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 Véronique Ovaldé

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Chatperlipopette
Zen littéraire


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MessageSujet: Véronique Ovaldé   Sam 23 Juin 2007 - 18:38


 
"Après le bac, direction l'école Estienne où Véronique Ovaldé passe un BTS édition, une façon comme une autre d'entrer dans le milieu littéraire lorsque l'on ne fait pas partie de ce cercle très fermé. Elle reprend des études de lettres par correspondance, travaille comme chef de fabrication et publie en 2000 un premier roman, 'Le Sommeil des poissons'. En 2002, elle signe, avec 'Toutes choses scintillant', une seconde oeuvre remarquée. Véronique Ovaldé est de retour avec 'Déloger l'animal' , une oeuvre incontournable de la rentrée littéraire 2005." EVENE
 
Bibliographie
 
Citation :
Index: (cliquez sur les numéros de page pour y accéder directement)
2000 Le Sommeil des poissons, page 5,
2002 Toutes choses scintillant,
2003 Les hommes en général me plaisent beaucoup, pages 1, 2
2005 Déloger l’animal, pages 1, 2
2006 La Très Petite Zébuline avec Joëlle Jolivet,
2008 Et mon cœur transparent, pages 1
2009 Ce que je sais de Vera Candida, pages 1, 2
2009 La Salle De Bains Du Titanic, recueil de nouvelles,
2011 Des vies d'oiseaux, pages 3, 4
2013 La grâce des brigands, pages 4, 5,
 
Citation :
Mise à jour le 04/11/2013, page 5
 
 
 
 
Toujours pris sur EVENE:
 
"Véronique Ovaldé nous ouvre les portes de son univers si personnel et si poétique. En compagnie de Rose, l'héroïne de son dernier roman, délogeons l'animal qui se cache derrière la jeune écrivaine." Interview EVENE de l'auteure:
 
Pouvez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs ?
 
J'ai 33 ans. J'ai publié 4 romans. J'habite et travaille à Paris. J'aime : lire des livres, faire des tartes aux pommes avec mes enfants, pas le café, écrire le matin très tôt quand les réverbères sont encore allumés, rêver que je voyagerais un jour, écouter du rock'n roll.
 
Racontez-nous la naissance de 'Déloger l'animal'. Un hasard ? Un passage obligé ? Un projet de long terme ?
 
Ce qui est venu en premier : l'image de cette petite fille qui se jette par la fenêtre avec une cape noire doublée fuschia. La nécessité de parler de l'adolescence, de ces moments qui font que cette période est si difficile à passer, qu'on est juste en train de marcher tout au bord du précipice, les yeux fermés, en criant à pleins poumons qu'on n'a pas peur.
 
 
Cette part de rêve que Rose porte en elle et qui la fait vivre, est-ce une force ou une faiblesse ? En tant qu'adulte, devrions-nous préserver le rêve ?
 
Rose nous dit qu'il nous faut nous accommoder du réel, choisir de marcher le plus droit possible que ce soit ou non dans la contre-allée. Rose renforce son réel avec son fantasme. Elle finit par équilibrer les deux.
 
 
Quel est votre passage préféré dans ce livre ? Et pourquoi ?
 
La fin. Il me fallait parler du sourire de Rose quand elle regarde son père, il me fallait dire son deuil et sa tendance somnambule et imprudente, sa résolution à avancer sans s'aveugler. En général j'aime écrire les fins, je les écris avec enthousiasme, je les dis et je les martèle pendant que je les écris. C'est Mon Grand Moment.
 
La fin du roman est très forte, brutale, et elle semble définitive. Avez-vous, vous aussi, tourné une page grâce à l'écriture de ce livre ? Le roman fini vous paraît-il en accord avec l'idée que vous en aviez au commencement ?
 
Le roman fini s'accorde à ce que j'attendais de lui, sinon je ne le donnerai pas à lire. Ce qui ne signifie absolument pas qu'il est satisfaisant. Mais je n'attends pas d'un texte qu'il me satisfasse. Il prend vie. Et ça ne me concerne plus. Je crois qu'il me fallait dire quelque chose à propos de la sauvagerie et du désordre inévitable. Je voulais parler de la disparition et de l'amour de cet homme pour sa femme, lui qui décrète qu'il faut laisser aux gens qu'on aime le droit de disparaître. C'est posé. Je passe maintenant à autre chose.
 
Le rêve, l'enfance, la souffrance, la féminité se retrouvent dans tous vos romans. Quel est le plus grand point commun entre vos personnages et vous-même ? Pouvez-vous imaginer un jour écrire un roman dont le personnage central serait masculin ?
 
