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 Juan Francisco Ferré [Espagne]

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shanidar
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MessageSujet: Juan Francisco Ferré [Espagne]   Juan Francisco Ferré [Espagne] Icon_minitimeMer 15 Fév 2012 - 13:45

Juan Francisco Ferré [Espagne] Ferra10

né en 1962 à Malaga.

Juan Francisco Ferré est un écrivain, un critique littéraire et un enseignant chercheur à la Brown University (Providence, USA). Il est docteur en études hispaniques. Il écrit des articles pour de nombreux journaux internationaux.

Il appartient à une nouvelle vague marquante d'écrivains espagnols imprégnés de pop culture et de nouvelles technologies. (source : l'éditeur : Passage du Nord-Ouest)

il a écrit :

La vuelta al mundo (Around the world)

I love you Sade

La fiesta del asno (The feast of the ass)

Providence
(publié en 2007 et en France en 2011)

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shanidar
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MessageSujet: Re: Juan Francisco Ferré [Espagne]   Juan Francisco Ferré [Espagne] Icon_minitimeMer 15 Fév 2012 - 14:24

Juan Francisco Ferré [Espagne] Provid10

bix me conseillait pour lire ce livre de ne pas hésiter à prendre du prozac et à chausser mes lunettes noires, n'ayant ni l'un ni l'autre à portée de main, j'avoue avoir beaucoup souffert.

L'histoire ? je suis incapable de vous faire un résumé de cet amalgame d'évènements sans queue ni tête, en dehors du fait que le narrateur (Alex Franco) est un cinéaste sans succès, qui rencontre à Cannes une ancienne actrice, qui devenue productrice lui propose de travailler sur le scénario d'un nouveau film. Pour ce faire, Franco quitte l'Espagne et part à Providence, lieu de naissance et de mort de Lovecraft, lieu du combat mortel entre deux entités aux contours mal définis, à quoi il faut ajouter l'ingérence d'un jeu vidéo qui veut être tout sauf virtuel et des aventures sexuelles à n'en plus finir. Ah et en sus, des cours magistraux sur le cinéma et en particulier sur les Dents de la mer de Splielberg. Eprouvant.

Le meilleur du livre est dans sa préface écrite paar Julian Rios (que je vous conseille de lire plutôt que JFF), passé ce cap, la lecture devient magmatique. Hanté par une paranoïa rebondissante et par une libido qui laisse dubitatif, le héros de Providence est un électron libre, méchant, cynique, noceur, intelloploutocrate, rebutant et narcissique. Et tac.

A moins d'être un incontournable cinéphile, force est de constater que la plupart des clins d'oeil lancés en direction du 7ème art tombent dans l'oreille d'un sourd, ou laissent bouche close, à moins que vous soyez un adepte des cours d'université, durant lesquel un prof libidineux affirme que le cinéma américain de consommation populaire des années 70 est bien plus inventif que tout le cinéma indépendant de toutes les décennies réunies, et toc pour les intellos, Truffaut et autre Resnais ; Franco aime Spielberg, Franco aime Les dents de la mer et visite même le lieu du tournage avec une de ces conquêtes !! jetons le livre à la mer pendant qu'on y est, mais même le grand blanc n'en voudrait pas...

Ce livre est long, ce livre est bavard, les exploits successifs et sexuels du narrateur n'ont aucun intérêt, sa vision univoque de l'Amérique (paranoïaque, comploteuse, directive et malfaisante) est attristante, sa dénonciation du capitalisme caduque. Une seule chose a su retenir mon attention : la prose de JFF est très agréable à lire, il utilise des images très poétiques, il parvient à trouver des phrases joliement appariées mais pour exprimer des propos qui sont totalement dénués d'intérêt et de rythme.

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer le texte extrait du moment où se baignant avec sa compagne (là où fut filmé les Dents de la mer, si si), Franco se lance dans une explication qui, à elle seule, est un résumé impeccable de la nature même de ce roman :

- ça c'est ton problème, Eva, admets-le, ne sois pas hypocrite. Tu es prisonnière, comme tant d'autres, du putain de prestige de la mentalité académique et tu ne peux y échapper. C'est une étrange perversion du syndrome de Stockholm appliqué au petit monde universitaire, même si j'ai parfois la sensation que ce sont les étudiants qui ont séquestrés leurs professeurs et tout le système, plutôt que le contraire.

