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 G. K. Chesterton

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Sigismond
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Mar 17 Sep 2013 - 15:29


Gilbert Keith Chesterton, Le nommé Jeudi.
Titre original: The Man Who Was Thursday: A Nightmare.

NB: à écouter ici, mais vous pouvez préférer Orson Welles en personne qui prête sa voix à Syme dans une version originale, dans tous les sens du mot "original" :
The Man Who Was Thursday:
 
Encore une oeuvre de jeunesse du Gilbert-Keith, publiée en 1908.
Une anodine controverse, ou joute verbale, entre Gabriel Syme, qui représente le camp du bien (et de l'ordre) et Lucien Gregory, zélateur de l'anarchie, nous fait entrer en douceur dans ce roman.
Puis la verve, la truculence Chestertonienne, très réaliste-magique, se met en branle.

Sans trop révéler, parce qu'il y a un côté thriller indéniable, additionné d'une théâtralité à effets, Syme infiltre par son talent oratoire une société secrète anarchiste, au sein de laquelle il se rend à l'invite un rien provocatrice de Gregory.

S'ensuivent une série de quiproquos et d'action, tout est dans les faux-semblants et l'exhibition puis le tombé des masques, et dans de bien étranges infiltrations. Le tout servi par la plume, poétique, drôle et raffinée de l'auteur.
Par ailleurs, c'est encore un ouvrage de Chesterton qui peut constituer, pour l'amateur, une inépuisable mine de citations.
Beaucoup d'action (sans cesse, en fait), il y a aussi un côté polar, mais surtout qu'on ne réduise jamais ce livre à un policier, ce n'est pas une enquête du Père Brown !

Le roman est découpé en quinze chapitres, à noter que le poème dédicatoire est curieusement absent de l'édition française (du moins celle dont je dispose, voir image), ainsi intitulés:
1– Les deux pièces de Saffron Park
2– Le Secret de Gabriel Syme
3– Jeudi
4– L’histoire d’un détective
5– Le repas épouvantable
6– Démasqué !
7– Conduite inexplicable du professeur de Worms
8– Explications du professeur
9– L’Homme aux lunettes
10– Le duel
11– Les malfaiteurs à la poursuite de la police
12– La terre en anarchie
13– À la poursuite du président
14– Les six philosophes
15– L’accusateur


Enormément d'allégorie(s), quelques références bibliques. Et du burlesque et du comique de situation, à n'en plus finir !

Et bien entendu une somme inouïe de paradoxes (oui, je sais, on est chez Chesterton, normal, quoi !). C'est ma seconde lecture, ou plus exactement ce n'est que ma seconde lecture: comprenez que je suis loin, très très loin d'avoir fait le tour de ce riche ouvrage, sans doute ce que j'ai lu de lui de plus baroque !
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animal
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Mer 9 Oct 2013 - 21:43

La sagesse du Père Brown

Un ensemble de nouvelles, assez courtes, sans liens entre elles autre que le Père Brown et son compère (français) Flambeau.

Meurtre, danger, mystère, qu'il soit là ou arrive en route, le Père Brown se reconnait tout de suite, l'est petit, ne ressemble à rien et à un gros chapeau !

Petites atmosphères pittoresques et hautes en couleur, avec des effets de genre très soignés, tout ce qu'il faut pour qu'on sente ce qui va arriver sans forcément deviner qui a fait le coup ou quels sont les motifs de l'acte criminel. D'ailleurs le Père Brown n'arrive pas toujours trop tard.

Outre le fait que c'est efficace et très plaisamment écrit, ce sont évidemment les traits d'esprits du Père Brown (et de l'auteur) qui nourrisse le plaisir du lecteur. Large choix de possibilités : avec ou sans préjugés, avec ou sans croyances, en travers des habitudes ou des convenances, le Père Brown peut tout faire, et très tranquillement. Sans méchanceté, sans vengeance.