J'écris actuellement un texte dont les personnages principaux sont des hommes. J'avais besoin de cette distance-là. Les points communs sont moins évidents. Les pistes sont brouillées. Je m'amuse... C'est difficile de parler de ses points communs avec ses personnages, il y en a beaucoup et puis il y a d'énormes différences qui leur font faire des choix que je ne ferai pas. Nous avons une petite musique commune, une relation particulière à l'enchantement du monde. A part ça ils vivent leur vie, ils ont leur enfance malheureuse ou bénie, leurs rapports amoureux et leurs obsessions personnelles. Je leur laisse faire ce qu'ils ont à faire.
 
Comment organisez-vous une journée d'écriture ? Prenez-vous la plume tous les jours ? Attendez-vous l'inspiration ?
 
Je ne suis pas sûre que l'inspiration soit une chose qu'on peut attendre... Je pense qu'il vaut mieux tenter de la convoquer... à heure fixe. J'écris le matin très tôt ou le week-end, j'écris dès que j'ai une demi-heure devant moi.
 
Quels sont les auteurs qui vous touchent ou vous ont touché ? Les livres que vous relisez ?
 
Je relis très rarement. Le premier auteur qui m'a boulerversée c'était Tennesse Williams. Ce fut un choc. J'étais gamine. Toute cette violence, tous ces détraqués, tout ce désespoir amoureux m'ont touchée. Après il y a beaucoup d'auteurs très divers que j'aime : Brautigan, Faulkner, Lobo Antunes, Giono, Ogawa...
 
Quel est votre lecteur idéal ?
 
Celui qui finit le livre.
 
Votre réaction si vous obteniez le Goncourt?
Le quoi ?
 
Propos recueillis par Christelle Heurtault pour Evene.fr - Septembre 2005
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Sam 23 Juin 2007 - 18:41

Déloger l'animal.


Mes impressions de lecture...

Pour une fois que je trouve rapidement à la médiathèque un titre vu plusieurs fois sur les blogs! Je me suis précipitée dessus, telle la vérole sur le bas-clergé breton, et me suis lancée dans une lecture aussi désopilante que désarçonnante, aussi étrange que limpide.
La couverture m'avait plu aussitôt: une interprétation d'Alice au pays des Merveilles, un de mes romans préférés, tout en douceurs pastels. Je me suis dit: il va y avoir de la traversée de miroir dans cette hsitoire! Eh bien, oui et non mais un passage de l'innocence de l'enfance au monde des grandes personnes et des vérités difficiles à admettre.
Rose est une petite fille étrange: elle a 15 ans et en paraît 7, elle est obèse mais d'une finesse extraordinaire lorsqu'elle observe le monde de sa terrasse. Bien entendu, elle a des lapins! Rose est particulière, spéciale: on a l'impression qu'elle ne saisit rien dans la vie alors que ses monologues intérieurs sont d'une saisissante perspicacité et d'une intelligence aiguë. L'enveloppe recelle un véritable trésor de sensibilité.
Rose a une très très jolie maman répondant au doux nom de Rose. Elle vend des bonbons, a une perruque blonde (ses cheveux ne sont plus, pour qui pourquoi? Mystère mais Rose invente de belles explications), des tenues qui pouraient être vulgaires mais qui « passent » portées par elle.
Rose a un papa, énoooorme, qu'elle appelle « Monsieur Loyal ». Pendant un bon moment, le lecteur adhère à cette appelation...tant que durent les rêves de l'enfance.
Rose a une imagination débordante et brode, brode, brode sans cesse sur les infimes gestes des adultes de son entourage et invente un passé à ses parents, de multiples explications au comportement maternel.
Quand quittons-nous l'enfance? Lorsque nous quittons la mère ou lorsque la mère nous quitte? Telle pourrait être la question sous-jacente de ce roman particulier, entre drôleries et tragédies.
Une lecture qui nous emmène, sans que nous y prenions garde, de l'autre côté du miroir: la vie imaginée et la vie vécue, deux bords de chemin sur lequel nous premenons nos guêtres, le coeur léger ou le coeur lourd, au rythme de la marche incessante vers le monde des limbes.


Dernière édition par Queenie le Mar 25 Aoû 2009 - 10:31, édité 1 fois (Raison : Rajout du titre et de la couv')
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Marie
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Sam 23 Juin 2007 - 20:38

J'aime beaucoup ses réponses, dans l'entretien!
Allez, je note, "Déloger l'animal"!
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MessageSujet: Déloger l'animal   Mar 5 Fév 2008 - 18:49

Déloger l'animal



Rose est une jeune fille de 15 ans pas comme les autres. Elle fréquente une école spéciale et paraît la moitié de son âge. Rose est un peu protégée et préservée du monde qui l'entoure par un père qui ne dit pas vraiment quelle est sa profession et par une mère qui cache bien des choses sur sa famille et son passé.
Rose s'imagine que son père n'est pas son vrai père, et se demande comment une femme aussi magnifique que sa mère ait pu engendrer une fille "comme elle".
Après une dispute de ses parents, Rose constate que sa mère attend tous les jours avec impatience le journal pour se plonger dans les petites annonces.
Rose prend peur : et si sa maman voulait quitter son père ?
Rose s'inquiète aussi de l'humeur dépressive dans laquelle s'enlise sa maman au fil des jours.