- Je ne comprends pas pourquoi tu t'étonnes. Nous ne sommes pas gouvernés par l'alliance de la technologie et du contrôle policier, peut-être ? Toi-même tu le répètes constamment, dans une litanie emmerdante.

- Pardon. Tu me confonds avec un autre.

- C'est impossible de te confondre avec un autre.

- Tu es certaine ? As-tu déjà vu un film de Hitchcock ?

- Tes références cinématographiques m'emmerdent, tu n'en as pas d'autres ?

- Malheureusement, c'est trop tard pour changer...

- Je vois. (...)


Un énième roman sur l'Université américaine, ses arcanes, ses cooptations et ses jeux, une nouvelle charge contre la paranoïa américaine et la vieillesse européenne, une évocation crasseuse de Lovecraft dont on ne voit que le racisme et les complexes sexuels (oui, les noirs sont gentils, non le sexe n'est pas sale), une érudition cinématographique utilisée pour dynamiter les académismes mais qui se retourne contre elle-même, une belle écriture au service d'un roman sans éclats, sans substances et qui à force de mélanger les saveurs (SF, policier, roman gothique, cours magistraux, contes érotiques...) détruits toutes les papilles.

Sur son blog, Thierry Guinhut écrit : Providence est un échec (...) qui vaut bien cent réussites.. J'ai du mal à le rejoindre.

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MessageSujet: Re: Juan Francisco Ferré [Espagne]   Juan Francisco Ferré [Espagne] Icon_minitimeDim 28 Oct 2012 - 22:07

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La fête de l'âne

Une entreprise ambitieuse que de parler politique, terrorisme et déviances communicationnelles modernes en allant lorgner formellement vers le réalisme magique avec une chronologie et des identités brutalisées, avec des morts, des résurrections et des révélations, et une dose d'étrangeté.

Le héros ou anti-héros de cette anticipation est Gorka K. assassin charismatique mais "décalé", voire idiot, de l'Organisation. Une mouvance politique extrême et terroriste qui "lutte" pour l'indépendance basque. Mais aucun camp n'est épargné, c'est vrai. Et ce d'autant plus facilement que le jeu de l'auteur est de malaxer formes et événements pour plaquer une caricature mercantile de politique et de terrorisme. On pense aux images de pubs, magazines, tv, à la vague de l'a-culture populaire. D'ailleurs il y a quelques tournures et description qui font sourire.

On attend que la sauce prenne, on sent un peu de l'image et de l'ambiance hispano-basque et on sent la préoccupation du problème politique et de la violence. Seulement vers un tiers du bouquin alors qu'on en est là d'enchainer les petits chapitres, vignettes, plus ou moins horribles et drôlatiques (avec modération) et bien ça ne change pas en mieux. Le mot "bite" revient de plus en plus, la sexualité de Gorka devient envahissante, homosexualité, fantasmes, sans qu'on est décollé avant, l'auteur s'enlise. Et ça dure jusqu'à la fin.

ça reste donc ni franchement drôle, ni franchement édifiant, ni franchement fou mais véritablement plat, plutôt désagréable, fatigant et comme qui dirait inutile (surtout si on rajoute un improbable double de l'auteur en auteur qui passe à la tv ?). Et l'enchainement des petits chapitres n'apporte rien, c'est toujours pareil, mais avec toujours plus de cul et en essayant de faire crade.

Je me demandais tout à l'heure pourquoi je n'avais pas envie d'être plus pourri dans mon avis sur le bouquin, en pensant par exemple à cette fameuse Belle aux oranges, référence de la nazerie sur papier. C'est plus ambitieux, mieux écrit (les phrases sont plus longues et ....) mais ce n'est pas terrible, et surtout la lassitude est grande après la lecture.

La forme n'est en fin de compte pas très originale et la dénonciation très convenue. J'imagine pourtant sans peine qu'en étant plus proche du problème, de ce pays, des attentas, de ressentir plus directement le nationalisme et la militarisation ça doit avoir plus de sens... n'empêche que ça pêche dans la forme et dans le style. Peut-être parce qu'il est bien difficile de dire si ça change réellement des formes dénoncées, des références en plus.

Si je devais risquer une comparaison, je la ferai avec Francis Mizio. Lectures plus courtes et moins contextualisées, moins ambitieuses aussi c'est vrai, mais qui partagent une distance critique sur ces formes modernes envahissantes de bourrage de crâne. Qui joue avec. Sauf que c'était drôle et provoquait une authentique sympathie.

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