Enchainer les nouvelles fait ressortir quelques ficelles ou tics ou trucs d'écriture (dans les ouvertures surtout) mais comme c'est bien fait et assez varié dans les décors et les situations ça ne gêne pas beaucoup. Quelques considérations raciales font démodé mais il faut reconnaitre que d'un autre côté les préjugés savent être trompeurs.

Il faut imaginer une petite collection de tourne-pages dans un petit livre qui sait être vif et piquant tout en offrant le confort des repères solides d'un genre. Le genre quand c'est bien fait ça ne se refuse pas !

J'y reviendrai certainement et je l'espère avec un roman. miammiam 

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Ariane SHOYUSKI
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Mer 25 Juin 2014 - 22:43

Ah, oui ! cheers 
Je ne savais pas qu'il y a le fil de Chesterton !! bounce 
Je n'ai lu aucun roman (comme d'habitude ???). Mais j'ai adoré ses essais quand j'étais jeune. content 
C'était un vrai trampoline de cerveau  surpris  C'était rigolo et souple.
C'est bizarre. Alors que tout le monde parle de Father Brown, il est un bon essayiste acrobatique pour moi. content 
J'ai lu cinq livres : "Heretics" "Orthodoxy" "The Everlasting Man" "Tremendous Trifles" "George Bernard Shaw". rire 
C'est magnifique quand il critique d'autres écrivains ! (Bernard Shaw, H. G. Wells etc.)
Je vous conseille fortement "Heretics" et "Orthodoxy" (je crois que ces deux sont les meilleurs).
C'était une lecture bizarre mais très agréable. Cool
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animal
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Mer 25 Juin 2014 - 22:46

rien que pour cette expression : C'était un vrai trampoline de cerveau je vais essayer de m'en souvenir, un jour...

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kenavo
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Jeu 26 Juin 2014 - 7:05

les Anglais aiment bien leur Father Brown... et du coup on ne peut plus compter les adaptations
coïncidence que je suis tombée sur la dernière en ligne il y a quelques semaines
puisque c'est produit par la BBC qui réalise normalement de bien bonnes choses, j'y ai jeté un oeil et c'est tout à fait plaisant et agréable
pour l'instant il y a deux saisons et la troisième a été commandé début de l'année


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Sigismond
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Lun 30 Juin 2014 - 2:45

Ariane SHOYUSKI a écrit:
(...) Mais j'ai adoré ses essais quand j'étais jeune. content 
C'était un vrai trampoline de cerveau  surpris  C'était rigolo et souple.
C'est bizarre. Alors que tout le monde parle de Father Brown, il est un bon essayiste acrobatique pour moi. content 
J'ai lu cinq livres : "Heretics" "Orthodoxy" "The Everlasting Man" "Tremendous Trifles" "George Bernard Shaw". rire 
C'est magnifique quand il critique d'autres écrivains ! (Bernard Shaw, H. G. Wells etc.)
Je vous conseille fortement "Heretics" et "Orthodoxy" (je crois que ces deux sont les meilleurs).
C'était une lecture bizarre mais très agréable. Cool

Hérétiques (titre original: Heretics) -1905

 La collection "Climats", de Flammarion, a eu la bonne idée de publier à nouveau Hérétiques et Orthodoxes en 2010 (traductions, notes et préfaces de Lucien d'Azay), tant il est vrai que Chesterton demeure, en France, un écrivain dont il peut s'avérer difficile de trouver les livres, hormis ceux du Père Brown.
Chesterton dont on rappelle que nombre d'ouvrages ne sont, du reste, pas encore traduits en français, ce qui est pour le moins étonnant.

Sinon, on trouvera le texte intégral d'"Hérétiques" en français ici, détail curieux: surtout ne tenez pas compte des mentions "à sauter"  que l'on rencontre en-tête de certains chapitres, quelle idée d'avoir ajouté une telle ineptie voyante !