Citation :
Elle s'est éteinte. Elle n'a pas bougé depuis le matin, elle était juste assise devant le journal sans plus remuer qu'une bûche.

[…]Maman toujours restait inerte. J'ai cru qu'elle posait, je me suis dit, elle pose pour quelqu'un que je ne vois pas et qui est pourtant dans la pièce, quelqu'un qui exige d'elle la plus parfaite immobilité.

[…]Mais au bout d'une semaine, je me suis rendu compte qu'elle était en train de disparaître bel et bien en face de la télé, elle semblait déjà presque absorbée par le fauteuil chenille, je la voyais un peu moins distinctement chaque jour, ses contours devenaient flous.

Je me suis dit, il faut que je fasse quelque chose.

Et Rose va effectivement faire quelque chose pour faire réagir sa mère : elle va se jeter par la fenêtre avec sa nouvelle cape à doublure fushia satin.

Citation :
Je conçois maintenant que ma réaction n'était pas rationnelle mais je n'ai bien entendu pas analysé toutes les implications de mon geste.
J'ai accompli la chose avec une certaine désinvolture, une sorte de complaisance riante, un peu comme j'aurais pu monter dans le wagonnet de queue des montagnes russes. Trop y cogiter aurait amoindri la capacité jubilatoire de mon geste.
J'y suis allée avec panache.

A son retour de l'hôpital, la maman de Rose a disparu. Envolée, volatilisée.

Rose va trouver du réconfort auprès de sa voisine âgée de plus de 60 ans, tout en essayant de comprendre la disparition de sa mère en colmatant à l'aide de son imagination les failles laissées par les mensonges et les non-dits de ses parents.

Déloger l'animal est un récit tout en finesse et non dénué de poésie d'une jeune adolescente à l'allure de petite fille étrange et fantasque. Je ne parlerai pas de coup de foudre en ce qui me concerne mais la plume de Véronique Ovaldé ne m'a pas laissée indifférente non plus. A suivre donc.
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Sophie
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Mer 6 Fév 2008 - 1:45

J'ai lu Déloger l'animal et je n'avais pas aimé ce roman; je ne saurais dire pourquoi: l'atmosphère m'a déplu, cette histoire que j'ai trouvée particulièrement glauque.


Voilà ce que j'en avais écrit:


Trouvé chez mes parents; c'est ma mère qui l'avait emprunté à la bibliothèque. Alléchée par la couverture que j'ai trouvé absolument sublime, je me suis laissée tenter, d'autant plus que la quatrième de couverture annonçait un roman plutôt prometteur. Au final, mon avis est très mitigé.

Rose a 15 ans mais en paraît 7. Elle vit avec sa mère, Rose aussi, et son père, Monsieur Loyal. Elle est scolarisée dans une institution spécialisée: pourquoi? laquelle?, on ne le saura pas. C'est une enfant différente, solitaire, qui trouve du réconfort auprès de ses parents, de sa vieille voisine et de ses lapins qu'elle élève sur le toit de l'immeuble. Son univers s'effondre lorsqu'un jour, sans prévenir, sa mère disparaît. Rose réinvente alors la vie de sa mère, mélangeant le réel et l'imaginaire.

L'histoire est plutôt intrigante mais il m'a manqué ce petit quelque chose qui fait qu'on entre complètement dans le récit et qu'on se prend à aimer le personnage principal malgré ses dérives. Le style est surprenant: c'est Rose qui parle le plus souvent, mais pas toujours. On suit donc cette histoire essentiellement à travers ses yeux mais sans pour autant en saisir tous les tenants et les aboutissants. Je n'ai pas réussi à définir si Rose était perturbée psychologiquement et/ou intellectuellement; or, selon moi, en savoir un peu plus sur elle m'aurait permis de mieux comprendre pourquoi elle tenait absolument à s'inventer la vie de sa mère. Au final, démêler le vrai du faux est difficile. L'auteur nous donne heureusement le fin mot de l'histoire, à la fois inattendu et sans surprise, mais ne nous offre aucune piste quant à l'avenir de Rose. J'ai donc été déroutée par ce roman que j'ai failli abandonner et que j'ai pourtant terminé, parce que je voulais savoir ce qui arriverait à cette étrange adolescente. Un sentiment ambivalent concernant ce livre qui ne me donne pas vraiment envie de lire d'autres ouvrages de Véronique Ovaldé. Cela dit, je ne peux pas dire, certains passages, de par leur écriture et leur sensibilité m'ont beaucoup plu. Enfin, le titre, m'a laissée songeuse, tout en m'attirant...
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Mer 6 Fév 2008 - 19:19

Pour ma part, je n'ai pas été gênée par le fait qu'il y ait beaucoup d'éléments sur la vie de Rose qui demeureront à jamais inconnus. Cela laisse pas mal de place à mon imaginaire pour combler les lacunes et ne m'a pas empêchée d'apprécier et d'accompagner avec plaisir les pensées de Rose.

