monde, celui du cinéma. Bien qu’ancré dans le monde réel qui est le commun de tous les mortels, il lui donne une dimension supplémentaire et tout évènement de sa vie personnelle peut faire référence à une scène qu’il a vue, à une anecdote sur un film ou un acteur qu’il a entendu ou à des images qui reviennent à lui sous forme de flashs muets.


Le cinéma imprègne l’art de Blutch et se transpose en format graphique sous la forme d’expérimentations les plus diverses. Les chapitres se succèdent mais ne se ressemblent pas. Les tonalités de couleur changent, le rythme accélère ou diminue, le flot des paroles devient torrentiel avant de se réduire, un peu plus loin, comme peau de chagrin. Si cet album de Blutch était un film, on en sortirait remué, le cerveau secoué et les mirettes asséchées.


Au-delà de cet aspect esthétique, les réflexions de Blutch, accompagnées d’un savoir érudit, livrent les aspects originaux d’une pensée qui s’est construite depuis des années en référence au cinéma. Loin d’être soumis à une passion née de la dernière pluie, Blutch parvient à prendre suffisamment de recul pour louer les mérites d’un art enchanteur sans se laisser dépasser par ses aspects les plus grossiers voire vulgaires. Les hommes (et femmes) de cinéma sont des esclaves qui vouent leur vie à l’existence d’une pratique qui n’a d’autre but que le plaisir immédiat de quelques spectateurs, pas toujours reconnaissants des sacrifices que l’on effectue pour eux. Ils apparaissent divins, s’emparent des apparences les plus multiples et des caractères les plus bigarrés, et lorsqu’ils atteignent la perfection de leur art, ils façonnent le cerveau de leurs admirateurs jusqu’à les rendre semblables à Blutch ; humanoïdes mêlant rêve et réalité dans la confection d’une existence qui se situe entre ces deux univers.


Reste l’aspect générationnel de ce livre qui fait obstacle à la bonne compréhension des propos de Blutch. Son enthousiasme est débordant, c’est évident, mais pas forcément contagieux, surtout pour les personnes de mon espèce qui n’ont pas connu le cinéma de la même façon et au cours de la même période que Blutch. Non pas que les films d’une époque ne concernent qu’un type de public d’un certain âge (quoique cela peut jouer), mais surtout parce que la réception à un type d’art diffère d’une génération à une autre, suivant son évolution. Incontestablement, le rapport au cinéma de Blutch est différent du mien : son enthousiasme est plus intact et se ressent forcément à la lecture de cet album. Devant la passion qui anime Blutch, je reste admirative, devant son érudition, j’éprouve du respect, mais je contemple cela de loin, comme un engouement que je peux comprendre mais que je ne partage pas pour autant…



Citation :
- Acteur de cinéma ! … Qu’est-ce que c’est qu’ce genre ? … C’est quoi ces manières de s’exhiber ? De passer sa vie à poil ?
- C’est ma contribution à l’histoire de l’art, fiston…
- Quel est cet art où les hommes se font aligner et polir les dents ? Où les durs se font poudrer pour masquer leur couperose ? Où les cow-boys se font épiler la poitrine et frisotter les mèches ?

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MessageSujet: Re: [BD] Blutch   Sam 7 Jan 2012 - 12:17

Une interview qui vaut le coup d'oeil sur le site des Inrocks :



Citation :
Ce livre nous montre ton rapport ambigu au cinéma. D'un côté, on sent ta passion et de l'autre, une sorte de rejet.

Parce qu'au fond, d'une certaine manière, la pensée cinématographique n'est pas si intéressante que ça, pas si poussée, pas si drôle. Et le cinéma représente l'art dominant ! Comme je pratique un art inférieur socialement, je dois être un peu jaloux (sourire). C'est le miroir aux alouettes. Question de génération : parmi les gens que j'ai connus, la moitié voulait monter un groupe de rock, l'autre voulait devenir cinéaste. Les arts diffusés, démultipliés ! Tout le monde veut faire des films.

[...]

Citation :

Tu gardes une certaine nostalgie du cinéma ?