 Essai écrit sur un plaisant ton discursif, il s'agit d'une compilation de choix d'articles que Chesterton a fourni au Daily News sur trois années, très légèrement retravaillés pour un format livre (20 chapitres, 250 pages environ).

 Comment le classer ? Disons entre le conférencier, le polémiste, le journaliste et le professoral, obtenant ses effets à l'aide de paradoxes souvent, de contrepied presque toujours, et en utilisant une gamme instrumentale d'une largeur inouïe, allant de l'entonneur rabelaisien via l'orateur-tribun et le corniste le soir au fond des bois en passant bien sûr par celui de l'homme du monde raffiné jusqu'au propos aquilin de hauteur de vue sommitale, le tout enrobé en permanence de sens de l'humour sans aigreur ni réelle méchanceté ("pour faire rire de bon coeur, il est nécessaire d'avoir touché le coeur" dit-il en toute simplicité) .

 Chesterton s'attaque au haut du panier de la notoriété d'alors, aux H-G Wells, R. Kipling, G-B Shaw (bien que celui-ci soit, par ailleurs, son ami), mais aussi à Nietzsche, Zola et bien d'autres, ou encore à des politiques de tout premier plan (Lord Chamberlain, etc...).
 
 En somme il est assez preux pour se mesurer à l'intelligentsia dominante, au mainstream de la pensée, celle qui est assénée avec sa palanquée de dogmes dont le dogmatisme n'est pas assumé, et celle-ci est encore bien vivante un bon siècle plus tard, sous nos latitudes !!  

Chesterton, "Hérétiques"
 Comme dit à propos des deux ou trois romans que j'ai eu la maladresse et la joie de présenter sur ce fil, on a aussi un visionnaire avec Chesterton. Pas mal de ses supputations, lièvres qu'il a levés et autres observations se sont avérées rigoureusement exacts, se sont accomplis depuis.
 
 D'autres, classés billevesées ou fantaisies, attendent sans doute leur heure. J'avoue avoir jubilé sans réserve ni aucune retenue avec ses propos, sur maint sujet abordé dans ce livre (la quasi-totalité de ceux-ci, en fait); et ce, qu'on tombe d'accord ou non avec lesdits propos !
 Disons qu'un son autre est entendu, une voix rare, lucide, drôle, distincte.
Spoiler:
 
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Ariane SHOYUSKI
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Lun 30 Juin 2014 - 16:46

Merci beaucoup pour ton commentaire, Sigismond.
Oui, c'est vraiment dommage que ses essais ne soient pas très connus en France. Pourtant c'est vraiment intéressant et drôle.
Après que j'avais posté mon article, je me suis demandée, "les intellectuels français ne veulent peut-être plus lire des auteurs catholique ?"
C'est vrai que son catholicisme est déjà affiché à ses titres. Mais malgré tout on pourrait apprécier son style très original.
Merci. J'aurais voulu écrire comme toi. bravo 
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Sigismond
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Jeu 23 Juil 2015 - 7:14

La sphère et la croix


Titre original: The ball and the cross. Roman, 300 pages environ, 20 chapitres
aux titres évocateurs:
 
Publié en 1910 à l'état de livre, parution en feuilletons échelonnés entre mars 1905 et novembre 1906 dans "The Commonwealth". C'est le troisième roman, par ordre chronologique, de Chesterton.
Dessin de Ben Hatke, tiré de son blogue où vous en trouverez quelques autres ayant trait à "La sphère et la croix", ainsi que quelques propos sur le livre, dont il a illustré une ré-édition.

Ici un lien vers un téléchargement du livre (en version originale), ou encore ici.

A recommander à ceux dont les dithyrambes de Borges ou Kafka à l'égard de Chesterton ont pu mettre la puce à l'oreille !