Quant à son besoin de s'inventer la vie de sa mère, je le comprends tout à fait et cela indépendamment du fait que Rose soit une adolescente "pas comme les autres".
Je vois Rose comme une petite fille pour qui la pensée magique et l'imaginaire prennent une grande place comme toutes les petites filles de 6, 7 ans.
Il n'y a rien de pire que de cacher des pans entiers de son histoire à son enfant, cela conduit inévitablement à des constructions un peu délirantes d'une enfant qui veut comprendre et mettre des mots là où il n'y en a pas.
A ce propos, j'ai beaucoup aimé l'évolution de Rose puisqu'à la fin du roman, elle nous dit très clairement que rien de vaut d'accéder à la véracité des événements tels qu'ils se sont passés (la rencontre de ses parents, la profession du père, les circonstances de la disparition de la mère) même si ceux-ci se révèlent déplaisants plutôt que de se laisser enfermer dans les mensonges et les non-dits de certaines personnes bien attentionnées afin de soi-disant nous préserver de la vie.

Maintenant je suis aussi un peu mitigée quant à ma lecture. Pour tout dire, je l'ai lu en deux parties. Autant j'ai apprécié la première partie, autant j'ai eu beaucoup de mal à reprendre ma lecture par après lorsque nous suivons les pensées du "vrai" père de Rose (pour être plus précise, telles que Rose imagine les pensées de son vrai père). J'ai un peu décroché à ce moment là mais la fin rattrape bien mon passage à vide au ¾ du roman.
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Romane
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Mar 12 Fév 2008 - 21:04

je viens de finir déloger l'animal aime

Allez hophophop copier/coller.


Roman rythmé et poétique, chaque phrase nous plonge dans l'univers de Rose que je qualifierais de "douce folie".
La fin est assez directe mais cela ne m'a pas dérangée, le retour à une pseudo réalité est touchant "J'étais dorénavant résolue à marcher le plus droit possible", par contre étant de nature curieuse j'aurais aimé savoir de quoi souffre Rose, pourquoi est-elle dans cet institut, même si quelques réponses nous sont données implicitement.
Ce livre donne l'impression d'un conte entre le réel et le fantasque. l'écrivaine soigne son style parfois touchant, parfois cru, mais toujours très poétique et rythmé.
Ce livre est pour l'instant mon coup de cœur de l'année (je sais elle ne fait que commencer!).

Un petit extrait que j'ai aimé:

"Fais-nous confiance, répétaient-ils, et je faisais l'étonnée, comment ne pas vous faire confiance les gars, vous avez de si jolies blouses blanches même pas tachées de sang, vos yeux sont si clairs et si francs, vos mains tremblent légèrement- abus d'armoires à pharmacie?- , mais c'est un élément rassurant, ces mains prises d'un léger tremblement, ça vous rend accessibles,vous n'êtes donc pas de parfaits androïdes, tes parents sont-ils gentils avec toi? , je les regardais et j'imaginais leur femme , leurs enfants, leur maîtresse, leur maison et leur Range Rover, et l'école ça va l'école?, eux cherchant une réponse, quelque chose qui étaierait les diagnostics déjà inscrits dans les dossiers avant même que j'ouvre la bouche, eux s'évertuant à me plier en cinq, à me presser sur la tête, pour que je rentre dans la boîte, que je ne bouge plus du dossier suspendu dans l'armoire métallique, que je ne détruise pas leur dogme avec mes réponses incongrues, non non non tout va très bien, je voulais juste tester la résistance du tissu et la résistance de mon corps à l'aplatissement-choc-écrabouillage-pulvérisation"
(page 51 édition Babel)

vous avez de si jolies blouses blanches même pas tachées de sang
J'ADORE.
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Lun 3 Mar 2008 - 18:21

Et mon coeur transparent-


L'histoire commence par l'annonce d'une mort brutale, inexpliquée. Lancelot, héros déphasé à l'armure bien fragile, perd en une nuit le seul être qui le faisait sortir de sa torpeur. Sa chère Irina, brune ravageuse, aussi fantasque et mystérieuse que lui n'est cadré et passif.

Flash-back: on le retrouve en mari qui végète, correcteur solitaire et amoureux des camphriers, au côté de sa femme Elizabeth, une instit qui lui parle comme si elle lui faisait un cours. Un jour il rencontre fortuitement la chaussure d'une belle qui va subitement l'ensorceler et lui faire perdre la tête. Quittant tout (c'est à dire pas grand chose) pour elle il se jette aveuglé dans les bras voluptueux d'Irina, chasseuse d'ours à ses heures...
Jusqu'à ce soir fatal où on la retrouve noyée au volant de la voiture d'un autre. Mais qui était-elle finalement? Que sont tous ces mystères, et pourquoi lui cachait-elle des choses?