Je ne trouve pas que le cinéma d'aujourd'hui soit plus médiocre mais la plupart du temps, il est très décevant. Je suis sorti fou de rage de certains films, comme Nine, que j'étais allé voir par hasard. J'ai trouvé ça obscène, je n'ai pas décoléré pendant deux jours. Je préfère les séries télé, Breaking Bad, Les Soprano, Six Feet under... Dans le genre récit filmé, monté, elles me donnent davantage de sensations.

[...]


Citation :
Le narrateur paraît violent, aigri, parfois grivois.

(Un temps) Les choses molles m'ennuient. Je ne cherche pas à donner une image séduisante de moi-même. Il y a toujours une confusion, un aspect nébuleux quand on se met en scène. Je pense qu'il faut conserver cet aspect-là.

[...]

Citation :
Le passage sur les femmes à l'écran est violent. Elles sont à la merci des hommes. C'est ça, la femme au cinéma ?

Je préfère être un homme qu'une femme. Les femmes ont des vies de chien, et a fortiori les femmes actrices. Je pense que ça doit être terrible.

[...]

Citation :
Arnaud Desplechin ou Stanley Cavell disent que quand on regarde bien le cinéma, il n'a fait que participer à la libération de la femme. Tu ne partages pas cette vision ?

Mon postulat, c'est qu'au fond rien ne change. Un de mes personnages dit : "Nous vivons chez les Mérovingiens". Je crois que nous y sommes encore. Il y a très peu de vedettes qui ont eu la folie, comme Simone Signoret, de se laisser vieillir devant les gens. Je faisais mon livre quand Liz Taylor est morte. Son dernier film vraiment intéressant, c'est Cérémonie secrète de Joseph Losey en 1968. Après, ce sont des apparitions de luxe, des téléfilms et de la presse à sensation. En 1968, elle a 36 ans, on dirait qu'elle en a 55. Elle est usée jusqu'à la corde, la mégère du film. Le nombre d'actrices que j'ai vu apparaître depuis que je vais au cinéma, depuis 1980, et qui ont disparu ! Pourquoi ? Qu'est devenue Valérie Kaprisky ? Je finis mon chapitre sur les femmes par Catherine Deneuve. Je trouve cette femme très digne. Mais elle représentait bien ce que je voulais dire. Peu de femmes font une carrière sans avoir recours à ce qu'on appelait dans le temps le sex-appeal ou la séduction. Peut-être Yolande Moreau. Quand je la vois jouer, c'est Michel Simon parfois. Elle poétise tout.

[...]

Citation :
Les acteurs t'intéressent plus que les réalisateurs ?

Ma cinéphilie tourne beaucoup autour des acteurs. J'ai aimé le livre de Luc Moullet Politique des acteurs parce qu'il y exprimait des sentiments qui me travaillaient depuis longtemps sans que je parvienne à les formuler. J'ai aimé John Wayne parce que je pensais que c'était vraiment lui à l'écran, sa personne. De film en film, il me racontait sa vie. Quand j'étais enfant, on allait voir le film "de" De Funès, "de" Coluche, pas de Claude Zidi ou Jean Girault. Ça m'est resté. Je peux me taper des films immondes pour apercevoir Kris Kristofferson pendant une minute ! J'étais allé voir Les Sentiers de la perdition pour Paul Newman. On ne le voyait pas assez, j'étais frustré (rires). Ça me touche presque physiquement. Comme la peinture. Je fais un parallèle, dans cette BD, entre Rembrandt et Deux hommes dans l'Ouest de Blake Edwards, avec William Holden. C'est aussi physique que ça pour moi, il n'y a rien d'intello.



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MessageSujet: Re: [BD] Blutch   Sam 7 Jan 2012 - 17:17

Toujours sur Les Inrocks, les huit albums essentiels de Blutch :

MITCHUM



Série de comics parus à l’origine en fascicules. Les récits d’inspirations variées soulignent la complexité des rapports humains. Blutch y affirme sa grande liberté narrative et graphique.