La sphère et la croix est une fable, signée d'un maître-métaphysicien. Rassurez-vous, elle est garnie en paradoxes, l'écriture est leste, décapante et joyeuse, le tout est très enlevé. Pas d'inquiétude, le sens de l'humour, si particulier, est à l'habituel niveau de cette figure de proue britannique du genre. Truculent, rondement mené et jubilatoire !  

Tout commence dans le "vaisseau volant" du professeur Lucifer, accompagné par un moine-ermite âgé, bulgare "de grande sainteté", du nom de Michaël, qu'il a kidnappé dans le but de le convertir à ses idées. Croyant aborder une planète inconnue, tout en croisant le fer (verbal) sur des thèmes emprunts de symbolique avec Michaël, Lucifer manque de justesse percuter...la cathédrale Saint-Paul à Londres, surmontée d'une sphère et d'une croix. Furieux des arguments du moine, le professeur Lucifer jette Michaël hors du "vaisseau volant", celui-ci se rattrape in extremis aux branches de la croix qui surmonte la sphère.
S'ensuit un passage remarquable, poético-philosophique, celui de la descente du moine, qui rencontre un gardien, lequel l'amène via les escaliers au sol, avant de le remettre entre les mains de la police, afin de le faire interner en tant qu'aliéné.

De façon concomitante, un jeune écossais catholique (Evan MacIan) fracasse la vitre d'un homme de plume athée dont les écrits et son commerce ne provoquent qu'une totale indifférence (James Turnbull), après avoir lu en vitrine quelques propos comparatifs entre la Vierge et une divinité mésopotamienne.
S'ensuit un attroupement, une demande de régler cela en duel, et l'affaire finit au tribunal, où MacIan campe sur sa position, tandis que Turnbull, plus roué et plus au fait de ce qui peut se dire à la barre d'un tribunal londonien, s'en sort à son avantage. Mais, à la sortie, coup de théâtre: Turnbull, qui a enfin rencontré quelqu'un qui réagit à ses travaux -la chance de sa vie !-, exige son duel, et voilà nos comparses fouinant dans la boutique d'un antiquaire, afin de trouver les épées ad hoc. Ils en trouvent, ligotent l'antiquaire qui leur refusait le droit de se battre dans son jardinet, et leur duel est interrompu par le fait que l'antiquaire, s'étant libéré, a ameuté la police.

Nos protagonistes s'échappent en cab "réquisitionné" de force, puis quittent la ville afin de poursuivre leur querelle ailleurs, tandis que leur affaire fait grand bruit dans les journaux, et que la police les pourchassent. Chesterton, tout en tirant quelques remarques bien senties et paradoxales sur le journalisme et sur la marche du monde, donne dans le quichottisme.
Chesterton a toujours la délicate gaité consistant à poursuivre un genre prisé il y a longtemps, et qui semble avoir perdu ses lettres de noblesse, la farce, ainsi que le burlesque, comme à plusieurs reprises souligné pour ce qui concerne d'autres de ses romans, que j'ai eu la joie de commenter sur ce fil.

Mais Turnbull et MacIan seront sans cesse interrompus dans leurs tentatives de duel, ce qui participe à l'effet comique. Un pseudo-ange pacificste (?), un philosophe sanguinaire quelque peu dérangé, la marée, une dame de la haute société qui les sauve de la police, jusqu'à une fuite en bateau sur une île de la Manche (où, grimés, ils intervertissent leurs rôles en quelque sorte, pour quelques pages savoureuses), et même sur ce qu'ils croient être une île déserte ils sont sans cesse conduits à remettre leur duel.