...

J'ai foncé dans ce récit, amusée par l'écriture fantaisiste et drôlissime de Véronique Ovaldé. On nage en plein délire, dans le monde fantastique de l'auteure où les meubles disparaissent sans qu'on y prenne garde et où les gens portent de drôles de noms.
On rit souvent lorsque le héros se dédouble (tout dupliqué qu'il est Wink ) sous l'effet des tranquillisants et les dialogues nous percutent par leurs côtés absurdes et inventifs. Un univers singulier, souvent même extravagant, avec des personnages décalés et un paumé sympathique pour héros, ce qui me convient bien d'habitude.

Mais j'ai trouvé la seconde partie, consacrée à l'enquête, bien moins réussie. L'auteur navigue entre le burlesque et le désespoir de son héros. Et n'arrive pas, selon moi, à trouver la juste mesure. J'ai suivi les tribulations de notre homme, amusée mais aussi un peu détachée parfois. Entre le chagrin et le fantasque, je n'ai pas trouvé de marques, et me suis légèrement lassée!
Une petite lecture sympathique mais dont la fin ne m'a pas convaincue. Pourtant cette fille a un certain talent de conteuse, c'est sûr! Wink
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Lun 9 Juin 2008 - 21:20

"Les hommes en général me plaisent beaucoup"


Lili est jeune, Lili sort de prison et vit avec Samuel, l'homme qui l'a sortie de l'enfermement. Lili a eu une enfance très étrange, loin de toute société entre un père appartenant à un parti fasciste et une mère qui de désespoir laissera son corps exprimer sa souffrance en devenant difforme. Son petit frère, lutin survolant cette folie peu ordinaire sur son tricycle, est un élément incongru dans ce décor glauque et sombre. Lili aura un vieil amant qui lui fera découvrir les paradis artificiels, ceux-là même qui la conduiront derrière des barreaux.
Autant Lili est dans les souvenirs, le passé, autant Samuel est ancré dans la réalité, serein et attentif et se projetant dans l'avenir en parlant de la venue d'un bébé dans leur couple. Un soir, alors qu'elle ne dort pas, Lili par la fenêtre voit les animaux du zoo partir: rêve ou réalité? A partir de là, Lili pense de plus en plus à son amant, Yoïm, à sa dépendance envers les pilules qu'il lui fournissait et ce corps énorme qui la fascine.
Peu à peu son univers se fissure, laissant s'échapper les souffrances passées, les trahisons (celles de Yoïm et de son père) et les abandons: son enfance loin d'être rose s'est déroulée dans l'enfermement de la peur de l'extérieur et des autres, devant le spectacle de sa mère qui lentement se détruit à grandes doses de nourritures trop riches. La raison vacille, la folie pointe le bout de son nez à mesure que le passé ressurgit. Lili se bat pour ne pas sombrer dans la dépendance des relations étranges et malsaines qu'elle entretenait avec Yoïm, Yoïm qui réapparaît sans crier gare dans sa vie tranquille, presque équilibrée, avec Samuel. Dès lors, son corps mène les rênes de son esprit: la moiteur sensuelle perle en elle, l'appel du corps de Yoïm l'emmène dans une chambre d'hôtel et lui fait porter à la bouche les dangereuses pilules, celles de la dépendance du corps et de l'esprit. L'anéantissement de Lili semble proche: résistera-t-elle à la tentation de tout gâcher? Elle se souvient de la prison, de son viol à la bouteille de Coca, de l'odeur infernale de l'enfermement et de la folie naissante, du goût amer de la solitude et de la trahison....souvenirs qui peuvent devenir planche de salut, tel le coup de pied salvateur de celui qui se retrouve au fond de l'eau pour recouvrer l'air de la surface.
Véronique Ovaldé entraîne son lecteur dans l'univers toujours très fragile de la folie du désir, de l'amour et de la dépendance, ces hiatus qui font parfois basculer l'esprit et la raison. Lili se souvient parfois à coups de longues phrases, longues comme des paragraphes, de phrases enchaînant le flux de la réalité, des pensées, des rêves, du passé, des espoirs et des tentations de gâchis. On perçoit le monde à travers les yeux de Lili, ses fêlures, ses blessures, ses luttes contre les fantômes d'un passé sombre et glauque, diables harceleurs dès que la volonté flanche. On s'inquiète à l'idée que Lili ne fasse les mauvais choix et on soupire d'angoisse d'un bout à l'autre du récit. La limite entre la réalité et la vérité intérieure de Lili est difficile à cerner et cela jusqu'au dénouement final. Véronique Ovaldé sait orchestrer les atmosphères dérangeantes et angoissantes, poussant son lecteur dans ses derniers retranchements, grâce à son écriture où pointe une poésie persistante. Certes l'omission d'articles et des phrases inachevées peuvent agacer certains lecteurs, mais il n'empêche que cette construction peint avec justesse le monde de la folie qu'aime explorer Ovaldé. Peu à peu, au gré des phrases inachevées, des mots crus étonnants voire incongrus, les personnages prennent corps et le lecteur pénètre dans le monde intérieur de Lili et la comprend parce qu'une telle folie peut être en chacun de nous.
Un roman déconcertant mais percutant où l'émotion et l'angoisse se mêlent à chaque instant.
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Lun 9 Juin 2008 - 21:21