PEPLUM



A partir du Satiricon de Pétrone, Blutch tisse un roman graphique complexe et endiablé, où il revisite l’Antiquité avec une poésie sauvage.


LE PETIT CHRISTIAN 1 & 2



Il y raconte avec humour son enfance et son adolescence baignées par la culture des 70’s et des 80’s, qui influencera le reste de sa vie.


BLOTCH



Chef-d’oeuvre cruel, à l’autodérision corrosive, Blotch livre une critique acerbe de la fatuité artistique doublée d’un retour sur une époque peu glorieuse, celle de la France des ligues.

VITESSE MODERNE



Un voyage onirique et envoûtant dans un Paris inquiétant où les jeunes filles se perdent et cherchent le père pour peut-être mieux le tuer.


DONJON MONSTERS - MON FILS LE TUEUR



Le trait incisif de Blutch au service de l’imaginaire fantastico-médiéval de Sfar et Trondheim.

C'ETAIT LE BONHEUR



Recueil de petites tragi-comédies qui explorent avec mordant et poésie les relations de couple et la place de l’enfant.

LA BEAUTE



Au-delà de la BD, composé de dessins muets, un livre vivant et libre, le plus absolu de son auteur.

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MessageSujet: Re: [BD] Blutch   Sam 7 Jan 2012 - 17:26

Dans Pour en finir avec le cinéma :


« C’était un incroyable matou pelé, galeux, couleur de marmelade d’oranges, aux oreilles en lambeaux et avec une de ces mines moustachues, patibulaires et renseignées que les vieux matous finissent par acquérir à force d’expériences riches et variées. »
Romain Gary, à propos de Burt Lancaster


« Tu m’as toujours réjoui, mémoire de mes images perdues. »
Pierre Clémenti

« Le passe n’est jamais mort, il n’est même pas passé. »
William Faulkner

Citation :
La grande trouvaille du 20e siècle, c’est pas l’atome, ni la relativité, non !... C’est les orchestres et le théâtre en conserve… La voilà, la révolution véritable !... Les récitals et le mélodrame dupliqués en quantité industrielle et lancés dans la circulation, et vendus au plus grand nombre d’habitants sur Terre possible…
Citation :

La difficulté vient de ce que la poésie suggère des choses absentes, évoque davantage que ce que vous voyez. Et le danger au cinéma, c’est qu’en utilisant une caméra, vous voyez tout, tout est là. Ce qu’il faut faire, c’est arriver à évoquer, à faire affleurer des choses qui en fait ne sont pas visibles. A opérer un enchantement.

Citation :
Un film, ça tient à rien. Un serpentin lumineux qui ne dure que le temps de son déroulement. Cette expérience restreinte ne trouve sa portée véritable qu’au-delà de sa projection. Lorsque son souvenir nous visite…

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MessageSujet: Re: [BD] Blutch   Sam 12 Jan 2013 - 19:07

Vitesse moderne (2002)




La Vitesse moderne dont parle Blutch est multiforme…
Serait-elle cette ivresse qui caractérisa l’existence de la duchesse de Berry lors de la Régence ? Il s’agirait alors de se consumer dans une frénésie d’expériences inédites dont la seule évocation effrayerait ceux qui préfèrent se laisser porter calmement par le temps… De se laisser porter par une vitesse qui n’a de « moderne » que la conception démystifiée d’une mort qui semble meilleure qu’une éternité terne.
Le Commandatore a une autre hypothèse : la Vitesse Moderne naît de l’ivresse provoquée par l’Art –obsession qui retire du monde réel et qui enferme dans une sphère de beauté salvatrice :


« Je bondissais si loin, si haut, qu’on me disait possédé. En vérité, je l’étais, possédé… Oui, possédé par une puissance divine qui dépassait le provincial mal dégrossi que j’étais… Cette puissance, c’était l’Art ! Je n’avais pas le choix… C’était danser ou crever. La danse a fait de moi un être d’exception, un surhomme, en un mot, un artiste. Pourquoi es-tu étrangère à la beauté du monde ? »