Je ne vais pas m'étendre sur le pourquoi c'est si spécifiquement pré-kafkaien et pré-borgésien, ce serait vraiment trop dévoiler. Les personnages secondaires, empêcheurs de s'entretuer en rond ou non, sont remarquables. Et le monde -la société moderne- qui empêche deux gentlemen de s'entretuer pour un prétexte qui, paradoxalement toujours, pourrait être le seul qui vaille, donne aussi l'occasion à Chesterton de renverser ce qui est interprété comme la folie ordinaire du côté de la normalité, et vice-versa. Le retournement du regard du lecteur est finement amené, c'est, là aussi, très chestertonien, et de haute volée.
Chesterton, ailleurs que dans ce roman a écrit:
«Toute ma vie, j’ai aimé les bords, les arêtes ; et la limite qui amène une chose à se dresser très vivement contre une autre.»

Pour les principaux caractères, Michaël/Lucifer (très allégoriques) et MacIan/Turnbull sont, peut-être, à rapprocher de Chesterton/G-B Shaw, ou encore Chesterton/Robert Blatchford (directeur de The Clarion comme, dans le roman, Turnbull est directeur de The Atheist).

Il est intéressant de noter la complicité de Turnbull et MacIan, fraternisant, somme toute, très vite dans l'adversité. MacIan veut expédier le duel avant de trop éprouver d'amitié (=caritas, amour du prochain) envers Turnbull. Et le non-dit final, déductible (permettez que je reste vague, c'est pour l'intérêt des futurs lecteurs) les rapproche encore plus.

Quelques extraits:
Spoiler:
 
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Sigismond
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Sam 25 Juil 2015 - 21:35

Magie.
Théâtre, une centaine de pages "aérées", 1913, titre original: Magic. A Fantastic Comedy.

Vous trouverez le texte original ici, en audio-livre (anglais) par ici.

Je n'ai jamais vu cette pièce jouée, vous en trouverez quelques versions (en anglais) via les "vidéos" de votre moteur de recherches.
Spoiler:
 

La croustillante genèse de cet opus est narrée en introduction (de François Rivière, dans l'édition Payot-Rivages Poche de 2015), je ne résiste pas à l'envie de vous en livrer les grandes lignes:
Spoiler:
 

L'action se déroule dans le salon du Duc, que jouxtent diverses pièces et un jardin.
Personnages: Le Duc (plutôt doux-dingue, incapable d'appuyer une cause plutôt qu'une autre, etc...),
trois personnages représentant les autorités, les références morales et comportementales du lieu et du temps:
Le Docteur Grimthorpe (la science et la méthodologie scientifico-scientiste)
Le Révérend Cyril Smith (la morale, mais celle du Siècle -du temps, distordue vis-à-vis des Evangiles),
Morris Carleon (le jeune businessman américain, pétri d'action, de sens des affaires, et de réalisme matérialiste égocentré),
Puis trois personnages, dont deux clefs:
Hastings (le secrétaire du Duc, guindé, professionnel, froidement drôle)
L'étranger (le premier rôle masculin, magicien (?), chamane (?) prestidigitateur (?), illusioniste (?)),
Patricia Carleon (sœur de Morris, seul rôle féminin, celle par qui tout arrive...)

Le poétique Prélude se déroule dans le jardin, dans l'obscurité, c'est un échange, plutôt onirique, un rien mystique, entre Patricia et l'étranger.

L'acte I voit l'entrée en scène de tous les autres personnages, et le comique naît de leurs réparties, tutoyant parfois la métaphysique aux confins de l'absurde, si chère à Chesterton.

Se mettent en place les autorités, telles que les symbolisent le docteur, le révérend et l'homme d'affaires.

Face à ceux-là, Chesterton fait donner, via l'étranger (et Patricia, "passeuse" involontaire -ou impromptue), une bien réelle (elle !) leçon: de féérie, de foi, d'amour.
Sa patte donne libre cours aux méta (-phore, -physique).
A bien y regarder, nous avons là, en trois actes et un prélude, un joli petit morceau de vulgarisation exégétique drôle, en matière d'immanence et de transcendance.
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Arabella
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Lun 17 Aoû 2015 - 18:40

Les enquêtes du père Brown


La clairvoyance du père Brown
La sagesse du père Brown
L'incrédulité du père Brown
Le secret du père Brown
Le scandale du père Brown

Il s'agit d'une intégrale des nouvelles mettant en scène le fameux père Brown, le curé détective. Qui, presque par inadvertance, se retrouve aux première loges lors de crimes ou délits divers. Ou ce qui y ressemble. Et qui débrouille tout cela en deux temps trois mouvements alors que les enquêteurs officiels y perdent leur latin.