Et mon coeur transparent fait partie des livres reçus dans le fameux colis surprise Wink
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Ven 4 Juil 2008 - 16:58

"Et mon coeur transparent"


Lorsque Lancelot apprend la mort de sa femme, son univers semble tout à coup tomber en miettes.
En cette froid nuit de blizzard, Irina a été retrouvée morte, au volant d'une voiture immergée au fond de la rivière Omoko.
Que faisait-elle dans cette voiture qui ne lui appartenait pas alors que quelques heures plus tôt Lancelot l'avait accompagnée à l'aéroport d'où elle devait se rendre à l'étranger pour le tournage d'un film animalier ?


Irina menait-elle une double vie ? Avait-elle un ou des amants ? Ou alors exerçait-elle une activité illicite ? C'est ce que va tenter de découvrir Lancelot, malgré le brouillard cotonneux qui enveloppe sa conscience, brouillard dû à la douleur de cette disparition tragique ainsi qu'à l'action des médicaments que lui a prescrits son médecin afin de l'aider à supporter le choc de ce deuil.
Qui était vraiment Irina ? Qu'y avait-il dans la voiture dans laquelle on l'a retrouvée ? Pourquoi Lancelot va t-il découvrir, au milieu des recettes de cuisine de sa femme, la formule du napalm et les ingrédients nécessaires à l'élaboration d'une bombe au chlore ?
Et qui est Paco, cet homme qui débarque subitement en se prétendant être le père d'Irina alors que celle-ci avait toujours dit à Lancelot que son géniteur était mort ? Pourquoi certains meubles – et même une maison entière – disparaissent-ils subitement, comme happés vers une autre dimension ?
Lancelot, face à tous ces mystères, va essayer de faire la lumière sur le passé de celle avec qui il partageait jusqu'alors une vie sans histoires dans la banlieue chic de Milena.



On pourrait croire, en lisant le synopsis de ce roman, que l'on se trouve ici en présence d'une enième variation sur le thème de la disparition d'un être cher dont on découvre alors qu'il ou elle menait une double-vie. Ce thème a été – et sera encore – exploité de nombreuses fois, et avec plus ou moins de talent, aussi bien en littérature qu'au cinéma.
Mais ce qui est particulier avec ce roman de Véronique Ovaldé, c'est que cet argument de départ nous mène dans un univers complètement décalé et pourtant très proche du notre, où le surréalisme et l'irrationnel semblent toujours se tapir en lisière de la réalité afin d'apporter à celle-ci une touche de couleur et de poésie destinée à créer soit l'harmonie, soit une certaine forme de discordance qui éveille l'attention du lecteur et semble lui rappeler que rien ici n'est stable et défini, mais que ,tout au contraire, les choses, les gens, les mots même, deviennent fluctuants, transparents, évanescents et transitoires.

J'ai retrouvé, en lisant pour la première fois avec ce roman un ouvrage de Véronique Ovaldé, la même impression que celle que m'a laissée il y a quelques temps la lecture du premier Haruki Murakami qui m'était tombé sous la main (« Chroniques de l'oiseau à ressort ») avec cette même ambiance d'un quotidien en apparence banal mais qui recèle pourtant en son sein des portes ouvertes sur le fantastique et l'irrationnel.
J'ai même trouvé quelques points communs à ces deux romans : le désoeuvrement d'un homme seul après la disparition de sa femme, la survenue de personnages et d'évenements étranges et inexplicables, l'intrusion du merveilleux dans le cadre du quotidien, ainsi que la présence d'un puits (élément, majeur dans le roman de Haruki Murakami, plus accessoire dans celui de Véronique Ovaldé), symbole de la connaissance cachée et de la vérité dissimulée au commun des mortels, mais aussi lieu d'échange entre le monde sensible et le surnaturel.