Pour Lola, danseuse bien trop indolente de l’avis du Commandatore, le passage de la Vitesse Moderne commencera lors de sa rencontre avec Renée. Ecrivain médiocre, tout juste bonne à écrire des manuels de dressage sur les huskys, cette dernière a choisi de suivre Lola et d’en faire le sujet central de son prochain roman. L’existence des deux femmes se lie, Renée ne quittant plus Lola qui l’emmène de vagabondage en vagabondage, sans pouvoir anticiper le nouveau cours baroque que prend son existence -comme si, à son tour, la présence de Renée donnait une nouvelle dimension à celle de Lola. Deux existences ternes deviennent alors une existence fantasmagorique…




Les scènes s’enchaînent dans une apparence de logique d’autant plus déstabilisante que Blutch l’enrichit d’éléments absurdes, de personnages grotesques, de scènes oniriques et d’incohérences poétiques. On se croit souvent en plein rêve –les couleurs nous le rappellent- et alors que tout semble se dérouler de manière rationnelle, un détail vient subjuguer la totalité d’une scène afin de mettre à jour l’irréalité qui était sienne depuis le début.




Vitesse Moderne est une expérience poétique intéressante à poursuivre ; un bon moyen, lorsque la nuit se termine, de retrouver la mécanique propre au monde des rêves. Ultime moyen d’accéder à la Vitesse Moderne ?


Citation :
Dans son grand âge, Victor Hugo se levait la nuit et sortait… Il sortait pour se rendre dans les quartiers chauds de la capitale qu’il arpentait de long en large. Naturellement, il ne montait jamais avec l’une de ces dames… Non, s’il se donnait cette peine, c’était pour se montrer. Il voulait que le peuple de la nuit le voie et reconnaisse en lui le prestigieux homme de lettres qu’il était. Il désirait offrir à la pègre une vision grandeur nature du génie français. Ce génie prodigieux qu’il incarnait pleinement. Et rien qu’en le voyant passer devant eux, qu’ils ressentent confusément au tréfonds de leur âme perdue le besoin de devenir meilleurs. Bref, il voulait les inspirer. Pour les sauver, ma petite ! Ne serait-ce qu’un minimum !


En supplément, Blutch nous présente un dossier permettant de prendre conscience du travail effectué au cours de la réalisation de l'album...


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MessageSujet: Re: [BD] Blutch   Ven 28 Mar 2014 - 9:51

Lune L’Envers (2014)




Blutch nous avait déjà expliqué comment en finir avec le cinéma. Cette fois, il nous raconte la fin de la bande dessinée dans une dystopie qui se déroule du rose au bleu et du vert au jaune, dans un monde peuplé d’hologrammes et de machines organiques que n’aurait pas reniées le David Cronenberg d’un Festin nu.




L’intrigue, si ce n’est le monde présenté dans Lune L’Envers, tourne autour de cet impératif : « L’humanité ne passera pas une année supplémentaire sans son Nouveau Nouveau Testament ». Dans l’avenir, la nouvelle Bible s’étendra en phylactères et onomatopées –et Blutch ne pardonnerait pas que l’on réduise la bande dessinée à ces deux caractéristiques. Lui-même essaie sans cesse de rendre ce format aussi littéraire que n’importe quel autre roman, s’inspirant ici de l’esthétique et des coloris d’Alan Moore. Ses figures de style sont des illustrations frappantes, des changements de rythmes narratifs surprenants, des variations de couleurs à la fois discordantes et ravissantes.




Le message véhiculé à travers l’intrigue sera cependant moins original et constitue une critique classique des impératifs économiques venant avilir ce domaine incorruptible que devrait être la création artistique. Il s’agit peut-être d’une façon comme une autre pour Blutch de ne pas perdre de vue ses propres idéaux alors que sa bibliographie commence à devenir aussi dense et respectée que celle du personnage malmené de Lune L’envers.




Citation :
- Tiens, j’y pense ! Si on te donnait le choix… en quoi aimerais-tu être réincarné ?
- En rouleau de scotch.

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