Les règles du genre sont donc bien respectées, dans les deux premiers recueils le père s'adjoint même une sorte d'acolyte, Flambeau, d'abord criminel puis détective. Les mystères à première vue inexplicables ont une explication très simple au final, à condition d'adopter le bon angle de vision, et ne pas se laisser distraire par ce qui n'a pas d'importance, mais qui saute aux yeux. Et puis utiliser sa raison, qui au final est le don le plus précieux que Dieu a donné aux hommes. Le père Brown est le pourfendeur de faux miracles, de mystères ésotériques, et de la crédulité humaine en général. Alors que ses interlocuteurs le supposent par principe prêt à croire à tout et n'importe quoi.

C'est ma foi fort divertissant, toujours à prendre au second degré, comme le fait l'auteur, même s'il glisse un peu de sérieux et de sa vision du monde l'air de rien. Et évidemment cela donne envie de lire autre chose de lui.

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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Mar 26 Jan 2016 - 11:55

Le paradoxe ambulant. 59 essais (Actes Sud)

Une compile.
Sympa quand on ne connait pas l'auteur, ce qui était mon cas.
Un peu comparable aux billets "Cavalier seul" du regretté André Frossart dans Le Figaro.
Mais bon, côté littéraire, je reste un peu sur ma faim.
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Arabella
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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Sam 22 Oct 2016 - 22:25

Les contes de l’Arbalète


Un curieux livre. Huit parties, au départ on peut penser qu’il s’agit de nouvelles, puisque nous partons à la découvertes de certains personnages à un moment clé pour eux. Mais tout cela finit par se rejoindre, et une sorte d’action, tout au moins de progression se met en place, jusqu’à un dénouement. On peut donc sans doute considérer cela finalement comme une sorte de roman.

Les personnages sont de respectables anglais réactionnaires, un colonel à la retraite, un homme de loi, un savant etc. Ces gentlemen, sont amis, ou le deviennent, car ils partagent la même vision de l’existence, des valeurs traditionnelles d’une Angleterre rurale, et n’ont guère d’estime pour le monde moderne et les hommes qui le gouverne. Et à moment, ils décident de passer à l’action, fondent la ligue de l’Arbalète pour donner aux choses un cours qui leur conviendrait mieux.

Cela semble très sérieux, alors que c’est tout le contraire, pétri d’un certain non-sens et humour. Comme dans le premier texte, L’Imprésentable apparence du colonel Crane, dans lequel ce digne militaire se met à porter en guise de chapeau, un chou évidé. Il n’est pas fou, mais a fait une promesse inconsidérée, celle de manger son chapeau si un certain événement improbable survenait. Il a perdu son pari, et pour respecter sa promesse, utilise un comestible comme couvre chef.

C’est cela que j’ai le plus apprécié dans le livre, son côté drôle, absurde, très intelligent. La façon aussi dans les récits s’emboîtent les uns avec les autres dans les premiers textes tout au moins, d’une façon coulant de source, montrant une maîtrise étonnante de la part de l’auteur.

La satire politique et sociale, fait aussi mouche, et est toujours d’actualité sur plusieurs aspects. Après, les exploits guerriers des membres de la ligue, sont moins convaincants, ainsi que certaines idées concernant le monde idéal exprimées par l’auteur.

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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   Dim 23 Oct 2016 - 5:14

tiens, voilà qui pourrait donner envie d'approcher cet auteur Wink

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MessageSujet: Re: G. K. Chesterton   

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G. K. Chesterton
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