Pour conclure, je dirais que l'univers de Véronique Ovaldé m'a séduit, de la même manière que m'a séduit « Chroniques de l'oiseau à ressort » de Haruki Murakami. J'y ai trouvé une écriture qui instaure peu à peu un climat d'étrangeté au sein d'un monde qui pourrait sembler routinier et dénué de fantaisie, mais qui insensiblement dérive vers l'inconnu et le merveilleux.
Bien sûr, « Et mon coeur transparent » n'atteint pas la densité du roman de Murakami, le récit en est plus bref mais non moins agréable à lire.
J'ai par contre éprouvé un peu de difficultés au départ avec la ponctuation assez atypique mais l'intérêt suscité par le récit a rapidement gommé cette impression déroutante.


En cela, Véronique Ovaldé nous offre avec ce roman un univers qui n'appartient qu'à elle, une véritable « marque de fabrique » d'une auteure qui impose peu à peu son style au sein de la littérature française contemporaine. On en redemande.
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Chatperlipopette
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Ven 8 Aoû 2008 - 16:54

Et mon coeur transparent


Lancelot est traducteur et travaille à la maison et contemple chaque jour les arbres de la cour de l'école. Il est marié à Elisabeth, institutrice de son état et peu présente. Les années passent, calmes, inodores et incolores, vides d'émotions et de sens, quelques meubles disparaissent de l'appartement de manière étrange. Un jour, Lancelot décide d'aller lui-même remettre la traduction à son employeur: il brave sa phobie des gens, et s'en va à pied à l'autre bout de la ville. Le destin lui tombe sur la tête, près d'un immeuble: c'est un escarpin rouge qui a volé d'une fenêtre. Lancelot décide de monter remettre l'objet volant identifié à sa propriétaire. Une très belle jeune femme lui ouvre, la vie de Lancelot ne sera plus jamais la même! Quelques jours plus tard, il quitte Elisabeth pour vivre avec la jeune femme aux escarpins rouges, Irina.
Irina est fantasque, entière et mystérieuse, d'une beauté à rendre un homme d'une jalousie maladive. Elle réalise des documentaires, à travers le monde, sur les animaux en voie de disparition. Elle part des semaines entières, laissant Lancelot seul dans leur maison perdue, dans le Nord, là où l'hiver est longtemps présent.
Un soir, un appel de la police lui annonce la mort de son épouse dans un accident de voiture. Le problème est que Lancelot avait déposé Irina à l'aéroport et il n'y avait aucune raison pour qu'elle soit en voiture et qu'elle soit retrouvée morte! Que s'est-il passé entre le moment de la séparation et l'accident? Qu'allait faire Irina au volant de cette voiture qui ne lui appartenait pas? Ce qui est encore plus étrange et alarmant, c'est que des objets ont disparu dans la maison, Lancelot deviendrait-il fou?
"Et mon coeur transparent" est l'histoire, étonnante et émouvante, d'un homme, rêveur et amoureux, qui part à la recherche de la personnalité cachée de son épouse. Il rencontrera un homme qui se fait passer pour son père, il apprendra qu'Irina a été empoisonnée à doses infimes, fera connaissance avec une agent immobilier qui faisait visiter des maisons à Irina et partagera le quotidien d'un ancien voisin qui se révèlera être le premier amour d'Irina. Au fil de son road movie entre le lieu de l'accident et la ville où ils se sont connus, Lancelot percera le secret de la double de vie d'Irina où les bombes artisanales et les coups de force contre les laboratoires pharmaceutiques et les grandes enseignes sont le lot de l'existence de son groupe de desperados écologistes et anti-capitalistes. Lancelot est loin d'être au bout de ses surprises et de ses révoltes: l'ultime dénouement lui ouvrira un nouvel horizon totalement inattendu.
Véronique Ovaldé, sans en avoir l'air, fait de "Et mon coeur transparent" un roman noir où le comique côtoie le tragique et l'absurde. En effet, son héros, Lancelot, amoureux transi d'une Irina qui s'avère insaisissable, s'engage dans une quête de la vérité qui bousculera ses obscessions, son hypocondrie et sa tendance à la panique. Il ressasse des choses parfois à la limite de l'irrationnel tout en glanant des faits plus hallucinants les uns que les autres. Les découvertes de Lancelot alternent avec ses souvenirs et le lecteur est pris dans l'engrenage de la recherche du pourquoi et comment de la disparition d'Irina. Les incohérences de Lancelot le rendent attachant et émouvant, petits accrocs qui apportent leur grain de sel au tissage de l'histoire d'Irina et sont autant de digressions permettant au récit de prendre son temps sans atténuer son intérêt. La ponctuation très fantaisiste de l'auteur est à l'aune des errances de lancelot mais peut gêner voire irriter le lecteur. J'ai apprécié, une fois encore, le toucher délicat de son écriture pour mettre au jour ce qui fait mal, les détails douloureux qui façonnent un être humain dans son histoire intime. Véronique Ovaldé a le chic pour utiliser des expressions et des mots désuets ainsi que des lieux qui n'existent pas, et dignes du monde des fantasmagories, pour révéler d'une plume aérienne un monde souvent très violent et aussi dire la douleur du deuil et l'apprentissage d'une solitude difficile à apprivoiser. Je ne me lasse pas de son style où l'onirisme et la sensibilité imprègnent les mots, les phrases et les images que l'on se construit au fil de la lecture...il y a chez elle un parfum subtil de merveilleux, d'histoires qui ne se trouvent que dans le monde de l'imaginaire.
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Lun 25 Aoû 2008 - 23:16

Et mon coeur transparent.

Pour l'histoire, cf les posts précédents (Aériale, Chatperlipopette et Le Bibliomane).

Un livre qui se lit facilement. Un univers particulier, peu ordinaire. Pas vraiment ma tasse de thé, cependant je tenais à connaître la fin, comme quoi l'intrigue est suffisamment prenante. Une atmosphère bizarrre, où celui qui mène l'enquête est le veuf (Lancelot) et non l'inspecteur de police. Il y a un bon enchaînement et on ne se perd jamais dans l'histoire qui parfois semble saugrenue.

Pour découvrir un univers inhabituel, pourquoi pas !
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MessageSujet: Ce que je sais de Vera Candida   Sam 31 Oct 2009 - 5:55

Ce que je sais de Vera Candida



Citation :
Quatrième de couverture

Quelque part dans une Amérique du Sud imaginaire, trois femmes d'une même lignée semblent promises au même destin : enfanter une fille et ne pouvoir jamais révéler le nom du père. Elles se nomment Rose, Violette et Vera Candida. Elles sont toutes éprises de liberté mais enclines à la mélancolie, téméraires mais sujettes aux fatalités propres à leur sexe. Parmi elles, seule Vera Candida ose penser qu'un destin, cela se brise. Elle fuit l'île de Vatapuna dès sa quinzième année et part pour Lahomeria, où elle rêve d'une vie sans passé. Un certain Itxaga, journaliste à L'Indépendant, va grandement bouleverser cet espoir. Un ton d'une vitalité inouïe, un rythme proprement effréné et une écriture enchantée. C'est ce qu'il fallait pour donner à cette fable la portée d'une histoire universelle : l'histoire des femmes avec leurs hommes, des femmes avec leurs enfants. L'histoire de l'amour en somme, déplacée dans l'univers d'un conte tropical, où Véronique Ovaldé a rassemblé tous les thèmes - et les êtres - qui lui sont chers.
Véronique Ovaldé avait déjà retenu mon attention lors de la lecture de son roman « Déloger l’animal », paru en 2005. Un sujet original à l’atmosphère étrange, mélancolique et onirique, le tout porté par une plume poétique et une auteure que j’allais suivre sans aucun doute. Et puis j’ai lu « Et mon cœur transparent », paru en 2008. Alors là, déception ! Je suis restée sur les quais, tellement d’ailleurs que je me souviens à peine de cette lecture, qui n’a décidément pas laissé beaucoup de traces dans ma mémoire. J’avoue ma lâcheté : je n’ai pas voulu écrire un mauvais billet sur ce roman, appréciant l’écriture de l’auteure et me disant que c’était peut-être de ma faute si j’étais passée à côté d’un roman qui a tout de même su trouver son public et qui reçu le Prix France Culture/Télérama 2008. Cette impression mitigée à la lecture de son avant dernier roman ne m’a donc pas du tout détournée de Véronique Ovaldé, et c’est avec curiosité que je me suis lancée à la lecture de son très remarqué dernier roman « Ce que je sais de Vera Candida », sélectionné pour le prix Goncourt 2009.

Autant le dire tout de suite, j’ai passé un très bon moment de lecture, ayant retrouvé avec plaisir la plume gracieuse et poétique de Véronique Ovaldé ainsi que son ton particulier où l’atmosphère mélancolique et onirique se font la part belle, avec cette touche originale de réalisme magique qui la distingue de la plupart des écrivains français contemporains. Avec ce roman sur la filiation et la transmission, la féminité et la maternité, la fragilité et la faiblesse des femmes mais aussi leur désir d’émancipation et leur rage de vivre malgré le poids du passé, Véronique Ovaldé m’a conquise définitivement !

Extrait :

Citation :
Les vies se transforment en trajectoire. Les oscillations, les hésitations, les choix contrariés, les déterminations familiales, le libre arbitre réduit comme peau de chagrin, les deux pas en avant trois pas en arrière sont tous gommés finalement pour ne laisser apparaître que le tracé d’une comète. C’est ainsi qu’Itxaga devint peu à peu ce qu’il est encore et que, de loin, on ne pouvait lui imaginer une autre vie que la sienne.
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Sam 31 Oct 2009 - 13:06

Eve Lyne a écrit:
Et mon coeur transparent.


Il m'est tombé des mains...Je n'ai pas pu le lire... jypeurien
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MessageSujet: Re: Véronique Ovaldé   Aujourd'hui à 21:14

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